Comment provoquer l’insight collectif, pour réenchanter une équipe, en l’aidant à trouver un nouveau souffle, à se sentir inspirée, à élargir son cadre de référence habituel en s’agitant les neurones, pour innover…?

Ce troisième module du cycle “devenir coach d’équipe” est consacré à l’élément AIR, c’est-à-dire à la troisième phase du cycle du coaching, celui qui consiste à accompagner le client dans l’élaboration de ses solutions, après un insight collectif.

 

insight collectif

 

Qu’est-ce qu’un insight collectif ?

L’insight en coaching est ce qui permet de basculer du problème aux solutions, c’est donc ce qui oriente vers les résultats visés par le contrat de coaching.
Un bon coaching d’équipe peut parfaitement ne pas susciter d’insight collectif visible. Mais il y aura forcément eu des prises de conscience et des déclenchements subtils. Sinon c’est un coaching incrémental, qui laisse le client dans son cadre de référence, ne lui procure aucune ouverture significative, aucune rupture dans sa vision, mais le porte juste un cran plus loin dans le prolongement de son quotidien (pas tellement besoin d’un coaching pour ça, si l’intervention ne provoque pas de changement profond, d’insight collectif puissant !)

L’insight collectif est une interruption dans le processus habituel du groupe, qui bouscule les croyances et la vision du client. C’est précisément ce qu’il vient chercher dans un coaching puissant. La séance de coaching d’équipe n’a pas besoin d’être longue, pour produire l’insight collectif salutaire. Avec l’expérience, on sait même qu’il n’est pas souhaitable pour le client de le laisser s’enfoncer trop longtemps dans son cadre de référence : plus il l’expose, plus il le consolide, plus il s’y enlise, et plus il sera difficile de l’en faire sortir après…

(voir à ce sujet : “favoriser l’insight en coaching“)

 

Formation à l’insight collectif

Quand vous avez accompagné un groupe dans la recherche d’options et qu’il a pu déployer devant vous les limitations de son cadre de référence, vient l’instant délicat de l’insight collectif que vous pouvez susciter auprès de ce groupe. C’est cela le coeur du savoir faire, que nous transmettons dans ce module.

Dans ce module, vous apprendrez à :

  • Proposer du décadrage qui ouvre des perspectives
  • Ouvrir l’espace problème pour y introduire de nouveaux paramètres de résolution
  • Inciter une équipe à partager ses bonnes pratiques d’une manière transverse (protocoles de co-développement)
  • Favoriser l’émergence d’insight collectif au sein du groupe, pour enclencher des changements de type 2, en rupture avec la logique précédente du système
  • Accompagner l’élaboration d’une vision en groupe, qui est la projection des désirs, avant la réflexion sur le chemin de solutions pour y atteindre.

Nous vous transmettrons des protocoles de co-développement, qui entraînent les équipiers à partager des feed-backs et des feed-forwards, à partager leurs meilleures pratiques, à s’ouvrir les une les autres à des solutions innovantes et en rupture.

Nous vous entraînerons aussi à faire pratiquer la visualisation positive à une équipe, pour qu’elle dispose des meilleurs atouts de la préparation mentale des sportifs de haut niveau pour atteindre ses objectifs en rupture.

Cette approche repose autant sur une posture, un état d’esprit qu’une attitude intérieure d’ouverture et de Présence à soi-même :

Comment lâcher prise de toute intention de guider le groupe, pour simplement l’accompagner et accueillir l’inspiration de la question puissante qui provoque l’insight collectif ?

Comment décloisonner une équipe, en travaillant sur votre posture de Coach accoucheur ?

Comment orienter le champ de votre attention, pour ressentir en vous-même ce que vit le client et comment revenir à l’avant-plan de la relation pour offrir du miroir déclencheur d’insight collectif (voir : “les 4 niveaux d’insight“)  ?

 

Air et créativité

Nous croyons que vous apprendre des techniques de créativité (que vous trouverez partout sur le marché) ne créera pas autant de valeur pour vous que de bien comprendre le processus d’insight, la manière d’orienter le champ de votre attention, pour déclencher des prises de conscience de niveau 4.

Dans l’ensemble de ce cycle coaching d’équipe, nous veillons à vous outiller, même si le but principal n’est pas de remplir votre boite à outils, mais de vous mettre sur le chemin du coaching véritable, en vous y faisant goûter.

Personne n’a dit que ce serait toujours agréable et amusant. D’ailleurs, le job lui-même ne l’est pas toujours. Il ne vous a pas échappé que les entreprises sont parfois des lieux de souffrance, et que votre métier consiste souvent à mettre les deux mains dans le seau d’eau “sale” (lire à ce propos : “Les deux sortes de souffrance“).

