9 trucs pour bien manager son patron…
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Manager son patron est une première nécessité.

Votre boss est cette personne qui vous évalue, qui vous attribue d’éventuelles promotions et augmentations, qui distribue les projets et qui octroie les ressources dans l’équipe, qui s’occupera éventuellement de votre mobilité en parlant en bien ou en mal de vous autour de lui dans la sphère supérieure. Il est donc impératif de manager son patron. Si vous ne le faites pas, d’autres s’en chargeront à votre place…

De quoi a besoin de votre chef ?

Votre patron est une personne comme tout le monde. Il ou elle a besoin :

  • De feedback positif et de suggestions d’améliorations diverses. Saviez-vous qu’une relation se construit d’abord à partir de confirmations et de validations ? Ensuite viennent les critiques constructives éventuellement (à manier avec précaution quand elles s’adressent à votre patron)
  • D’opportunités de créer de la valeur (et éventuellement de se mettre en avant). Vous pouvez lui en fournir en le faisant jouer sur son bon côté : à vous de lancer de bonnes balles, qu’il aura plaisir à frapper pour marquer des points. Faîtes en sorte que ces balles marquent des points sur votre score et ce sera parfait !
  • De respect et d’estime véritable : exactement comme vous, il ou elle a horreur des faux-culs et des flatteurs. Soyez donc sincère ! Il faut oser confronter son patron pour pouvoir manager son patron.

Soyez impeccable, sinon restez chez vous !

Pour être crédible, soyez impeccable. Sinon, commencez donc par vous manager vous-même, au lieu de vouloir manager son patron.

Mais une fois que vous aurez fait de votre mieux, certaines attitudes vous aideront à être bien vu de votre boss :

  • Demandez lui son avis, son aide, son appui (c’est valorisant) faites valider vos projets avant de les officialiser
  • Soyez autonome et « foutez lui la paix » la plupart du temps… vous ne vous en porterez pas plus mal et lui non plus 🙂
  • Sollicitez son aide de temps en temps, mais en venant toujours avec des pistes de solutions (c’est pas terrible de ne venir qu’avec des problèmes, le pire étant de les cacher sous le tapis !)
  • Faîtes des propositions et prenez des initiatives
  • Quand il y a un problème, parlez-en, au lieu de laisser pourrir les situations
  • Respectez les règles et délivrez à temps : ne soyez pas le dernier à tenir vos engagements ! Evitez notamment d’être systématiquement en retard : la plupart des patrons croient que vous le faîtes exprès et que c’est un signe d’insubordination, comme si vous cherchiez à le défier… pas très bon pour votre matricule ça ! 🙁
  • Sachez accueillir une critique de sa part sans vous justifier. Au contraire (mais seulement quand vous êtes sincèrement d’accord avec la critique) reconnaissez vos erreurs et prenez des engagements concrets pour progresser

9 bonnes pratiques pour manager son patron

Vous êtes responsable à 50% de la relation avec votre boss. Prenez votre part de responsabilité et prenez soin de la relation.

Pour manager son patron il faut procéder de la même manière que vous managez vos autres collègues, N-1 ou pairs… :

  1. Faîtes d’abord votre job, en remplissant bien votre part du contrat. Si vous n’êtes pas performant vous-même, pourquoi vouloir manager son  patron ? Commencez donc par vous manager vous-même…
  2. Occupez pleinement votre place, investissez tout votre espace, ne soyez pas timoré. D’un autre côté, pas la peine non plus de vous la ramener. Restez tranquille, concentré, déterminé. C’est discret mais c’est efficace.
  3. Donnez de la visibilité sur votre avancement, sur vos priorités et vos contraintes, exposez vos difficultés et indiquez quelles pistes de solutions vous envisagez…
  4. C’est d’abord en étant successful vous-même que vous contribuerez à la réussite des autres. Créez de la valeur pour vos collègues. Soyez un bon équipier, rendez service, communiquez largement et volontiers en transverse. Ce qui est bon pour l’équipe est bon pour votre manager et pour vous !
  5. Manager son patron, ça commence par lui indiquer ce que vous attendez de lui. Beaucoup des patrons que je coache sont intéressés de savoir ce qu’attendent d’eux leurs équipiers, ce qu’ils pensent de leur management. Le leur dire, avec tact est donc un service à leur rendre. Faîtes le donc, vous aiderez votre patron à devenir un meilleur manager envers vous !
  6. Apprenez à connaître votre patron, demandez-lui ce qui le motive, ce qu’il aime le plus dans son job, ce qu’il aimerait particulièrement réussir, les projets qui lui tiennent le plus à coeur…intéressez-vous à son mode de fonctionnement, interrogez-le sur ce qui compte à ses yeux, ce qu’il apprécie le plus et le moins dans les relations. Et dîtes-lui en retour comment vous fonctionnez, les conditions de réussite dont vous avez besoin vous-même, les valeurs qui vous animent, les axes surlesquels vous aimeriez progresser.
  7. Proposez des entretiens qualitatifs deux fois par an. Ne le laissez pas faire votre entretien annuel en 1/2 heure sur un coin de table, comme une simple formalité. Donnez-vous les moyens de vous parler pour de vrai, tranquillement. S’il refuse, vous verrez bien. Il faudra qu’il s’explique, parce que c’est son boulot de vous accorder du temps. N’oubliez pas que votre manager est votre fournisseur de management et qu’il vous doit du management. Il est payé pour ça ! Mais commencez donc par lui demander…
  8. Se compromettre dans des manoeuvres politiques hasardeuses ou des tentatives de séduction improbables ? Laissez cela à ceux qui ne managent rien du tout et qui compensent en essayant de tirer des ficelles dérisoires.
  9. Pas la peine de « fayoter », cela ne trompe personne. Soyez juste « performant » et un bon contributeur. Ce sera déjà pas mal et largement suffisant.

