Présupposés, qui sous-tendent l’état d’esprit du coaching

Voici un second extrait de notre livre sur le coaching de l’énergie.

L’état d’esprit du coaching pré-suppose :

  • que le client a en lui les ressources pour surmonter les difficultés posées par les objectifs qu’il s’est lui-même fixés
  • qu’un coach peut l’aider à mobiliser ses ressources, à condition qu’il :
    • respecte l’intégrité du client (la légitimité de ses objectifs et de ses modes opératoires)
    • tout en l’aidant justement à challenger tous les paramètres de son équation (y compris ses objectifs et ses modes opératoires)
  • Le coach parviendra à créer de la valeur pour son client à partir d’une relation forte, seule capable de sécuriser le client au point qu’il puisse réinventer certaines de ses façons de penser, tout en procédant sur lui-même aux changements nécessaires pour s’aligner avec ses objectifs…

En effet, tout changement profond nécessite un changement de logique du système de pensée. Pour le réaliser, le client devra prendre appui en lui sur un point fixe, encore plus profond que son « mental » : dans l’essence même de ce qu’il est, avant toute pensée.

C’est donc d’abord en se centrant en lui-même (et aussi en proposant une conversation de coaching pertinente, évidemment), que le coach pourra accompagner son client de sa périphérie vers son centre.

Là, le client pourra trouver à la fois :

  • le point d’appui pour remettre en question son système de valeurs et de croyances, de façon à permettre les changements de comportements attendus
  • la source de ses ressources à mobiliser pour engager ces changements

 

La pensée est toujours à l’origine des problèmes

Pourquoi changer le système de pensée ? La pensée automatique (à distinguer de la réflexion profonde, beaucoup plus rare) est un processus compulsif et tyrannique, qui nous maintient dans un état d’agitation intérieure permanente, que l’on ne trouve « normal » que parce qu’on s’est habitué à cette « folie douce »…

Quand on voit quelqu’un parler tout seul dans la rue, on se demande s’il n’est pas un peu « dérangé »… eh bien, vous et moi sommes à peu près aussi malade que cette personne puisqu’il y a une voix dans notre tête, celle de la pensée, qui ne cesse de tout commenter et de parler tout bas sans arrêt. N’est-ce pas une autre forme de démence ordinaire, finalement, au même titre que celle qui fait parler tout seul à voix haute dans la rue sans s’en rendre compte ?

La pensée automatique n’invente jamais rien, elle n’est que la reproduction de schémas appris. Pour inventer, il faut dépasser la mémoire et la pensée ordinaire, qui en découle. Il faut accéder à la conscience, au-delà de la pensée, pour puiser dans nos ressources profondes (quitte à organiser ensuite nos trouvailles avec la pensée habituelle, pour les mettre en forme, et pour les communiquer si besoin).

La pensée ordinaire ne fait que reconstruire une trame logique en fonction des repères du passé, qu’elle superpose à la réalité pour pouvoir la décoder plus rapidement. La pensée ordinaire est une sorte de système d’interprétation du réel, que l’on finit pour prendre à tort pour le réel lui-même. Ainsi, ce que nous prenons pour la réalité n’est qu’une approximation, une représentation que le cerveau construit et plaque sur le réel. Il faut donc savoir aller au-delà de la pensée, pour accéder directement à l’expérience sans l’activité de la pensée. Il s’agit en quelque sorte de savoir changer de point de vue, pour se soustraire à la fascination exercée par la pensée sur notre conscience…

La conscience est en amont et au-delà des pensées. Elle contient les pensées, mais n’est pas elle-même une pensée. Un peu comme les images sur un écran de télé :

  • l’écran (la conscience) n’est pas fait d’images (les pensées). La preuve c’est que lorsque vous éteignez la télé, les images ont disparu mais l’écran est toujours là.
  • mais les images ne peuvent qu’emprunter la consistance de l’écran pour se matérialiser devant nos yeux. Projetez les programmes télé dans le vide, sans écran pour revoir la projection de lumière, vous ne pourrez voir aucune image. Sans la conscience, « personne » pour être conscient des pensées, donc pas de pensées perçues par vous …

Autrement dit, la matière première de nos pensées est la conscience. Les pensées émanent de la conscience, et se développent au sein de la conscience, laquelle est fixe et sous-jacente aux mouvements des pensées…

La pensée est un processus adaptatif, qui permet d’organiser des réponses complexes pour faire face rapidement à des situations difficiles. C’est entre autres, cette faculté qui nous distingue des autres animaux. (Je dis « entre autres », parce qu’en amont de la pensée rationnelle, il y a encore une autre faculté encore plus spécifique à l’être humain, qui est justement la conscience de soi, et qui n’est pas une pensée, comme nous l’indiquions au début de ce paragraphe).

