Mener une vie spirituelle, qu’est-ce que cela signifie ?

  • Comment la vie pourrait-elle ne pas être spirituelle ?
  • Comment mener une vie spirituelle en n’étant pas religieux ?
  • Comment mener une vie spirituelle, sans prétendre être un saint ?

La vie n’est pas que matérielle

Il ne s’agit pas de démontrer quoi que ce soit ou de convaincre quiconque : ce serait peine perdue.

A moins que vous ne soyez désespérément perdu dans votre tête à broyer des raisonnements décorellés de toute expérience directe de la vie immédiate, il est probable que vous sentiez au fond de vous cette évidence que la vie n’est pas que matérielle.

C’est une intuition que nous partageons tous, même quand elle est refoulée sous des couches et des couches de rationalisation pseudo scientifique. A l’aplomb de ces dénis, il y a de la souffrance, de la souffrance non vue, et non reconnue comme telle, de la souffrance non acceptée, mais bel et bien encaissée tout de même. Comme toute souffrance, celle-ci est respectable.

Mais n’en restons pas là et allons plus loin.

  • Vous avez un corps, qui peut être le siège des sensations les plus pures.
  • Vous avez aussi des sentiments, des intuitions, des pressentiments à propos de l’Unité, d’un Ordre sous-jacent à la réalité constatée, d’un Principe source, d’une Origine…
  • Et, encore plus que les animaux, les végétaux et les minéraux, vous êtes conscient. Cela signifie que vous êtes conscient d’être conscient ! J’en entend déjà certains qui disent que c’est là quelque chose de “compliqué”… Mais non ce n’est pas compliqué, c’est simple au contraire : êtes-vous conscient ? Oui. C’est évident pour vous. Et comment le savez vous ? Parce que vous êtes conscient d’être conscient ! Voilà, vous voyez que ce n’est pas compliqué… Pourquoi êtes-vous conscient d’être conscient ? Il semble que ce soit un attribut intrinsèque de la conscience que d’être consciente d’elle-même. C’est tout.

Vous n’êtes pas une illusion de votre mental, et vous le savez intimement.

Comment vous le savez ?

…Personne ne peut le dire, parce que cette conscience est une évidence qui s’impose à tous, sans qu’on sache ni comment ni pourquoi. C’est un fait : “je suis !”. Cette expérience est immédiate, et au-delà du langage. Donc elle reste sans mots…

Je ne suis pas forcément que mon corps, ou que mon personnage social, mais il est certain que : je suis !

Et ce “je suis” est toujours présent, tandis que le corps vit sa vie (et bientôt sa mort). Ce “je suis” n’est donc pas lié au corps. La représentation mentale qu’on a de cette conscience est liée au cerveau, qui lui dépend du corps, mais la conscience n’est pas la représentation mentale qu’on s’en fait.

  • Alors, que fait-on de cette “évidence” dans notre vie quotidienne ? (évidence, au sens où elle s’impose, au-delà des raisonnements, au-delà du mental discursif)
  • Comment est-on cohérent avec ce pressentiment que la vie n’est pas que matérielle ?
  • Comment fait-on pour vivre en alignement avec ces convictions, indépendantes de toute croyance et de toute théorie fumeuse ?

Vie spirituelle, vie ordinaire

Parler de vie spirituelle, ce n’est pas pour opposer une vie spirituelle à une vie non spirituelle : la vie est une. Du coup, si vous êtes ouvert à la spiritualité, peu à peu (ou tout d’un coup, car selon les individus, cela se produit diversement) les cloisons érigées par le mental s’effritent, s’effondrent, disparaissent, et votre vie est simple : vous êtes à la ville comme aux champs, dans votre vie privée comme dans votre vie publique, le même, la même, tranquille même dans l’agitation.

