On parle d’exemplarité du manager, en pensant à tout ce que le manager superman ou superwoman devrait faire.

Dans cet article nous allons dresser une courte liste de ce que le manager ne doit surtout pas faire !

7 Erreurs à ne pas commettre

1- Chercher à « être à la hauteur » !

De quelle hauteur parlons-nous au juste ? Dès que vous entrez en compétition avec vous-même, vous marchez à côté de vos pompes en cherchant à être un autre (vous en mieux peut-être).

D’une part c’est impossible et d’autre part c’est absurde : pourquoi être autrement serait-il mieux qu’être ce que vous êtes ?

  • Sur quel référentiel absolu, s’évaluerait-on dans notre relativité pour établir cette comparaison désavantageuse à votre endroit ?
  • Et s’il ne s’agit que d’une référentiel relatif, à quoi bon s’y mesurer, puisqu’il y aura de toutes façons toujours un cran au-dessus de n’importe quel cran, si haut soit-il ?

Vous me direz, que c’est bien de se dépasser, et de progresser… Certes.

Dans ce cas, progressez donc dans qui vous êtes et ne vous comparez pas. Contentez-vous d’être déjà… content, justement. Et depuis ce contentement plein de gratitude et de joie de travailler, voyez quelles opportunités de progrès s’offrent d’elles-mêmes à vous, sans effort de votre part (voir à ce sujet notre article : « effort ou énergie ? »)

Vous êtes à la bonne hauteur, puisque c’est la vôtre, et elle est bien suffisante. Et ce n’est pas en montant sur la pointe de vos pieds que vous grandirez.

  • Chercher plutôt à retirer toutes les pressions inutiles, tous les conditionnements qui vous embarrassent et vous empêchent d’être à votre pleine hauteur.
  • Chercher plutôt à se reconnecter à la profondeur de vous-même. Chercher surtout à vous enraciner, plutôt qu’à grandir, car c’est en ayant de bons appuis que la croissance peut avoir lieu.

2- Faire des horaires de dingue pour compenser avec sa propre énergie les carences des autres ou du système

Vous n’irez pas bien loin comme ça. Voyez plutôt que c’est une fuite en avant qui vous arrange bien et qui vous permet d’éviter de faire face à la situation présente : il vous manque des effectifs, vos collaborateurs sont inadaptés à vos objectifs, votre chef ne vous respecte pas (voir : « 9 trucs pour manager son patron« ), etc… Si vous êtes déséquilibré, votre exemplarité de manager incitera les gens à se déséquilibrer aussi, ou bien à compenser le fait que vous travaillez trop en ne travaillant eux-mêmes pas assez. Le résultat sera que la somme de trop et pas assez sera nulle, et que plus vous ferez trop, plus les autres en feront moins. Et bien sûr, moins ils seront à la hauteur de vos attentes en n’en faisant pas assez, plus vous en ferez trop pour compenser ! Youpi le circuit infernal…

exemplarité du manager

 

Si par malheur pour vous, quelques uns s’amusent à en faire trop aux aussi, influencés par l’exemplarité du manager, ils entraîneront le même genre de réactions de compensation autour d’eux. Vous serez donc progressivement à la tête d’une équipe de plus en plus déséquilibrée…

 

Les pertes d’énergie, il faut les repérer et réparer les fuites, mais surtout pas compenser avec votre propre énergie !

Au contraire, plus ça va mal, plus vous DEVEZ aller bien, et vous installer dans le calme. Cultiver le bien-être au travail pour vous-même d’abord et pour les autres ensuite. Pourquoi dans ce sens là ? Parce que si vous vous sentez mal vous n’entrainerez personne avec vous ! Si au contraire, vous êtes bien, déjà vous-même, alors les autres qui vous regardent s’inspireront de l’expemlarité du manager pour se porter eux-mêmes et prendre en charge leur propre bien-être au lieu d’attendre comme des enfants que cela vienne des autres !

3- Douter de soi-même

« Voila encore une idée qu’elle est mauvaise… ».

Vous me direz, « on n’y peut rien : quand on doute, on doute ! Même de soi, surtout de soi, c’est un peu une maladie… »

Erreur : oui c’est une maladie, mais vous y pouvez quelque chose ! Vous pouvez soigner cette maladie et en guérir.

  • Certes votre passé, et un certain nombre d’erreurs (bien naturelles) vous ont conduit à douter de vous (surtout si vous faites plein d’effort pour paraître très sûr de vous !).
  • Mais rien ne vous oblige aujourd’hui à douter de vous. Il vous suffit de cesser d’entretenir ces pensées toxiques à votre encontre pour que vous laissiez peu à peu émerger des profondeurs de votre être des ressources insoupçonnées. Laissez le passé derrière vous. Il n’y a rien à regretter, contentez-vous d’apprécier l’instant présent et de faire de votre mieux. Si vous acceptez de lâcher prise sur le résultat, vous ne serez que plus disponible et plus efficace.

