Etre en désaccord avec son boss, ça arrive.

Des fois c’est sur des points de détail. C’est la vie !

Mais parfois c’est plus grave, le désaccord avec votre manager porte sur des points de valeurs profondes, voire des points d’éthique et de déontologie.

Voici l’histoire d’un manager qui vient d’écouter les infos. Il découvre que Carlos Ghosn, le PDG de Renault vient d’être placé en détention par les autorités japonaises pour soupçon de fraude fiscale. Or il se trouve que lui aussi son patron a des ennuis avec la justice et il est en désaccord avec son boss, sur ses agissements… Et il ne sait pas comment réagir et communiquer avec ses collaborateurs pour gérer cette crise.

Voici un podcast du Figaro, qui illustre comment réagir quand on est en désaccord avec son boss…

  • Faut-il être honnête avec son équipe ?
  • Concrètement, que dire à ses collaborateurs en tant que manager ?
  • Mes collaborateurs ne sont pas tous d’accord sur l’affaire. Comment éviter les disputes et les débats sur le sujet ?
  • J’ai peur que certains ne démissionnent. Que faire pour les retenir ?

Article complémentaire : Comment confronter son patron ?

 

9 idées clés pour bien manager votre boss

Vous êtes responsable à 50% de la relation avec votre boss. Prenez votre part de responsabilité et prenez soin de la relation.

Pour manager son patron il faut procéder de la même manière que vous managez vos autres collègues, N-1 ou pairs… :

  1. Faîtes d’abord votre job, en remplissant bien votre part du contrat. Si vous n’êtes pas performant vous-même, pourquoi vouloir manager son  patron ? Commencez donc par vous manager vous-même…
  2. C’est d’abord en étant successful vous-même que vous contribuerez à la réussite des autres. Créez de la valeur pour vos collègues. Soyez un bon équipier, rendez service, communiquez largement et volontiers en transverse. Ce qui est bon pour l’équipe est bon pour votre manager et pour vous !
  3. Occupez pleinement votre place, investissez tout votre espace, ne soyez pas timoré. D’un autre côté, pas la peine non plus de vous la ramener. Restez tranquille, concentré, déterminé. C’est discret mais c’est efficace.
  4. Donnez de la visibilité sur votre avancement, sur vos priorités et vos contraintes, exposez vos difficultés et indiquez quelles pistes de solutions vous envisagez…
  5. Manager votre patron, ça commence par lui indiquer ce que vous attendez de lui. Beaucoup des patrons que je coache sont intéressés de savoir ce qu’attendent d’eux leurs équipiers, ce qu’ils pensent de leur management. Le leur dire, avec tact est donc un service à leur rendre. Faîtes le donc, vous aiderez votre patron à devenir un meilleur manager envers vous !
  6. Apprenez à connaître votre patron, demandez-lui ce qui le motive, ce qu’il aime le plus dans son job, ce qu’il aimerait particulièrement réussir, les projets qui lui tiennent le plus à coeur…intéressez-vous à son mode de fonctionnement, interrogez-le sur ce qui compte à ses yeux, ce qu’il apprécie le plus et le moins dans les relations. Et dîtes-lui en retour comment vous fonctionnez, les conditions de réussite dont vous avez besoin vous-même, les valeurs qui vous animent, les axes surlesquels vous aimeriez progresser.
  7. Proposez à votre patron des entretiens qualitatifs deux fois par an. Ne le laissez pas faire votre entretien annuel en 1/2 heure sur un coin de table, comme une simple formalité. Donnez-vous les moyens de vous parler pour de vrai, tranquillement. S’il refuse, vous verrez bien. Il faudra qu’il s’explique, parce qu’en fait, c’est son boulot de vous accorder du temps. N’oubliez pas que votre manager est votre fournisseur de management et qu’il vous doit du management ! Il est même payé pour ça…
  8. Se lancer dans des manoeuvres politiques hasardeuses ou des tentatives de séduction improbables ? Laissez cela à ceux qui ne managent rien du tout et qui compensent en essayant de tirer des ficelles dérisoires.
  9. Soyez juste « performant » et un bon contributeur. Ce sera déjà pas mal et largement suffisant.

