Quelle est votre vocation de coach ? Qu’est-ce qui vous fait agir ?

Agissez-vous dans la perspective d’atteindre un objectif, donc “pour” quelque chose, dans le but de quelque chose ?

Serait-il possible d’envisager une autre perspective ? Pourriez-vous agir “parce que” plutôt que “pour” ?

Expliquons-nous…

“Pour” ou “parce que” ?

Qu’est-ce que cela changerait à votre vocation de coach et à votre pratique si vous agissiez  “parce que”… ?

  • parce que c’est votre nature d’agir ainsi,
  • parce que vous sentez que c’est ce qui est juste,
  • parce que cela vous fait plaisir,
  • parce que “cela agit” ainsi à travers vous…

Quand on agit “pour”, on est projeté vers l’avant, on est pris dans une course en avant, on se perd soi-même dans un espoir fou de contrôler les choses en vue d’obtenir ceci ou cela, qui fera que…

…mais qui fera que quoi au juste ?

vocation de coach : courir ou être là ?
Où cours-tu ?

 

Quand on agit “parce que”, on ne se situe pas en rapport d’une cause passée ou d’une conséquence future, on se situe en rapport à sa nature profonde, à sa liberté intérieure, dans l’instant présent !

Et vous savez quoi, c’est justement “là” (si je puis dire), dans l’instant présent, que vous pouvez être disponible pour votre client, maintenant, sans intention, sans projet (mais avec un métier tout de même, qui exprime votre vocation de coach certainement. Un métier que vous avez appris, au sein duquel vous vous perfectionnez, mais aussi un métier pour lequel vous êtes doué… sinon il vaudrait mieux en choisir un autre !).

 

Un voyage immobile

Le coaching est un voyage sans distance, un voyage à l’intérieur de soi-même, pas un voyage vers quelque part où on ne serait pas déjà. La vocation de coach est donc d’accompagner les autres en eux-mêmes, vers nulle part “ailleurs” de particulier. Bine sûr le client se raconte une histoire dans laquelle il se voit comme un personnage désireux d’atteindre un objectif.

Dans le coaching, vous laissez au client la responsabilité de ses ambitions, mais vous vous autorisez à lâcher prise sur le résultat du client et le résultat du coaching. Vous n’êtes donc pas tendu vers l’instant d’après, l’instant de la réussite et du résultat, qui serait le but du voyage. Le but du voyage en coaching, est l’excellence, pas la performance (voir à ce sujet : performance ou excellence ?). Il y a une intention, mais il n’y a pas de pensée ou de projets dans cette exploration qui se fait à deux. En quelque sorte, le but est la conversation et la relation, au sein de laquelle une dynamique se libère, un potentiel se débloque, des ressources se développent. Mais ceci n’est pas l’objectif, ce n’est qu’un effet…

(voir : arrêter de penser et « l’éveil spirituel ordinaire »)

Tant que nous ferons de l’effet un objectif, nous le manquerons. Ainsi, la qualité de présence, qui est la solution à l’origine des problèmes, ne peut être saisie par le mental. On ne peut en faire un objectif, car c’est un moyen. On ne peut la viser, elle ne peut qu’émerger quand on cesse d’attendre :

  • Les problèmes du clients viennent toujours de ses attentes.
  • Quand il souffre de quelque chose, le client souffre de son refus. Il estime toujours que l’univers ne répond pas à son attente et cette pensée le fait souffrir. Il croit savoir ce qui devrait être et voudrait que les choses soient autrement que ce qu’elles sont. C’est très humain, nous en sommes tous là (du moins tant qu’on ne voit pas suffisamment clairement combien ce processus d’attendre et de vouloir est vain).

Le coaching ne peut pas être complice de cette folie. Il accueille le client avec son dynamisme de refus, d’attente, et de frustration. Cet accueil fait émerger le processus de contrariété et remet la responsabilité là où elle doit être : en soi-même. Quelle responsabilité ?

  • Celle d’accepter : s’accepter soi-même d’abord, accepter la vie, les événements et les situations.
  • Celle d’agir en soi sur soi-même d’abord (depuis cette acceptation), par amour d’un meilleur alignement. Et il se trouve que ceci provoque des conséquences positives, qui vont dans le sens de l’objectif du client. Car l’objectif traduit une nostalgie d’un meilleur alignement intérieur, il est l’expression d’un désir, lequel est le reflet d’une nature profonde. Il n’y a rien à faire avec cette nature, il y a juste à cesser d’empêcher qu’elle ne s’accomplisse d’elle-même, en cessant de s’agiter à vouloir et à “faire”…

Le coaching est paradoxal

C’est une approche contractuelle, qui vise l’atteinte de résultats ambitieux… (voir à ce sujet notre article : l’importance du cadre en coaching) et pourtant le coach doit rester à sa place, ne pas nourrir d’ambition ni de projet pour son client, le laisser complètement libre et responsable de son cheminement en coaching. C’est sa séance, c’est son problème, ce sont ses objectifs… pas ceux du coach.