Les scientifiques ont repéré que nos émotions sont directement déclenchées, face au danger, sans avoir besoin de recourir à la pensée rationnelle. Toutefois, à force d’entretenir certaines pensées, certaines émotions deviennent chroniques et finissent par se déclencher de façon automatique et inappropriée.

Ainsi, notre système, quand il est déréglé, est-il capable de déclencher des émotions de peur, de colère, de tristesse, y compris en dehors de toute situation objective de danger. C’est ainsi que certaines pensées provoquent ce qu’on appelle le stress, qui entraîne à son tour un bon nombre de maladies dites psycho-somatiques (maladies du stress : prises de poids, maux de tête, constipation, maladies de peau, psoriasis, zonas, acouphènes, divers ulcères, insomnies chroniques, etc…).

Arrêter de penser est une chose presque impossible. Maîtriser le flux des pensées n’est pas non plus une chose aisée. Parfois on peut choisir de réorienter ses pensées, afin de ne pas se maintenir dans des pensées toxiques, en fixant son attention délibérément sur un autre aspect plus gratifiant d’une situation donnée.

Comme nous le disions plus haut, le coaching est cet accompagnement qui permet de prendre en soi un appui plus profond que le système de pensée, afin justement de résoudre ses éventuels dysfonctionnements, au cas par cas, au fur et à mesure que l’atteinte d’objectifs spécifiques nécessite de tels ajustements.

Voir au sujet de la pensée :

Accompagner, pas guider

Une naissance sans violence, un accouchement sans douleur, accompagnée par un coach accoucheur, tout le monde en rêve peut-être… (voir à ce propos : « les deux sortes de souffrance« )

Pour autant, la violence fait partie de la vie au même titre que la douceur. Une certaine dose de violence n’est donc pas plus à redouter qu’à rejeter (A l’évidence, la mort est violente, l’accident, la vieillesse, et la maladie sont des formes de violence. Mais si nous regardons en face : la naissance, la croissance, l’alimentation, l’expansion, la décision, le choix sont autant de formes de violence incontournables. Que cela nous plaise ou non : c’est la vie qui est ainsi !).

Si le mot « violence » vous gêne, remplacez-le éventuellement par des mots tels que « intensité », « force », « puissance », etc… et vous aurez une idée plus juste de ce qui se joue dans la plupart des séances de coaching : le client est souvent exposé à la souffrance, confronté à des résistances au changement, entravé par des habitudes, dont il doit souvent « s’arracher » pour s’engager sur les chemins de son devenir… Cette « violence » de la souffrance et de l’énergie nécessaire pour s’en émanciper fait donc partie intégrante du coaching de l’énergie, qui n’a pas froid aux yeux et ne se cache pas derrière une vision maquillée et sucrée du monde, et de la vie.

Quand une équipe accouche d’elle-même au travers par exemple d’une prise de conscience nouvelle, et de l’élaboration d’un plan stratégique ou d’une vision à 3 ans, ce qu’elle invente est aussi fort et fragile, que peut l’être un bébé. Et l’équipe est aussi fatiguée, éprouvée et heureuse que peut l’être une jeune maman…

Parfois, cela se passe bien, et tout le monde est très heureux. Et puis des fois, il faut s’y reprendre à plusieurs fois, comme si l’équipe avait des contractions… Et puis il y a aussi des fausses couches… Bref, la vie du coach accoucheur n’est pas tout-à-fait cool, même si elle est vivifiante et fondamentalement positive.

 

Fonction miroir et position basse

Le coach tend le miroir. Il n’est pas là pour regarder ce que voit le client dans le miroir. Ses questions ne visent pas à obtenir des réponses pour comprendre quelque chose, mais à déclencher une réflexion chez le client et une dynamique de changement. Le coach n’a donc pas besoin de comprendre le problème du client et son contexte, il ne cherche qu’à faire repérer au client des éléments de solutions là où il ne pensait pas tout seul à regarder…

Son métier consiste à savoir incliner le miroir, à l’orienter pour que le client découvre de nouvelles perspectives sur la situation et ses propres modes de fonctionnement.

