Etes-vous en train de traverser une période difficile ? Si c’est le cas, cet article est pour vous. Vous y trouverez quelques principes simples qui devraient vous encourager à tenir bon…

Question : Que pouvez-vous faire, quand tout semble difficile pour vous et que la situation semble bloquée ?

 

Réponse : Vous ne pouvez pas faire grand chose pour changer la situation. C’est un fait. Acceptez-le, c’est comme ça que vous perdrez le moins de temps à gratter derrière une porte qui ne s’ouvrira pas. Vous croyez avoir une influence sur les situations extérieures, mais apparemment cette fois-ci cela ne marche pas comme ça !

La porte est toujours fermée de l’intérieur

Si c’est bloqué à l’extérieur c’est probablement parce que c’est d’abord bloqué à l’intérieur.

Profitez-en donc pour regarder en vous, et voyez vos conflits.

  • Voyez vos prétentions à vouloir toujours autre chose que ce qui est.
  • Voyez “l’arrogance” qu’il y a à vouloir manipuler les évènements et les situations, comme si vous aviez la moindre prise sur le monde extérieur…

Assumer le déterminisme

Reconnaissez que vous êtes beaucoup plus déterminé qu’on pourrait le croire :

  • vous ne pouvez pas choisir de ne pas aimer ce que vous aimez ou d’aimer ce que vous n’aimez pas
  • vous ne pouvez pas choisir de vouloir ce que vous ne voulez pas ou de ne pas vouloir ce que vous voulez
  • vous ne pouvez pas ne pas penser ce que vous pensez,
  • vous ne pouvez même pas ne pas penser (essayer d’arpenter ne serait-ce qu’une minute là tout de suite, et puis reprenez votre lecture fort de votre constat)
  • vous ne pouvez pas ne pas ressentir ce que vous ressentez, vous ne pouvez pas choisir vos émotions. Elles sont une réaction conditionnée par vos expériences antérieures, sur lesquelles vous n’avez plus aucune prise,
  • vous ne pouvez pas décider d’accepter ce que tout votre être refuse encore. Il va falloir laisser le temps au temps pour que cela murisse, que le processus de deuil se déroule jusqu’au bout et que vous puissiez enfin accepter ce que vous refusiez précédemment…
  • Vos goûts, sont ce qu’ils sont, vous n’y pouvez rien. D’où ils vous viennent est sans importance. Ce qui compte c’est que ce sont les vôtres. Ils ont certes des conséquences sur vos choix, qu’il faut bien assumer. Mais il est inutile de les qualifier de bons ou mauvais, ce serait plaquer un jugement de valeur sur la réalité qui n’en a pas besoin, et rajouter une complication inutile de plus à une situation complexe, déjà parfaite en soi.

Il est inutile de prétendre être libre alors que vous ne l’êtes pas (du moins pas comme on croit, ni là où l’on croit). Vous vous attribueriez des mérites et des fautes qui ne sont pas les vôtres. Et pendant ce temps vous délaisseriez votre seule vraie responsabilité, celle qui consiste à vous voir et à accueillir ce qui est, constater votre correspondance ou non correspondance avec tel ou tel aspect, tout en accueillant le tout comme une unité merveilleusement indivisible.

D’abord voir ce qui est

Vous pouvez toujours “constater”. Cela, personne ne peut vous l’enlever, car vous êtes la conscience qui constate. Voir ce qui est, est peut-être votre seule liberté, et c’est certainement le premier pas vers un éventuel changement extérieur. Quand vous vous centrez dans ce que vous êtes fondamentalement et essentiellement, vous êtes “juste”. Dès lors vos conflits intérieurs s’aplanissent, et une résonance de cette paix se produit à l’extérieur. Les situations semblent se débloquer, quand vous avez enfin accepté ce qui devait l’être. Alors seulement, vous pourrez agir, depuis votre paix intérieure, depuis votre amour de ce qui est, sans refus, ni division intérieure. Et votre action sera puissante, car elle viendra du coeur même de la Vie que vous êtes…

