Situation complexe : simplifiez l’équation !
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Quand une situation complexe devient trop compliquée, la meilleure solution est peut-être de « simplifier l’équation » : réduire le nombre de paramètres, aller à l’essentiel, prendre en compte d’abord le plus important et ne pas prêter attention à tout ce qui est secondaire, revenir aux fondamentaux, etc…

Autant d’expressions qui renvoient à cette approche simple de la complexité, consistant à vivre l’instant présent, tout simplement.

Expliquons-nous…

Complexité et simplicité

Complexe, veut dire :

  • Qui contient plusieurs parties ou plusieurs éléments, combinés d’une manière qui n’est pas immédiatement claire pour l’esprit (Petit Larousse)
  • Qui comprend plusieurs éléments ayant de nombreux rapports entre eux (Internaute)

Une situation complexe n’est donc pas forcément une situation compliquée. Ce qui est compliqué dans une situation complexe : c’est l’interprétation qu’on s’en fait, les réactions psychologiques qu’on entretient à son propos, l’histoire qu’on se raconte, et que l’on plaque gratuitement et artificiellement sur la situation (mais qui n’a en fait que peu de rapport avec elle).

Une situation complexe peut être simple, il suffit de bien voir le lien entre les éléments de cette complexité. Dès lors, il n’y a plus qu’une « Unité » puisque tous les éléments, quoique distincts, sont liés les uns aux autres d’une manière solidaire. Certes, on ne peut intervenir sur l’un sans toucher aux autres, et sans changer le tout ! Mais ce n’est pas pour autant un problème, car justement : la vie est changement, et le jeu consiste à accompagner le mouvement au lieu de se braquer et de lutter contre.

 

 

situation complexe

A la limite, dans une situation complexe, il n’y a potentiellement qu’une seule chose à faire, ce qui n’a rien de compliqué : être soi-même, pleinement présent à l’instant présent (mais cet « être soi-même » peut prendre des formes variées à l’infini) !

Vous êtes d’accord qu’il n’y a rien à faire de spécial pour être soi-même… puisque on l’est déjà. Mais à bien regarder, ceci n’est pas totalement exact, car la plupart du temps on n’est pas complètement soi-même, on est pris dans des complications mentales, personnelles, qui nous font prendre nos projections pour la réalité. Tous, autant que nous sommes, nous ne sommes pas complètement dans la simplicité de la vie (sinon nous serions tranquilles et joyeux. Or, ne sommes-nous pas souvent stressés, angoissés, contrariés, etc… ?)

Regardons ensemble de plus près quels « parasites » nous empêchent d’être nous-mêmes, simplement.

Situation complexe ou « compliquée » ?

La vie n’est pas compliquée, mais elle est à la fois simple et complexe. Comme nous venons de l’affirmer, c’est nous qui la rendons compliquée à partir de nos interprétations et de nos réactions émotionnelles conditionnées.

Certes, l’incroyable richesse de la vie nous présente toujours dans chaque situation une infinité de paramètres en jeu. Mais il y a un lien logique et sensible entre tous :

  • C’est le lien de l’instant présent, puisqu’ils s’inscrivent tous « maintenant » dans votre conscience.
  • Et puisqu’il s’agit de votre conscience, il s’agit de vous. Et vous êtes donc également vous-même ce lien entre ces éléments épars.

Dès lors, il n’y a plus rien de compliqué. L’unité de la situation c’est « vous-maintenant ». Et il n’y a qu’une seule chose à faire : être présent, totalement vrai, sans intention, sans projet, être là d’une manière naturelle et pleine. C’est tout !

« C’est tout », dans le double sens de :

  • « c’est tout, et rien de plus »
  • mais aussi dans le sens de :  « ceci représente la totalité », « cela est le tout »

Se pourrait-il que cette « chose » qui semble isolée, soit à elle-même « Le Tout » ?