La vie spirituelle ne peut pas n’être qu’un à-côté de la vie ordinaire, comme un hobby auquel on s’adonnerait quand on se serait acquitté de ses priorités.. La vie spirituelle EST la vie ordinaire : aller au travail, préparer à manger, faire les courses, répondre à des mails, supporter la pression du boulot, les désagréments divers des transports en commun, manger une pomme, se laver les dents, etc…

On peut pratiquer l’assise silencieuse de 7h à 7h30, ou bien faire du yoga, ou prier ou encore pratiquer toute autre activité supposée “spirituelle” entre telle heure et telle heure…Mais ça, ce n’est pas la vie spirituelle, ce sont des activités à caractère plus ou moins spirituel (dont une vie spirituelle peut parfaitement être agrémentée ou bien se passer totalement : cela n’a presque rien à voir !).

Mettre la spiritualité au centre de votre vie ?

Il n’y a pas d’effort à faire pour hiérarchiser sa vie entre spirituel et matériel (et laisser éventuellement la part belle à la spiritualité). La spiritualité, c’est vivre le quotidien en état de conscience, avec une perspective spirituelle, depuis l’engagement dans le corps, et dans toutes les situations banales du quotidien. La vie spirituelle est non seulement au centre, mais elle est le centre !

Elle est aussi le pourtour, qu’on le veuille ou non, qu’on le sache ou pas… La vie spirituelle est la vie tout court. Il faut juste s’en rendre compte. Et cela vient tout seul quand c’est mûr. Pas besoin de s’agiter.

Et quand on s’en rend compte, la vie spirituelle ré-enchante le quotidien, parce que tout y est plus vivant, et forcément toujours neuf. Ce ne peut donc en aucun cas être une fuite, ou un refuge vers un ailleurs. imaginaire.. C’est au contraire la seule manière d’être présent à l’instant présent, d’avoir les deux pieds sur terre et les yeux en face des trous.. C’est très pragmatique de reconnaître le caractère spirituel de la vie, à chaque instant dans chaque situation.. La vie spirituelle n’est donc pas que dans les monastères ou dans une grotte du Tibet, la vie spirituelle, c’est toujours ici et toujours maintenant. Pas la peine d’aller chercher bien loin ! On peut embrasser la planète entière sans bouger de son toit…

D’un autre côté, si vous aimez les voyages, pourquoi pas s’en offrir un, qui vous emmènerait vous dépayser dans une contrée lointaine, pour y recevoir une impulsion, une inspiration, une stimulation ponctuelle ? Vous en reviendrez probablement fort de cette rencontre avec vous-même (que vous n’auriez probablement pas faite de la même manière si vous étiez resté chez vous…).

Si la conscience est partout, elle n’est pas plus là-bas qu’ici… mais pas non plus davantage ici que là-bas ! Alors si le coeur vous en dit, pourquoi en effet ne pas vous offrir une immersion auprès d’une inspiration extérieure, afin de mieux rentrer en vous-même depuis là-bas ? Tout est possible, c’est une question de sensibilité et de momentum. C’est à vous de voir ce que vous ressentez et ce qui vous inspire le plus. J’ai des amis proches qui voyagent justement pour ça. Je comprends.

Pour autant, personnellement, je préfère rester chez moi pour me recentrer (voir à ce propos :  “S’enraciner”). Il faut de tout pour faire un monde. Et puis il y a un moment pour tout (Lire aussi “S’éveiller de l’état de veille“).

Coaching de vie spirituelle

Le coaching de vie spirituelle est juste un coaching comme les autres, sauf qu’il n’exclut pas la dimension spirituelle de la vie.

Pas si con dans le fond !

La spiritualité pratique, c’est votre vie, tout simplement. La façon dont vous incarnez à chaque instant l’esprit que vous êtes.

  • Comment choisissez-vous de vivre ? Quelles seront vos consommations ? Quelle sera votre hygiène, vos pratiques pour honorer votre nature profonde ?
  • Qui choisissez-vous d’être, pour vous même, et dans le monde ?
  • Comment allez-vous mener votre vie, votre vie spirituelle (puisque la vie est spirituelle si on ne s’empêche pas d’être soi-même, par révolte et déni) ? Ce ne sont que des mots, mais si vous êtes esprit, alors votre vie est spirituelle… Encore une fois : êtes-vous matière ? Etes vous un squelette pensant ? Et d’où lui viendrait cette conscience ? Et que deviendrait-elle, cette conscience que vous “auriez” après le décès corporel ?  Même les scientifiques aujourd’hui reconnaissent rationnellement qu’il y a très peu de probabilités pour que la vie ne soit que matérielle. La vie est trop improbable pour qu’elle soit apparue par hasard, par combinaison aléatoire de tant de paramètres nécessaires à son éclosion, son maintien et son développement.

