Voici un article sur la présence à l’instant présent en coaching, extrait de notre livre « coaching de l’énergie » (que vous pouvez télécharger gratuitement ici : Le coaching de l’energie V3.1

Qu’est-ce que la présence à l’instant présent, en coaching de l’énergie ?

Pour qu’il y ait relation entre le client et vous, il faut déjà que vous soyez là, vous-même !

Comment voulez-vous être en relation, être « dans » la relation avec l’autre, si vous êtes tellement décorellé de votre vraie nature, tellement désinvesti de votre corps, tellement désincarné de l’instant présent, qu’on pourrait dire que la qualité de votre présence est faible, un peu comme si vous n’étiez pas vraiment là…

Dans un entretien de coaching par exemple, si vous n’êtes que dans votre tête, vous vous coupez en partie de vos émotions et de vos sensations, et vous n’êtes là qu’au tiers de vous-même (en admettant qu’on divise l’énergie en trois tiers : 1/3 pour l’attention accordée au corps, 1/3 pour les émotions et les sentiments, 1/3 pour la tête).

Si, d’un autre côté, vous vous laissez embarquer par vos émotions, vous ne maîtrisez plus votre propre corps, vos pensées sont altérées, vous êtes sur déterminés par des réactions à la fois psychologiques et hormonales, qui vous font décider n’importe quoi. « Vous » n’êtes pas vraiment là non plus : des réactions en vous (qui ne sont pas vous) pilotent la relation, qui glisse immanquablement vers des communications creuses. Et c’en est fini des relations vraies, sur lesquelles comptait le coaching pour faire évoluer le client.

Si vous voulez que la relation de coaching soit saine,  il faut que vous soyez présent, avec votre attention éveillée, au niveau de la tête pensante, au niveau du coeur vibrant, et au niveau du corps sensible. Alors votre écoute sera complète sur les trois niveaux (voir : niveaux d’écoute).

 

Pour travailler la qualité de votre Présence et développer des relations vraies, vous devez lâcher prise sur le résultat pour mieux accepter l’instant présent, avec TOUT ce qu’il contient, sans restriction.

C’est probablement le chemin d’une vie d’y parvenir.

Mais, en chemin, vous découvrirez qu’il y a en quelque sorte deux espaces distincts à l’intérieur de vous-même :

  • l’espace de devant (qu’on peut ressentir dans le front peut-être), c’est depuis cet espace que vous vous identifiez à ce que vous croyez être, mais que vous n’êtes pas : le corps, les pensées, le personnage social, la personne et sa personnalité…
  • l’espace à l’arrière de vous-même, un espace sans dimension précise mais  vaste, où il y a perception, et où il y a Présence qui perçoit (mais vous ne pouvez pas dire qui est présent et perçoit). C’est à la fois évidemment vous (et pas quelqu’un d’autre) mais ce sujet qui perçoit et que vous êtes n’est pas réduit à votre petite personne, vous êtes en quelque sorte un peu détaché, moins impliqué, il y a là manifestation de la Présence aimante et acceptante que vous êtes… C’est comme un deuxième personnage en vous, qui est présent (qui est « présence » même, pourrait-on dire), et qui est plus vaste et stable que votre personnalité, ce « moi » désigné ordinairement par votre nom. Votre « moi » a l’impression d’un autre, alors que ce serait plutôt ce « moi » qui est un autre, tandis qu’en fait « vous » êtes peut-être vraiment cette seconde présence… Ici tout est affaire d’expérience, il n’y a donc pas à théoriser et encore moins dogmatiser.

 

En coaching, avec l’écoute flottante (ou écoute systémique), nous expérimentons une autre manière d’être là et de cultiver des relations vraies, une manière d’offrir un miroir à la fois, bienveillant, chaleureux et impitoyable au client :

  • Chaleureux et bienveillant, parce que vous êtes là, avec votre coeur et votre attention à ce que ressent le client
  • Impitoyable, parce que dans le miroir, le client peut SE voir. S’il y regarde attentivement, il n’y verra pas seulement sa personnalité extérieure mais aussi son être profond : ce qui peut être déstabilisant pour la personnalité extérieure…

Précision : Ce n’est donc pas le coach qui est impitoyable, mais le miroir. Pour sa part, un coach n’est qu’amitié et accueil : rien d’impitoyable !

