Ma soeur m’avait dit : “j’ai acheté une friteuse sans huile, c’est super : depuis, à la maison, on fait des frites sans grossir. Achètes en une, tu verras, cela change la vie…”

Après avoir bien étudié la question sous toutes ses coutures, et comparé les meilleurs produits et les meilleures offres sur les sites d’électroménager, j’ai fini par craquer en achetant à mon tour une formidable friteuse, tellement astucieuse, qu’elle fait des frites sans huile ! La suite de l’aventure m’a fourni un enseignement précieux que je partage avec vous, dans cet “article de fond”…

Des frites sans huile : ne soyons pas idiots et ouvrons nous au changement !

J’ai donc pu expérimenter comme tout le monde ces drôles de frites. OK c’est pas comme des vraies frites, mais c’est assez sympa quand même. La machine fait du bruit, elle prend beaucoup de place, on ne peut faire des frites que pour 3 personnes à la fois (sinon c’est trop long), mais elle ne dégage pas d’odeur et le résultat est plutôt diététique, en effet. Jusque là tout va bien, mais voyez-vous, une surprise m’attendait : “Tu verras, ça change la vie” avait promis ma soeur. Eh bien, vous me croirez ou bien vous ne me croirez pas, mais le lendemain matin, alors même que j’étais pourtant dorénavant détenteur de la machine merveilleuse : ma vie n’avait pas été changée ! Ô déception et consternation…

En effet, j’avais bien le porte monnaie allégé de quelques centaines d’euros (ce en quoi ma vie n’était pas à proprement parler “changée”), mais le mental toujours aussi plein des mêmes pensées, j’avais la même maison, le même corps, ma vie n’était pas changée du tout, malgré la friteuse d’Aladin !

Etonnant, non ? (aurait pu dire monsieur cyclopède)

 

Coachs, mais idiots comme tout le monde

C’est rigolo tout ces produits idiots, toutes ces choses inutiles dont nous remplissons nos maisons, comme si on en avait “besoin”. Comme si nous avions peur du vide, comme s’il fallait le remplir avec toujours de nouveaux trucs.

Pendant que je suis en veine de confidences entre coachs, je vais vous faire un aveu :  cela fait bientôt deux ans que je n’ai pas changé mon téléphone (c’est un peu honteux, je le reconnais) ! Aussi me disais-je : “La dernière fois, j’ai racheté un iphone 4, au lieu du 5 qui venait de sortir (pour ne pas avoir à changer toute la “connectique”… Quel malin : Je les ai bien eus sur ce coup-là, Apple !).

Mais cette fois je me demande si je n’achèterais pas l’iphone 6 qui vient de sortir à son tour. “Il doit être rudement mieux que mon vieil iphone 4S d’il y a deux ans…”

Sans pour autant être dupe que cet achat changerait ma vie (rappelons-nous l’expérience de la friteuse…), je me disais tout de même que cela devrait sûrement être bien sympa d’avoir un nouveau téléphone qui fait le café (moi qui n’en boit pas). J’en parle néanmoins incidemment à Frank Salles (qui me fait l’honneur de me téléphoner de temps en temps), et ce dernier part aussitôt d’un éclat de rire.

Honnêtement, je n’ai rien contre la bonne humeur, mais je me suis tout de même un peu méfié de cette hilarité soudaine et fort peu à propos. Ainsi, je me suis même demandé s’il n’y avait pas une pointe de moquerie dans sa réaction, qand il m’a suggéré de visionner d’abord la vidéo amusante ci-après. Bien m’en a pris, mais jugez-en par vous-mêmes :

 

Peut-être que la vidéo est un peu longue à la détente, car elle met plusieurs minutes à développer ce qu’on comprend dès les premières secondes : nous sommes des idiots de consommateurs, pris dans la grande secte de la consommation, conditionnés, automatisés, assujettis à des messages publicitaires visant à nous décerveler. Mais dans le fond, on vit ce genre de longueur répétitive à chaque campagne de publicité, alors on peut bien supporter quelques minutes d’une petite blague subversive

Je me demande si cette vidéo ne suggère pas que nous serions des idiots ? Du coup, un peu vexé, je vais encore attendre quelques jours pour faire semblant de réfléchir, avant de filer tête baissée chez Apple donner mon obole aux divinités de la consommation.

Entre coachs, on a bien le droit de rire sous cape, entre deux achats compulsifs, aussitôt oubliés au profit du suivant…