Le coaching spirituel est un coaching qui vous aide à répondre par vous-même (et pour vous-même) à ces questions que vous vous posez peut-être, et pour lesquelles la nécessité d’une réponse s’impose impérieusement parfois.

Pourquoi ne pas parler de coaching spirituel ? Nous ne sommes pas racistes des mots, leur diversité ne représente pas un problème pour nous. Toutefois, précisons bien qu’il n’est pas ici question de “guidance spirituelle”, mais de coaching, donc de miroir et de rien d’autre. Pas question d’ingérence, de conseils, ou de dogme évidemment. Juste un accompagnement pour vous permettre d’explorer dans votre propre expérience, ce qui relève de vos convictions (pas de vos croyances, qui sont sans intérêt : la vie spirituelle n’est pas une question de croyances, mais d’expérience directe et de lucidité profonde, à partir du coeur et des yeux grands ouverts).

Rien à voir avec les religiosités de tous bords

Il est évident que nous ne parlons pas ici de religion ! Il existe probablement quelque part un genre de “coachings religieux”. Dans les sectes peut-être ?

En tous cas, ce n’est pas auprès de nous que vous trouverez ça. Nous sommes incompétents pour cela. Il faudrait déjà que nous puissions y croire, (et aussi nous y croire un minimum)… Ce qui, heureusement pour nous, n’est pas notre cas.

La religion est pourtant un business respectable, il faut bien gagner sa vie d’une manière ou d’une autre. Mais soyons bien clair que cela n’a strictement rien à voir avec la spiritualité :

  • La religion repose sur des dogmes, alors que la vie spirituelle est libre par essence.
  • Dans la religion, il faut croire, alors que dans la spiritualité, il faut dépasser les croyances pour accéder à l’expérience.
  • Dans la religion, il faut chercher (mais pas trop quand même, du moins pas jusqu’à poser des questions susceptibles de remettre en question le dogme et la hiérarchie), tandis que dans la spiritualité il est juste question de se laisser trouver, “toucher” même, par l’Essence de notre nature profonde. Et toutes les questions sont évidemment permises, bienvenues même ! La spiritualité ne rigidifie pas dans des certitudes, elle vivifie par les questions qui émergent et nourrissent la réflexion. Dans une vie spirituelle, on est travaillé par la question, qui peu à peu nous relie à la centralité de l’être. C’est d’ailleurs justement à cela que servent les questions : elles débarrassent des croyances, pour accéder à la strate du dessous, là où il n’y a plus de mots parce que c’est au-delà du langage et de la pensée.
  • La religion tient souvent le corps à l’écart, à l’inverse de la spiritualité qui contacte l’Unité à travers le corps. A quoi servirait le corps, s’il n’était justement le siège ultime de la spiritualité vraie, l’organe mis à disposition pour incarner l’esprit que nous sommes ?
  • Dans la religion il est question de culpabilité, d’obéissance et de renoncement/sacrifice, alors que la vie spirituelle est faite d’affirmation du soi véritable, d’oser le libre engagement à chaque instant différent, et de rendre sacré (c’est-à-dire reconnaître la dimension sacrée) pour apprécier et ne renoncer à rien du tout. Bien au contraire la vie spirituelle est fondamentalement positive et complète.

La vie spirituelle n’a donc pas de tabous, ni de préjugés.

