Les outils du coaching correspondent à la symbolique de la Terre dans notre modèle du coaching de l’énergie. La symbolique de la Terre évoque l’élément solide, le concret, les fondations, le socle. Dans le coaching, la Terre correspond au “contrat de coaching“, lequel pose le cadre au travail du client, et lui procure sa structure.

En préparation de la journée Terre de notre club de coachs (sur les méthodes et outils du coaching), j’ai été inspiré de proposer une introduction dont je voudrais partager avec vous les bases ci-dessous…

Le contrat précise le cadre du coaching

En peinture, le cadre est ce qui permet de tendre une toile pour y peindre un tableau.

Sans cadre : pas d’art possible ! Il est donc fondateur, et pourtant on n’y fait même pas attention. Comme les fondations d’une maison, on ne les voit pas, mais si elles manquent la maison s’effondrera progressivement.

De même en coaching, le cadre est ce qui permet de trouver les conditions de réussite de la relation et de la conversation de coaching, :

Où et quand se tiendront les séances, combien de temps dureront-elles, combien il y en aura, sous quelle forme (présentielle ou téléphonique), quelle restitution éventuelle à des tiers et quelle confidentialité, quelle déontologie, quels aspects financiers, quelles règles en cas de report de séance, etc…

Tout ces points clés du cadre sont fixés par avance par le contrat de coaching.

Par ailleurs, il y a aussi le cadre méthodologique : les méthodes et les outils du coaching, qui structurent le travail du client.

 

Le contrat donne la structure du coaching

D’une manière générale, la structure est indispensable pour donner de la fermeté et de la consistance à la forme.

  • Pour autant, elle n’est pas forcément visible, comme les coutures d’un vêtement sont généralement à l’intérieur (c’est plus discret).
  • Et une structure n’est pas forcément rigide : elle peut être souple et adaptable. Il n’y a qu’à admirer une colonne vertébrale pour se rendre compte à quel point cette structure est un bon compromis entre la souplesse et la fermeté.

 

outils du coaching

 

Autant dans le coaching individuel, d’équipe ou d’organisation, que dans n’importe quelle pratique professionnelle, il y a des méthodes et des outils. Bien sûr la pureté du coaching ne relève pas des outils (on parle parfois à juste titre de coaching à mains nues) et un coaching individuel par exemple n’a pas forcément besoin d’un outil d’évaluation préalable. La relation et la conversation suffisent.

 

La boite à outils du coaching

outils du coaching

 

Cependant, de même qu’un plombier ou qu’un électricien ne se contentent pas de leurs mains et de leurs dents pour réparer les fuites et les court-circuits, un coach lui aussi recourt parfois à des outils qui amplifient la portée de ses gestes.

Au-delà d’éventuels tests individuels ou collectifs (360, MBTI, ou autres indicateurs et baromètres qui peuvent procurer au client un miroir intéressant), il y a de nombreuses techniques, à connaître et savoir utiliser si on veut maîtriser l’art du coaching :

D’abord évidemment, des techniques de communication à utiliser d’une manière spécifique à la conversation de coaching :

  • Silence, écoute, empathie,
  • Feed-back
  • Reformulation
  • Question
  • Recentrage, recentrage, métaphore
  • Etc…

Il y a aussi une grande variété d’outils du coaching, qui révèlent au client des points clés du problème et de la solution. Nous pensons à des dispositifs ad hoc tels que :

  • Jeux divers qui offrent un miroir décalé au client sur ses modes de fonctionnement (individuels ou collectifs)
  • Dispositifs de spacialisation et de matérialisation de l’abstrait (ligne du temps, appel aux mentors, chapeaux de bono, chaises de la Gestalt, représentations graphiques et symboliques, constellations de groupe, etc…)
  • Rôles délégués en réunion, travail sur les valeurs, travail sur la vision, etc…

Dans nos formations au coaching, et dans nos journées de club de coachs, nous savons bien que le coaching est d’abord un état d’esprit et une posture (voire même plusieurs postures possibles), mais nous n’ignorons pas non plus les outils du coaching et ses méthodes, qui font aussi la spécificité de ce métier d’accompagnement. Nous nous évertuons à les partager avec vous d’une manière simple et claire, de façon à ce que vous puissiez vous les approprier pour le bénéfice de vos clients.

