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Les grands principes du Qi Gong sont intéressants pour qui veut cultiver un haut niveau d’énergie et une santé à toute épreuve. Il sera ici question non seulement d’hygiène corporelle et mentale (incluant la bonne gestion du stress et des émotions, embarquée par la même occasion), mais également de circulation d’énergie dans tout le corps, qui procure davantage de conscience et d’intelligence.

Quelle est ma légitimité pour évoquer les fondamentaux du Qi gong ?

Je dois vous avouer deux choses, avant de vous parler des grands principes du Qi gong :

  • Je n’ai pratiqué le Qi Gong plusieurs fois par semaine, auprès d’un professeur dûment formé, que pendant une douzaine d’années, période pendant laquelle j’ai aussi participé à quelques stages d’une semaine avec divers autres professeurs.
  • Je me forme en ce moment (à l’ITEQG) pour devenir enseignant de Qi Gong, mais ces études ne font que commencer, et j’ai énormément de choses à apprendre, que je ne connais pas encore… je ne parlerai donc évidemment que de ce que j’ai pu découvrir et expérimenter par moi-même jusqu’ici, sans présumer de la suite de mes explorations.
  • Par ailleurs, je pratique le yoga et la méditation, seul et en cours, depuis que j’ai 15 ans, et j’ai suivi pendant 6 ans une formation spécifique pour être professeur de yoga à l’EFY de Paris. Même si cela n’a pas de rapport direct avec les principes du Qi gong, c’est tout de même une sérieuse orientation vers le corps et l’énergie, certes à partir d’une autre tradition, mais tout de même : cela touche bien les mêmes choses.

Plein de choses à apprendre

Ayant dit cela, pour ne rien vous cacher, il est évident qu’il y a évidemment plein de choses que j’ignore à propos des principes du Qi Gong (et c’est pour cela que j’ai entrepris cette formation, et que je lis, me documente et pratique assidument, parce que cela me plaît et me passionne). Je ne vais vous parler des principes du Qi Gong que sur la pointe des pieds, parce que je me sens à peine légitime pour le faire…

principes du Qi Gong
Légende de cette photo : ma partenaire et merveilleuse amie, qui me fit partager son art du mouvement conscient pendant les années bénies de son incarnation en ce monde…

Un peu de bon sens à propos des bases du Qi gong

Mais il y a tout de même quelques évidences qui ne m’ont pas complètement échappé.

Et ce sont justement de ces grands principes du Gi Gong là, dont je voudrais faire ici un rapide inventaire. Cela contribuera peut-être à vous permettre d’amorcer une pratique personnelle, de façon autonome, sans vous faire mal et sans commettre d’erreurs préjudiciables. Tout du moins pour commencer. Et en complément de cours que vous devriez prendre avec un professeur compétent, si vous êtes intéressé. C’est nécessaire, à la fois pour aller plus loin et pour rectifier certaines attitudes mentales et erreurs de placements. Vous pourriez ne pas en être conscient et cela vous retarderait, si vous n’en preniez pas connaissance à temps.

En tous les cas, si vous aviez le bonheur de ressentir un appel vers ces mouvements gracieux et merveilleux, je serais très heureux de contribuer ici à vous en faciliter l’accès par les principes du Qi Gong, que je vais partager avec vous à la fin de cet article.

L’importance de la technique en Qi Gong

Chaque professeur met l’accent sur l’importance de plein de petits détails :

  • les placements des articulations : orientation des poignets, du menton, des épaules, du bassin, des genoux, des pieds, etc…
  • quelle partie du corps entraîne telle autre ? Dans une rotation par exemple : est-ce le regard qui entraîne le mouvement de la tête, laquelle entraîne derrière elle le buste et bientôt le bassin (ou justement surtout pas le bassin, qui doit plutôt rester de face, pour accentuer la rotation des vertèbres dorsales) ? ou bien est-ce le bassin qui donne l’impulsion, à la suite des talons, suivi par le buste qui entraîne le cou, la tête et le regard ?
  • faut-il expirer sur un mouvement d’extension ou le contraire comme cela paraît anatomiquement le plus naturel ?
  • faut-il se concentrer sur tel ou tel méridien, sur tel ou tel point énergétique ?
  • j’en passe et des meilleurs, sur là où devrait se poser le regard, à moins que les yeux ne soient mis clos, etc…

Chaque enseignant a évidemment de bonnes raisons pour justifier de ses consignes :

  • Qui, pour des questions anatomiques et physiologiques.
  • Tel autre pour des raisons de circulation dans les méridiens.
  • Tel autre encore pour une question d’alchimie interne.