La posture, qui sous-tend l’état d’esprit du coaching, est donc celle d’un candide, qui « ne sait pas » : ni où on va, ni par où on passe, ni à quel rythme on va y aller…

Il ne peut effectivement pas savoir tout ça, puisque c’est le client qui sait (ou qui va le savoir) justement grâce au coaching !

Contrairement à la position haute, dominante, qui prétend savoir et pouvoir, la position basse est une position d’humilité, pour justement mieux laisser à l’interlocuteur la responsabilité de savoir et de pouvoir.

Il y a pourtant une chose que sait le coach (et que parfois le client, justement, ne sait pas) : c’est que le client va y arriver !

Si une chose est certaine, c’est que le client va réussir à se transformer grâce au coaching : ça, le coach le sait ! Il en a l’intime conviction pour deux raisons :

  • Il sait que son client va réussir à atteindre ses objectifs, parce qu’il a déjà accompagné beaucoup d’autres « accouchements », et qu’il est devenu un spécialiste de ce cheminement intérieur. Il ressent ce que vivent ses clients, et par quels états intimes ils passent quand ils se remettent en question pour progresser.
  • Il est passé lui-même par les chemins de la remise en question en direction de la profondeur de soi. C’est d’ailleurs cette expérience qui permet au coach de pouvoir accompagner, sans avoir aucune autre compétence, ni aucune autre légitimité… Avant toute intention tactique, c’est d’abord cette incompétence réelle, qui le rive à la position basse, et laisse donc tout l’espace disponible de la séance à la seule compétence et responsabilité du client !

En position basse, un coach recourt volontiers à des précautions oratoires et sollicite des « permissions » avant de prendre la parole. Par exemple :

–       « Je me trompe peut-être, mais il est possible que… »,

–       « Sans être expert de cette question, je me demandais comment vous pourriez peut-être… »,

–       « Puis-je vous interrompre un instant, pour vous faire part d’une interrogation ? ».

L’objectif de telles tournures, prudentes et humbles, est de laisser le client « maître du contenu » de l’échange, tout en « pilotant le processus » de cet échange. C’est ce qui fait dire à certains que la position basse serait la véritable position de pouvoir, puisqu’elle permet de manager le contenu de l’échange à partir de son processus, presque sans en avoir l’air…

Personnellement, je n’aime pas ce sous-entendu. D’ailleurs, la plupart du temps, même le processus de l’entretien est généralement co-conduit par le coach et son client, et non pas laissé à la responsabilité exclusive du coach.

La position basse n’est donc pas hypocrite : elle ne fait pas semblant d’avancer le dos courbé pour mieux asseoir sa domination, en posant des devinettes qui conduiraient l’autre sans qu’il ne s’en rende compte vers la vérité qui serait pré-détenue par le coach ! Une vraie position basse est profondément paritaire, elle traduit un accompagnement et non pas une tentative pour guider de façon masquée.

La position basse est au service de la fonction miroir du coaching, qui favorise la réflexion du client. Ce dernier, face aux questions qui lui sont proposées, réfléchit et devient encore plus « intelligent » grâce à la caisse de résonnance qui lui est tendue par l’écoute active et systémique du coach.

Parfois, comme nous le verrons plus loin, avec une bienveillance malicieuse et impertinente, c’est justement la position basse qui permettra d’offrir des questions puissantes, qui l’aideront à repousser les limites de son raisonnement, à balayer ses angles morts, à prendre conscience de points aveugles, à s’ouvrir à de nouvelles perspectives…

 

4 aspects de la posture de coach

Vous ne serez pas surpris que nous caractérisions la posture de coach à travers les 4 énergies :

 

  • Terre et Eau – Regard positif et approche systémique :
  • Air et Feu : orientation solutions et centration résultats

Pour le détail de cette posture, voir cet article : les 4 énergies et la posture de coaching.

C’est toujours « maintenant » que le client peut changer. C’est toujours en accueillant ce qui est présent, dans l’instant présent, qu’il peut avoir une prise sur la réalité, jamais en la niant (même partiellement, même inconsciemment). Il faut d’abord accepter ce qui est, accepter la réalité et entrer dans la situation, accepter d’y prendre sa part (de responsabilité également) et de s’y engager pour la transformer, de l’intérieur.

Le coaching de l’énergie est donc pragmatique et responsabilisant, puisqu’il vise des changements réels, se traduisant par des changements de comportements opérationnels du client, constatables de l’extérieur.

 

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