Les 2 points d’appui du coaching

Nous avons dit que le contrat donne à la fois le cadre et la structure au coaching, laquelle n’est possible que si le coaching s’enracine sur un point fixe.

Quel est le point fixe du coaching ?

En fait il y en a deux. Le coaching est pris en sandwich entre deux points d’appui :

  • le résultat visé par le client (non négociable, une fois qu’il est fixé contractuellement). Et c’est cette cible, qui va guider les séances et leur servir de fil directeur.
  • et l’enracinement du coach dans l’instant présent. Ceci est, selon nous, le plus puissant des outils du coaching.
outils du coaching
La finalité du cycle de coaching, c’est le résultat pour le client. Son point de départ, c’est l’enracinement du coach !

En effet :

  1. Il n’y a pas de coaching sans communication avec le client.
  2. La communication est sans portée s’il n’y a pas une relation forte.
  3. Il n’y a pas de relation, sans la qualité de présence du coach.
  4. La présence authentique du coach dépend de sa capacité à s’engager pleinement dans l’instant présent ! (nous avons développé ce point dans notre article : le secret du coaching)
  5. De quoi dépend la Présence du coach ? De son enracinement, c’est-à-dire : de la manière dont il s’incarne non seulement dans son propre corps bien sûr, mais surtout dans la profondeur de son être, encore plus profondément que dans le corps.

Expliquons nous…

 

S’enraciner dans l’instant présent

L’enracinement dans le corps est peut-être un moyen de se relier à l’instant présent.

C’est probablement aussi un effet de l’enracinement dans la profondeur de l’être. Mais ceci n’est pas à prendre à la lettre, parce que vous avez le corps que vous avez, lui-même tributaire de votre trajectoire de vie, à laquelle vous ne pouvez plus rien changer.

Donc si votre structure est élancée ou massive, vous n’aurez pas le même style d’enracinement dans le corps.

Si vous pratiquez les arts internes (yoga, Qi gong, méditation par exemple) ou les arts martiaux externes, vous vous serez certainement entraîné à abaisser le centre de gravité de votre corps, pour vous enraciner dans la terre. Cela vous donnera probablement une bonne assise pour faire face à des poussées de vos adversaires, mais cela ne fera pas de vous un meilleur coach pour autant…

les outils du coaching : enracinement

 

L’enracinement dont nous parlons à propos du coaching est plutôt un enracinement dans la profondeur de votre être, au-delà de votre rôle, de votre image et de l’imposture de la personnalité sociale. Il s’agit de vous enraciner dans votre authenticité de l’instant, y compris si elle s’exprime dans un corps fatigué et faiblement vital. Dans ce cas, vous êtes vraiment enraciné dans votre être (au lieu d’être projet en avant dans vos pensées) et pourtant votre corps, lui, n’est pas enraciné dans la vitalité autant qu’il pourrait l’être si vous lui donniez toute votre attention au quotidien. Les deux types d’enracinement sont peut-être liés, mais ce sont tout de même deux choses différentes. Je tenais à le préciser, sinon on pourrait mettre d’office tous les coachs du marché au rebut, qui ne sont pas devenus des maîtres de la présence dans le corps à travers une longue pratique des arts corporels… Personnellement, je préfère un peu plus d’ouverture et de tendresse envers nous tous, et j’opte pour un enracinement dans l’essence plutôt qu’un enracinement exclusif dans les fondations du corps. Mais je ne dis pas qu’une présence au corps n’est pas un outil formidable dans la pratique du coaching, bien au contraire.

 

C’est comme si vous pouviez prendre appui sur deux espaces en vous même :

  • à l’avant plan, vous êtes dans le personnage du coach, actif à nourrir une communication positive, systémique, orientée solutions et centrée résultats (voir à ce sujet : )
  • à l’arrière plan, vous êtes tranquille, vous ne faites rien, vous appréciez ce qui est, que vous contenez dans l’espace infini que vous êtes. Sans la présence consciente à cet arrière plan, votre conversation est faible : même si elle est de bonne intention et pertinente dans son contenu, elle n’aura qu’une faible portée, parce qu’elle n’émane que de votre mental et ne s’adressera donc qu’au mental du client. Pour toucher le client au centre, afin qu’il opère un changement profond et durable, il faut que votre projection s’enracine dans votre propre centre. Un peu comme la voix d’un acteur qui “passe la rampe” et touche le public du théâtre, si elle prend appui sur une respiration abdominale.