 

Pas besoin de devenir moine bouddhiste, lama tibétain ou maître de yoga pour être simplement là, présent « maintenant » auprès de votre client, sans intention et sans projet, dans une posture d’accompagnement, proche et chaleureuse.

Dans cet instant vous êtes bien plus vaste qu’un homme ou une femme, un coach ou un client, une personne en forme ou une personne fatiguée, etc… Toutes ces étiquettes mentales sont des considérations extérieures, qui n’ont rien à voir avec l’expérience immédiate d’être là, juste là, sans aucun commentaire intérieur…

Entrer dans cet état de Présence est assez difficile, non pas parce que c’est « compliqué » mais au contraire parce que c’est trop simple pour pouvoir en faire une préoccupation mentale.

Ce n’est pas un problème à adresser, il n’y a donc pas de solution à trouver puisque c’est en soi une solution…

Ce n’est pas non plus quelque chose à « faire », comme s’il s’agissait par exemple d’un plan de conscience à explorer ou « conquérir ».

C’est un état qui est déjà là, tout le temps, sous le niveau ordinaire des préoccupations diverses du quotidien. On peut laisser émerger cet état de présence quand on cesse de le parasiter avec des agitations (nombreuses et variées).

Et il n’y a pas besoin de se contrôler pour empêcher les agitations, il suffit de « voir » ces agitations pour ce qu’elles sont (des mouvements à la surface de la conscience, comme des vagues à la surface de la mer), ne pas les manipuler, ne pas les commenter, juste les voir et ne pas s’y identifier. C’est une façon de les accueillir et de les contenir en soi, en étant plus vaste qu’elles.

Etes-vous le contenu de vos pensées, ou le contenant (la conscience qui les contient) ?

Ne seriez-vous pas la bouteille (le contenant) qui contient les pensées, et pas seulement le liquide contenu dans la bouteille…

Vous êtes peut-être la conscience au-delà des contenus de cette conscience. Vous êtes certainement ce qui est conscient des pensées, des émotions, et des sensations.

  • Je dis « vous êtes ceci ou vous n’êtes pas cela.. ». Mais qu’est-ce que j’en sais ?
  • Bonne question… Mais encore meilleure question : Et vous, qu’est-ce que vous en savez ? Creusez donc cette question par vous-même et en vous-même. Pourquoi pas tout de suite :

Qu’est-ce que c’est, qui est conscient de vos pensées, si ce n’est pas vous, justement ? Et si vous êtes ce qui est conscient de vos pensées, alors vous n’êtes pas réduit à ces pensées, pas plus que les autres choses dont vous êtes conscient : vos émotions, et vos sensations.

Ainsi, puisque le « moi » que vous croyez être : vous en êtes conscient aussi… c’est que vous ne l’êtes pas non plus ! Mais c’est à chacun de voir cela pour soi-même. Il n’y a pas à en discuter et à argumenter avec le mental à propos de cette expérience intime. Vous le voyez ou bien vous voyez autre chose et cela est votre expérience, indiscutable ! Aussi frustrant et déstabilisant que cela puisse paraître, il ne peut pas y avoir de débat à ce propos. C’est d’ailleurs beaucoup plus léger comme ça !

Toujours est-il que dans cet état de présence, qu’on peut juste explorer au fur et à mesure qu’il se déploie, à son rythme, à sa manière, il se passe quelque chose en soi qui est très intéressant en coaching. C’est que cet état de présence (que vous êtes) est contagieux, qu’il irradie en quelque sorte et contamine positivement votre client. Quand vous êtes dans cet état de présence à vous-même, à l’autre et à la situation, cela invite le client à vous rejoindre dans ce même état, depuis l’intérieur de lui-même, où il mobilise naturellement ses propres ressources de lucidité et de sérénité. Cet état vous n’y entrez pas pour « faire » quoi que ce soit en rapport avec le client, vous le « faîtes » parce que c’est votre nature (et en ce qui vous concerne : c’est aussi votre job !).

