Quand on observe profondément en soi, on voit des jeux de conscience intéressants, notamment pour des coachs dont c’est le métier d’être des experts du fonctionnement interne.

Voici un exercice simple pour induire un état de conscience très légèrement modifié, très reposant et agréable, qui va vous recentrer et vous recharger si vous vous laissez prendre par la main pour jouer ce jeu de conscience quelques instants.

(Article écrit un jour de pluie, inspiration avant de se lever, regardant la pluie tomber par la fenêtre, depuis un lit bien chaud…)

Imaginez le visage d’une personne qui regarderait la pluie tomber de sa fenêtre. elle regarderait à la fois dans la rue, l’écran de pluie et les gouttes glisser sur la vitre

jeux de conscience en coaching

Qu’est-ce qui, chez vous, provoque le plus de détente de vos yeux ?

  • regarder ce que regarde cette personne, en accueillant l’image de la ville sous la pluie, dans le miroir de la vitre ?
  • regarder le regard évasif de la personne, qui ne fait peut-être que poser son regard à travers la fenêtre, sans chercher à regarder quoi que ce soit de précis ?

Dans les deux cas, vous accueillez la vue, sans regarder intensément quoi que ce soit, comme si, vous aussi, vous déposiez votre regard ouvert, sur la vitre de la fenêtre.

Ne partez pas dans des impressions et des interprétations (la femme vous plaît ou non, elle a l’air seule ou décidée, vous n’aimez pas la pluie, vous préférez la nature à la ville, etc…), restez là, à regarder sans trop penser. (voir à ce sujet : “Arrêter de penser“)

Ouvrir les yeux de l’intérieur…

A travers les gouttes qui coulent doucement, vous voyez au loin les toitures des maisons qui reçoivent la pluie, et vous ne regardez rien, du moins rien de particulier.

Votre propre regard est donc à moitié tourné vers l’intérieur. Il n’est que posé, déposé même, un peu comme si vous aviez les yeux fermés, mais ils sont ouverts, et les images intérieures se présentent sans que vous ne les manipuliez ni ne les suiviez.

Même, maintenant, tandis que vous lisez ces lignes, vous regardez un écran en fait, sur lequel il n’y a rien. Ce n’est qu’une projection de lumière, qui s’affiche sur l’écran, mais ces images que vous voyez n’ont pas d’autre substance que celle de l’écran (lequel n’a d’autre substance lui-même que celle de votre conscience…).

Et cette voix intérieure qui lit ce texte dans votre tête, elle n’est suggérée que par votre cerveau qui décode des mots, composés de signes sensés exprimer un sens…

Vous ne faites que demeurer, tandis que les yeux suivent la ligne d’écriture qui vous parle…

Rester là, tranquille, présent, respirant, tandis que des rêveries se présentent et que vous ne partez pas avec… Vous restez là quelques instants, à reposer vos yeux devant cette fenêtre, ou devant ce texte, dans une mini transe.

Même sans vous en rendre vraiment compte, en regardant par la fenêtre, vous embrassez une vision globale :

  • de la ville à l’extérieur,
  • des gouttes sur la vitre,
  • et de la vitre à l’intérieur de la pièce, où il fait chaud et sec.

L’expérience directe de cette simple superposition de plans est une sorte de métaphore vécue, qui pointe vers une autre réalité sous-jacente qui est toujours présente de façon discrète mais prégnante.

Jeux de conscience et expérience de l’Unité

C’est un peu comme si vous étiez à la fois conscient :

  • du contenu de vos perceptions
  • du processus de conscience
  • du sujet de la perception

Et vous êtes les trois à la fois :

  • Celui qui regarde
  • Le processus de voir
  • Ce qui est vu (les gouttes de pluie à l’avant plan, et la ville plus loin encore à l’avant plan… tandis qu’à l’arrière plan de la conscience, sont également ressentis le fait de voir et le fait d’être celui qui voit ce qu’il y a à voir : soi-même !)

Voyez que vous voyez simultanément les 3 plans : vous, la fenêtre, et au-delà de la fenêtre, à l’extérieur.

