Le coaching est une approche contractuelle : il faut donc un cadre du coaching, pour qu’il s’inscrive dans les termes du contrat, et qu’ainsi, prise entre “les mâchoires” d’un contexte choisi en ce sens, la prestation puisse délivrer sa pleine efficacité.

  • Doit-on poser le cadre du coaching ou bien pro-poser le cadre du coaching ?
  • Que doit contenir le cadre du coaching ?
  • A quel moment le cadre du coaching doit-il être envisagé par les parties ?

Partageons des éléments de réponse … (dans un autre article, nous soulignerons l’importance du cadre en coaching)

Cadre du coaching, pour quoi faire ?

A quoi sert le cadre du coaching ?

  • A concentrer la prestation sur une cible identifiée (en augmenter l’impact et la profondeur à cet endroit et éviter les dispersions)
  • A la sécuriser (le coaching abordera certains thèmes et pas d’autres, emploiera certaines méthodes et pas d’autres, etc… voir la différence entre coaching et psychothérapie)
  • A la protéger (pour éviter d’éventuelles “dérives” : report de séances, tentatives de manipulations ou d’ingérences du contexte)
  • A l’organiser (se mettre d’accord sur un format, un mode opératoire, un certain nombre de conventions qui offrent des permissions et restreignent l’accès à des impasses déjà repérées)

Comme toute prestation professionnelle, le coaching a évidemment besoin d’un cadre. Pour autant comment faut-il envisager la négociation éventuelle de ce cadre du coaching ?

Poser la cadre du coaching ou le proposer ?

  • La relation de coaching est fondamentalement paritaire, dans la mesure où le coach n’est pas un sachant par rapport au client. Les expertises sont partagées équitablement entre le client et le coach : le client est un expert de lui-même (de son contexte, des problèmes qu’il rencontre et des solutions qu’il va découvrir et mettre en oeuvre), et le coach est un expert du processus d’accompagnement en mode coaching.
  • D’autre part, la finalité même du coaching est de promouvoir l’autonomie du client, de libérer ses potentiels, de développer sa performance extérieure par un recours conscient à ses ressources intérieures auxquelles il est seul à avoir accès…

Pour ces deux raisons, le cadre du coaching ne peut qu’être proposé par le coach (c’est lui l’expert de ce processus) et offert à la négociation avec le client (d’une part le bénéficiaire du coaching et d’autre part, quand c’est un coaching en entreprise, l’institution qui finance le coaching). Cependant certaines clauses du contrat ne sont pas négociables, par exemple celles qui relèvent de la déontologie du coach, à laquelle il a souscrit en s’inscrivant à une fédération professionnelle. De même certains aspects qui relèvent de l’éthique, ne sont probablement pas négociables non plus, car elles enlèveraient de l’alignement au coach, et entraveraient la puissance de sa prestation.

Donnons deux exemples :

  • Déontologie : Le client demande du feed-back direct du coach sur l’avancement et tant qu’à faire de l’évaluation du “niveau” du bénéficiaire. Ce cas relève de la déontologie, c’est-à-dire des devoirs de confidentialité du coach. Celle-ci ne peut souffrir d’entorse, ni être négociée.
  • Ethique : le bénéficiaire invite le coach à un week-end pour mieux se connaître. La nature des liens qui vont se tisser lors de ce week-end, risque d’affecter la relation de coaching. Et, au nom de son éthique personnelle,  le coach refusera probablement de se compromettre dans une relation trop fusionnelle, qui ne relève plus du coaching professionnel, mais de relations personnelles.

En dehors de ces points d’éthique et de déontologie (il y en a bien d’autres que les deux exemples précédents), la plupart des éléments du cadre peuvent être négociés à parité. Dans la pratique, il est rare qu’ils le soient, parce qu’ils ont été pensés pour servir l’efficacité du coaching et les parties prenantes au contrat en sont généralement conscientes et bien d’accord.

Quel est le contenu du cadre du coaching ?

  • Tous les éléments relatifs aux objectifs du coaching, but, targets, indicateurs, etc…
  • Tous les éléments du cadre de déontologie (incluant notamment la confidentialité évoquée plus haut)
  • Tous les éléments économiques, financiers et juridiques (à ce propos, un coaching n’est pas à comparer avec la livraison d’une usine hydro-électrique. On ne parle que d’une prestation ponctuelle,relativement légère, qui ne mérite probablement pas un contrat avec mille clauses écrites en tout petit pour se couvrir mutuellement par avance de tout recours ultérieur… A vous de doser, selon vos client et votre propre sensibilité. J’ai pour ma part travaillé de nombreuses années, sans contrat papier !)
  • Tous les éléments de logistique (durée, nombre, fréquence, espacement, lieu des séances. Forme du coaching, téléphonique ou présentiez, etc…)
  • Tous les éléments de méthodologie (éventuel recours à des outils spécifiques : textes d’évaluation ou scène de théâtre pour s’entraîner à parler en public,  évaluation de l’avancement des progrès, entretiens tripartites, etc…)

Ce cadre gagnerait à être précisé par écrit, pour pouvoir être transmis au client, étudié puis débattu si nécessaire. Ceci dit, de même qu’on ne signe pas un contrat de 10 pages à chaque fois qu’on achète une baguette de pain… toutes proportions gardées, un coaching n’est pas non plus une affaire d’état qu’il faudrait border par avance avec minutie de toute éventualité… mais ceci est une question de sensibilité et doit sans doute être ajusté au cas par cas.

 

Quand proposer le cadre du coaching ?

Tout de suite, et même avant ! :-)

Il m’est arrivé de devoir négocier pied à pied les clauses d’un contrat que j’avais envoyé par écrit à leur demande à une société américaine. Cela m’a bien pris la tête et je trouvais cela presque ridicule, tellement c’était loin de mon cadre de référence. Cependant, ce n’était pas loin du leur, et j’ai compris ensuite combien ce document aurait pu me protéger de cette entreprise, abonnée aux contentieux et plutôt fan des poursuites judiciaires. Dans cet exemple, le cadre du coaching a été proposé et négocié avant même que je rencontre le bénéficiaire du coaching. C’était pour cette entreprise, un pré-requis… Pourquoi pas ?

Dans la plupart des cas, ce qui se négocie tout de suite (et pas avant) : ce sont évidemment les objectifs, et les modalités pratiques.

Ceci s’opère lors de la séance exploratoire (ou première séance) et évidemment lors de l’entretien tripartite quand il s’agit d’un coaching en entreprise. Et par ailleurs, cela s’actualise toujours dans le premier quart du coaching, quand le bénéficiaire du coaching prend la mesure de ses véritables objectifs, tandis qu’il entre dans le contenu de son travail. (voir : les 4 étapes du coaching)

 

cadre du coaching