Ensuite, faire de son mieux

La vie ne peut exiger plus de vous. Mais elle ne peut se contenter de moins non plus. Donnez donc à chaque fois votre meilleur. Ne cherchez pas à faire mieux que ce que vous pouvez (par quel miracle le pourriez-vous ?). Contentez-vous de donner tout ce que vous avez. De toutes façons, vous n’avez rien d’autre. Mais ce sera suffisant, quelque soit le sujet auquel vous pensez.

Donnez tout ce que vous avez ? Mais en fait : vous ne possédez rien !

Ici on ne parle donc pas d’argent ou de quoi que ce soit de matériel (que d’ailleurs vous ne possédez pas plus que quoi que ce soit d’autre ici-bas. De l’argent dans votre poche ou sur un compte à votre nom n’est qu’une convention. Avoir ou posséder quoi que ce soit est une illusion : quand votre corps mourra, vous n’emporterez rien, tout restera ici et d’autres s’en empareront. C’est ainsi. Alors que pouvez-vous donner ? Rien d’autre et rien de moins que vous-même !

Et vous ce n’est pas votre corps. C’est justement lui, qui mourra et vous ne l’emporterez pas avec vous non plus. Vous ne pouvez donner que toute votre attention, vous donner vous-même complètement à la situation présente. C’est très exigeant, mais vous ne pouvez pas faire moins. Voila c’est ça “faire de votre mieux”. C’est beaucoup, mais c’est à votre portée… C’est peut-être moins compliqué que ce que vous pensiez, pas besoin de vous surpasser, de faire des choses extraordinaires, de faire par exemple ce que quelqu’un de meilleur que vous  ferait s’il était à votre place. Non, il suffit de faire ce que vous, vous savez faire, sans comparaison futile.

Accueillir l’échec ?

Il est possible que cela ne suffise pas pour “réussir à atteindre vos objectifs”… mais qui vous a dit que ces objectifs devaient être atteints, que ces désirs devaient être réalisés et ces voeux exaucés ? Quelle drôle d’idée de croire que le bonheur vous serait dû, ou que vous seriez libre de le conquérir… Rien ne vous est dû !

Et vous ne pouvez pas conquérir ce que vous êtes déjà. Vous êtes vous-même la joie, vous êtes la vie elle-même, qui accueille le plaisir et la douleur, le bonheur et le malheur depuis un espace plus vaste… qui est justement vous-même. Et c’est cela qu’il faut découvrir, concrètement, en faisant justement de votre mieux dans votre situation actuelle, bloquée, frustrante, insatisfaisante… Inutile de s’agiter à vouloir changer quoi que ce soit, inutile de chercher à s’échapper, vous perdriez l’énergie dont vous avez besoin pour “être avec” ce qui est et faire, de votre mieux, selon vos croyances, quelles qu’elles soient.

Si vous devez vous émanciper de croyances fausses ou limitantes, il n’y a pas d’autre voie que celle d’aller jusqu’au bout de celles-ci. Pour se libérer des conditionnements, il faut les voir. Pour les voir, il faut se donner à fond… et souvent : se planter ! La preuve par l’expérience est la seule façon de vous remettre en question et d’accueillir une vision plus large, plus conforme à ce que vous êtes vraiment. La réflexion peut aider mais ne remplacera pas l’expérimentation direct face au réel (le miroir d’un coach notamment peut stimuler votre réflexion et aiguiser votre discrimination, pour oser voir en face ce que vous évitez sans vous rendre compte quand vous êtes seul).