La vie religieuse est souvent militante et fanatique, tandis que la vie spirituelle est tranquille, et équilibrée. Elle n’a rien à vendre, ni rien à justifier. Elle est aimante et respectueuse, profondément conciliante, mais sans aucune compromission… alors que l’histoires des religions n’est faite que de jeux de pouvoirs et d’ego, savamment déguisés en “sainteté” (évidemment fausse et malsaine dans ces cas-là).

https://www.youtube.com/edit?o=U&video_id=mqdXcgGIFLo

Franchement, vous trouvez ça chouette les religions ?

De grands saints ont pourtant été religieux. Et pourquoi pas d’ailleurs ? Selon les époques, on n’avait peut-être pas le choix.

Par exemple, si vous étiez une femme, et que vous étiez éveillée, pensante, et pas envie de vous affubler d’un bête bonhomme, la religion était peut-être le seul moyen social de vivre une vie spirituelle, à l’abri du collectif, qui n’aurait pas supporté à l’époque un tel niveau de liberté intérieure de la part d’une femme !

Je connais personnellement des religieux, qui vivent une vie spirituelle. Et j’en connais d’autres pour lesquels cela semble moins évident. D’un autre côté, je connais beaucoup de laïques très engagés dans la spiritualité, au point qu’elle embrase toute leur vie.

Donc pour moi les deux choses, spiritualité et religion, sont compatibles, mais parfaitement distinctes. Disons que la religion est une façon (pas la seule) de vivre une vie spirituelle. Pas la mienne en tous cas. Mais ce qui est beau, c’est que chacun soit libre et heureux de ses choix. Quand je vois des religieux épanouis, heureux et rayonnants, cela me plaît.

Le mot religion vient de la racine “religere” qui signifier relier. Relier la Partie au Tout, et relier les individus entre eux dans un sentiment fraternel et solidaire. Dans son essence, le principe religieux est donc plutôt noble.

Mais dans la pratique :

  • on fait la guerre au nom de la paix (voir à ce propos : “se faire violence à soi-même“)
  • on intrigue pour du pouvoir et de l’argent sous couvert de religion,
  • on tord les dogmes pour qu’ils disent ce qui arrange les dirigeants, à des fins politiques.
  • On se bombarde impudemment et invraisemblablement “peuple élu” (faut quand même l”oser”celle-là !… mais à l’origine, ce n’est pas cela que cela voulait dire, cela avait une portée symbolique et universelle. Ce n’était pas une pseudo parole de Dieu, indiquant ainsi une préférence injuste, et servant de prétexte à justifier des ambitions colonialistes, comme l’occident en a nourri depuis des milliers d’années)
  • on se soutient entre croyants, pour faire face aux non croyants.

Où donc est alors passée cette universalité que prônait la religion dans son essence, quand elle oppose les uns contre elles autres au nom de l’unité et de la paix ? Ces énormes contradictions ne semblent pas gêner ceux qui continuent de suivre le cortège, en entonnant des chants d’allégresse, à la suite de tant de générations de tels “suiveurs”. Mais où vont donc ces processions irréfléchies ? Et si la spiritualité ne consistait pas à suivre, mais à tracer son propre chemin, qui que l’on soit ?

Peut-être qu’humblement, il faut oser grandir, un matin… (et il serait temps qu’on s’y mette un peu, tous ensemble, non ?)

Je préfère la “spiritualité de cristal”

L’histoire des guerres prend racine dans les oppositions de croyances, qui caricaturent en surface des nuances de la métaphysique des profondeurs, qui, elles, justifient pleinement la diversité des cultures, et des civilisations, à l’infini belles et complémentaires les unes des autres…

La spiritualité qui m’intéresse est celle qui est intime et ne relève d’aucune obédience.