 

4- Croire que pour réussir il faut souffrir et faire des efforts

Il y a une loi dans la vie, qui veut que faire quelque chose (quoi que ce soit) attire plus de cette même chose dans votre vie. Ainsi :

  • plus vous procrastinez, plus vous procrastinez (remettre à plus tard les choses à faire, reporter ce qui vous embarrasse)
  • plus avez peur de la solitude et la fuyez, plus vous allez avoir peur de la solitude et la fuir
  • plus vous cherchez à comprendre avant d’agir, plus serez tentés de chercher à comprendre au lieu d’agir (voir : « accepter de ne pas comprendre » et « comprendre est insuffisant« )
  • plus vous argumentez pour convaincre, plus vous soulevez d’objections et plus vous devrez argumenter pour convaincre… Ainsi sans le vouloir et sans vous en rendre compte, vous vous enfermez dans une vie lourde, dans laquelle vous devez toujours argumenter, discuter, négocier, pour tout, tout le temps, avec tout le monde ! (voir notre article : « ne discutez pas ! »)

Donc si vous faites des efforts, vous en ferez encore, et toujours plus. Ce sera sans fin !  Quand vous faites des efforts, vous êtes quelque part dans votre tête, au lieu d’être tranquille et attentif à votre corps. Ou bien vous êtes pris par vos émotions, et vous laissez déborder par elles. Alors vous faites des efforts pour compenser et reprendre pied. C’est un processus sans fin et bien inutile..

Acceptez plutôt de vivre l’émotion, et de l’ explorer, sans refus, sans déni, en prenant soi d’y être attentif pleinement… Sans vouloir la dissoudre, sans autre intention que de découvrir et la traverser (voir notre article : traverser une période difficile). C’est justement là que les émotions apparaissent pour ce qu’elles sont : des nuages qui ne font que passer dans le ciel … Il suffit de voir et de constater que des émotions et des pensées sont là, sans partir avec leur contenu. Cela ne veut pas dire que dans l’action il n’y ait pas une intense dépense d’énergie, ou que le corps ne doive pas travailler et fournir des efforts. Mais cela se fait dans l’énergie, avec une relative aisance, sans souffrance et sans histoire psychologique plaquée par-dessus pour rendre le tout encore plus compliqué et pénible…

5. Compter sur les autres ? Ne soyez pas naïf !

La bonne idée serait plutôt de compter d’abord sur vous-même, pour compter encore mieux avec les autres.

La nuance est très importante entre « compter sur » et « compter avec » :

  • « Compter sur » est l’expression d’une dépendance, d’une subordination, d’une attente, d’un espoir. Cette posture ne peut qu’entrainer tôt ou tard la déception, la frustration, le reproche et la plainte… Ces jeux psychologiques sont usants.
  • « Compter avec » est l’expression d’une inter-dépendance, d’une alliance, d’une parité dans la relation. Cela repose sur une autonomie des deux parties, et d’une gratuité de l’échange, sans attente et sans reproche.Vous me direz « Et si les autres ne sont pas fiables, pas mûrs, pas compétents, etc… ? » Alors, ne comptez pas sur eux ni avec eux, comptez avec d’autres ou simplement sur vous-même, mais il est inutile d’en faire toute une histoire, en se plaignant de ls sempiternelle incompétence des autres. Cessez donc d’attendre et faites votre boulot, c’est le plus sûr moyen d’entraîner les autres dans le mouvement, sans vous poser trop de questions.

Ainsi, avant de compter avec les autres, l’exemplarité du manager serait de compter d’abord sur soi-même, justement pour entrainer les autres dans la danse de l’excellence, à partir de son propre engagement (voir : « Performance ou excellence« ). Donnez le bon exemple et capitalisez sur l’effet de modélisation, en montrant aux autres ce que vous apprécieriez chez eux : qu’ils en fassent autant, qu’ils se prennent en charge eux-mêmes, qu’ils prennent des initiatives concertées, qu’ils soient un peu audacieux, entreprenants, qu’ils aient quelques idées et le minimum d’énergie en eux mêmes pour puiser l’élan de commencer à les mettre en oeuvre par eux-mêmes… Vous pouvez exprimer ce souhait, vous pouvez en faire la demande, mais ne comptez pas dessus. Comptez plutôt avec, avec plaisir, quand vous avez la bonne surprise que cela survient. Si vous êtes attentif aux bonnes surprises (plutôt qu’aux mauvaises), vous en verrez de plus en plus, et votre vie deviendra un parcours de bonnes surprises et de belles opportunités.