Le problème, c’est que tous affirment avec de bons arguments des choses généralement assez semblables dans les grandes lignes, mais également parfois tout-à-fait contradictoires.

Alors que faire, qui écouter ?

A mon sens, il faudrait déjà choisir une école et un enseignant et s’y tenir, plutôt que de butiner un peu partout et de se disperser, voire de se perdre dans des querelles de chapelles.

Ensuite, il me paraît essentiel de garder son esprit critique. Et sentir par soi-même. Mais ce n’est pas toujours évident quand on découvre un mouvement ou des sensations nouvelles… Donc il faut aussi accepter de se laisser guider.

Enfin, il faut essayer de comprendre les grands principes du Qi Gong, pour accompagner consciemment les propositions qui sont faites.

D’où cet article, qui va partager quelques principes fondamentaux, qui semblent communs aux différentes écoles (en tous cas pour ce que j’ai pu en apercevoir).

Oser se lancer et goûter par soi-même

Voici à mon avis le 1er des grands principes du Qi Gong, qui est aussi un principe de bon sens valable dans la vie en général : il vaut mieux faire quelque chose en se trompant (à la marge), plutôt que de ne jamais oser se lancer et ne rien faire du tout !

Parce que même si on se trompe, on peut toujours se rectifier, à partir des résultats de l’expérience. Y compris sans recevoir de conseils avisés de l’extérieur. Tout simplement, parce qu’on le sent, et que l’écoute du corps nous fait peu à peu percevoir ce que est juste. Ainsi, au fur et à mesure que les dysfonctionnements se résorbent d’eux-mêmes, et que la conscience de soi s’affine à force de pratique sincère (même maladroite), une meilleure intuition se dégage d’elle-même qui nous réajuste spontanément. La Vie est merveilleuse, il faut lui faire confiance. C’est elle, le maître intérieur, présente en chacun de nous, et qui nous guide pas à pas.

C’est quoi « transmettre » ?

Il faut d’ailleurs bien se dire, que si des « professeurs » ont une légitimité pour nous enseigner quoi que ce soit, c’est autant par l’enseignement qu’ils ont eux-mêmes reçu, que surtout par leur propre pratique !

Sinon, si leur pratique est insuffisante et qu’ils se contentent de répéter ce qu’ils ont entendu (en déformant forcément) c’est qu’ils ne sont pas encore prêts, et devraient peut-être s’abstenir d’enseigner. Transmettre l’esprit de quelque chose ce n’est pas répéter à la lettre ce qu’a dit quelqu’un d’autre. C’est surtout avoir suffisamment intégré, pour laisser jaillir de soi-même le même esprit, qui a animé de la même manière celui qui a transmis le souffle.

La vraie tradition est vivante et organique

La vraie Tradition se réinvente à chaque instant par ceux qui la vivent intensément. Ceux qui voient les choses autrement sont peut-être des bibliothécaires et des gardiens de musée (et il en faut) mais pas de véritables transmetteurs de l’esprit de leur art. Une certaine cohérence se dégage des grands principes du Qi Gong qui se retrouvent d’un praticien à l’autre au sein d’une même école. Mais comme tout cela est vivant, il est normal et sain que des nuances apparaissent. Et c’est ainsi que depuis 5000 ans que le Qi gong évolue de génération en génération, malgré le respect des prédécesseurs, de nombreux enseignements proposent des séries traditionnelles comme les Ba Duan Jin d’une manière différente les uns des autres. Regardez donc aussi sur Youtube les 18 mouvements du Tai Chi, et vous verrez que de nombreuses versions existent de cette série traditionnelle, avec plein de différences entre chaque.

Comment les tout premiers pratiquants ont-ils fait  ?

On peut alors être tenté de remonter aux sources, et se poser la question de l’authenticité originelle des mouvements. A mon avis, il n’y en a pas, et c’est une impasse pour deux raisons :

