“Je cherche à tendre un miroir neutre à mon client…” me disait dernièrement un coach en supervision.

On comprend bien ce qu’il voulait dire et cherchait à faire : être attentif à la sémantique de ses questions pour ne pas induire le contenu des réponses, pour laisser son client libre et autonome. C’est une noble intention, alignée avec l’esprit du coaching, qui prône le respect du client et son entière responsabilité par rapport à SA séance de coaching.

Toutefois, en coaching comme ailleurs le miroir neutre n’existe pas : le Coach n’est absolument pas neutre, et n’a heureusement pas vocation à l’être ! Bien au contraire, il est payé pour faire réussir, pour influencer positivement…

Un miroir neutre est impossible

 

miroir neutre impossible : coaching positif
Un coach ne peut pas être “neutre”

 

Un miroir neutre est une utopie. Rien n’est neutre dans la vie. Toutes les particules sont polarisées.

De même qu’on ne peut pas ne pas communiquer, on ne peut pas non plus ne pas influencer le système dans lequel on est inclus.

On ne peut pas rester neutre en ne prenant pas position, car ne pas prendre de position est en soi une prise de position, qui n’est donc pas neutre.

 

Un miroir neutre n’est pas souhaitable

Le miroir neutre du coach est très POSITIF, il est intentionnellement dirigé vers les résultats, vers l’action, et vers les ressources du client, alors qu’il pourrait tout aussi bien être orienté vers les problèmes, les échecs, les difficultés, les risques (et dans ce cas : ce ne serait plus du coaching !). C’est donc bien qu’il n’est pas neutre !

C’est un choix stratégique, qui est à la base même du contrat de Coaching : il ne s’agit pas d’accompagner la personne dans son problème mais de l’aider à s’en dégager pour s’orienter vers les solutions, dans une perspective de réussite et de performance.

Un coach est engagé aux côtés de son client, pour l’accompagner dans sa réussite : comment serait-il neutre ?

 

Neutralité ou intégrité ?

En revanche, un coach qui influence le processus de pensée du client par sa présence (son écoute, ses questions, ses reformulions, ses étonnements, ses confrontations, etc…) laisse ce dernier complètement responsable du contenu de sa réflexion, il ne cherche pas à l’amener quelque part, à le guider, il se contente de l’accompagner… (voir à ce sujet : “Guider ou accompagner ?”).

Ce n’est donc pas de neutralité dont il s’agit mais plutôt de bien vaillance, de respect, d’intégrité et de professionnalisme. Tout cela demande de l’entraînement, des ajustements, du training continu. La supervision est un dispositif souple et pratique, qui aide un coach à s’affuter lui-même, à être au clair avec ces notions, avec la perspective dans laquelle il coache, de façon à être bien centré, bien aligné, bien concentré : le plus vrai et efficace possible…