 

6. Acquérir du savoir et du savoir faire, pour compléter votre panoplie et justifier de votre légitimité

Voila encore un grand classique du genre ! Alors qu’en fait le savoir et l’expérience ne servent qu’à une seule chose : savoir que cela ne sert à rien, et pouvoir donc se consacrer pleinement au pouvoir de l’instant présent, sans vous disperser, sans projeter votre mémoire sur le futur, en accueillant simplement ce qui est là sans jugement et sans manipulation mentale, juste en laissant jaillir la réponse de la situation. Banissez donc le poids des habitudes, sortez des sentiers battus, osez la nouveauté, dans laquelle le savoir sera inutile autant que l’expérience.

Installez-vous une bonne fois pour toutes dans l’instant présent, sans référence au passé et au futur et faites votre job, tranquillement. Les autres se stressent ? Qu’ils continuent si cela les aide. Mais, vous, gardez votre cap sur les étoiles et restez fidèle à votre tranquillité. Laissez passer devant vous les excités. Vous les rattraperez quand ils auront un point de côté. Et s’ils terminent la course devant vous, tant mieux pour eux, cela voudra dire qu’ils l’ont mérité. Mais ce n’est pas une raison pour vous dépêcher…

Si vous devez apprendre, faîtes-le par plaisir, comme le reste, pas POUR quelque chose, mais parce que vous êtes curieux et avez de l’appétit pour apprendre des choses nouvelles, à la limite « pour »… perfectionner votre art, de façon désintéressée et sans calcul (donc sans attente et sans histoire).

On ne dit pas qu’il ne soit pas utile de savoir calculer, ou de faire des plans, mais ce n’est pas de cela dont on parle aujourd’hui : nous parlons d’être léger et de vivre sa vie en poète, sans lourdeur !

On ne dit pas non plus qu’il ne faille pas être compétent, et donc légitime. Mais chercher à être légitime aux yeux des autres est une autre calamité, qui n’a pas de fin non plus. Vous ne serez légitime que lorsque vous cesserez de chercher à l’être, en assumant ce que vous êtes déjà et en jouant au mieux avec vos cartes actuelles. Cela c’est être légitime, quelles que soient vos cartes.

 

7. Vous agiter en faisant plein de choses vite

  • Il nous arrive d’ailleurs à tous de vivre parfois des situations, où nous sommes tellement pris par ce que nous faisons, que nous en perdons la notion du temps. Dans ce cas, peu importe la fatigue et le reste du monde, nous sommes à la fois absorbés et nourris par ce que nous faisons. C’est une excellente façon de cultiver un haut niveau de vitalité !
  • A l’inverse, il nous arrive de passer des journées à toucher à tout, sans rien mener à son terme, et de finir ces journées avec un sentiment de frustration. Ces journées sont ennuyeuses, mais elles nous filent entre les doigts, parce que nous les vivons en pensant à autre chose, en pensant à ce qui devrait être, au lieu d’être présent à ce qui est !

A chaque pas, laisser le passé en arrière et le futur en avant, ne se concentrant que sur le présent, nous l’avons déjà évoqué plus haut… Se concentrer sur des petits pas, faciles à réaliser, en y mettant toute son attention, au point qu’il n’y ait presque plus de place pour autre chose

  • Sous prétexte qu’il faut toujours être joignable, on laisse toujours son portable allumé,
  • parce qu’il faut se tenir informé, on écoute très souvent « les informations »,
  • parce qu’on n’a plus l’habitude de rester tranquille en silence, on met la radio, on feuillette des magazines, on bavarde pour ne rien dire…

Tout cela est très bien sans doute, mais il n’est pas mal non plus de savoir s’accorder des pauses, sans dispersion, des « vides » pleins de soi. Qu’il s’agisse de jardiner, de peindre, de jouer d’un instrument, de marcher en silence, de courir en s’intériorisant dans le souffle, ou de méditer : de nombreuses activités permettent de se recentrer dans une seule chose à la fois.

Même des petites choses comme prendre sa douche, se laver les dents ou faire la vaisselle, peuvent être des occasions de se concentrer sur l’instant. Au lieu de les « faire », en pensant à autre chose, il est intéressant d’y « être » présent, totalement. A la fois dans son corps, dans ses sensations, dans l’action, aussi minime soit-elle. En étant ainsi intériorisé, l’impression qu’il n’existe qu’un seul instant qui s’étire, au lieu d’une succession d’instants séparés les uns des autres. Plus de stress, plus de hâte : tout se joue, maintenant. Et après ? Après, on verra… pour l’instant, nous sommes maintenant. Et quand viendra « après », on le vivra aussi comme : « maintenant »…

Faites une seule chose à la fois, et faites la doucement. Ensuite quand elle est finie, n’y revenez plus ! Essayez, vous verrez : c’est très reposant, et bien plus efficace !

