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Il est intéressant de s’intéresser à ce que pourrait être le cycle du coaching, pour s’y adosser et ainsi structurer ses séances.

Pour nous, le cycle du coaching soit s’ aligner sur le cycle naturel du vivant :

  • De même qu’ il y a quatre saisons dans une année ou quatre phases dans une respiration (inspire, expire, arrêt poumons pleins, et arrêt poumons vide)…
  • …il est logique d’envisager 4 phases logiques dans une séance de coaching efficace…

Il est intéressant d’utiliser la méthode C.O.S.E en coaching, parce qu’elle offre de la structure à la séance, et de la lisibilité à l’interlocuteur sur l’avancement de sa réflexion.

Toutefois, il est également nécessaire d’adapter, de suivre ses intuitions de coach, et respecter les modalités mentales propres à chaque client.  Cela permet d’accompagner l’interlocuteur dans son rythme à lui, plutôt que de le contraindre à suivre une structure d’entretien pré-établie !

D’une manière pédagogique, nous avons construit un modèle éclairant pour apprendre à bien différencier les 4 énergies par lesquelles on passe plus ou moins successivement dans une séance de coaching.

Structure du cycle du coaching

Cycle du coaching COSE inspiré du GROW coaching

4 phases pour bien structurer un coaching

  • C – Contrat :  En début d’entretien,  on cherche à définir le résultat attendu de la séance. C’est ce que l’on appelle le Contrat de séance. Les feed-back positifs trouveront naturellement leur place à cette étape du coaching, pour valider les points d’appui du système de réussite du client. Des questions clés sont les bienvenues telles que : « Quel résultat souhaitez-vous atteindre à l’issue de cette séance ? », ou bien « Quel pas en avant significatif souhaitez-vous réaliser pendant cette séance ? ». Cette phase permet de bien cerner la demande. Il faut à ce propos distinguer la demande explicite et le besoin implicite, qui ne sont pas toujours en phase. Nous y reviendrons à la fin de cet article à titre d’exemple.
  • O – Ouverture : C’est le moment où le client explique son cas, c’est là qu’il déploie les contours et le contenu de « l’espace problème ». Le coach se met en état d’ouverture pour capter les éléments clés du cadre de référence du client : ce qui se joue pour lui dans cette histoire, comment il fait pour ne pas trouver ce qu’il cherche, comment il s’enferme dans l’espace problème, et aussi comment la manière dont il pose son équation crée justement les difficultés qui l’empêchent de voir les solutions. Cette phase du cycle de coaching est pleine d’écoute (c’est-à-dire : « pleine de vide » en quelque sorte…), de silence, de disponibilité… Elle est aussi ponctuée par des questions qui visent à ouvrir le cadre de référence et permettre de reposer l’équation autrement, d’une manière qui ouvre de nouvelles perspectives. Rappelons-nous dans cette phase d’ouverture, que c’est l’ouverture du coach, qui favorise l’ouverture du client… Là encore, le coach est sensé incarner le comportement cible que le client cherche à s’approprier.
  • S – Solutions : Fort d’un éventuel « insight » (c’est-à-dire une prise de conscience, un « tilt », qui remet la situation en perspective en y intégrant des pistes de solutions), l’ouverture créée par le questionnement offre de nouvelles perspectives desquelles se dégagent de nouvelles options pour le client. Avec elles, il va élaborer une solution pour atteindre son objectif.
  • E – Engagements : Disposant d’une solution ou d’éléments de solutions, il lui reste à bâtir un plan, avec des décisions à prendre, qui vont permettre d’engager des actions, qui vont résoudre le problème et atteindre les résultats attendus. Cette séquence est aussi une bonne opportunité de modéliser ce qui a été vécu dans la séance, pour tirer des éclairages et des enseignements complémentaires, qui viendront consolider l’insight, renforcer l’énergie de changement, préciser et donner de la profondeur de champ aux décisions…