 

Pas de manipulations

Vous auriez probablement horreur d’être manipulé ?

Alors : abstenez-vous de recourir à ce genre de pratiques douteuses :

  • Evitez les mails « scuds », où vous mettez en cause les autres, en arrosant au passage plein de destinataires. Au contraire, dîtes sincèrement tout le bien que vous pensez des autres et s’il arrive parfois que vous soyez témoin d’une médisance : intervenez pour la faire s’interrompre, ou bien allez-vous en, quittez la pièce. Vous n’avez rien à faire là ! Si les gens vous aiment, et qu’ils ont envie de votre compagnie, ils apprendront à être positifs en votre présence…
  • Ne vous justifiez pas : faire face au reproche est parfois nécessaire. Pour manager son patron, il est inutile de lui adresser des plaintes ou des reproches. Laissez ces jeux de « losers » à ceux qui ont du temps à perdre… S’il y a des problèmes, confronter son patron est une nécessité, nous l’avons déjà dit et pour cela : sachez exprimer une critique constructive.
  • N’entrez jamais dans des arguties, dans des disputes stériles. Sur un sujet donné, affirmez votre position, argumentez là, mais ne rentrez pas dans la surenchère. Au mieux, vous passeriez en force (c’est fatiguant et le résultat n’est pas très pérenne). Au pire, vous perdriez. En tous cas, en évitant les disputes stériles, vous gagnerez beaucoup de temps. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas participer au débat, mais ne cherchez pas à avoir raison, c’est sans intérêt.

Et si votre patron est un manipulateur ?

manager son patron

Raison de plus pour ne pas entrer dans son jeu (d’abord, vous vous feriez vite repérer, et puis vous vous enliseriez avec lui dans le même genre de dysfonctionnement).

Faîtes-vous respecter en :

  • indiquant que vous n’êtes pas dupe de la manoeuvre manipulatoire
  • exprimant votre désaccord sur le processus
  • montrant l’intérêt qu’il y aurait à procéder autrement
  • faisant une contre proposition…

Mais ne commencez pas à voir des manipulations partout, ou bien interrogez-vous au passage sur l’intérêt inavoué que vous trouvez peut-être vous-même à entrer dans ce genre de paranoïa… Des manipulateurs, il y en a (à commencer par vous-même parfois), mais pas autant qu’on veut bien le dire. La plupart des gens sont comme vous, à peu près normaux, et de bonne volonté pour peu qu’on les traite convenablement. Votre boss ne fait pas forcément exception à la règle !

Si votre patron a tendance à vous critiquer

Beaucoup de managers que je coache me disent des choses comme celles-ci :

  • mes collaborateurs sont compétents et motivés mais ils font de la surqualité,
  • je demande quelques chiffres, ils m’amènent un tableau excelle sur lequel ils ont travaillé toute une journée
  • ils m’amènent un bon travail, mais trois jours en retard, quand je n’en ai plus besoin ! Et ils ne m’ont pas prévenu du retard…
  • je leur demande un mail de 5 lignes, ils viennent avec un rapport de 10 pages, que je n’aurai pas le temps de lire et qui leur a pris plusieurs heures…

Donc, n’hésitez pas à demander à votre patron plus de précisions sur ce qu’il veut, pourquoi il le veut (vous avez le droit de comprendre), dans quels délais, sous quelle forme… Si vous ne le faites pas, il croira que vous avez compris ce qu’il n’a pas dit, et vous n’aurez plus qu’à vous munir d’une boule de cristal pour déterminer ses attentes !

Eventuellement, demandez-lui des conseils sur la manière de faire (si vraiment c’est un chieur !). C’est mieux que de voir sa copie systématiquement reprise et remaniée, parce qu’elle ne correspond pas à sa manière de faire.

Le fait de rationaliser et de qualifier ainsi ce qui est demandé permet de sortir des jeux émotionnels et irrationnels.

Ainsi quand vous présenterez votre délivrable, il correspondra au cahier des charges.

Pensez aussi à impliquer d’autres collègues dans votre travail, faîtes vous aider, ou même faîtes valider votre travail par d’autres personnes expertes afin que cela ne cela soit pas uniquement votre seul point de vue qui soit jugé.