Je connais des managers qui planifient des réunions moins nombreuses et plus courtes pour éviter de faire perdre trop de temps à plein de gens en même temps et qui, par ailleurs, se donnent toujours un quart d’heure de plus pour leurs entretiens qualitatifs, afin de ne pas être pressés quand le jeu en vaut la chandelle. Un déjeuner par exemple, au lieu de l’avaler le plus vite possible, pourquoi de temps en temps ne pas en profiter pour le prolonger par un bon échange en marchant une demi-heure après le repas ?

Pourquoi, lors des entretiens annuels, ne pas se donner largement le temps d’un échange sur le fond, en les faisant dans un cadre agréable, qui permet de sortir des habitudes et des comportements induits par l’environnement de travail habituel ? Cela prend du temps, qui en fera gagner beaucoup, en prenant soin de l’alliance de travail.

 

PAUL DEVAUX : 06.10.56.14.96

 

coaching professionnel

 

Voici en complément un très bon article d’, sur l’exemplarité du manager. Psychologue du travail – Conseil en prévention des RPS,  (j’y ai changé quelques détails, sans rien changer au fond de l’article, pour éviter la « duplication de contenus », lourdement pénalisée par Google en terme de référencement des articles)

 

Exemplarité du manager

Et s’il en avait marre, le manager d’aujourd’hui,  de l’exemplarité du manager, et qu’on lui demande d’être toujours plus différent et toujours moins lui même ? Si ces injonctions à être comme ci ou comme ça commençaient à le fatiguer ?

… A chercher à devenir un surhomme on finit surtout par devenir une machine, qui n’inspire plus personne. On ne s’expose plus au succès, on s’explose tout court !…

 

Peut on engager son équipe sans respecter ses propres rythmes ?

On entend parler partout « d’inspirer son équipe pour l’embarquer vers plus de performance ». Vous avez déjà essayé de donner envie par le dégoût ? A votre avis, que pensent les collaborateurs d’un manager qui travaille de 8h à 22h, jamais le samedi car « il a des principes » mais un peu le dimanche car « il a des responsabilités » ? Ils pensent la même chose que ceux qui croisent un toxicomane : « c’est triste pour ce pauvre homme, je n’aimerais pas être à sa place ». On n’embarque pas son équipe en montrant qu’on est sans limite dans le travail, qu’on ne se déconnecte jamais et qu’on inspire la tristesse.

Il n’y aura pas d’engagement des collaborateurs sans exemplarité managériale. Mais être exemplaire ce n’est pas être parfait, c’est être conscient de ses imperfections et les accepter dès lors qu’elle ne sont nocives ni pour vous ni pour les autres. Vouloir être parfait c’est courir après des chimères, s’épuiser à chercher l’introuvable et décourager ceux qui dépendent de nous.

Engager son équipe par le surinvestissement au travail revient à lui faire signer un contrat mensonger qui stipulerait qu’on peut être heureux dans l’absence de limite  : c’est la promesse du dealer, pas celle du manager responsable.

Exemplarité du manager : peut on inspirer sans respirer ?

Retrouver l’inspiration, inspirer le dépassement, c’est bien beau, mais comment faire ?

Voir aussi nos articles :

Vous voulez inspirer vos collaborateurs ? Faîtes ce que presque personne n’ose faire aujourd’hui : autorisez vous à être fainéant. Celui qui, quand il en a besoin « fait néant » : rien, qui sait se reposer. Il ne s’agit pas d’arrêter toute activité mais d’avoir à l’esprit que le repos fait partie de l’entrainement et qu’il est la condition d’une performance durable. Ainsi vous permettrez à vos collaborateurs de s’identifier à vous (« il est normal en fait, lui aussi parfois il a besoin de se reposer ») et d’oser plus facilement prendre soin d’eux pour soigner leur travail en retour.

Un manager qui montre à ses équipes qu’il a des limites et que la notion d’effort ne se conçoit que dans un temps restreint devient inspirant. Il est respecté parce qu’il se respecte et qu’il protège les autres contre eux mêmes. Il donne envie parce qu’il agit de manière responsable pour lui, pour son équipe et pour son entreprise.  Il est perçu comme un manager « humain » parce que c’est son besoin de repos qui fait son humanité.