Dans les groupes que nous animons dans ce cycle, la relation est forte entre nous et vous et entre vous, participants.

Donc il y a parfois “échauffement” : cela tombe bien parce que c’est grâce à la cuisson qu’on fait la cuisine. Notre pédagogie est justement cela : vous emmener jusque là où vous pouvez aller, vers le cœur des processus internes du coaching, en les vivant de l’intérieur, au prix souvent de ressentir un peu de frustration.

Par ailleurs, nous avons fait le choix de vous transmettre des protocoles de co-développement et de vision, parce que c’est souvent demandé.

J’espère que ces quelques lignes vous permettront de mieux vous approprier le fil rouge pédagogique du module, et surtout de mieux situer dans votre expérience quelle place majeure a ce que vous vivez avec nous dans le processus parallèle .

Pour aller plus loin sur l’insight collectif

Cette chronique prend sa source dans une conversation privée entre deux coachs, qui préparaient un module de formation sur l’insight en coaching d’équipe. L’un deux a dit : C’est un peu comme l’orgasme, l’insight n’est pas un truc que l’on déclenche sur commande, même si certaines conditions le favorisent et que certaines interventions le “provoquent” parfois…” De là en a découlé une comparaison qui nous a amusés…

Dans un précédent article, nous avions ainsi envisagé un parallèle entre l’insight et l’orgasme.

C’est un peu osé, mais pas totalement dénué de bon sens. Ci-dessous, vous trouverez un dégagement à ce propos, inspiré de cet article que nous avions écrit il y a quelques années dans le journal du net : “Provoquer” l’insight en coaching ou accéder à l’orgasme professionnel.

Le coaching d’équipe, ou le coaching tout court, n’a rien à voir avec une relation “sexuelle”, cependant, il se tisse entre les protagonistes du coaching une relation qui déclenche l’effet coaching (plus ou moins fort selon qu’elle est plus ou moins intime, tout en n’ayant rien de confus, chacun restant à sa place et dans son rôle).

Aussi, nous osons cette comparaison, en espérant qu’elle ne vous choquera pas trop (texte interdit aux moins de xxx ans : à vous de replacer les xxx par l’âge qui vous paraît le plus approprié pour parler tranquillement entre adultes de ces choses à la fois ordinaires et merveilleuses….)

Un point de vue personnel

Dans une relation sexuelle, il y a plusieurs cas de figure, selon la façon dont les partenaires envisagent leur échange.

  • Si vous partez avec l’idée de prendre votre plaisir, vous êtes et restez dans votre tête, et c’est finalement une expérience bien pauvre.
  • Si vous vous fixez d’atteindre un objectif (même celui de faire jouir votre partenaire), ça a l’air plus généreux, mais c’est irrespectueux et parfaitement immature ! En effet, à y regardez de plus près, à partir d’une telle intention (parfois inconsciente) vous transmettez progressivement une pression, qui à elle seule peut mettre en échec l’essence de la relation et l’épanouissement d’un acte de communion. Se comporter en athlète ou en virtuose qui réalise des prouesses physiques ou techniques, c’est vite lassant. Dès que l’autre a compris que votre truc à vous c’est de “chercher à faire quelque chose” (quoi que ce soit, au lieu simplement : d'”être” ensemble et de laisser s’accomplir l’aboutissement d’un désir partagé), il cesse de se sentir pris en compte en tant que sujet, il réalise qu’il n’est que l’objet de votre petit “championnat personnel”. C’est comme si vous vous serviez de son “être”, pour “réaliser un strike” dans un concours, qui ne se joue qu’entre vous et vous-même. Du coup, c’est peut-être amusant quelques fois, ou quelques instants, mais après personne n’a tellement de temps et d’énergie à perdre ainsi, à passer à côté de la vraie vie !
  • Une sexualité épanouie ne peut commencer que lorsqu’on renonce par avance à l’orgasme, en le cherchant pas. Dès lors, la possibilité reste ouverte d’entrer ensemble à chaque fois dans une expérience nouvelle, sans objet et sans intention, dans laquelle vous n’êtes tous deux que réponse corporelle à des stimuli ressentis dans l’être tout entier, non clivé entre le corps et la tête. Vous ressentez l’attraction à la fois par l’esprit, par l’âme, par le corps. Ceci survient si on est complètement disponible et ouvert à la relation, au lieu de rester pitoyablement chacun tout seul dans son corps, à vivre chacun une expérience personnelle et non partagée… Si on accepte d’être simplement là, de laisser son corps s’exprimer en relation à celui de l’autre, sans interférence du mental (qui croit savoir ce qui est bien, ce qu’il faut faire, etc…) on est présent à l’instant présent, sans tension mentale et ouvert à toutes les éventualités (mais avec une intense tension physique évidemment, sinon c’est qu’on parle d’un câlin plein de tendresse, mais pas d’engagement sexuel). Vous le savez bien, l’engagement est alors d’une telle intensité qu’il ne peut subsister que des réflexes et aucune place pour des pensées, des stratégies, et autres balivernes de cette sorte. Alors, il y a la possibilité de déployer son sentiment, et le mental reste à la fois mobilisé et concentré, tout en restant vide. L’esprit décide, instant après instant : j’arrête si nécessaire, là maintenant, ou bien je continue, et je me donne tout entier à ma partenaire, et je donne en particulier la grâce de recevoir d’elle, sans restriction… et sans attente non plus.
Bon, j’arrête avec ces évocations classées X…vous pouvez reprendre votre souffle ! Quelqu’un, sans doute très spirituel, a commenté cet article en écrivant : “C’est de la masturbation intellectuelle”. C’était peut-être de l’humour… Pourquoi pas, chacun est libre de ses opinions et de ses expériences. Cela me fait penser aux enfants qui rient quand on dit le mot ‘pipi’. Ils sont peut-être mal à l’aise avec l’évocation de la sexualité, qui serait pour eux une sorte de tabou. Ce n’en est pas un pour nous. Mais ne sommes-nous pas entre adultes, pour oser réfléchir deux secondes et faire des liens entre deux sortes d’expériences intimes (l’amour et le coaching), afin de nous faire comprendre et d’avancer ensemble sur ce sujet ? Tel est en tout cas notre intention avec vous dans cet article…
Et puis, il y a aussi ceux qui s’affolent et semblent perdus dès qu’on aligne plus de trois lignes dans un texte, et qualifient tout de suite d’intellectuel ce qu’ils ne parviennent pas à suivre, alors qu’il ne s’agit en fait que d’un partage d’expérience qui n’a donc rien d’intellectuel du tout.
Avec ceux qui n’ont pas peur, poursuivons donc et faisons maintenant le lien entre l’orgasme et l’insight en coaching.