Aucune vanité derrière cela, mais une grande lassitude face aux “programmes” désormais dépassés, et qui se meurent sous la poussière de leurs dogmes et de leurs rigidités pathologiques. Pas besoin de compromissions pour “être”…

J’e voudrais partager un exemple de manière de vivre la vie de manière “spirituelle”. Et vous allez voir, c’est très ordinaire (mais pas banal du tout, c’est ça qui est extraordinaire !). C’est le genre de choses que tout le monde peut vivre. Pas besoin d’être Mère Teresa ou Gandhi, qui sont certainement par ailleurs de beaux exemples inspirants. Mais des fois, cela semble inaccessible, ou trop exotique, hors de portée. Je vais donc indiquer une manière de mener une vie spirituelle, à travers une micro situation super ordinaire. Donc c’est accessible à tout le monde, sans initiation et sans tralala…

(voir aussi : “Agir dans l’énergie“)

Exemple simple d’une vie spirituelle

Imaginez qu’une composante importante de votre quotidien ne vous convienne pas, et contrarie vos projets et votre bien-être de base, au point que vous vous réveillez chaque matin avec la sensation d’être bloqué(e), frustré(e), coincé(e) dans une situation non souhaitée, et visiblement sans issue. Une sensation qui pourrait très bien se déployer en émotions de morosité et de déprime, entrainant avec elle toutes sortes de conséquences désagréables qui terniraient encore votre expérience.

Au lieu de laisser se faire ce mécanisme, qui vous ferait dévaler vers un marécage nauséabond dont il serait ensuite difficile de s’extirper, vous avez un recours, simple et immédiat :

  • cesser de vous prendre pour le personnage contrarié,
  • accepter l’instant présent tel qu’il se présente, et honorer la vie, maintenant.

Ainsi, au lieu de “bouder”, vous pourriez sourire, respirer, vous étirer, placer votre attention dans vos perceptions corporelles, et apprécier la vie qui est là, toujours vibrante sous les pensées. Ces pensées, que vous cessez d’entretenir, à propos de ce qui n’est pas satisfaisant et ce qui serait mieux si seulement les circonstances étaient différentes… vous les délaissez, ainsi que les émotions qu’elles suscitent, quittant la tête pour habiter plus pleinement le corps (voir à ce sujet : “La voie du sentir”). Là, vous appréciez, sans dire un mot. Sauf peut-être un mot de gratitude, parce qu’elle était toujours là, cette vie que vous aviez quittée pour vous exiler dans vos contrariétés.

Vous voyez, on ne parle pas de pratiques sophistiquées. Pas besoin de faire des stages ou de lire des tas de livres pour ça. C’est une question de décision intime. Voulez-vous vivre, ou bien préférez-vous vos pensées  ? Il y a un moment où le choix est impossible, parce que c’est trop tôt. On est collé au personnage, identifié au contenu des pensées, prisonnier de l’illusion. Et puis, lisant ces lignes par exemple, ou rencontrant quelqu’un qui les incarne, survient progressivement la possibilité de vous dissocier de cet amalgame erroné. Et peu à peu, une fissure s’agrandit dans votre armure, qui vous emprisonnait dans les mécanismes de défense. Enfin, vient un moment où le choix s’impose de lui-même, cet état de morosité (ou tout autre état éloigné de la sensation immédiate de la vie qui pulse) vous lasse, au point que vous n’en voulez plus. Vous en avez la nausée de cette colère, de cette angoisse, de cette tristesse (et des trois à la fois) ! Alors, naturellement vous vous en détournerez, et accordez votre attention à ce qui vous sourit, c’est-à-dire l’instant présent, dépoussiéré des pensées qui l’encombraient. (voir à ce propos : “Ecouter les émotions, c’est tout !“)

Certes, la situation bloquée est toujours bloquée, et objectivement ce bloquage rend la situation moins facile ou moins confortable ou moins juste qu’une autre situation qui vous conviendrait mieux a priori… Mais vous ne manipulez plus ces pensées. Vous acceptez de vivre l’instant présent, sans référence à quoi que ce soit d’autre.

  • Oui, si vous n’aviez pas le nez bouché, vous respireriez mieux.
  • Oui, si vous n’aviez pas cette fièvre et cette fatigue, vous pourriez vous lever.
  • Oui, oui, et encore oui, à tout ce que votre mental vous présentera comme argument pertinent pour justifier de votre révolte.