  1. en dehors de querelles stériles entre chartistes et érudits, personne ne peut prétendre savoir quelle est la soi-disant « pureté originelle » du mouvement. Et pourquoi une version antique d’un mouvement serait-elle supérieure à une version lentement élaborée par des générations de pratiquants ayant poussé la recherche parfois plus loin que les pionniers ?
  2. Et quant aux tout premiers pratiquants, ceux qui ont en quelque sorte découvert les bases et les grands principes du Qi Gong, ils ont bien dû découvrir par eux-mêmes ce qu’ils ont ensuite enseigné aux autres. Donc, on peut dire dans un sens qu’il est « traditionnel » d’expérimenter par soi-même, avant d’obtenir des indications et des explications. Parce qu’à l’origine de toute tradition, il y a de grands éveilleurs, qui ont osé s’affranchir du joug des enseignements antérieurs pour explorer plus avant et approfondir l’exemple de leurs prédécesseurs. En Chine d’ailleurs, il paraît que de nombreux enseignants, vous laissent expérimenter longtemps sur la base de ce qu’ils vous montrent, sans rien vous dire ni du pourquoi ni même tellement du comment, justement pour que vous découvriez par vous-même et de l’intérieur les merveilles de la vie. En Qi gong, on se baigne dans l’énergie, comme dans un bain de jouvence. A la limite, il n’y a pas grand chose d’important à dire de plus…

Cependant, comme vous allez pouvoir en juger, il y a moyen de préciser tout de même quelques grands principes du Qi Gong, afin de partir du bon pied. Et puis, au-delà de ce que je vais modestement proposer, il y a une abondante littérature dans le patrimoine mondial, utile et riche, à propos du Qi Gong, de la médecine Chinoise et des arts énergétiques en général. Il existe un océan d’informations érudites, et un infini encore plus vaste à explorer par soi-même depuis l’expérimentation pratique !

Ma propre expérience

Le fantasme d’un maître, d’un enseignant infaillible, ayant réponse à tout sans contradictions, et parfaitement disponible, qui vous guiderait pas à pas est : un imaginaire ! Ce cas de figure ne peut exister. Ce n’est pas comme cela que se passe la vie.

En ce qui me concerne du moins, par rapport au yoga par exemple, je me souviens qu’après chaque cours j’avais plein de questions. Parfois je les posais à mon enseignante, qui était amusée de voir ce jeune homme s’intéresser autant à ses cours et aux postures. Mais elle me répondait ce qu’elle pouvait, en fonction de ce que je pouvais comprendre… et aussi en fonction de ce qu’elle savait elle-même (et elle n’avait évidemment pas tout expérimenté et compris, malgré des dizaines d’années d’expérience personnelle). Et il y avait probablement de nombreuses contradictions et lacunes dans ses réponses, qui nourrissaient mes réflexion, sans toujours parvenir toutefois à me satisfaire. La plupart du temps, je n’osais même pas formuler mes questions, ni non plus ennuyer cette brave dame qui avait besoin de rentrer chez elle comme tout le monde après avoir donné ses cours. donc, je restais à ruminer mes interrogations, qui me travaillaient sans que je fasse d’effort pour y penser.

Eh bien, je fus étonné de constater que je trouvais par moi-même des réponses, par ma pratique et par mes propres réflexions (et par quelques lectures aussi). Si bien que plusieurs années après, j’entendais des personnes plus âgées que moi et plus anciennes que moi au cours, poser des questions à cette dame, dont j’avais trouvé les réponses tout seul depuis longtemps, sans que personne ne me le dise. C’est aussi pour cela qu’à l’époque, je progressais vite sur  les deux plans : conscience corporelle et conscience spirituelle.

Découvrir par soi-même

Un peu plus tard, il m’a pris la fantaisie d’en vouloir à mes parents de ne pas avoir été capable de me guider sur le sentier initiatique, dont ils ignoraient tout. Mais cette fantaisie m’a bien vite quitté, parce qu’ils étaient des êtres très aimants et valeureux par ailleurs, et que justement grâce à leur ignorance, j’ai pu m’arracher par moi-même, et m’individualiser. Si aujourd’hui j’ai quelques vertèbres qui tiennent les unes sur les autres, c’est justement lié au fait que j’ai dû les ériger et les consolider tout seul, sans qu’on me conforme. Cela a permis à la vie de sculpter ce qu’elle souhaitait dans la trajectoire qui fut la mienne, sans que des personnes, forcément limitées malgré leurs bonnes intentions, ne se mêlent de trop près de mon éducation.

L’apport d’un maître

Et bien plus tard, ayant déjà rencontré plusieurs professeurs, quand j’ai enfin connu un maître authentique, jamais ce dernier ne s’est permis d’ingérer dans ma vie, en prenant l’initiative de me donner des conseils. C’est à peine si une fois, il m’en a donné un, quand même, presque à contre coeur, et après que j’aie eu pris par moi-même ma décision, sur un sujet crucial qui allait impacter toute ma vie et celle de mes proches.