Vous me direz : “mais le coach a bien pour sa part l’objectif de faire du bon coaching !”.

Pas sûr : au sens propre, faire du bon coaching, ce n’est pas son objectif, mais c’est sa nature, sa vocation de coach. Il n’est pas tendu pour y arriver. Au contraire, c’est en se détendant que sa nature profonde s’exprime le mieux, pas en faisant des efforts, pour arriver péniblement à quelque chose. Juste en se concentrant sur la relation dans l’instant présent.

C’est assez simple dans le fond. Tellement simple, qu’on met quelques années à s’y résoudre !

En supervision, c’est cela qui est jubilatoire, c’est qu’on partage cette détente, cet humour, cette qualité de “Présence”, qui produit l’effet coaching recherché par le client et en partie provoqué par la non action du coach. Cela se passe presque à son insu, presque malgré ses maladresses. Vous contrôlez pas l’insight. Dans le meilleur des cas, vous y prédisposez votre client par le miroir que vous lui offrez.

 

Vocation de coach

Quand vous cessez de vouloir, d’espérer, de “faire des efforts pour”,  vous commencez à accompagner vos clients, détendu et pleinement présent, dans une ouverture et une qualité de conversation de coaching, qui remplace avantageusement tous les objectifs et les stratégies fantaisistes que vous auriez bien pu “élucubrer”.

En étant simplement là, en relation systémique profonde avec le client, vous serez inspirés pour offrir un miroir décalé et impertinent (mais respectueux et chaleureux sans doute) qui permettra à votre client, s’il le souhaite et s’il est prêt, de challenger lui-même son cadre de référence, pour s’ouvrir à de nouvelles perspectives.

“Tout ce que vous avez à faire, c’est de ne pas vous mettre en travers du swing authentique, c’est lui qui vous choisit, le coup parfait ! Ne réfléchissez pas, sentez-le… Il n’y a que vous, la balle, le drapeau et tout ce que vous êtes… “

Une autre vidéo sympa (extrait du ” guerrier pacifique”, qui illustre une pédagogie radicale (mais pas sûr que cela plaise à vos clients ? A voir…)
https://youtu.be/rdvRfc0A2zI

 

C’est merveilleux d’accompagner des personnes en recherche. Aller avec eux jusque là où ils découvrent que la solution est déjà en eux (voir à ce propos notre article : “chercher la solution nous en éloigne“).

C’est en vous laissant trouver vous-même, que vous “aiderez” vos clients à se laisser trouver par les solutions dont ils ont la nostalgie. Ils seront en contact avec cette solution quand ils cesseront de s’agiter à la trouver. Tant qu’ils gesticulent depuis leur personnage avec ses histoires, ils restent enlisés dans l’espace problème (le leur d’bord, et celui du client aussi !). Ils n’accèdent à l’espace solution que lorsqu’ils cessent de de s’en tenir à l’écart.

Notre vocation de coach est donc de faire sans cesse ce voyage en nous-même, cette immersion dans la tranquillité inhérente à notre nature profonde. Ceci représente une invitation offerte au client de nous rejoindre, en prenant le chemin de l’intérieur de lui-même, un chemin de confiance et de calme, qui le recentre sur ses ressources intérieures.

Comme dans une boule à neige, les petits flocons cessent progressivement de tomber quand on cesse de la secouer… :-)

vocation de coach

 

Renseignez-vous, nous proposons plusieurs leviers pour vous aider à vous lancer et vous développer !

(Formation, supervision, club de coach…)

 

 

Quelle peut bien être la vocation de coach ?

Vivre malheureux (inhibé, en-dessous de son potentiel, coincé dans des situations insatisfaisantes) est quelque chose qui attise suffisamment la compassion des coachs, pour que participer à la résorption de ces dysfonctionnements dans la vie de leurs semblables, soit devenue leur vocation de coach.

