Comment choisir entre performance ou excellence ? Les deux notions sont assez proches, mais bien distinctes, même si elle sont souvent associées et confondues l’une avec l’autre.

En fait l’une est transcendante et l’autre est presque sans intérêt.

A votre avis : laquelle est laquelle ?

Je vais vous proposer mon point de vue…

Si je devais faire un voeu, consistant à choisir entre performance ou excellence (à supposer que l’une devait exclure l’autre), je choisirais sans hésiter l’excellence au détriment de la performance, à laquelle je renoncerais sans regret.

performance ou excellence

Faîtes un voeu : performance ou excellence ?

Performance éphémère

La performance c’est toujours après l’action qu’on la mesure, quand c’est fini, quand c’est déjà du passé, déjà mort, donc déjà sans intérêt. C’est si vrai que les gens qui se passionnent pour la performance n’en ont jamais assez. A peine celle-ci est-elle enregistrée dans leur livre des records, qu’ils passent à la suivante, dans une course en avant, insensée et insatiable, du toujours plus, encore et encore…

La performance est potentiellement arrogante, puisqu’elle se compare, et voudrait être meilleure que ses concurrents.

Etre performant à l’extérieur ne change rien à ce qu’on est à l’intérieur : la performance intéresse finalement ceux qui sont tournés vers le passé et vers l’extérieur.

Courir sans cesse après la performance c’est un peu comme “prendre des vessies pour des lanternes” ou “prendre la proie pour l’ombre” ! Pour moi, cela traduit une immaturité (je vais me faire copains avec tous mes clients Directeurs du développement, dont la performance est souvent à la fois la mission et le crédo !  🙂

(Voir aussi : La loi du succès : effort ou énergie ?)

 

Excellence continue

L’excellence, en revanche est un processus continu. Elle se joue à chaque instant, elle est à chaque instant en devenir. Seule l’excellence peut rendre la performance durable et écologique. On peut éventuellement être performant assez longtemps, mais sans l’excellence, le prix à payer derrière est exorbitant, et on le paye quand c’est trop tard. Les sportifs qui ont abusé des produits dopants le savent malheureusement quand leur carrière éphémère se termine et que commencent leurs ennuis de santé.

L’excellence n’a cure de comparaison, se sachant unique et incomparable. Elle est toute intérieure, et se définit comme l’authenticité et l’humilité d’être soi-même, sans rien y ajouter et sans rien en retirer. Sur le Sentier de l’excellence , il n’y a pas de place pour une éventuelle supériorité de l’un sur l’autre, la notion même de comparaison brûle dans le feu de la passion pour l’art.

L’excellence travaille pour la joie de travailler, pas pour atteindre un objectif ou un quelconque résultat, dont elle est détachée par essence.

Le résultat, on n’y peut rien, et quand il arrive, on est déjà passé à autre chose. La performance est donc sans intérêt pour le véritable artiste, qui ne cultive que l’excellence, et traverse finalement les éventuelles performances avec une relative indifférence…

La fièvre de la création (artistique, sportive, artisanale… peu importe, c’est la même chose) emporte tout sur son passage et ne laisse aucun ego derrière elle. Parfois, malheureusement, l’artiste se prend pour son oeuvre. Alors il se fige et se trahit, ainsi que son art. Il se retarde sui-même, en confondant son excellence éternelle avec sa pauvre performance, toute relative, et toujours : déjà morte à peine éclose…

Faire de son mieux, ce sera suffisant !

La vie ne peut exiger rien de moins (mais rien de plus non plus) que : ce qu’on peut donner de mieux. Et, quelque soit le sujet, ce sera suffisant !

Donner donc à chaque fois le meilleur de soi-même. Ne pas chercher à faire mieux que ce qu’on peut (par quel miracle d’ailleurs serait-ce possible ?). Se contenter de se donner soi-même totalement dans chaque action. De toutes façons, on n’a rien d’autre à donner que ce qu’on est. Et on ne risque pas de se perdre, parce que c’est précisément en se donnant totalement qu’on se trouve…

C’est très exigeant, mais on ne peut pas faire moins (voir : Vulnérabilité et force intérieure)

« Faire de son mieux », c’est énorme ! Vous vous rendez compte de ce que cela représente : votre meilleur ? Il va falloir aller le chercher dans le tréfonds de votre conscience, tout là bas tout au fond de votre être. Cela relève d’une exigence qui flirte avec l’absolu. Mais ce qui est rassurant, c’est que c’est tout de même à votre portée, puisqu’il s’agit de votre meilleur à vous.

C’est peut-être moins compliqué que ce que vous pensiez, pas besoin de vous surpasser, de faire des choses extraordinaires, de faire par exemple ce que quelqu’un de meilleur que vous ferait s’il était à votre place.

Non, il suffit de faire ce que vous, vous savez faire de mieux, sans comparaison futile. Et comme on dit : “à chaque jour suffit sa peine”, proverbe qu’on pourrait transformer de façon plus positive en “chaque jour suffit sa joie” !

 

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