Cela permet à la situation de se clarifier d’elle-même, de se desserrer, de devenir elle aussi plus vaste et beaucoup moins grave et dramatique qu’elle n’apparaissait antérieurement. Dans cet état de présence partagé, on peut facilement prendre de la distance par rapport aux émotions liées aux enjeux, parce qu’elles apparaissent comme des contenus, des phénomènes passagers et de moindre importance. Dans cet état de présence, même un dragon passant dans le ciel et semant la terreur derrière lui, ne ferait que passer dans le champs de votre conscience, et ne serait pas plus important qu’un nuage qui apparaît, puis disparaît, tandis que vous êtes là et que ses flammes ne brûlent pas le ciel que vous êtes…

Qui est là, quand vous êtes là (dans cet état de présence) ? Qu’est-ce que la Présence, qui se manifeste, en quelque sorte, quand vous cessez de penser pour être enfin là, calme et clair ? On ne sait pas !

Mais ce qui est sûr c’est que c’est là quand vous êtes là, que cela respire, cela est conscient, cela vit, cela connaît, cela aime… et cela coache !

Votre mental, lui, ne peut pas « comprendre » (il ne peut comprendre, c’est-à-dire «prendre en soi », contenir ce qui est plus vaste que lui et le contient), mais vous, vous comprenez : vous êtes !

Vous êtes quoi ? Encore une fois, le mental ne saurait pas dire. Mais vous ne le laissez pas s’en préoccuper. Puisque vous êtes là, vous n’en avez pas besoin, il ne peut rien vous « arriver ». Dans cet état de présence, il ne vous arrive que vous-même ! Et quand vous êtes là, votre mental est un peu comme un chaton que sa mère attrape par le cou, il est un peu comme anesthésié…

Dans cet état de présence à l’instant présent, vous êtes avec votre client, profondément à l’écoute, mais avec légèreté, sans gravité, sans pesanteur, sans concentration excessive.

 

Caractéristiques de l’état de présence

Dans l’état de présence à vous-même :

  • vous ne dîtes pas tout ce qui vous passe par la tête,
  • vous ne répondez pas à votre client du tac au tac,
  • vous ne pensez pas à plein de choses à la fois,
  • vous ne cherchez pas la prochaine question à proposer,
  • vous laissez résonner en vous ce qui se passe dans la relation,
  • vous êtes à l’écoute. A l’écoute de ce qui se dit, à l’écoute de ce qui se joue, à l’écoute de l’écoute elle-même, sans objet. Sans aller vers ce qui est entendu, vous laissez venir ce qui vient à vous…

Et depuis cet état de présence à l’instant présent, parfois, quand c’est le moment, vous renvoyez quelque chose à votre client. A la limite, ce n’est plus tellement vous qui coachez. Cela se met à coacher à travers vous. Vous êtes en quelque sorte témoin du coaching qui s’opère en vous à l’attention du client. Vous voyez votre « moi » mettre en oeuvre des techniques au service de l’objectif du client, vous vous voyez l’inviter à se voir, mais vous n’êtes pas projeté en avant comme un boulet de canon, à fond dans la relation, à fond identifié à votre rôle. Vous voyez votre personnage de coach extérieur mettre en oeuvre ses techniques professionnelles, tout en étant profondément en-dedans de votre corps, engagé dans la relation depuis l’intérieur de vous-même.

C’est en vous orientant honnêtement vers cet intérieur-là que vous rencontrez le client, s’il vous rejoint à l’intérieur de lui-même. Pas besoin de se regarder dans le blanc des yeux pour cela (du coup le coaching se passe très bien aussi par téléphone). En fait, il n’y a pas grand chose à voir à l’extérieur, ce qui compte se passe surtout à l’intérieur.