La tentation du paradis artificiel

Peut-être que cette perspective n’est pas très réconfortante si vous recherchez un paradis artificiel. Mais elle l’est vraiment si vous cherchez vraiment à “vous en sortir”, c’est-à-dire à assumer qui vous êtes et rester tranquille au sein même de la situation difficile. Pour vous en sortir, cessez d’essayer quoi que ce soit, tenez-vous tranquille, et faîtes de votre mieux, “maintenant“. Vous verrez, la douleur et l’échec ne sont pas une si grosse affaire, quand on est vraiment dedans, quand on le vit pleinement, sans espace pour se raconter d’histoires qui font peur. C’est avant, que ça fait peur. Ce n’est que la peur de l’échec et de la douleur qui vous empêche d’avancer, alors que ce sont eux qui justement vous permettraient d’avancer, si vous acceptiez de les vivre tranquillement.

Tout est mouvement et changement. Acceptez cette vérité et intégrez la… Vous n’en mourrez pas. Et même si cela devait arriver, êtes-vous si sûr que cela soit si grave ? Vos proches finiront bien par se débrouiller sans vous après votre départ. Ils auront de la peine et vous leur manquerez, mais c’est leur vie, leur expérience. Dans votre situation, vous devriez peut-être cesser de vous disperser en tracasseries, et vous concentrer sur chaque pas, en vivant jour après jour, sans vous tourmenter davantage avec des questions superflues. Simplifiez votre équation, réduisez le nombre de paramètres, revenez à la simplicité de l’instant présent…

Bon, pour la plupart, je vais sans doute un peu loin… Mais, tout en respectant les peurs et les désirs bien légitimes de tout un chacun, il faut bien également dire la vérité, avec simplicité. Pour s’en sortir, il n’y a qu’une seule chose à faire : assumer d’être ce qu’on est et d’être là où on est. C’est comme cela, qu’on s’aligne intérieurement sur les forces de la vie, qui concourent naturellement à notre réussite pour peu qu’on aille dans leur sens…

Traverser une période difficile

Une crise personnelle, on sait à peu près quand on y rentre, mais on ne sait jamais quand on en sort ni dans quel état…

Et puis il faut se dire que la sortie est au bout du tunnel, jamais au milieu. Le chemin de la sortie est droit devant soi.

traverser une période difficile

Pour traverser une période difficile, il faut aller jusqu’au bout. Sinon on ne traverse pas vraiment, et on y reste plus longtemps…

D’un autre côté, le chemin est ce qu’il fallait vivre et non uniquement la destination. Aussi, chaque instant est porteur de sa lumière (et non pas uniquement le moment de la sortie du tunnel). Il est donc inutile de chercher à en sortir, parce ce que ce qu’il faut en fait, c’est se maintenir dans sa dynamique. Et quand l’heure sera venue de passer à autre chose, vous serez prêt (mais pas avant). Alors ne vous agitez pas, à “vouloir”, à “essayer”, à tenter de “contrôler”, tout cela est généralement dérisoire.

Si vous ne parvenez pas  à rester calme (ce qui est le cas la plupart du temps, parce qu’on n’est pas des “héros”…) : au moins, constatez-le, accueillez cette incapacité depuis l’espace vaste que vous êtes, qui lui, reste tranquille. Vous serez déjà sur la bonne voie pour traverser une période difficile. De toutes façons, vous n’avez pas beaucoup d’autres options. Alors au moins, faîtes en sorte que cela serve à quelque chose et ne soit pas une douleur vécue pour rien. Dite-vous que la situation vous fait grandir et que tout est finalement bien ainsi.

Vous trouverez peut-être que la tonalité générale de cet article est un peu mélancolique… En fait, elle se veut lucide, objective et pragmatique. Alors, en effet, c’est moins rigolo que lorsqu’on raconte des histoires de toto, ou qu’on se rassure bêtement avec des principes sucrés mais faux.

“La mélancolie née de l’expérience, chantera toujours plus bas dans les processions, que les pauvres joies tirées de l’illusion” Jacques Breyer

 

La vie est belle… n’en faisons pas tout un plat !