Un vrai maître voit le potentiel de maîtrise chez son disciple et s’adresse directement à cette lumière en devenir, plutôt que de regarder l’ignorant qui y sommeille encore. Respectant la Vie, il ne s’immisce pas dans ce qui concerne un autre individu, sachant qu’il a en lui toutes les ressources pour faire les erreurs nécessaires et tracer sa route par rectifications. Encore une fois, le maître suprême, est à l’intérieur de soi, et c’est al vie elle-même. Les maîtres extérieurs sont de grands Amis, qui nous précèdent sur le Chemin, et qu’ils ne peuvent arpenter à notre place. Ils ne tentent pas de se substituer à nous dans l’exercice de notre Responsabilité d’être humain, tant ils ont de respect pour la Vie en nous.

Que m’a apporté cet homme ?

Enormément !

L’exemple de sa simplicité rayonnante, de son étonnante vitalité, de son intelligence formidable, de son humilité totale, de son travail acharné et persévérant, de sa bonté fondamentale, de son élégance naturelle, de son dévouement absolu… Cet homme n’enseignait rien, il vivait. Et j’avais la chance (pas le monopole) d’être en orbite quelques années dans sa vie, tout en vivant la mienne. Le fréquenter d’une manière proche a rempli mon coeur d’émerveillement, et électrisé ma vie entière. Je lui suis infiniment reconnaissant.

Il est décédé il y a 24 ans et j’ai toujours l’impression qu’on s’est quitté hier et qu’on va se revoir ces jours-ci.. Sa métaphysique m’habite presque à chaque instant. Et les exemples de son courage sur humain et de sa bonne humeur jamais prise en défaut, continuent de me plonger dans une admiration sans borne.

Le Qi Gong est une école de vie

Cela dit, au sens propre, tout en ne me cachant rien, cet homme miroir ne m’a rien « enseigné » !

L’immense Lao Tseu ne dit-il pas :

« Celui qui enseigne ne sait pas et celui qui sait n’enseigne pas »

Tout était là, disposé devant nous à livre ouvert, mais il fallait quand même se servir soi-même, manger et digérer soi-même. Personne ne peut faire le travail à notre place.

C’était une véritable école de liberté, pas un conditionnement pour devenir l’ombre d’un autre !

Je l’ai compris bien après, mais il s’agissait de faire éclore un Soleil au sein d’une Tradition vivante, pas de devenir la lune d’un autre dans un courant éteint.

Il en va ainsi avec le Qi gong, comme avec toutes les démarches profondes et vraies, elles nous libèrent et nous apprennent l’art de vivre, pour ne pas dire « l’art d’être heureux ».

principes du Qi gong

Qi gong et liberté fondamentale

Pour moi, avant d’être une pratique sophistiquée de médecine chinoise, le Qi Gong est d’abord une école de libération, un art de vivre en harmonie avec les énergies. Avec le Qi Gong, on a à faire à une montagne de connaissances pratiques et théoriques, pluri millénaires, une immensité. Mais ce n’est toutefois pas une raison pour se perdre dans les détails et en oublier l’Essentiel, qui est la liberté !

A quoi bon se laisser enfermer par des techniques ? Autant rester dans la médiocrité de ses conditionnements actuels, cela fera peu de différence au final, puisqu’on sera toujours prisonnier de quelque chose, qu’il s’agisse d’habitudes ou de dogmes auxquels on se soumettrait. Ce principe me paraît crucial : rester libre ! Surtout sur un chemin visant à nous donner les moyens de nous émanciper de nos enfermements.

Garder son libre arbitre

Et, constatant et comprenant cela peu à peu, j’ai très tôt été suspicieux envers les enseignements, quels qu’ils soient, me demandant toujours si les personnes avaient bien raison de croire ce qu’elles croyaient et sur quels critères d’expérience ou de raisonnement elles se fondaient pour affirmer leurs positions. Cela a fortement développé mon sens de la responsabilité individuelle (mon esprit critique comme on dit, même si je n’aime pas tellement cette expression) et mon goût pour la recherche fondamentale, hors de tout sillon pré-tracé.

Penser par soi-même

S’il est important de réfléchir par soi-même, c’est-à-dire laisser la conscience causale se réfléchir au miroir du mental, cela fait également gagner beaucoup de temps de recueillir les principes fondamentaux de quelque chose, plutôt que d’errer devant la porte des années sans la trouver.

Etre introduit à l’intérieur d’un sujet par le bon bout, en recevant de bonnes bases est un atout précieux pour bien démarrer.