Je vous laisse ruminer cette question apparemment absurde. Il vous appartient de vous laisser ou non travailler par cette question. Mais donnons tout de même une illustration en terme de vécu, pour que chacun puisse s’approprier ses propres conclusions…

 

Faire une bonne impression

Dans le cas d’une prise de poste, par exemple, il paraît légitime de chercher à faire une bonne impression. Pourtant voici l’exemple même d’une situation compliquée (plein de nouvelles informations, des process à découvrir, une nouvelle culture, de nouvelles personnes, de nouveaux objectifs, des difficultés auxquelles faire face sans références…). Bien réussir son intégration ou sa prise de poste n’est donc pas forcément facile ni gagné d’avance. Mais si on rajoute en plus le fait de chercher à faire une bonne impression, ou chercher à être parfait ou être le/la meilleur/e, la situation devient épouvantablement compliquée, voire même : impossible !

1- Dans certains cas, c’est le fait même de chercher à faire bonne impression qui donnera de soi une mauvaise impression. Si quelqu’un cherche à séduire, il montre certaines facettes et pas d’autres, il travestit ou maquille la vérité (ce qui tôt ou tard sera démasqué). Quand quelqu’un cherche à vous impressionner, vous ne le sentez pas, la plupart du temps ? Ne percevez-vous pas quand quelque chose sonne faux ? Quand quelqu’un est trop poli, trop aimable, vous ne le voyez pas venir ? Et cela ne vous donne-t-il pas plutôt une mauvaise impression ?

2- Quand on cherche à être « parfait », on rajoute à la difficulté de la tâche quelle qu’elle soit, une pression énorme, qui rend la tâche encore plus difficile, comme si on faisait une course avec un sac à dos très lourd. Le simple fait de « vouloir se conformer » à un standard, quel qu’il soit, est déjà une entorse à la vie simple, c’est déjà l’ingérence du mental « profane » dans le domaine « sacré » de l’instant présent.

Pas besoin de chercher à être parfait (déjà parce que c’est impossible, ensuite parce que ce n’est même pas souhaitable, et enfin parce que tout est déjà parfait comme c’est, sans avoir besoin de rajouter quoi que ce soit).

Si vous voulez faire une bonne impression, ne cherchez donc surtout pas à faire une impression, contentez-vous (au sens propre du contentement : soyez contents !) d’être vous-même, et faîtes simplement : de votre mieux. Ce sera suffisant.

Vous réussirez si vous êtes vrai. Cependant, il se pourrait que vous ne réussirez pas à produire l’impression que vous aimeriez, ou que vous ne soyez pas confirmé dans ce nouveau poste. Mais si vous êtes vrai, cela n’aura finalement pas tellement d’importance. D’autres gens vous apprécieront, d’autres postes sont faits pour vous, dans lesquels vous réussirez sans effort, juste parce que cela vous correspond et que vous y êtes naturellement doué.

Situation complexe

Alors lâchez prise sur le résultat, et concentrez-vous sur l’instant présent. Faîtes le job, du mieux que vous pouvez, appréciez votre tâche et soyez-y pleinement présent. Mais ne faites pas d’effort pour cela :

  • Quand vous vous régalez de votre plat préféré, vous ne faites pas d’effort pour l’apprécier et pour vous y intéresser. Vous le dégustez de bon coeur et sans effort, tout en déployant naturellement une très grande qualité d’attention à l’expérience présente…
  • Quand vous regardez un film passionnant, vous ne faîtes pas d’effort pour suivre l’action à l’écran, vous êtes simplement pris par la passion…
  • Quand vous faîtes l’amour avec la personne que vous aimez, vous êtes engagé/e dans l’action et la situation, mais vous n’êtes pas en train de vous « appliquer », de construire une stratégie, ou même de faire des efforts pour apprécier (ou alors c’est que vous n’êtes pas complètement aligné avec la situation et que vous êtes occupé/e par un jeu de séduction, dans une histoire personnelle qui vous exile hors de la beauté de l’amour, qui est pourtant là et qui vous attend), vous êtes tout simplement emporté/e par l’amour qui vous traverse et qui s’exprime par le feu du désir. Il n’y a aucun espace pour des commentaires, pour une intention, ni pour le moindre « effort »… Vous ne cherchez pas ni à faire bonne impression, ni à être parfait, vous êtes là, et cela suffit. Et grâce à cela, vous développez une énergie intense, qui vous débarrasse momentanément du passé et du futur, pour n’être que pure présence à l’instant présent. Quant à l’impression laissée sur l’autre, c’est son affaire. Cela aussi peut éventuellement être merveilleux à partager, mais c’est alors déjà autre chose que le vécu immédiat de l’instant d’avant. D’ailleurs, ce dont on parle alors ce n’est pas tant de ce qui vient de se passer, qui est déjà mort puisque c’est passé, mais de l’empreinte laissée « maintenant » par le souffle de l’explosion, une nouvelle exploration à deux de ce qui est là maintenant. Et c’est encore sans effort. Juste dans la Grâce et la gratitude de vibrer à l’unisson dans cette expérience d’unité (et pourtant quelle complexité !).

