Comment rester tranquille en toutes circonstances ?

Il y a deux plans de conscience superposés à reconnaître pour apprécier le contraste entre les deux, et vivre la tranquillité de fond à travers les agitations de surface…

Faire des efforts pour rester tranquille ?

Rester tranquille est notre nature fondamentale, il n’y a donc pas d’effort à faire pour rester tranquille.

Surtout, il ne faut pas « essayer de se calmer » : cela ne fait que de nous agiter davantage. Avez-vous remarqué combien c’est énervant que quelqu’un vous dise « Ne t’énerve pas, calme toi… » ?

Eh bien, ne faites pas cela non plus envers vous-même : ne cherchez pas à vous détendre, en vous disant à vous-même de vous calmer, car cela risque fort de provoquer l’effet inverse.

Le problème du développement personnel

C’est cela qui est partiellement faux dans les démarches dites de « développement personnel » : on se raconte qu’il faudrait s’empoigner pour progresser, alors qu’en fait, c’est tout l’inverse :

  • Pour progresser, il faut lâcher prise psychologiquement, afin que la vie puisse progresser d’elle-même à travers nous….
  • Après, bien sûr, il y a des choses à faire. Mais ça, c’est fonctionnel, ce n’est plus un combat intérieur. Ces choses se font avec plaisir. Avec persévérance certes, mais avec affection pour soi-même. Cela demande de l’énergie, mais cela ne demande pas d’effort psychologique traduisant un conflit intérieur entre une partie de soi qui voudrait éduquer l’autre.

En plus de ça, l’expression même est plutôt maladroite :

  • le travail à faire ne consiste pas à développer la personne, la personnalité, l’ego. Bien au contraire, il s’agirait plutôt de se déprendre de l’illusion de la personnalité. Le développement personnel, par son titre même, contient un piège pour qui veut s’épanouir et progresser dans la vie. Si on cherche à développer la personnalité, on régresse, on s’emprisonne, on se fige dans quelque chose de fondamentalement faux
  • le développement de l’être, son épanouissement, a peu à voir avec la personnalité, qui n’est qu’un agrégat de croyances sans consistance vraie, à propos de ce que nous croyons être. Ne pas confondre l’individualité et la personnalité !

Podcast pour expliquer comment rester tranquille

Il y a une seule chose à faire, si vous voulez être vous-même, et rester profondément tranquille, même si des pensées surviennent ou que des émotions violentes vous étreignent.

Dans ce podcast, je prends l’exemple toujours un peu impressionnant de quelqu’un qui se coupe le doigt avec un couteau et se met à saigner. C’est toujours un peu « violent » et potentiellement « émotionnant ».

 

Se faire confiance et rester calme

Dans cet enregistrement, je prends l’exemple aussi de questions que l’on se pose parfois à propos de soi-même, et qui parfois sont intéressantes et parfois traduisent simplement une agitation mentale, un doute, un manque de confiance en soi.

Certaine personnes se posent sans cesse des questions sur elles-mêmes : Pourquoi est-ce que cela m’arrive ? Qu’est-ce que j’irais dû faire autrement ? Est-ce que j’ai raison de penser ceci ou cela ? Est-ce que ce n’est pas un tour que me joue mon mental ? Etc… Ces questions sont parfois utiles et pertinentes, amis parfois ces mêmes questions sont une agitation inutile, qui crée le problème plutôt qu’elle ne le règlent, et qu’il vaudrait mieux laisser de côté.

Mais comment faire, quand justement il y a ces questions, ces doutes, qui tournent en boucle dans la tête ?

Garder son calme

Pour cela, il suffit d’écouter l’agitation très attentivement. Le simple fait d’écouter nous met dans un état de calme.

C’est comme pour les pensées, le simple fait de vous rendre compte que vous étiez absent à rêvasser, est la preuve que vous êtes revenu et ne rêvassez plus.

Le simple fait de vous rendre compte que vous êtes en train de penser, fait qu’à cet instant vous êtes intensément présent et sans pensée : juste il y a la conscience, conscience calme et sans agitation, sans pensée en cet instant.