Et penser par soi-même, d’une manière fondamentalement inédite et originale, n’exclut pas de « retrouver » de l’intérieur des connaissances traditionnelles, déjà codifiées. Et aller à la référence après expérience, pour se confirmer qu’on ne se trompe pas (et se rectifier le cas échéant) est certainement une bonne pratique, empreinte de pragmatisme, d’humilité et d’intelligence.

Rester sur les fondamentaux du Qi Gong

Bien entendu on ne va pas évoquer ici des pratiques très avancées (dont j’ignore tout d’ailleurs, en ce qui concerne le Qi Gong). Il y a moyen de de se faire beaucoup de bien avec une pratique saine de premier degré, sans se tromper en respectant les grands principes du Qi Gong que je vais vous proposer ci-dessous.

A ce propos, rien n’empêche des praticiens plus expérimentés que moi, qui tomberaient sur cet article, de laisser des commentaires pour rectifier des erreurs graves s’il y en avait dans mon propos. Je leur suis reconnaissant d’avance, pour moi comme pour vous mes chers lecteurs…

Quelques grands principes du Qi Gong

  • Se mettre à l’écoute du corps, et notamment de la respiration
  • Synchroniser sur la respiration : La plupart du temps, on cale les mouvements sur la respiration (même si l’énergie peut suivre un autre rythme, en particulier celui de la pensée) et non pas l’inverse : la respiration ne doit pas courir derrière le mouvement dirigé par la tête. Dans les arts internes du moins, c’est le corps qui suit la respiration, qu’accompagne l’attention.
  • Accueillir le yin/yang : A l’inspiration, on accompagne l’élan naturel d’expansion par des étirements. On sentira tout le corps en ouverture. Inversement, à l’expiration on fléchira sur les jambes pour s’enraciner davantage et accompagner la fermeture de la cage thoracique par un mouvement descendant de l’attention portée progressivement vers le bas du corps. Tout le corps se vide de l’énergie usée, se préparant ainsi à être de nouveau empli d’énergie à l’inspiration suivante.

Respecter l’alignement du corps

  • Notamment dans la verticale quand il s’agit de positions debout sans se pencher. Sauf exceptions, on privilégiera l’effacement des courbures vertébrales, étirant la nuque et rétroversant le bassin pour réduire la cambrure des reins. Cela afin que l’énergie circule le plus librement possible dans la colonne vertébrale, et pour ouvrir les portes énergétiques situées justement dans les reins, entre les omoplates et dans les cervicales. On évitera ainsi des pincements des disques vertébraux, et la sursollicitation de glandes à l’avant du corps (comme la thyroïde dans le cou déjà trop souvent en extension)

Importance de la détente

  • Rester tranquille : Travailler la plupart des exercices en détente et en douceur, très en-dessous des capacité de souplesse et de force des muscles et tendons concernés par l’exercice. Ce n’est en effet pas tant eux qu’il s’agit de solliciter, que plutôt l’énergie qui y circule. Le travail de l’énergie est suggéré par les orientations données au corps, sans viser directement ce dernier. Toutefois, certaines séries d’exercices, plus médicales ou plus martiales, indiquent parfois sciemment de mettre l’accent sur l’étirement des méridiens à travers celui des membres par exemple, ou sur la mobilisation de muscles (ceux des cuisses par exemple dans les mouvements qui prennent pour base la posture du cavalier).
  • Se détendre, j’insiste : non seulement privilégier des mouvements conscients et doux, mais aussi se détendre soi-même à travers ces mouvements. Ne pas se déraper dans une recherche de « performance », ne pas chercher à « bien faire », mais accepter de faire au mieux, accueillant les limitations tout en rectifiant au fur et à mesure les imprécisions, affectueusement.
  • Apprécier et sourire : Le Qi gong est peut-être une démarche aux effets thérapeutiques puissants, c’est certainement une manière spirituelle de se connecter à la profondeur de soi-même, mais c’est d’abord l’occasion de passer un bon moment de plaisir qui fait du bien. Se concentrer pour bien faire est une bonne chose, mais il faut aussi savoir lâcher prise sur l’exigence rigoureuse pour simplement apprécier et prendre plaisir. Sourire est une grande clé pour se détendre et pour apprécier : ouvrir « l’espace du sourire » et respirer à travers, laisser le sourire vous éclairer de l’intérieur et gagner toutes les zones du corps que vous explorez, va peu à peu mettre le corps tout entier dans un état d’appréciation et d’ouverture.