Comparaison entre l’insight et l’orgasme

  • Il pourrait y avoir des coachs sur le marché, qui ne savent pas que l’insight est la clé de l’effet coaching recherché, et qui font peut-être une bonne séance dans leur coin, mais tout seul justement, pendant que leur client tâche de faire son marché de son côté dans une relation assez pauvre. Cette situation correspond plus ou moins au premier point de notre comparaison du paragraphe précédent.
  • Il pourrait y avoir des coachs qui, en quelque sorte, “chercheraient le point G”… Ils seraient ainsi dans la situation de s’activer fiévreusement à chercher à provoquer l’insight pour leur client. Plus ils sont actifs, plus leur client est passif, et plus l’insight s’éloigne. L’insight se produit au contraire quand le client est très engagé. Pas quand il se laisse mener par un coach “expert de l’insight”…. Ceci dit, même en n’étant que dans sa tête, un coach expérimenté et doué, trouvera quand même le moyen de surprendre et de provoquer l’ouverture chez son client… Ce qui est déjà très appréciable.
    Mais il y a fort à parier que cet instant magique survient de lui-même, au moment précis où le coach expert se sent justement débordé et reconnaît intérieurement son impuissance, au moment même où il abdique de sa prétention à réussir, au moment où il cesse de “faire du coaching” pour être simplement là, juste à être coach. Alors il peut y avoir soudain une opportunité pour le client de réussir sa séance, quand enfin le coach “lâche l’affaire” et lui rend son espace de travail autonome.
  • Et puis, il pourrait aussi y avoir les coachs qui ont compris qu’ils ne “provoquent rien” par eux-mêmes. L’insight survient, presque malgré les “provocations” du coach, ses impertinences, ses encouragements chaleureux, ses questions puissantes, ses silences respectueux et sensibles, etc… (voir à ce sujet : les interventions en posture de coach). C’est le propre de la conversation de coaching de proposer toutes ces interventions. Comme un boulanger fait des pains, le coach fait du coaching, c’est son boulot, le client le paye pour ça…
    Et s’il est bon, il fait du bon coaching.
    Ce bon coaching survient quand le coach se contente de cultiver des réflexes, sans intentions, sans se projeter dans un projet pour le client. Le coach accompagne, mais ne dirige pas, il ne conduit même pas la séance, il ne porte pas non plus le client (il n’est pas “collé à son client”), il s’ouvre au client, il entend et il répond (l’insolent !). Ces réponses, que le coach exprime généralement sous forme de questions, ne viennent pas d’une réflexion stratégique, ou d’une tactique consciente. Elles viennent en mode réflexe, à l’instinct, quand le coach a fait beaucoup de gammes et que peu à peu il se dégage de la technique qu’il maîtrise, au profit de la simple présence à l’instant présent, qui est un “espace” depuis lequel une relation s’instaure, une confiance se tisse, un échange complice s’élabore…