Rythmer la séance selon les phases du cycle du coaching

A chaque quart du cycle de coaching COSE, l’interlocuteur peut vérifier s’il avance bien vers son objectif et où il en est de son processus de réflexion. Suivre le cycle du coaching COSE permet donc à la fois de rythmer le travail et d’inviter l’interlocuteur à prendre en mains lui-même la responsabilité de sa séance.
C’est également modélisant pour sa gestion du temps et son sens de la responsabilité et du résultat.
C’est très facile à faire, et rien que ces simples indications créent déjà de la valeur pour l’interlocuteur :
  • On en est à peu près au premier quart de notre séance, vous êtes bien au clair avec votre objectif  ? Voulez-vous en reformuler une synthèse pour pouvoir maintenant passer à l’étape suivante de votre réflexion ?
  • Vous en êtes à la moitié de cette séance de travail : quelle solutions pourriez-vous envisager de mettre en oeuvre ?
  • On arrive au dernier quart de la séance Avec quoi souhaitez-vous en sortir : quel plan d’actions pourriez-vous formaliser et quels petits engagements pourriez-vous prendre tout de suite pour vous mettre en mouvement dans la bonne direction ?
En résumé, le cycle du coaching COSE est une méthode pleine de bon sens, très simple, et facile à retenir pour structurer ses entretiens de coaching.
Mais évidemment : il ne s’agit pas de s’enfermer à l’intérieur de ce cadre en en faisant un carcan. Le coaching est d’abord une question de relation, qui se vit dans l’émergent. C’est un accompagnement du vivant, qui s’inscrit dans l’instant présent (et ne doit pas être contraint de façon rigide par une structure, aussi rassurante soit-elle).

Aux origines, la méthode GROW

Nous devons ici saluer John Whitmore, un des pionniers du Coaching, qui le premier a su faire émerge une structure cyclique pour le coaching avec sa méthode GROW

G (Goal) : Les objectifs… Nous aimerions plutôt parler des résultats ! C’est encore plus parlant que les objectifs (toujours un peu « lointains et abstraits…).

  • Accord de séance pour définir l’atterrissage dès le départ : « A quels résultats veux-tu aboutir à l’issue de cette séance ? »
R (Reality) : Situation actuelle
  • Elargissement du cadre de référence du client et ouverture à de nouvelles perspectives (par une question puissante)
Dans son livre, John Whitmore passe pas mal de temps à explorer la situation du client et son contexte (c’est cela en fait, qu’il appelle Reality), comme pour bien la comprendre. Selon nous, c’est une erreur qui oriente le coaching vers l’expertise et le conseil et fait perdre au coach son extériorité et sa candeur. Passer trop de temps à analyser pour comprendre, privera le coach de pouvoir poser des questions puissantes, pour ouvrir le cadre de référence du client. Les options qu’il trouvera alors ne seront souvent que « plus de la même chose » qu’il fait déjà. On appellera cela un coaching linéaire, ou incrémental. Nous lui préférons un coaching systémique, plus direct, et… parfois plus foudroyant !
O (Options) :
  • Recherche d’options pour intégrer le repositionnement opéré lors de la phase précédente, si elle a suffisamment bousculé et ouvert le cadre de référence du client, pour qu’il cherche des solutions ailleurs que là où il regardait précédemment
W (Will) : La volonté, les actions
Atterrissage – plan d’action

Le cycle du coaching COSE est une évolution de ce modèle

  • Le mot « Goal » nous paraît restrictif, nous lui préférons la notion, plus complète, de « Contrat », qui évoque le cadre du coaching et non seulement l’objectif de la séance
  • « Reality » ne nous paraît pas très pertinent, nous l’avons dit. Il n’y a rien d’intéressant pour le client à ressasser l’espace problème, qui est sa réalité actuelle, dont justement il souhaite se soulager. La passer au scanner est une perte de temps. Si les solutions y étaient, le client les auraient trouvées tout seul depuis longtemps !
  • Le mot « Options » (traduit de l’anglais) n’est pas aussi parlant et rassurant en Français que le mot « Solutions ».
  • Quant à « Will », qui fait référence à la volonté, nous savons bien que la volonté seule ne suffit pas toujours, d’où les voeux pieux mais impuissants. Nous préférons la notion « d’engagements », notion davantage tournée vers l’action…

Nous avons donc crée le cycle de coaching COSE, qui correspond mieux aux 4 énergies de notre modèle de coaching de l’énergie.