Laisser circuler l’énergie

  • Accompagner les circulations naturelles : Lorsque l’on voudra tonifier la circulation d’énergie dans les méridiens, on suivra le mouvement naturel de celle-ci dans ces derniers (pour en savoir plus à ce sujet, merci de consulter les manuels experts de ces questions techniques importantes). En revanche, il pourra arriver que certaines concentrations proposent de suivre mentalement le sens opposé au courant naturel, pour le ralentir et le calmer.
  • Accepter : L’intention a son importance, mais dans le Taoïsme, il y a une « méta intention » si je puis dire, celle de n’en cultiver aucune en particulier, et de laisser l’énergie (ou la nature) agir à travers soi. Si bien que des intentions peuvent survenir et prendre tout leur sens et toute leur importance, qui méritent notre accompagnement conscient (et disons le mot : « volontaire »), mais dans ces cas-là : il n’y a pas d’ego embarqué dans ce dynamisme, lequel n’est pas impliqué dans ces travaux. C’est subtil et peut paraître contradictoire, mais c’est en pratiquant que vous discernerez avec précision quand votre implication psychologique traduit l’instrumentalisation de l’exercice par l’ego, ou quand une certaine forme de « détachement » empreint de concentration intense ne laisse au contraire aucune place pour passer une seule goutte d’ego. L’être est pleinement recueilli dans une écoute sans objet et sans personne non plus pour écouter…

Rester concentré

  • Se concentrer : éviter de « penser à autre chose » tout en pratiquant, mais rester passionnément attentif, instant après instant. (voir à ce propos cet article : « Comment être attentif ?« ) Qu’est-ce à dire ? Etre passionnément présent consiste à constater nos absences, les unes derrière les autres, constater notre arrogance, notre impatience, nos évitements, instant après instant. Et sans se blâmer pour cela, car c’est normal qu’il en soit ainsi, simplement revenir à l’attention accordée à l’exercice, sans autre forme de procès.
  • Présence à l’instant présent : L’esprit du débutant, l’esprit neuf (comme le proposait Shrunyu Suzuki) : il est intéressant de vivre chaque exercice avec toute l’attention fraîche et neuve dont on est capable, afin de ne jamais faire un geste de façon mécanique ou routinière. En fait, un des principes du Qi gong est que chaque instant est le seul instant, puisque d’un point de vue non duel et systémique: tout est Unité. Il n’y a donc que « maintenant »… Et nous avons tout loisir d’apprécier, maintenant, la présence à soi-même.
  • Alchimie interne :  Dans cette perspective holistique, ce que l’on fait à l’extérieur a une résonance à l’intérieur, et ce qui se produit à l’extérieur provient d’une possibilité offerte à l’ intérieur pour qu’il en soit ainsi. Laisser les énergies spirituelles et matérielles se mélanger en nous, et jouer ainsi, en tant qu’Humain, notre plus beau rôle de segment de liaison et de cohérence entre le Ciel et la Terre…

Les résultats du Qi gong

Dès lors qu’on pratique « pour » un bénéfice, un effet, ou un résultat, on instrumentalisé la pratique au bénéfice d’une fantaisie, probablement issue du mental. Alors pourquoi pas :  il n’y a pas de « mal » à cela.

Cependant l’esprit de la pratique est ailleurs : célébrer la joie d’être à travers cette pratique, qui ne vise rien d’autre que l’art pour l’art.

A ce titre, on pourrait tout aussi bien pratiquer autre chose, « il ne manquerait rien », comme le dit si bien Eric Baret à propos du yoga tantrique de Cachemire.

Mais si on sent une profonde résonance avec ces pratiques ancestrales, alors pourquoi s’y refuser ? Il s’agit d’une rencontre gratuite.

Ainsi, on ne devrait presque pas aller au Qi gong pour soigner divers bobos et inconforts affectant la santé ou les émotions du quotidien. Mais c’est une démarche qui en vaut bien une autre, tandis qu’en pratiquant on se laisse une chance d’être parfois surpris de découvrir, bien après que les bobos n’aient été effacés d’eux-mêmes, qu’il reste cette saveur si particulière, cette joie de « danser dans l’énergie », de prendre un bain de soi-même dans la joie et la paix de la grande Vie… Là les résultats visés ne sont plus qu’une pensée parmi d’autres, un objet peu consistant émergeant ou disparaissant dans le champ de conscience, au profit du Sourire de la vie qui se témoigne tranquillement et gentiment.

Dans cet autre article, qui complète celui-ci, j’évoque les effets du Qi Gong.