La plupart des coachs sont en effet des personnes qui mettent au service de leurs clients l’expérience de blessures qu’ils ont vécues, repérées et en partie dépassées. L’expérience de la souffrance, de la résilience et du recouvrement de la joie de vivre, les motive à partager avec autrui leur besoin de sens et de conscience dans le quotidien.

Cependant ces bonnes intentions, louables et généreuses ne doivent pas occulter que les coachs sont des êtres humains en chemin, qui n’ont pas tout résolu dans leur vie et son parfois en plein travail personnel. C’est d’ailleurs précisément cette dynamique personnelle et intime qui est opérante auprès de leurs clients (sans que les coachs aient besoin d’en faire état auprès de leurs interlocuteurs). C’est pourquoi les coachs sont à l’écoute attentive d’eux-mêmes, un peu en permanence, et qu’ils se forment de façon continue, et recourent à la supervision.

A défaut d’un travail sur eu-mêmes suffisant (et permanent), et d’une excellente hygiène émotionnelle (sans parler d’une hygiène vitale pour disposer d’un haut niveau de vitalité), les coachs se retrouvent souvent embarqués dans des situations qui les dépassent, vidés après une séance, et finalement épuisés, parce que ne trouvant pas dans leur pratique les moyens de se recharger. Ils trouvent alors que leurs clients sont ingrats, difficiles, n’avancent pas assez vite, etc… autant de projections de ce qu’ils vivent inconsciemment en eux-mêmes.

 

La supervision consolide la vocation de coach

La supervision les aide à :

  • être plus lucide et plus juste dans leur posture de coach, au service de l’excellence de leur coaching et d’une meilleure performance (voir à ce sujet : “performance ou excellence ?“)
  • prendre du recul sur les cas de leurs clients, et les résonances qui sont actives entre eux, de façon à rester intègre et bien centrés dans leurs séances, au lieu de se laisser prendre malgré eux dans divers jeux relationnels
  • mobiliser et développer leurs ressources profondes et entretenir ainsi leur vocation de coach
  • développer leur business, ajuster leurs discours et démarches commerciales, de façon à rester cohérents et bien alignés avec l’esprit du coaching et la posture de coach (voir position basse en coaching), tout en faisant face à la nécessité de se faire connaître et gagner sa vie en “remportant” des missions de coaching

 

Les coachs trouveront grand bénéfices, ainsi que leurs clients par voie de conséquence à travailler sur différentes thématiques de supervision, telles que :

  • « Comment bien démarrer une séance, et comment bien la conclure ?»
  • « Quel genre de questions poser, quel genre d’exercices proposer en intersession pour aider le client à tester de nouvelles pratiques ?»
  • « Comment faire avec les clients qui semblent surtout attendre des conseils de ma part ?»
  • « Comment réussir les entretiens exploratoires (quand le client rencontre des Coachs pour n’en choisir qu’un) ?» (voir : candidature de coach)
  • « Avec ce client, on s’entend super bien. J’ai du mal à garder la distance juste…»
  • « Quand mes clients travaillent sur des sujets qui m’ intéressent (parce que justement, j’ai déjà vécu une situation comme celle qu’il décrivent)  j’ai du mal à ne pas me projeter et rester à la fois présent et suffisamment distancié…»
  • « Quand j’utilise mes « outils » d’avant (test d’évaluation, 360°, etc…), je n’arrive plus bien à raccrocher le mode coaching après…»
  • « Je voudrais créer un site de coaching, mais je n’arrive pas à accoucher de mon projet…»
  • « Quel contrat commercial pourrais-je proposer à mes clients ?»
  • « Comment me préparer à être accrédité dans une association professionnelle ?»
  • « Là, je suis face à une personne brillante qui m’impressionne. Je la laisse parler, mais je ne sais pas comment créer de la valeur pendant la séance…»
  • « Comme par hasard, cette personne avec qui le Coaching est difficile pour moi, me fait penser à telle personne de mon environnement privé, avec qui j’ai justement eu des difficultés personnelles…»
  • « J’ai parfois un peu de mal à poser un cadre en coaching, à proposer le prix que j’aimerais, etc… »
  • « Comment développer mon activité ?»
  • « Comment élargir mon cadre méthodologique et intégrer de nouvelles techniques à ma pratique actuelle ?»
  • « Comment mieux trouver mon style ?»
  • « Je remarque que j’ai toujours le même genre de problématiques dans mes coachings et que les mêmes thèmes reviennent souvent en ce moment. J’aimerais bien travailler aussi sur d’autres choses…»
  • « J’ai du mal à Coacher des personnes sur certaines thématiques…»