Bien sûr il existe des techniques pour se calmer, mais le mieux est de ne même pas chercher à se calmer et simplement écouter l’agitation, à la fois ses contenus et son processus, c’est-à-dire :

  • qu’est-ce qui m’agite, à quoi je pense, quel est le contenu des émotions s’il y en a, etc…
  • et constater l’agitation, indépendamment des ses contenus, la voir simplement comme un phénomène, un simple fait parmi d’autres.

Et vous, comment faîtes-vous pour rester calme, quand tout semble s’agiter autour de vous, ou à l’intérieur de votre propre tête ?

 

A propos de la personnalité et de l’individualité

Le mot personnalité vient du grec ancien « Per-sona » qui désignait le masque grec, par lequel passait le son pour être amplifié dans l’amphithéâtre pendant la représentation. Cela donne déjà une bonne idée de la fausseté de la personnalité, qui n’est qu’un masque social.

En fait, ce qu’on appelle la personnalité, est une agrégation de pièces rapportées, comme l’habit du « bateleur » dans la symbolique du Tarot, qui représente la personnalité extérieure (le Bateleur) sous les traits d’un camelot qui est debout à son stand à la foire et qui montre à voir une façade aux badauds.

Rester tranquilleLe bateleur il se met en scène pour vendre… Il cherche à éblouir, à capter l’attention. Comme un cabotin, il s’écoute et s’admire lui-même, se prenant pour l’image que lui renvoient les autres. C’est l’ego dans toute sa splendeur.

Cependant que l’être profond qui s’habille de cette personnalité d’emprunt, n’est pas ce qui est ainsi exposé. De même, votre personnalité n’est qu’un assemblage disparate et incohérent de pièces rapportées ça et là au gré des interprétations que vous vous êtes faites inconsciemment, à partir des images que les autres vous ont renvoyées de vous-même…

Avec un peu de lucidité, vous réaliserez que vous n’êtes pas ce personnage, cette personnalité qui ne tient qu’avec de grosses ficelles, pourtant précaires… Mais alors, qui êtes vous vraiment ?

Etre soi-même

Pour accéder à qui vous êtes vraiment, votre individualité, il y a plusieurs approches complémentaires et plaisantes à vivre :

  • l’une d’entre elles est de descendre dans vos sensations corporelles. Là, les pensées n’ont pas accès et votre personnalité est comme débranchée, au profit de votre conscience naturelle sans pensées discursives.
  • une autre consiste à vous mettre face spectacle de la beauté, sous toutes ses formes : admirez un paysage sublime, régalez-vous d’un plat délicieux, caressez votre chat, observez la délicatesse d’une fleur des champs, embrassez vos enfants, admirez une oeuvre d’art, écoutez une musique qui vous fait vibrer… Mais soyez ouvert à l’admiration qui émerge en vous, sans l’intellectualiser. Ne commentez pas, ne vous laissez pas aller à penser ‘j’aime ça ». Quand vous croquez dans une pomme, dinez-vous ploiement à la contemplation de cette action simple, sans rajouter de bavardage intérieur à propos de l’expérience en cours. Restez juste dans la contemplation. Enracinez-vous dans la profondeur de l’expérience, toujours sans paroles intérieures
  • une autre, un peu plus subtile, consiste à se demander qui se demande « qui suis-je ? ». Ou bien encore, quand je regarde cet objet : qui regarde cet objet ? Ne vous contentez pas de dire « moi » (c’est-à-dire la restriction de vous-même, que vous prenez pour vous.Voyez clairement que « moi » n’est qu’une histoire personnelle, mais qu’une histoire ne peut être « vous »). Laissez-vous un peu « creuser » par cette interrogation, en essayant de retourner votre regard vers vous-même…Essayez d’écouter celui qui en vous écoute, quand vous écoutez. Cette présence qui précède le regard, c’est vous, justement…

Aller plus loin sur être soi-même : cet article sur la conscience de soi