Au lieu de fuir le contact, rapprochez-vous au maximum au contraire : proposez du reporting spontané à votre patron pour le rassurer et demandez-lui fréquemment des évaluations factuelles sur votre travail. Demandez-lui de vous proposer des axes de progrès et de vous donner des opportunités de progresser. Soit il vous aidera, soit il vous fichera la paix pour que vous ne reveniez plus l’asticoter avec vos demandes et vos exigences de coaching !

Et si votre boss vous trouve lent, mal organisé

D’abord c’est peut-être vrai, et dans ce cas, remettez-vous en question, organisez-vous mieux. Il ne sert à rien d’essayer de faire plus vite. Il faut surtout aller à l’essentiel, ne pas vous disperser et vous concentrer sur les bonnes priorités.

Veillez à délivrer ce qu’on vous demande dans les temps, sinon votre réputation sera vite faite !

Mais il se peut aussi que le problème vienne du manque de réalisme de votre boss, qui vous charge sans cesse de nouvelles priorités, sans tenir compte de vous précédents engagements.

Dans ce cas, manager son patron, c’est peut-être l’Impliquer dans la gestion de vos priorités, en l’invitant à arbitrer avec vous ce qui lui paraît le plus important et le plus urgent. Demandez-lui ce que vous pourriez déléguer vous-mêmes ou quelles autres tâches vous pourriez reporter pour traiter ses priorités…

Quand il vous charge d’une nouvelle priorité prioritaire, demandez-lui quelle précédente priorité passe en second, voire même : laquelle on retire de la todo liste du mois ?

Et si vous avez été mis au placard…

Affirmez et démontrez votre motivation, proposez vous volontaire pour des projets transverses dont personne ne veut (choisissez ceux qui vous rendent visibles et réussissez-les !. Et évitez évidemment si vous le pouvez ceux qui sont trop casse-gueule…)

Demandez à vos collègues de vous aider, de vous transmettre les infos comme aux autres, de vous inviter aux réunions, de vous solliciter, allez proposer votre aide. Rendez-vous disponible pour créer de la valeur. Choisissez-vous des chantiers sur lesquels vous concentrer et réussissez-les pour vous faire identifier comme spécialiste d’un domaine qui vous sortira de votre image et de votre placard !
Vous pouvez aussi vous raccrocher à des projets importants pilotés par d’autres, en participant à la réflexion, et en envoyant des suggestions… C’est aussi une façon de participer sans vous exposer frontalement…

Et puis, ne restez pas résigné dans votre infortune. Elargissez votre réseau dans l’entreprise et en dehors. Commencez à faire savoir autour de vous que vous avez envie de changer et à envoyer des CV ? Mais surtout ne dîtes pas combien vous êtes mal traité, combien vous vous ennuyez, combien vous êtes une victime… Vous feriez peut-être pitié, mais vous ne donneriez pas envie. Au contraire, dîtes ce qui vous anime, ce que vous aimeriez, donnez des exemples de ce que vous avez faire et raconter comment quel plaisir vous avez pris dans les projets qui vous ont vraiment stimulé. Mais, parlez plutôt de l’avenir, et ne soyez pas entrain de regretter le bon temps où c’était mieux. Les gens s’intéressent à l‘instant présent et celui d’après, pas tellement à celui d’avant…

Et si votre boss vous manque de respect ?

Si vous avez l’impression de devoir supporter l’agressivité de votre supérieur hiérarchique à chaque réunion, vérifiez d’abord que c’était bien contre vous spécifiquement qu’était dirigée l’agressivité. Il se peut que ce comportement s’adressait à toutes les personnes de l’équipe et par qu’à vous seul ? Il se peut aussi que vous soyez la seule personne à avoir trouvé ça agressif. Mais si d’autres ont ressenti la même chose que vous et que vous étiez bien visé, alors cherchez à comprendre et allez le voir pour demander des explications, ou pour indiquer que vous n’acceptez pas cette forme d’agressivité (si elle a dépassé les bornes).

Factualisez pour vous-même : notez combien de fois vous vous êtes senti agressé, quels mots ont été employés, devant quelles personnes, pour adresser quelles critiques et en quoi elles pouvaient être justifiée ou injustifiées selon vous. Ce repérage aura deux vertus :

  • vous permettre de relativiser
  • vous permettre de spécifier, de factualiser et de quantifier

Grâce à cela vous pourrez, vous remettre en question et préparer votre défense de deux manières :

  • allez voir votre patron et indiquez-lui les faits, expliquez comment vous le vivez, exprimez clairement le besoin que vous avez d’être respecté et demandez-lui de communiquer avec vous de façon non agressive, en donnant des exemples de critiques qu’il vous a formulées qui étaient exprimées sans agressivité et montrez comme vous l’avez bien pris en compte. Inversement donnez les contre exemple et montrez comment vous n’avez pas pu en tenir compte à cause de la forme que vous trouviez déplacée et inappropriée.
  • si cela ne fonctionne pas, vous aurez réuni des faits et des pièces à votre dossier, pour recourir à des tiers (RH, avocats, syndicats, médecine du travail etc…). En tout cas, ne restez pas là sans rien faire, à vous faire harceler par quelqu’un de toxique qui vous tyranniserait impunément. Défendez-vous ou partez !

manager son patron
Ne vous laissez pas « vampiriser » par votre travail