Comment réussir un coaching d’équipe ?
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Comme tout coaching, le coaching d’équipe travaille à travers le dialogue du client, en prenant appui sur la relation entre le client et le coach. C’est cette relation très spécifique, à la fois chaleureuse, bienveillante et confrontante, qui favorise les prises de conscience collectives, la mobilisation des énergies, stimule l’unité du groupe, et renforce sa focalisation sur l’objectif.


Pour atteindre un haut niveau de performance, le client doit non seulement désirer atteindre l’objectif et se mettre à croire en la possibilité de l’atteindre, mais il doit aussi réduire ses résistances internes à la réussite, toutes ses pertes d’énergie liées à :

  • un manque de vision et d’exigence partagées,
  • des relations conflictuelles et en même temps pas assez confrontantes,
  • des motivations individuelles insuffisamment mobilisées et convergentes…

Comment réussir un coaching d’équipe, qui répond à ces nécessités et amène le client à se dépasser ? Si c’était si simple à faire, le client n’aurait pas besoin de coach !

Voyons ensemble ce qui permet un accompagnement performant. Nous l’envisagerons de deux manières : logique et chronologique.

Tout coaching procède en 4 temps logiques

 

Un coaching d’équipe qui ne résiste pas au souffle de l’adversité…

 

Une confrère me disait récemment en séance de supervision qu’elle ne se sentait pas à l’aise avec l’outil GROW que certains coachs apprécient et qu’elle lui préférait une structure en 3 temps : OSE (définir un objectif, envisager une solution, et engager l’action). Pourquoi pas ? Certains artistes sont même meilleurs  paraît-il quand ils n’ont pas de structure… Je veux bien le croire.

Toutefois, un corps sans colonne vertébrale n’a pas grande allure, un exposé sans ligne de cohérence est difficile à suivre et son contenu difficile à retenir, une maison sans fondations ne tient pas bien longtemps debout face aux intempéries (rappelons-nous la cabane en paille et la cabane en bois, qui furent rapidement détruites par le loup dans le conte des trois petits cochons ! Seule la cabane de nafnaf qui était en pierre a tenu bon face à l’adversaire…)

 

Réussir un coaching d’équipe en 4 étapes

 

 

 

Ces 4 temps se complètent logiquement, mais ils ne sont pas forcément chronologiques : généralement, ils se succèdent dans l’ordre, mais pas toujours… et parfois il en manque un, mais l’objectif est quand même atteint ! Donc, prenons ces 4 étapes avec une certaine distance : ils ne sont qu’un point de repère pour se comprendre, un outil pour nous aider à bâtir un accompagnement qui tienne la route, pas un carcan chargé de nous enfermer.

CONTRAT : Logiquement, il serait intéressant avant de démarrer un accompagnement de se mettre d’accord au moins sur la destination et les modalités de travail (poser le cadre finalement : le cadre de l’accompagnement, mais aussi le cadre de la séance, voir le cadre d’une séquence de la séance). C’est ce que nous appelons : Contrat ! Définir les résultats et leurs bénéfices, les indicateurs, les échéances, les étapes, etc…

OUVERTURE : Ensuite, il faut bien envisager sur quoi prendre appui pour poser un pas en avant… Et c’est l’occasion pour le client de mettre en évidence son cadre de référence, à travers le choix qu’il fait de raconter ou non son problème et son contexte ou bien de décrire plutôt les options qu’il envisage. Le coach observe aussi la manière systémique dont la relation se met en place avec ce client. Elle en dit long sur l’équation du client. C’est dans cette phase du travail, où l’on se cherche, où l’on “rame” un peu, puisqu’en modélisant les points d’appui : on évoque aussi les freins, les difficultés, les empêchements de toutes nature (croyances limitantes, limites énergétiques et émotionnelles, contraintes objectives, carences de compétences et de moyens, etc…). C’est donc notamment à cette occasion que le coach entend comment le client pose son équation, comment il s’enferme tout seul à l’intérieur du problème, comment il s’y prend pour ne pas trouver les solutions qu’il cherche.

 

 

Cette phase de recherche des appuis et des entraves du client est souvent l’opportunité pour le coach de consolider la relation depuis une qualité de Présence et une écoute profonde, qui se traduira entre autres par des feed-backs positifs, des reformulions gratifiantes, des validations et des modélisations des ressources du client… mais aussi par des questions de plus en plus “impertinentes”, de plus en plus confrontantes !

C’est pendant cette phase que se produiront fréquemment des insights chez le client, qui peuvent parfois déboucher une prise de conscience forte de nouvelles perspectives qui le libèrent de ses contraintes mentales.

SOLUTIONS : Quand le champs des possibles est enfin réouvert, quand l’espace solutions s’ouvre devant le client, après qu’il ait remis en question l’équation de son problème, il lui reste à bâtir une solution avec des options nouvelles, depuis le nouveau point de vue envisagé (voir : orientation solutions)

 

Accéder à un point de vue dégager pour embrasser la complexité et la ramener à une solution simple !

 

ENGAGEMENTS : Il est temps d’engager des actions concrètes, avec des premiers pas stimulants et encourageants, puis de les ancrer sur la durée pour pérenniser le mouvement vertueux. C’est le moment d’intégrer, de digérer, de métaboliser les effets de l’insight. C’est l’occasion pour le coach de challenger son client, en étant parfois plus centré résultats que lui, s’il le faut. Parfois le client est tellement soulagé d’être sorti du problème et d’avoir trouvé une issue, qu’il en resterait bien là. Sa solution lui paraît suffisante, il ne voit pas toujours l’intérêt de la peaufiner, de la développer. Le coach challenger ne le lâche pas, il le double sur sa droite et le challenge encore avec des questions qui l’amènent à s’engager, à préciser son tir, à anticiper sur la suite, à se projeter sur le résultat, à réunir les conditions de réussite, à capitaliser sur ses prochaines victoires rapides. Bref, le travail est en bonne voie, mais il n’est pas encore terminé : il en reste un quart encore à faire !