Le coach n’est pas l’auteur de l’insight du client, il n’en est que le faciliteur (l’accoucheur comme on dit parfois), un des deux protagonistes d’une pièce qui se joue à deux. L’intelligence à l’œuvre est une intelligence collective, qui émerge entre les deux, et qui n’appartient en propre ni à l’un ni à l’autre. C’est pour cela qu’on peut parler d’insight collectif, même en coaching individuel.

Qu’est-ce qui produit l’effet coaching ? On ne sait pas trop, en fait :

  • Le coach fait “du” coaching c’est sûr.
  • Le client, engagé dans sa démarche, réfléchit à ses solutions et ses objectifs. C’est sûr aussi.

Et l’effet coaching survient – ou pas. Mais quand il survient, cet insight collectif, les deux sont sur le pont. C’est un peu comme s’ils se promenaient tous les deux dans le système de pensée du client, comme dans une forêt, et que soudain ils tombaient tous les deux sur un coin à champignons, ou sur des framboises ou des fraises des bois ! (Un seul mot s’impose : youpi ! :-)

Quand on se promène avec un professionnel qui a du flair, on trouve souvent des bons coins ! Mais, c’est une grâce pour tous les deux, ce n’est le mérite d’aucun des deux.

Un coach vit souvent des insights pour lui-même

C’est ça qui rend aussi ce métier formidablement stimulant. vous êtes payé pour accompagner des personnes formidables et en plus, vous vous développez personnellement au passage. Un coach peut avoir lui-même un insight, au cours d’une séance, pace que quand “cela” travaille, cela travaille chez les deux partenaires en écho au sein du système. Et s’il partage ses propres prises de conscience avec son client, cela peut éclairer et enrichir encore la séance.
  • C’est souvent parce que le coach a ressenti dans son propre corps une émotion qui appartient au client. Alors, il renvoie le miroir au client, par réflexe professionnel, parce que cet écho systémique appartient à son coaching.
  • Mais la prise de conscience peut aussi être d’ordre purement privé. Alors, si elle peut être partagée, pourquoi ne pas la célébrer avec le client que cela va probablement inspirer, et mettre sur la piste de quelque chose pour lui-même, parce que cet insight est un prémisse, une secousse, qui laisse en présager une autre… Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Mais le coach choisira peut-être de ne rien dire, ou pas tout de suite, pour encore mieux laisser venir. Et il ne dira qu’après, ce qu’il a vécu de son côté. Après tout c’est la séance du client, pas celle du coach ! 

Coaching sans insight ?

Un bon coaching peut parfaitement ne pas susciter d’insight visible.
Ce qui est sûr c’est que tout un coaching de plusieurs séances, sans le moindre petit sursaut, le moindre petit frisson, est un coaching où il ne se passe pas grand chose. Mais un excellent coaching qui fait bouger les choses et progresser le client peut avancer discrètement, tout en douceur et en souplesse, sans tremblement de terre.
On vit cela parfois, quand le client n’est pas prêt à tout bousculer. Peut-être qu’il vient juste de le faire avant de rencontrer le coach, et qu’il souhaite juste affuter quelques arguments, préparer quelques actes clés, assurer sa prise de poste sans être déstabilisé parce que ce n’est pas le moment de vivre une révolution, etc… C’est très légitime.
Et puis il y a aussi le cas du client qui veut bien aller jusqu’à un certain point dans son coaching, mais qui n’est pas prêt à aller au-delà. Il se contentera de certains insights et préfèrera vivre les autres avec quelqu’un d’autre… C’est bien son droit. Le professionnel l’entend et le respecte. Il y a par exemple des aspects du sujet qui relèvent de la psychothérapie et pas du coaching. Et même si le coach pourrait parfois accompagner son client encore plus loin, ce ne serait plus le même contrat.
Quelqu’un a dit : “le propre du miracle, c’est qu’il n’arrive pas tous les jours…”
Cela paraît plein de bons sens, non ? Ainsi, l’insight n’est pas toujours au rendez-vous. Et c’est aussi normal que c’est sans importance.
Nous l’avons déjà dit à propos de sexualité (sans être un expert du thème) l’orgasme survient d’autant mieux qu’on y renonce. Il en va de même de l’insight en coaching : il survient – ou pas (cela n’a aucune importance) quand on ne le cherche pas. … Mais il faut quand même accepter de l’accueillir !