Résumons-nous

Plus la situation est complexe, plus il faut revenir à l’essentiel : être soi et faire ce qu’on a à faire, sans histoire.

  • Se donner complètement à la tâche, faire de son mieux, et c’est « tout » (comme nous l’avons dit).
  • Après, le résultat ne vous appartient pas et n’a d’ailleurs finalement aucune importance, car un peu plus tard lorsque les conséquences de vos actes seront devenues à leur tour votre expérience présente,
    • d’abord elles seront évidemment meilleures que si vous vous étiez laissé parasiter par vos pensées
    • et ensuite cela vous sera égal, parce que vous serez encore pleinement engagé dans ce nouvel instant présent, complètement absorbé dans le fait d’apprécier ce qui est là, sans jugement et sans effort, sans regret, sans la moindre trace de refus ou de négociation envers ce qui est là.

On parle là d’un art de vivre, qui découle d’une perspective et procède d’une orientation de votre attention sur l’instant présent. C’est simple, et même tellement simple qu’il nous faut tout une vie pour nous libérer des complications diverses qui nous en éloignent.

Pourtant, il ne s’agit pas d’une vie d’efforts, mais d’une vie « pleine de Grâce ». Certes, il y a souvent de la douleur dans cette expérience de l’instant présent, mais c’est la vie et encore une fois : c’est TOUT ! La vie c’est Tout : il n’y a rien d’autre. Ce qui semble être le reste ne sont que des fumées, des pensées à son propos, et qui s’inscrivent finalement elle et en font partie.

 

Nota : La séparation entre ce que je vis et ce que je pense que je vis n’est qu’une pensée de plus, que je vis elle aussi…Dès lors que « je suis », je suis conscient, mais pas besoin de penser cette conscience pour qu’elle soit. Et la vie, c’est explorer cette simplicité.

Alors : faire bonne impression ? Zéro intérêt !

En fait, d’un certain point de vue, il n’y a rien à réussir ou rater, il y a à vivre les réussites et les échecs, qui tous deux font partie de l’expérience intéressante, et il y a à faire de son mieux, gentiment, tranquillement, puissamment (et non pas « s’en foutre », ou « se prendre la tête »… deux erreurs finalement symétriques) !

Vous me direz peut-être :

  • « OK, c’est très bien cette perspective qui permet de vivre avec intensité et légèreté, mais si je me lance que je fais de mon mieux et que cela ne suffit pas ? » En réponse à cette question on pourrait répondre :  » Si cela ne suffit pas, c’est peut-être que ce n’est pas fait pour vous… Peut-être qu’en vous accrochant et en faisant des efforts (vains de toutes façons dans cette hypothèse), vous n’allez que perdre davantage de temps dans une situation qui ne vous est pas favorable… »
  • « OK, et si je suis moi-même, et que les autres ne m’apprécient pas comme je suis ? » A cette question, j’aurais envie d’en renvoyer une autre : « Et si les gens qui ne vous apprécient pas avaient raison de ne pas vous apprécier, parce que c’est tout simplement le signe que vous n’êtes pas en affinité… ne serait-il pas intéressant et efficace de vous orienter plutôt vers des gens qui vous apprécieront naturellement, parce que vous leur plairez sans avoir à faire d’efforts improductifs, ni vous ni eux, comme un mini coup de foudre ? Dans un coup de foudre, personne n’a de mérite ni de tort, il n’y a eu qu’un arc entre deux polarités. Et c’est formidable à vivre !

situation complexe : le coup de foudre