Il y a quelques temps, nous avions présenté une redoutable technique de coaching, consistant à incarner le comportement cible dans l'”ici et maintenant” de la relation au client. Nous l’avions alors présentée comme une technique de coaching “ceinture noire” pour plagier le référentiel des arts martiaux. Aujourd’hui, dans le prolongement également de notre dernier article sur les 4 niveaux d’insight, nous aimerions aujourd’hui revenir sur cette technique et approfondir la réflexion sur le secret du coaching, en le nuançant…

Et sans plus attendre, voici déjà un secret du coaching : la suprême technique du coaching n’est pas une technique !

Incarner le comportement cible ?

Je voudrais commencer cet article en nuançant le propos : En fait, au sens propre, “incarner le comportement cible” que vise le client, est quasi impossible et surtout : serait parfaitement contraire à l’esprit du coaching !

Développons ces deux points.

  • Aucun coach ne peut incarner le comportement cible recherché par le client, car seul le client peut incarner le comportement qu’il vise, lequel doit lui correspondre parfaitement. Chaque individu est unique, et de même qu’il n’y a pas deux cellules du bout de votre doigt qui soient identiques, il n’y a en fait aucun point commun possible entre deux individus, parfaitement différents, en tous points ! Inutile donc d’imaginer pouvoir quoi que ce soit pour qui que ce soit. Tout ce que l’on peut faire pour l’autre c’est être soi-même… et comme nous le verrons c’est déjà beaucoup (et suffisant, rassurez vous) !
  • C’est donc au client de faire son propre chemin et de trouver par ses propres moyens ce dont il a besoin pour réussir son changement. Si le coach pouvait servir de modèle (ce qui est impossible, nous venons de le dire), cela serait contraire à l’esprit du coaching qui vise l’autonomie du client, dans le plus grand respect de sa singularité et de sa responsabilité individuelle.

Cependant, on ne dessine pas tous nos ronds de la même manière, mais un rond reste un rond et c’est une référence partagée par tous. De même un coach n’incarne pas le calme comme le client pourrait le faire, puisqu’ils sont des individus parfaitement différents, mais un observateur extérieur saurait tout de même facilement reconnaître le calme chez les deux protagonistes.

Il serait plus juste de dire : s’aligner intérieurement” avec l’état désiré ou la posture que cherche à cultiver le client. Les exemples suivants illustrent différentes manières d’interpréter cet alignement :

  • Si le client est stressé et voudrait se calmer, un bon réflexe serait de vous enfoncer vous-même dans une certaine  sérénité, mieux que de l’inviter à se calmer ou lui vanter les mérites d’une prise de recul. Ce faisant, un observateur extérieur ne manquerait pas de remarquer le parallèle entre le comportement que cherche à développer le client et l’état que cultive le coach au miroir.
  • Si le client souhaite s’affirmer davantage, vous vous affirmez davantage dan la relation avec lui, tout en lui laissant tout son espace et tout en l’aidant à modéliser comment il peut en faire autant.
  • Si le client doit intégrer davantage d’empathie pour renforcer la qualité de ses relations à son environnement, non seulement vous travaillez avec lui sur la perception qu’il a des ressentis probables de ses proches vis-à-vis de lui, mais surtout vous faîtes preuve vous-même de beaucoup d’empathie pendant la séance vis-à-vis de lui et de son environnement.
  • Si le client est pressé (et aurait besoin de prendre son temps), vous le doublez sur sa droite et vous proposez de conclure la séance au bout de vingt minutes, dès que le premier point significatif est marqué… et vous attendez de voir comment il réagit. La plupart du temps, le client est un peu déconcerté par cette proposition, qui le prend au dépourvu mais contre laquelle il ne peut s’insurger puisqu’il vient à l’instant de mettre en scène son manque de temps et déclarer son besoin d’en retrouver. Alors, vous en parlez ensemble bien sûr, et constatez tous deux souvent qu’il semble soudain moins pressé :-) si bien, qu’il n’est pas rare que la séance dure finalement jusqu’à son terme programmé. Là encore, le coach a intuitivement ou “tactiquement” pris le client au mot et lui propose le miroir en se plaçant lui-même sur la ligne d’arrivée (le comportement cible). En l’occurrence, le coach propose de gagner du temps en se focalisant sur l’essentiel au lieu de se disperser avec des points secondaires dans la suite de la séance non indispensable, puis il accepte d’en parler et de remplir finalement la séance avec le point essentiel pour le client : se concentrer sur l’Essentiel ET se donner tout le temps nécessaire pour le traiter de façon satisfaisante pour lui.
  • Si le client reste silencieux et n’a pas de sujets particuliers à traiter dans cette séance, vous n’en proposez pas non plus, vous restez silencieux et vous mettez à l’écoute de son silence pour favoriser sa connexion intérieure avec ses objectifs et ses motivations profondes. Vous ne resterez pas silencieux tout le temps, mais vous veillerez à accompagner le client vers l’intérieur de lui-même, au lieu de l’inviter à chercher à l’extérieur des thèmes de travail pour “remplir la séance”…Dans cet exemple, vous “incarnez le comportement cible” en vous sentant bien vous-même avec le fait qu’il n’y ait pas d’objectif identifié pour cette séance. Vous lui donnez ainsi la possibilité de retrouver du confort dont il a besoin pour utiliser sa séance de manière utile pour lui en abordant ce qui est présent, en l’occurrence : une absence de thèmes… En voila un joli thème à partager et sur lequel avancer vers des points de progrès personnels !

