Eloge de la chance, par Philippe Gabilliet chez Saint-Simon

éloge de la chance

 

Le livre de P.Gabillet est ici résumé par Frank Salles, pour vous en faciliter l’accès, et illustrer un format de fiche de lecture assez complet et détaillé. Toutes les fiches de lecture que nous vous proposons de réaliser dans le cadre de nos formations ne sont pas aussi longues. Vous ferez comme vous voudrez. Personnellement, je me sens plus à l’aise avec des formats plus court et plus directement liés avec les applications pratiques que je souhaite tirer de ma lecture. Le résumé exhaustif est plus académique, c’est aussi une formule intéressante, parce qu’elle permet une bonne intégration d’un ensemble exhaustif d’idées clés.

Eloge de la chance

Equilibre subtil entre le déterminisme et la responsabilité individuelle (volonté, esprit de décision et libre arbitre).Les cartes avec lesquelles nous venons au monde : pays de naissance, époque, milieu social, communauté d’origine -> le jeu que nous allons écrire avec ces cartes est-il immuablement écrit par avance ? De nombreux exemples montrent que cette fatalité n’a pas cours et que, si important l’impact de la distribution de ces cartes soit-il, la volonté individuelle, l’esprit de décision et le libre arbitre ont leur place dans la réussite ou l’échec de nos vies.

Un troisième ingrédient, porteur de tous les espoirs et de tous les fantasmes, existe à côté des deux premiers. On l’appelle hasard, aléa, accident, coïncidence ou tout simplement … la chance.

Eloge de la chance :

  • Peut-on avoir de la chance ? Ou ne pas en avoir ?
  • Question de destinée ou de main céleste ? (mais quelle prétention de penser que Dieu, s’il existe, puisse s’intéresser à chacun de nous jusqu’à décider dans chacun de nos actes du quotidien s’il est juste ou non que nous ayons de la chance …)
  • Question de probabilité tout simplement ?
  • Ou esprit positif inné ? Question de regard posé sur les évènements ? Comportement extrêmement adaptable face aux réalités du monde ?

Ne vous est-il jamais arrivé de penser dans un train en retard (« je n’ai pas de chance, il fallait bien que cela m’arrive, à moi ». Que dire alors des centaines de voyageurs bloqués avec vous dans ce train en retard ? Pensent-ils comme vous ? Ont-ils un pouvoir de malchance inférieur ou supérieur au votre ? N’est-ce pas finalement très prétentieux de penser que le train s’est arrêté juste à cause de vous ? …

 

La chance a mauvaise réputation. Car elle est :

  • Incontrôlable (non maitrisable et non influençable)
  • Fragile et instable (presque dangereuse donc puisqu’en avoir pourrait se retourner contre nous)
  • Injuste : si j’en ai, alors ne suis-je pas un voleur ? Si je n’en ai pas elle tourne en dérision mon travail, mes efforts …

Réapprendre à aimer la chance. La considérer comme une capacité à tirer le meilleur parti des circonstances, comme une forme d’intelligence de chaque situation, du fortuit, de l’imprévisible. C’est alors comme une discipline de vie, voire comme un art. Mieux vaut considérer que la chance est partout et reconnaître qu’elle constitue une capacité présente en nous, à l’état latent.

La chance naît essentiellement de notre besoin d’expliquer tout ce qui nous arrive, d’en faire une recherche causale, au travers de trois critères :

  • Cause interne (je roulais trop vite) ou cause externe (une voiture m’a foncé dessus)
  • Raison permanente (ce carrefour est dangereux) ou instable (j’avais le soleil dans les yeux)
  • Cause contrôlable (j’aurais dû avoir mon kit mains libres) ou incontrôlable (les freins ont lâché)

Un évènement sera alors attribué à la seule chance (ou malchance) s’il est à la fois externe (je n’ai rien fait pour), instable (exceptionnel, ne se reproduira pas), incontrôlable (je ne peux pas le maîtriser). Voilà comment la chance sert en fait à expliquer ce qui ne l’est pas !

Considérer la chance comme un don du Ciel, nous réduit à un certain fatalisme…

Quatre « types » de chance

  1. Chance de type I : totalement accidentelle. Vous venez de trouver par terre dans la rue un ticket de loto qui s’avère gagnant
  2. Chance de type II : toujours accidentelle, mais à laquelle s’ajoute une action de votre part. Vous avez gagné au loto parce que vous jouez toutes les semaines
  3. Chance de type III : nourrie par des circonstances accidentelles, mais c’est vous qui avez su détecter l’opportunité qui vous était réservée derrière un évènement fortuit. Le chercheur avait oublié des boîtes de Pétri pleines de bactéries qui ont moisi mais, curieux de nature et mentalement ouvert à détecter les opportunités, il les examine avant de les jeter et découvre le pouvoir antibiotique de la pénicilline.
  4. Chance de type IV : Cette fois-ci, votre câblage interne vous fait chercher la chance en toute situation. Cela devient un moteur. Vous faites « flèche de tout bois ». Vous venez de perdre un contrat important et décidez que c’est la chance que vous attendiez pour écrire un nouveau bouquin.