Mais en attendant, cela vit en vous dans la profondeur, tandis que cela prend cette forme-là en surface. Et vous êtes là, qui le constatez… Cette reconnaissance est la reconnaissance de l’esprit que vous êtes, au-delà du mental qui tente de vous embarquer dans la ronde de ses pensées. Dirigeant votre regard vers lui-même, vous constatez cette présence, du “je suis” que nous évoquions précédemment. Et il y a là une joie, toujours disponible. Oh bien sûr, ce n’est pas forcément une joie à danser dans les rues. Mais il y a bien des formes de joie, dont les plus exubérantes ne sont pas forcément les plus profondes. Au début cette joie prendra la forme d’un léger pétillement. Guettez-le, il est déjà là.

Cela, ce retournement, cette décision intime de s’engager dans la vie plutôt que se laisser aller à l’ennui, à la contrariété ou à l’affliction,, c’est probablement la grande pratique spirituelle, si on peut dire qu’il y en ait une.

Vivre et laisser mourir ?

  • Oui, vivre. Quel autre choix ?
  • Et oui également : laisser mourir., non sans mélancolie et sans compassion. mais que faire d’autre ? Quel autre choix, là encore ?

Et que chacun suive donc le cortège de son choix, même si certains choisissent de s’inscrire dans le sillage d’un corbillard. C’est leur droit et personne n’a à juger de cela. Il est pourtant beaucoup plus sain de commencer par s’intéresser à soi-même, et de prendre ses propres responsabilités, laissant les leurs aux autres…

Après tout, sur ce point en tous cas,  chacun est peut-être plus libre qu’il ne le croit. Libre de remettre en cause ses conditionnements pour déboucher vers la Claire Liberté, et libre aussi de rester confiné dans son éducation et ses mécanismes de défense.

Tout est bien ainsi.

Vie spirituelle inclusive et conciliante

La spiritualité vraie est profondément inclusive et n’a besoin d’aucune étiquette partisane. Elle reconnaît et admet les folklores, les cultures, les couleurs et les parfums de chacun.

La pluralité des cultes est une bonne chose. C’est la vie elle-même, qui s’est exprimée diversement au travers des virages de  l’histoire et des reliefs de la géographie, comme un fleuve trace son lit. C’est la vie, qui a creusé ces sillons dans notre histoire humaine, en réponse à nos différentes sensibilités. Mais doit-on pour autant se laisser enliser dans un sillon, ou bien plutôt oser vivre l’instant présent, tout en actualisant le courant qui nous à porté ? C’est pourquoi, tout en voyant les limites évidentes des religions, elles sont respectables, malgré leurs exactions passées, actuelles et futures. Elles font partie de la vie, et elles ne font pas que du mal, même si elles en font beaucoup. Surtout parce qu’elles veulent convaincre !

La vraie spiritualité n’a que faire du prosélytisme. Elle ne cherche pas à convaincre. Elle n’éprouve pas le besoin de se rassurer en rassemblant des gens autour d’elle.

Recruter des adeptes pour faire quoi au juste ?

Tout cela n’est que faux combats et perte de temps. Tout cela est dépassé.

La spiritualité authentique n’a que faire des sectes en tous genres, et des tentatives grossières de gagner du pouvoir sur autrui.

Pas envie de rassembler des “suiveurs”, qui feraient mieux de se porter eux-mêmes, et de suivre le chemin de la profondeur qui les mène vers l’intérieur d’eux-mêmes (et certainement pas à suivre un pseudo “grand autre”)…

Ce qu’il faut désormais c’est être libre et individualisé, un parmi les siens, tranquille et gentil. Le reste, ce n’est que simagrées : toujours “plus de la même chose”… qui ne marche pas !

Nota : J’aime le mot “gentil”. C’est un très beau mot, dont j’aimerais qu’il soit réhabilité, au lieu qu’il ait pris le sens navrant de : gentil = imbécile.

C’est quand même un comble : le gentil est profondément intelligent puisqu’il choisit l’unité et la bonté. S’il y a un imbécile quelque part, ce serait plutôt le méchant, qui n’a pas encore compris le jeu.