 

Que faire quand vous êtes en conflit avec votre manager ?

Dans le cas où le désaccord avec son boss dégénère en conflit, il faudra passer à la vitesse supérieure. Une solution pourrait être de faire intervenir une troisième personne.

IBM, par exemple, a mis sur pied des procédures internes permettant de solliciter un arbitrage lorsque le dialogue entre un salarié et son n+1 est bloqué.

Parfois, il peut être intéressant de s’abriter derrière un collègue bien vu de sa hiérarchie, qui ira plaider votre cause auprès de votre boss. A défaut, faites intervenir les RH, un représentant du personnel ou les syndicats.

Les syndicats ont pour but de défendre collectivement certaines professions mais aussi de défendre individuellement les salariés confrontés à des difficultés dans leur vie professionnelle.

Ils peuvent vous informer sur l’étendue de vos droits, les textes auxquels vous pouvez vous référer… Vous pouvez aussi demander leur assistance voire qu’ils vous représentent devant le Conseil de Prud’hommes. Dans certaines hypothèses, ils peuvent même engager le procès et le mener à votre place.

 

L’avis de Laëtitia Grévin , Juriste

Avant tout recours, il est conseillé au salarié de s’entretenir avec son employeur. En effet, il peut être opportun, lorsque la situation le permet, de solliciter un entretien avec son supérieur hiérarchique ou son employeur afin de voir si une solution amiable peut être trouvée.

Avant le déroulement de l’entretien, le collaborateur doit rassembler l’ensemble des documents appuyant sa demande. Il ne faut pas réagir sous le coup de l’émotion. En effet, mieux vaut préparer le terrain en amont et prendre du recul.

Il est également important de s’assurer d’être dans son bon droit avant d’émettre une contestation auprès de son employeur. L’inspection du travail ou les représentants du personnel de l’entreprise peuvent conseiller le salarié et l’orienter dans ses démarches.

Il ne doit pas s’agir d’un affrontement. Toutefois le salarié doit se montrer ferme et signifier si cela est nécessaire, que si la situation perdure, il sera contraint de saisir le Tribunal compétent.

  • Conclure une rupture conventionnelle homologuée
  • Contacter l’inspection du travailLes inspecteurs du travail peuvent régler directement certaines affaires :
    • exiger le retrait ou la modification des dispositions d’un règlement intérieur contraires à la législation ;
    • empêcher le licenciement d’un salarié protégé ;
    • refuser le dépassement de la durée maximale de travail ou la mise en place d’un dispositif d’horaires individualisés ;
    • constater les infractions à la législation du travail et, dans certains cas, sanctionne l’employeur (pour travail illégal, par exemple) ou condamne l’employeur à une amende administrative ou une transaction pénale ;
    • imposer la mise hors service, l’immobilisation ou la saisie du matériel, voire la fermeture temporaire d’un chantier ou d’un atelier, en cas de risque d’atteinte à l’intégrité physique des salariés, ou le retrait immédiat d’un salarié de moins de 18 ans effectuant des travaux interdits ou dangereux.

    Dans les autres cas, l’inspecteur du travail pourra vous donner son avis au sujet de votre litige. Il vous indiquera si votre demande est fondée ou non, quelles démarches entamer, quelles sont vos chances de succès… Si vous le souhaitez, il pourra même contacter votre employeur pour tenter de le convaincre de vous accorder ce qu’il vous doit.

    Attention, l’inspecteur du travail ne peut pas vous aider à élaborer un dossier en vue d’un procès.

  • Prendre acte de la rupture du contrat de travail
  • Demander la résiliation judiciaire du contrat
  • Saisir le tribunal compétent : le Conseil de Prud’hommes
  • L’intervention des représentants du personnel