 

Cette perception globale est très proche de l’écoute professionnelle, ou du regard global, ouvert et sans objet qui se laisse explorer à travers la méditation… (voir : “Quand je médite“)

Quand on se maintient dans les 3 niveaux de perception simultanément, il y a présence et “puissance” même, ou en tout cas : consistance. Il n’y a pas de pesanteur, de lourdeur. au contraire le vécu est léger, mais il y a tout de même une consistance, une densité perceptible, c’est la consistance de soi. Il n’y a pas “évaporation” , évanescence, rêverie mystique, tourbillons dans lesquels on pourrait se perdre. Au contraire, il y a présence, dans laquelle on se trouve sans se chercher. Dans cette exploration détendue, il y a évidence, sans commentaire, une expérience de l’émerveillement face au mystère…

 

Regarder le regard

Regarder un regard, qui vous regarde, est une autre expérience directe et simple pour plonger dans l’état de conscience. C’est très intime, et il est préférable de ne s’y adonner qu’avec des personnes choisies, avec lesquelles on peut se permettre de découvrir… qu’il n’y a personne !

Alors, quand la relation “personnelle” passe en second plan derrière la simple vision du regard impersonnel qui “me” regarde, tandis que je le regarde aussi, il ne reste véritablement personne pour se demander ” Qui regarde qui ?”.

Et parfois, dans cette perte de tout, on se laisse trouver… pour la joie d’être.

 

Précautions : personnalités confuses et insuffisamment solides, s’abstenir de cet exercice dans lequel, dans le meilleur des cas, les repères habituels s’estompent au profit de la pure Présence, mais dans lequel également, des jeux troubles peuvent prendre le dessus et amener à un niveau de relation triviale, qui ne fait que disperser et gêner. Du coup, travailler avec une simple photo est parfois plus facile, parce qu’il n’y pas la relation, il n’y en a que l’image et c’est le cerveau qui recrée le sentiment à dépasser…

Nota : Dans cet autre article “Eveil spirituel, une expérience ordinaire“, vous trouverez une vidéo de Rupert Rpira, ce chirurgien de la pensée, qui décortique de façon saisissante comment se déploie la conscience à travers nos perceptions.

 

Dans notre formation au coaching de l’énergie, nous explorons ensemble, sans prétention et sans ambition, le mystère simple et directement accessible de la présence sous la relation… C’est important pour les coachs de vivre de telles expériences, qui les aident à trouver la distance juste en coaching et offrir un accompagnement chaleureux et respectueux.

 

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Nota 1 pour les spécialistes : on peut avoir des pensées à propos de l’instant présent, mais on ne peut pas penser l’instant présent, car l’instant présent n’est pas une “chose” que le mental pourrait manipuler, ou formuler en tant que pensée. En effet, l’instant présent n’est pas pensable, il est notre nature profonde, laquelle englobe notre mental. Celui-ci ne peut pas comprendre(prendre en soi)  ni contenir ce qui le contient ! Donc, dans les jeux de conscience, il faut être très attentif et concentré pour ne pas aller trop vite à des amalgames, des conclusions hâtives, et des propos trop faciles à propos de la réalité ( Voir à ce sujet notre article : “Qu’est-ce que la réalité ?“)

 

Nota 2 : Pour des raisons didactiques, nous pourrions presque situer deux plans dans les jeux de conscience,  comme deux pieds sur lesquels nous pourrions prendre appui simultanément ou alternativement.

  • Le premier plan de conscience serait à l’avant de nous-même, et serait la personnalité, le sois séparé et limité pour lequel nous nous prenons ordinairement (le personnage qui a un âge, un sexe, une histoire et qui justement trimballe des histoires de souffrance avec lui. Ce sont elles qui justement fondent son identité précaire).
  • Le second plan, ordinairement situé symboliquement à l’arrière de soi, car il faut prendre un peu de recul pour se dissocier de l’avant plan, et reconnaître que nous ne nous limitons pas à ce personnage, et que la conscience qui dit “je suis” est une conscience de soi non séparée, non divisible, essentiellement unitaire.

En fait, à y regarder de plus près encore, il “semble” donc qu’il n’y ait pas deux plans, mais un seul, celui de la conscience profonde (que nous avons ici désigné comme l’arrière plan). L’autre n’ayant en fait aucune essence, il n’a qu’une ex-istence, le temps que la conscience continue de s’identifier à cette restriction de soi qu’on appelle un ego, un soi séparé… En définitive, la seule “chose” intemporelle, c’est la conscience, consciente d’elle-même et de tout ce qu’elle contient et crée. A explorer…