« On ne voit bien qu’avec le cœur » disait le Petit Prince de St-Exupéry… Il n’avait peut-être pas tort ?

 

Deux positions de présence à l’instant présent

Il y a deux positions et qualités de présence en coaching. Nous y avons déjà fait allusion, mais jetons-y un coup d’oeil et regardons en nous-même ce que cela nous inspire pour notre pratique…

  • Une position en avant de soi-même, concentré dans le front et focalisé sur un point précis en face de soi : une question, un mot, un détail. Cette manière de focaliser votre attention en avant de vous-même est très utile pour recueillir des informations, que vous ramenez ensuite à l’intérieur de vous-même pour y examiner leur impact.
  • Une position en arrière de soi (ce n’est qu’une sensation, en fait : il n’y a pas un avant et un arrière de soi), comme si vous vous appuyiez sur votre dossier de chaise (mais cela n’a rien à voir avec la position du corps. Je ne prends cette image que pour vous mettre sur la piste d’une sensation intérieure, d’un mouvement psychique), à partir de laquelle vous embrassez la situation. Dans cette seconde position, on voit à la fois son propre point de vue, celui de l’autre, et l’ensemble de la situation. C’est ce que certains appellent parfois : la position méta. Mais nous la décrivons ici en termes de sensations issues de l’expérience, et pas simplement comme un concept. Tout y semble être à l’intérieur de vous.

Disons tout de suite que la seconde position est la grande clé pour être coach et cesser en quelque sorte de « faire » du coaching. Depuis cette qualité de présence en coaching, le coaching se fait à travers vous, presque malgré vos maladresses. C’est important si on veut maîtriser un art, de savoir comment orienter son attention, où prendre appui en soi, pendant qu’on pratique, et quels mécanismes sont en jeu dans l’effet coaching. Vous ne trouvez pas ?

En fait, le coach fait sans cesse des allers et retours entre la périphérie et le centre de soi-même, pour accueillir et voir la globalité du système client. Il investit ces deux plans, simultanément et tour à tour. Evidemment, s’il sait faire cela consciemment, c’est beaucoup plus puissant et efficace, et on peut commencer à parler de maîtrise de l’art du coaching

  • A l’avant de soi-même, le coach capte des informations en provenance du client, pour entendre son cadre de référence : comment il s’enferme à l’intérieur de l’espace problèmes, à quelles pensées il s’accroche pour créer le problème qu’il veut résoudre (et dont il souffre réellement, tout en le créant de cette manière !). A l’avant plan, il est partie prenante du système client qu’il contribue à modifier dans le sens de l’objectif contractuel par ses interventions.
  • A l’arrière plan de sa conscience le coach accueille et voit la globalité du système client. Depuis son votre propre centre, émergent les « réponses » destinées au client, formulées souvent sous forme de questions. Le mot « réponses », ne signifie évidemment pas que le coach donnerait des réponses aux questions du client, mais il est utilisé en opposition avec le mot « réaction ». Je m’explique :
    • Depuis la périphérie, on réagit émotionnellement, on est pris par l’histoire des personnages, avec leurs souffrances et leurs pensées. On se débat soi-même, comme on peut. On est en réaction permanente aux stimulis, on est pris dans la tourmente, à l’avant plan, avec le client. Le truc c’est de rester « un peu » dans cet avant plan, mais sans « réagir », parce qu’on a un ancrage plus profond à l’arrière plan…
    • Au centre de soi-même, en revanche, il n’y a pas d’enjeu d’ego. Du coup, le miroir que vous offrez (par un silence, une question, etc…) est une réponse et non pas une réaction psychologique et émotionnelle. Là, le coaching se fait à travers vous, sans l’intervention active de votre personnage de coach (votre ego si vous préférez ce mot). A la limite vous sentez un Coaching spontané se mettre en place, auquel vous assistez, un peu « détaché » du résultat… Pour autant, vous n’êtes pas à côté de vos pompes, dans un état de conscience modifié trop accentué. C’est plutôt une sorte de semi-extériorisation naturelle de vous-même (sans prendre de champignons et sans jouer du tambour comme dans certaines pratiques modernes inspirées des cultes anciens). Vous avez un pied ici et un pied à l’intérieur, dans l’espace vaste que vous êtes vraiment. Et par ce jeu d’allers et retours en vous-même entre le fond et la surface, comme si vous déplaciez le poids de votre corps d’un pied sur l’autre, vous êtes à la fois et alternativement en contact avec le client et avec les ressources issues du centre, qui en remontent sans cesse… Cette démarche est communicative, elle invite le client à éprouver cette plongée à l’intérieur de lui-même (elle se fait de façon plus ou moins consciente selon le degré de sensibilité et de maturité de ce client) pour y puiser lui-même ses propres ressources depuis son propre centre.