 

Le secret du coaching

Nous l’avons dit le secret du coaching n’est pas une technique, c’est une manière d’être. Allons plus loin même, le secret du coaching n’est pas un secret !

Alors qu’est-ce que c’est ?

Le secret du coaching c’est d’être soi, pleinement présent, ici et maintenant, sans autre intention que celle d’être là et d’accompagner.

En fait le coaching procède par effet miroir. Et puisque les ressources sont toujours à l’intérieur du client, le moyen de l’accompagner vers son centre est que le coach se recentre lui-même : Quand le coach se rend disponible et se met à l’écoute de ses propres ressentis profonds, il se dégage au sein même de la relation une atmosphère de disponibilité et d’écoute, qui est contagieuse et qui contamine positivement le client.

Si le coach écoute en lui-même les résonances de ce que le client transfère de son cas à la relation de coaching, il rejoint son client au coeur du problème. Et là, si au lieu de partir avec l’émotion, ou au lieu de s’identifier au contenu des pensées, comme on le fait généralement, le coach qui est relativement extérieur au contexte, reste bien centré, il se passe quelque chose d’étrange : la Présence à soi-même du coach est communicative, elle entraîne la présence à soi-même du client. Dès lors le client peut lui aussi constater ses pensées et ses émotions sans être emporté par elles. Enraciné dans sa vraie nature, il partage alors avec le coach l’expérience d’être, tranquillement, sans s’identifier au contenu de son mental. Là, il dispose de ressources “nouvelles” et fraîches, qui peuvent ré-enchanter sa perspective et nourrir une solution élégante pour atteindre ses objectifs.

Soyons sérieux (et humbles aussi) : le coach ne peut rien faire pour que le client atteigne ses objectifs. Cela, c’est la partie qui concerne le client et ne regarde même pas le coach ! En revanche ce qui implique complètement le coach, c’est d’accompagner et de partager un instant hors du temps et des projets, un instant de Présence gratuite, qui reconnecte profondément.

Ainsi, mieux que de chercher à incarner le comportement cible, le coach gagnera à s’établir dans sa vraie nature, à se centrer en soi-même (qui est différent de “se renfermer dans son for intérieur” : au contraire, il s’agit d’un point d’équilibre plutôt “rayonnant” entre l’intérieur et l’extérieur, un endroit en soi où l’on ne réagit pas trop à partir de l’ego et où l’on accueille ce qui est avec davantage d’ouverture et de paix intérieure). Dans cet espace vaste que nous sommes, des réponses s’expriment d’elles-mêmes, et le coach n’a plus besoin de chercher à incarner quoi que ce soit. Cela se fait tout seul. Et le client vit les insights qui sont pour lui, comme des cadeaux impersonnels, cadeaux qui viennent d’au-delà du coach et vont au-delà du client (et réciproquement d’ailleurs, puisque l’insight du client est souvent un insight aussi pour le coach).

Selon mon expérience, ce serait cela la vraie technique “ceinture noire”, le vrai secret du coaching (qui n’en est pas un), qui fait que le coaching est rafraîchissant et nourrissant pour le client ET pour le coach, car tous deux s’abreuvent à la même source pendant la séance…

secret du coaching

A-dogmatique

Bon, voilà, moi je dis cela comme ça aujourd’hui. Vous avez peut-être d’autres mots pour décrire une expérience comparable, ou bien au contraire vous vivez complètement autre chose, qui est surement très bien aussi.

Dans nos formations, nous n’imposons pas un dogme, nous partageons directement avec les participants notre expérience, et les invitons à goûter et approfondir la leur, à partir de nos suggestions. Alors, fort du matériel pédagogique que représente le vécu des participants, ils peuvent en parler entre eux, et affiner leurs perceptions en comparant leurs expériences.

Une formation au coaching ou une supervision de coach se doit d’être alignée avec l’esprit même du coaching. C’est pourquoi, nous privilégions la pratique à la théorie et le témoignage de l’expérience à l’exposé de concepts.

 

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