Confronter la demande initiale

A propos de la demande de coaching, il y a deux choses contradictoires à prendre en compte, pour ne pas se laisser détourner de la vraie demande du client, qui n’apparaît souvent que dans un second temps, après que le coaching ait commencé à faire effet :

  • Bien sûr, initialement, la demande de coaching est normalement formulée par le client dans la perspective de sortir de l’espace problème pour viser la situation cible.
  • Cependant, il ne faut pas oublier que cette demande de coaching est également empreinte de l’espace problème dans lequel se trouve le client au moment où il formule l’équation de la solution qu’il espère.

Autrement dit, on retrouve là la contradiction inhérente à toute situation initiale de vente, lorsque le client formule une frustration et un espoir de solution : parfois le client ne sait pas forcément complètement ce qui lui serait nécessaire, car si c’était le cas, il ne ferait pas appel à un coach. Sa vision de situation cible et a fortiori sa vision de la solution est imprégnée de son vécu au sein de « l’espace problème ».

Ouvrir l’espace solutions

Pour pouvoir recadrer la demande initiale et introduire du souffle solutions dans la formulation du problème, il faut :

  • avoir compris ce qu’on vient de dire, et s’en être vraiment convaincu, au point que cela modifie en profondeur votre regard sur la demande du client
  • savoir repérer les ruptures de logique, les désynchronisations, les bugs, les incompatibilités entre plusieurs éléments de la demande, les incohérences entre la demande exprimé et le besoin sous-jacent…sans les juger, sans disqualifier le client dans votre esprit en collant intérieurement de tels adjectifs sur ses propos. Juste, vous repérez ces dissonances, en les considérant comme des pistes de solutions plutôt que comme des erreurs de raisonnement de la part du client (importance de porter un regard positif sans faille, notamment dans cette étape du cycle du coaching : COSE). Par ailleurs, nous savons qu’il y a 4 niveaux d’écoute. Et ce n’est pas que dans le premier niveau (l’écoute du contenu du propos) qu’on peut repérer ces pistes de questionnement pour remettre en question la demande du client. Il y a aussi l’écoute des émotions qui animent le client, par laquelle on peut percevoir où se manifeste le plus son énergie. Il y a aussi l’écoute de son cadre de référence (ce qui est important et vrai aux yeux du client), et surtout l’écoute de niveau 4 qui permet de repérer les échos systémiques.
  • savoir ensuite opérer le recadrage, tout en préservant la relation de confiance. Et même : se servir de l’impertinence de la confrontation pour approfondir le lien et renforcer la confiance…

De cette juste négociation de la demande, va ensuite se déduire le cadre et le contrat d’objectifs du coaching. C’est donc une étape fondatrice, marquée par l’énergie de la Terre, si structurante et stabilisante. Oui, il faudra donc procéder méthodiquement, par étapes, doucement, avec persévérance, par itérations successives s’il le faut, tout en étant rassurant, encadrant, contenant… à l’image de l’énergie de la Terre.

(pour en savoir plus sur la manière de repérer l’énergie d’une équipe)

Recadrer la demande du client

Tout l’art du coach sera d’introduire le souffle inspirant de l’espace solution au sein de la formulation du problème, de façon à pouvoir le résoudre. A défaut de ce « recadrage » de la demande de coaching, il n’y aura pas de coaching puissant. A la limite, on assistera à un coaching linéaire, un coaching de surface, qui ne bouscule pas le cadre de référence du client, un coaching qui ne provoque pas d’insight, et qui n’aboutit donc pas à des transformations durables et profondes.

Dans le module terre de la formation au coaching, nous proposons des exercices pour repérer les contradictions internes à la demande de coaching, les incohérences, les incompatibilités, et nous vous proposons de vous entraîner à renégocier cette demande initiale.

Vous apprécierez les vertus de la position basse, qui permet l’impertinence et la confrontation.