Ces deux plans, vous les investissez simultanément et tour à tour. Evidemment, si vous savez faire cela consciemment, c’est beaucoup plus puissant et efficace, et on peut commencer à parler de maîtrise de votre art.

  • Ainsi, dans la pratique du coaching, vous êtes amené à passer de l’avant plan à l’arrière plan de votre conscience (voir cet article sur les deux niveaux de conscience en coaching) pour accueillir et voir la globalité du système client.
  • Ensuite, vous repassez de l’arrière plan à l’avant plan pour être partie prenante dans ce système et contribuer à le modifier par vos interventions, dans le sens de l’objectif contractuel.

Nous avons parlé des niveaux d’insight. L’insight qui provoque le changement le plus puissant est l’insight de niveau 4, celui qui prend son inspiration dans une écoute des reflets systémiques et invite le client à se voir fonctionner dans la relation ici et maintenant avec son coach, en relation avec le cas sur lequel il travaille pendant la séance. Cet insight n’est donc accessible que si le coach s’installe dans la profondeur de l’écoute et invite par là même le client à le rejoindre dans ce niveau d’intimité et de profondeur de la relation.

On dit parfois que pour cela, le coach doit savoir lâcher prise. C’est vrai. Mais comment lâcher prise si on ne prend pas d’abord appui sur un niveau plus profond ? Si on lâche prise, sans un appui…on tombe ! C’est cela qui effraie et empêche de lâcher prise. Dans les formations au coaching, nous vous entraînons à vivre l’expérience que vous ne pouvez pas tomber, parce que vous êtes toujours là, en arrière plan. Si vous lâchez l’avant plan, si vous quittez la tête et ses pensées, il ne se passe rien de grave, vous ne tombez pas, vous investissez juste l’arrière de vos appartements intérieurs.

Vous ne pouvez prendre appui que sur ce que vous êtes vraiment, maintenant, et c’est tout (présence à soi-même). Et peu importe le résultat, dont vous n’êtes d’ailleurs pas responsable, même s’il est contractuel. Vous ne le portez pas,. C’est le travail et la responsabilité du client que d’atteindre l’objectif du coaching. Vous, vous devez justement lâcher prise sur le résultat et vous concentrer sur maintenant, pour bien accompagner votre client… Ce n’est qu’ainsi que vous serez présent, et “modéliserez le comportement cible

 

Pour conclure…

1- C’est la qualité de votre Présence, votre enracinement dans l’instant présent (donc forcément dans votre propre corps, par voie de conséquence), qui permet l’insight puissant, lequel ouvre des perspectives au client et le fait déboucher sur les solutions qu’il souhaite mettre en oeuvre pour atteindre des résultats en rupture.

2- C’est la structure de votre coaching (voir à ce propos : les 4 étapes du coaching) qui permet au client de se sentir confortable et d’investir tout l’espace de son coaching, parce qu’il comprend ce à quoi vous l’invitez. En en voyant bien le fil rouge, il peut en suivre les étapes, il peut même se payer le luxe de digressions, et vous pouvez vous l’accorder parce que la structure est claire et ne vous quitte pas. Elle est donc toujours accessible, comme une rampe d’escalier, qui rassure et conforte le système.

3- C’est le contrat de coaching, qui justifie et permet ce travail un peu “artificiel” qu’est le coaching (artificiel : parce que pas ordinaire, même s’il ne s’y passe rien que de très naturel au sein de la relation).

  • Le cadre contractuel permet de peindre le coaching sur la toile de la relation.
  • Le cadre contractuel protège aussi, autant le client que le coach, puisque chacun y trouve sa place. Le cadre permet d’investir profondément la relation, tout en se gardant de toute “familiarité” : être très proche tout en restant professionnel et dans une distance juste qui n’a rien de fusionnel…

Comme vous le voyez : enracinement, structure, contrat est un enchaînement de mots qui relèvent de la symbolique de la Terre, qui donne son cadre au coaching.