 

Enraciner la présence à l’instant présent

L’enracinement dans le corps est un moyen de se relier à l’instant présent (voir l’article : s’enraciner ).

C’est probablement aussi un effet de l’enracinement dans la profondeur de l’être. Mais ceci n’est pas à prendre à la lettre, parce que vous avez le corps que vous avez, lui-même tributaire de votre trajectoire de vie jusqu’ici, à laquelle vous ne pouvez plus rien changer.

Ainsi, selon que votre structure corporelle est élancée ou massive, vous n’aurez pas le même style d’enracinement dans le corps, et vous n’y pouvez rien changer !

Remarque : Il s’agit de s’enraciner dans le corps, mais pas forcément d’enraciner le corps dans la terre, comme dans les arts martiaux.

En effet, si vous pratiquez yoga, le qi-gong, la méditation ou les arts martiaux externes, vous vous serez certainement entraîné à abaisser le centre de gravité de votre corps, pour bien enraciner le corps dans la terre. Cela vous donnera probablement une bonne stabilité pour faire face à des poussées de vos partenaires de jeu, mais cela ne fera pas de vous un meilleur coach pour autant…

L’enracinement dont nous parlons à propos du coaching est plutôt un enracinement dans la profondeur de votre être, au-delà de votre rôle, de votre image et de l’imposture de la personnalité sociale. Il s’agit de vous enraciner dans votre authenticité de l’instant, y compris si elle s’exprime dans un corps fatigué et faiblement vital. Dans ce cas, vous êtes vraiment enraciné dans votre être (au lieu d’être projeté en avant dans vos pensées) et pourtant votre corps, lui, n’est pas enraciné dans la vitalité autant qu’il pourrait l’être si vous lui donniez toute votre attention au quotidien. Les deux types d’enracinement (dans l’être et dans le corps) sont peut-être liés, mais ce sont tout de même deux choses différentes. Je tenais à le préciser, sinon on pourrait mettre d’office au rebut tous ceux parmi les coachs du marché, qui ne sont pas devenus des maîtres de la présence dans le corps à travers une longue pratique des arts corporels…

Personnellement, je préfère un peu plus d’ouverture et de tendresse envers nous tous, et j’opte pour un enracinement dans l’essence plutôt qu’un enracinement exclusif dans les fondations du corps. Mais je ne dis pas qu’une présence au corps n’est pas un outil formidable dans la pratique du coaching, bien au contraire. Je dis même que l’attention accordée aux sensations corporelles pendant le coaching est une grande clé pour s’ancrer dans l’être profond et laisser la Présence prendre sa place aux manettes du coaching…

Pour le dire autrement une nouvelle fois, c’est comme si vous pouviez prendre appui sur deux espaces en vous même :

  • à l’avant plan, vous êtes dans le personnage du coach, actif à nourrir la conversation de coaching
  • à l’arrière plan, vous êtes tranquille, vous ne faites rien, vous appréciez ce qui est, que vous contenez dans l’espace infini que vous êtes. Sans la présence consciente à cet arrière plan, votre conversation est faible : même si elle est de bonne intention et pertinente dans son contenu, elle n’aura qu’une faible portée, parce qu’elle n’émane que de votre mental et ne s’adressera donc qu’au mental du client. Pour toucher le client au centre, afin qu’il opère un changement profond et durable, il faut que votre projection s’enracine dans votre propre centre. Un peu comme la voix d’un acteur qui « passe la rampe » et touche le public du théâtre, si elle prend appui sur une respiration abdominale.