Le gentil est doux, parce qu’il vit sans antagonisme intérieur, sans pensées contradictoires, qui sont démasquées au fur et à mesure qu’elles émergent (voir aussi : “Arrêter de penser“)

Le vrai gentil (pas le faible) pourrait être méchant, il en aurait largement les moyens, le courage, la créativité, la puissance… mais il choisit la douceur, parce qu’il n’a plus d’énergie à perdre avec ça.

Les vrais gentils sont souvent des méchants repentis, sinon ce ne sont peut-être que des faibles qui ne sont pas encore devenus méchants… (Et là bien sûr, les faux gentils s’insurgent et crient au scandale. Ah tiens, ils deviennent moins “gentils” tout d’un coup ? C’est bien, c’est le métier qui rentre…  🙂

L’appel de la liberté et de la responsabilité individuelle

Entendez-vous l’appel de la vraie liberté ? Cet appel ne vient pas d’un pays lointain, avec des miracles et diverses excentricités exotiques. La liberté vient de notre nature profonde. Pas besoin de la chercher ailleurs qu’au fond de son coeur.

Et il n’est d’ailleurs même pas besoin de la chercher..

En effet, c’est plutôt elle qui nous a trouvé, sinon nous ne serions pas en train de chercher.

Mais, chercher quoi, puisque nous sommes déjà trouvés ? Eh bien, chercher à l’honorer, de mille manières possibles, selon les diverses facettes qu’elle nous propose, différentes et neuves à chaque instant…

C’est donc à chacun de se plonger dans l’écoute, l’écoute passionnée, une écoute à outrance pourrait-on dire si on était quelque peu moyennageux. Et du fond de cette écoute amoureuse de la vie qui sourd, jaillit un bouillonnement, qui prend toutes sortes de formes.

Découvrons-les 🙂

Pas de tabou stupide

Après avoir été victime du carcan religieux pendant des siècles (à côté de la noblesse du message originel et de certains êtres rayonnants, qui ont marqué l’histoire, il y a le poids de l’institution commerciale et politique, qui a souvent commis le pire au nom du meilleur, sous prétexte d’évangélisation : inquisition, croisades, conquistadors, esclavage, pédophilie, et autres glorieux dérapages…Et nous ne parlons là que d’une seule religion. Mais les autres ne valent pas mieux en termes de trahison du message originel.

Nota : Je parle ici de la religion que je connais, celle de ma famille, de la culture dominante dans mon pays. Et je laisse à ceux dont c’est la culture le soin de dénoncer les autres. A chacun son boulot ! Pour moi, il n’y a d’ailleurs rien à “dénoncer”, il y a à partager un  constat adulte avec ceux qui y sont sensibles, et laisser en paix ceux qui n’y sont pas ouverts.

Dans les religions, il y a donc eu le meilleur et le pire… Et le pire est très lourd, c’est évident !

Du coup, en France notamment, on évite aujourd’hui de prononcer certains mots comme “Esprit” (ou pire encore : le mot “Ame” qu’on n’emploie plus aujourd’hui qu’en poésie, ou dans le langage amoureux), on hésite à dire qu’on croit en Dieu par exemple, de peur d’être pris pour un naïf, un toutou qui suit le cortège désuet de ses grands parents, un doux rêveur new-âge, ou un fanatique illuminé.

Et en effet, en les prononçant : on risque de faire fuir ceux à qui cela fait peur ou que cela rebute (avoir peur de quelques mots ! Est-ce bien raisonnable, tout de même  ?) ou d’attirer comme des mouches ceux qui n’ont que ces mots-là à la bouche… Ces deux cas sont respectables, mais ils ne nous concernent pas.

Chacun est libre ? …nous le sommes aussi !

Nous n’avons ni peur, ni besoin de réassurance, ni envie de repousser ou d’attirer quiconque. Nous exprimons simplement dans nos articles et nos formations ce que nous expérimentions dans notre propre pratique, pour le partager avec ceux qui se sentent bien avec cette façon d’envisager les choses, pour se sentir mieux dans leur peau, plus vivant, plus heureux…