 

Réussir un coaching d’équipe

Nous venons d’évoquer la structure logique d’un coaching. Reprenons-là maintenant d’un manière chronologique :

D’abord le client consulte un coach (ou plusieurs en concurrence) et lui propose un briefe de sa situation, de ses enjeux, des ses préoccupations au sein de son contexte, des ses attentes, de ses objectifs. Ce premier entretien est extrêmement important, car c’est là que :

  • les premières impressions s’impriment, et l’ADN de tout l’accompagnement se révèle en même temps qu’il se met en place tout de suite dans cet échantillon de relation (selon le principe systémique de l’hologramme ou le tout se retrouve dans chacune des parties)
  • le coaching commence : tout de suite ou jamais ! (voir : le coaching avant le coaching). S’il démarre mal, si la relation se met en place de travers, si le coach se laisse embarquer dans le problème, s’il perd sa posture miroir, s’il se laisse submerger et abandonne sa qualité de Présence généreuse : c’est foutu. Il aura peut-être la commande, mais il ne pourra plus exercer son coaching avec toute sa puissance, parce qu’il sera déjà compromis, il aura déjà perdu son objectivité, s’étant laissé prendre dans les filets de la subjectivité (non pas qu’il ne faille pas y aller, bien au contraire …mais il faut savoir en sortir pour tendre un miroir propre et faire bouger le client !)
  • le coach entend la demande, la clarifie, avec l’art de la maïeutique, pour faire émerger le besoin véritable de l’équipe (que le client n’a pas forcément vu, qu’il ne sait pas forcément exprimer, dont il est certainement un des points d’appuis en même temps qu’une des causes du problème…). Qu’est-ce qui est sous-jacent à cette demande ? Quelles sont les croyances à l’oeuvre pour qu’elle soit exprimée de cette manière ? Quels sont les éléments culturels à prendre en compte pour bien “entendre” les enjeux de cet accompagnement ? Jusqu’où le coach pourra-t-il aller trop loin pour challenger son client ? Quelle sera l’alliance de travail entre ces deux humains (donneur d’ordre ou patron de l’équipe et coach), comment vont-ils pouvoir coopérer pour réussir à relever ce nouveau défi ? Commet cadrer les objectifs, de façon pertinente, ambitieuse et réaliste (sinon à quoi bon ?!)

 

Ensuite le coach reformule la demande, en exprimant ses premiers éléments de diagnostic sur le problème et le besoin. Et il amorce la reformulation de pistes de solutions, en veillant à positiver la situation et à ne pas trop en dire non plus, pour que le chemin s’invente bien à deux, et ne pas prendre une position trop haute qui serait préjudiciable à la suite du coaching. (voir : reformuler le besoin du client)

Puis vient le moment de proposer une architecture d’accompagnement qui réponde bien au cahier des charges clarifié.

Et là, on a à peu près tous les éléments du CONTRAT (incluant la proposition commerciale). Et peut-être comprenez-vous que pour en arriver là, il a déjà fallu beaucoup de savoir faire, et que si le contrat est clair et juste, la suite du coaching sera beaucoup plus facile et beaucoup plus puissante, que si tout est tordu ou incertain dès le départ.

 

Réussir un coaching d’équipe : pas d’amateurisme !

 

Il faut être sur le pont du début à la fin !

 

Le coaching d’équipe ne souffre pas l’amateurisme, parce que l’équipe est une entité collective qui a beaucoup de pouvoir, au sein de laquelle circulent des énergies fortes, qui peuvent causer du dégât si on les canalise mal. Le coach peut causer des torts considérables et s’en prendre plein la tête s’il ne prend garde à bien se positionner.

Malheureusement, bien peu ont compris que c’est un vrai métier. Beaucoup croient qu’avec deux ou trois exercices de teambuilding et exercices de formation, on parvient à accompagner une équipe vers la performance. Mais c’est faux ! Avec des bricolages de bateleur, on emmène personne nulle part. Au mieux, on anime des séminaires sympas, qui dispersent l’attention des véritables enjeux, on se fait des psychopapouilles pour soi-disant améliorer la cohésion de groupe, et le problème reste entier de l’engagement, du dépassement des intérêts personnels, de la résolution des craintes et  du nettoyage des émotions larvées, et de l’invention collective d’une trajectoire de progrès qui entraîne les plus récalcitrants dans la spirale de réussite.

Dans la formation que nous proposons, nous enseignons comment structurer votre coaching, comment réussir chacune des étapes, depuis le cadrage de la demande, jusqu’à la formalisation d’engagements, en passant par l’art de provoquer l’insight en groupe et celui de co-construire des solutions innovantes. Il y a une logique, un fil rouge derrière tout cela, qui donne de la cohérence. Et puis il y a des tours de mains à repérer et s’approprier, il y a des méthodes à apprendre et des protocoles à maîtriser.

Après, on bien sûr toujours dire que tout est une question de feeling, et que la structure et la méthode risquent de nuire à la spontanéité de la relation et à l’inspiration…

Laissez-moi rire : c’est exactement l’inverse !

 

Paul Devaux 06 10 56 14 96

 

Coacher « à mains nues »