Nous parlerons bientôt des niveaux d’insight (ou niveaux de prise de conscience) qui peuvent survenir dans un coaching puissant. L’insight qui provoque le changement le plus puissant est l’insight de niveau 4, celui qui prend son inspiration dans une écoute des reflets systémiques et invite le client à se voir fonctionner dans la relation ici et maintenant avec son coach, en relation avec le cas sur lequel il travaille pendant la séance. Cet insight n’est donc accessible que si le coach investit la profondeur de l’instant présent et invite par là même le client à le rejoindre dans ce niveau d’intimité et de profondeur de la relation.

On dit parfois que pour cela, le coach doit savoir lâcher prise. C’est vrai. Mais comment lâcher prise si on ne prend pas d’abord appui sur un niveau plus profond ? Si on lâche prise, sans un appui…on tombe, rien de plus, pas de miracle ! C’est cela qui effraie et empêche de lâcher prise. Dans les formations au coaching, nous vous entraînons à vivre l’expérience que vous ne pouvez pas tomber, parce que vous êtes toujours là, en arrière plan. Si vous lâchez l’avant plan, si vous quittez la tête et ses pensées, il ne se passe rien de grave, vous ne tombez pas, vous investissez juste l’arrière de vos appartements intérieurs.

Vous ne pouvez prendre appui que sur ce que vous êtes vraiment, maintenant, et c’est tout (présence à soi-même). Et peu importe le résultat, dont vous n’êtes d’ailleurs pas responsable, même s’il est contractuel. Vous ne le portez pas,. C’est le travail et la responsabilité du client que d’atteindre l’objectif du coaching. Vous, vous devez justement lâcher prise sur le résultat et vous concentrer sur maintenant, pour bien accompagner votre client… Ce n’est qu’ainsi que vous serez présent, et « modéliserez le comportement cible »

 

En résumé :

1- C’est la qualité de votre Présence à l’instant présent, votre enracinement dans votre propre corps, qui permet puissamment l’insight du client, lequel lui ouvre des perspectives nouvelles et le fait déboucher sur les solutions qu’il souhaite mettre en oeuvre pour atteindre des résultats en rupture.

2- C’est la structure de votre coaching qui permet au client de se sentir confortable et d’investir tout l’espace de son coaching, parce qu’il comprend ce à quoi vous l’invitez. En voyant bien le fil rouge, il peut en suivre les étapes, il peut même se payer le luxe de digressions, et vous pouvez vous les lui accorder parce que la structure est claire et ne vous quitte pas. Elle est donc toujours accessible, comme une rampe d’escalier, qui rassure et conforte le système. Vous retrouverez votre chemin sans problème une fois refermées les parenthèses ouvertes…

3- C’est le contrat de coaching, qui justifie et permet ce travail un peu « artificiel » qu’est le coaching (artificiel : parce que pas ordinaire, même s’il ne s’y passe rien que de très naturel au sein de la relation de coaching).

  • Le cadre contractuel permet de peindre le coaching sur la toile de la relation.
  • Poser le cadre du coaching protège aussi. Autant le client que le coach, puisque chacun y trouve sa place.
  • Le cadre permet d’investir profondément la relation, tout en se gardant de toute « familiarité » : être très proche tout en restant professionnel et dans une distance juste qui n’a rien de fusionnel…

Comme vous le voyez : enracinement, structure, contrat est un enchaînement de mots qui relèvent de la symbolique de la Terre, qui illustre l’importance du cadre en coaching. Nous développerons amplement ces différents points dans un prochain chapitre dédié à la l’énergie de la Terre dans notre méthode de coaching en 4 temps.