L’éloge de la chance se concentrera sur les deux dernières, qui savent rechercher les occasions favorables, en toutes circonstances.

 

La recette de la chance durable

On ne pouvait dresser une éloge de la chance, sans  lister les cinq ingrédients principaux, qui semblent la composer :

1.     La rencontre opportune. La vie est faite de rencontres, qui sont autant de carrefours pouvant marquer notre vie. Toutes les rencontres ne sont  pas opportunes, mais avoir en tête que chacune d’entre elles peut en être une est un premier ingrédient important.

2.     L’information clé. La vie, surtout moderne, est également faite d’informations. Savoir détecter dans cette masse, celles qui vont constituer une opportunité est un deuxième ingrédient. On peut faire le pari qu’à chaque instant, des informations existent autour de nous qui pourraient constituer des chances.

3.     Le nouveau monde. C’est l’ingrédient lié à nos explorations. Toutes nos explorations : nouvelle ville, nouveau pays, nouvelle activité, nouvelle lecture, nouvelle passion, nouvelle expérience de vie (même les plus difficiles comme la maladie, l’échec, le décès d’un proche, la perte d’un emploi …).

4.     La demande inattendue. A la croisée des précédents ingrédients, apparaissent sans cesse des demandes, qui nous sont faites et auxquelles nous ne sommes pas toujours attentifs. La carte de visite tendue par un interlocuteur croisé en vitesse au bar d’un TGV, l’association dont vous parle un ami alors que vous cherchez à donner du concret à votre action solidaire, le chef d’entreprise qui vous parle de ses projets après votre intervention en public et qui ne sait encore même pas qu’il a envie de travailler avec vous, …

5.     L’incident providentiel. De nombreux « coups de chance » semblent en effet tout droit sortis d’incidents, du plus banal comme un retard de train qui vous amène à rencontrer la femme de votre vie, au plus dramatique comme la perte de votre job qui vous permettra de créer votre entreprise et de vivre plus heureux, plus libre et plus riche.

 

Les mystères de la malchance

Une éloge de la chance, devait forcément aborder la question de la malchance. Certains semblent être affligés de cette maladie, parce qu’ils commettent des erreurs fatales. Jugez-en plutôt par cette anecdote amusante :

« Je vous suis d’autant plus reconnaissant de la confiance que vous m’accordez en me nommant ambassadeur que, je dois bien l’avouer, je n’ai jamais eu jusqu’ici de chance … »

A ces mots d’un jeune diplomate, Talleyrand lui retire immédiatement la fonction qu’il s’apprêtait à lui confier. Racisme ? Superstition ? Intuition ? Ou simple bon sens faisant dire à ce ministre que quelqu’un se présentant (et donc se vivant) ainsi ne pourra jamais réussir dans la délicate mission qui va être la sienne.

Petite psychologie de la malchance ordinaire

  • Les évitants. C’est comme si ils faisaient exprès de se tenir à l’écart de toutes les chances possibles. Ils se caractérisent souvent par un manque de confiance chronique, qui les rend passifs face aux évènements. Ils se replient sur eux-mêmes nourrissant la dépréciation d’eux-mêmes par le sentiment d’une vie ratée qui les légitime (et les rassure presque) dans leur croyance de départ. Je n’ai jamais de chance …
  • Les dispersés. Incapables de tenir un cap, ils changent en permanence de direction et les opportunités ne trouvent pas de point d’ancrage chez eux. Leur malchance provient souvent d’un morcellement de leur énergie intérieure, de leur incapacité à se centrer et à se concentrer. Insatisfaits en permanence, ils zappent à toute vitesse vers la prochaine expérience, espérant y trouver la chimère après laquelle ils courent de manière désordonnée.
  • Les gaspilleurs. On dirait qu’ils font exprès de « gâcher » les opportunités qu’ils rencontrent. Ils temporisent souvent, attendant toujours une occasion meilleure. Ils n’assument jamais leur responsabilité, accusant la fatalité et les autres de tout ce qu’il leur arrive, ne pouvant ainsi jamais apprendre, rebondir ni progresser

 

Eloge de la chance : les 4 secrets

Eloge de la chance, à travers 4 secrets :

  • Le secret de l’intention
  • Le secret de la disponibilité intérieure
  • Le secret du recyclage positif
  • Le secret de la connexion

Lire la suite de cette éloge de la chance dans cet article sur les 4 secrets de la chance