Gérer ses émotions :

On voudrait bien pouvoir gérer ses émotions, les contrôler, et se contrôler soi-même… ainsi que notre environnement.

  • Mauvaise nouvelle : on ne peut pas gérer ses émotions, pas plus qu’on ne peut (gérer le temps) !
  • Bonne nouvelle : on peut vivre heureux et équilibré, sans gérer ses émotions…

Comment faire pour vivre avec une certaine maîtrise de soi, sans gérer ses émotions, mais sans non plus être complètement débordé par ses affects, sans se laisser tyranniser par l’émotivité ?

Faut-il avoir peur de ses émotions ? Peut-on maîtriser ses émotions ? Est-il possible de les “contrôler” ?

En Coaching, il arrive souvent qu’un client cherche à maîtriser ses émotions.

On comprend que les personnes qui formulent ce souhait, voudraient être capables de ne pas sur-réagir, de ne pas s’emporter (fondre en larmes, monter dans les tours, devenir agressives, ou se justifier en se croyant attaquée…).

Pour autant l’émotion n’est pas quelque chose dont on devrait se défier, qu’il faudrait empêcher ou réduire au silence, qu’il serait nécessaire de juguler au profit d’une façade lisse, sereine et parfaite (voir : assise silencieuse).

C’est quoi une émotion ?

Les émotions sont une réaction physiologique du corps à une pensée (ou à un évènement extérieur… qui génère une pensée, laquelle déclenche des émotions).

  • Face à un choc, d’abord on a peur (pour fuir).
  • Ensuite le corps mobilise ses ressources pour se défendre de la frustration et de l’oppression (la colère).
  • Enfin quand il n’y a plus rien à faire, la tristesse intervient, qui exprime le regret, en réaction au manque.L’émotion est une réaction normale du corps. Il est naturel de les ressentir, cela prouve qu’on est en bonne santé.

Prenons un exemple simple, pour bien comprendre le mécanisme :

  • Si vous êtes dans la jungle et qu’un lion vous menace, vous ressentirez des symptômes de la peur, laquelle déclenchera une production intense d’hormones, qui  vous permettront de fuir et de courir plus vite.
  • Si le lion vous rattrape (et il le fera probablement… Gloups !), le corps ressentira de la colère, qui vous aidera à vous défendre contre l’agression et l’oppression du tyran griffu, qui prétend se faire un repas avec votre corps.
  • Si le lion est plus fort que vous (et il l’est probablement… Re-gloups !), la tristesse ressentie par votre corps vous aidera à ressentir le manque du membre qu’il vous aura bientôt arraché et à en faire le deuil.
  • Ce deuil étant achevé, la tristesse s’estompera et vous ressentirez progressivement la joie d’être en vie.  Cette nouvelle émotion vous aidera à vous adapter à votre nouvelle condition, tout en mesurant mieux encore la valeur de la vie (…et les risques de vous promener tout seul dans la jungle… Quelle idée aussi !)

De cet exemple se déduisent 4 catégories d’émotions

4 catégories d’émotions

De ces 4 émotions de base, découlent toutes les émotions associées, comme sur la palette d’un peintre : des 3 couleurs fondamentales bleu, jaune, rouge, se déduisent par combinaisons toutes les couleurs de l’arc en ciel.

  • La peur, (qui se décline en émotions secondaires et diverses qualités/défauts, tels que : la méfiance, le doute, le scepticisme, la prudence, la susceptibilité, etc…)
  • La tristesse (qui se décline en émotions secondaires et diverses qualités/défauts, tels que : la peine, la nostalgie, l’empathie
  • La colère (qui se décline en émotions secondaires et diverses qualités/défauts, tels que : la fierté, la générosité, le dédain, l’agressivité, etc…)
  • La joie (qui se décline en émotions secondaires et diverses qualités/défauts, tels que : la surprise, l’enthousiasme, l’euphorie, la propension au bavardage, etc…)

L’émotivité, c’est quand les émotions sont déréglées

Les émotions deviennent un problème à partir du moment où on les ressent quand ce n’est pas nécessaire, quand elles s’expriment de façon disproportionnée par rapport à la situation et qu’elles nous amènent à des comportements inadaptés ou nous emportent, au point de nous faire perdre nos moyens, au lieu de les décupler face au danger !

  • Reprenons l’exemple de tout à l’heure avec le lion dans la jungle : si on est agressé dans la jungle par un fauve, on n’a pas le temps de penser, le corps met en place une série de réactions chimiques qui vont plus vite que la pensée. Cette sorte d”émotion très instinctive et archaïque a en quelque sorte doublé la pensée sur sa droite. Dans un cas comme celui-ci, les émotions sont parfaitement naturelles et saines. Et leurs effets sont très précieux, qui contribuent à nous sauver la vie, et à entretenir les fonctions vitales du corps. Comme on l’a dit tout à l’heure, la peur aidera à prendre la fuite (voir à pressentir le danger et à éviter de se promener tout seul dans la jungle aux heures où le lion y cherche son repas). Elle pourra se transformer en colère, si après avoir pris la fuite, on est malheureusement rattrapé par le fauve. Cette colère aidera à lui faire face pour se défendre. en décuplant nos forces. Et enfin, si après le combat le lion s’est retiré en emportant un de vos bras et un bout de votre abdomen bien tendre, vous ressentirez de la peine et de la tristesse. Emotions précieuses qui aideront à faire son deuil. Tout cela est naturel, tout cela est bon, il n’y a pas besoin de gérer ses émotions, le corps s’en charge tout seul. C’est un système très élaboré, quand il n’est pas détraqué par nos pensées. C’est ce que nous allons voir dans le cas suivant :
  • Quand on se sens agressé par un simple mail reçu de la part d’un collègue au travail, cela provoque des émotions, sans corrélation avec un danger réel, à cause de nos pensées à propos du contenu du mail, de son ton, de son auteur, de ses autres destinataires, de ses implications, des interprétations que j’en fais, des associations inconscientes avec le passé, qui entrent en résonance avec la situation présente, etc… Toutes ces pensées, dites négatives, déclenchent une chimie corporelle aussi intense parfois que face au lion dans la jungle. C’est dans ce cas, une émotion beaucoup moins profitable, d’autant que ses effets ne pourront pas être évacués par une course ou un combat qui élimine les toxines du corps. Imaginons par exemple, que vous êtes dans le bureau de votre patron (il n’y a pas de lion, pas besoin que votre corps reçoive de l’adrénaline comme pour survivre dans la jungle !). Mais dans votre jungle “psychique”, la situation est pensée comme dangereuse, vous entretenez des pensées qui génèrent en réaction les mêmes hormones que si votre vie était en danger…

Lorsque cette situation de stress psychologique se reproduit trop souvent (disputes en famille, films violents, attitude fermée face aux autres, qui déclenche une sensation d’isolement puis d’hostilité, etc…), et que vous n’avez pas l’occasion d’éliminer les hormones sécrétées par vos glandes, en vous battant contre un lion, votre organisme se détraque, et vous finissez par être débordé par les émotions,… vous ressentez vos émotions tout le temps, et trop fort. Et c’est en effet un problème, un dysfonctionnement hormonal et psychologique.

Gérer ses émotions, quand elles deviennent un problème

Nous l’avons dit, les émotions sont une réaction du corps au contenu des pensées. Plus vous entretenez votre croyance, plus l’émotion associée se manifeste en vous.

Par exemples :

  • 0lus vous pensez à une chose triste, plus vous êtes triste.
  • Plus vous êtes contrarié par quelque chose,
  • Plus vous êtes en colère d’une manière générale.
  • Plus vous êtes inquiet plus votre environnement vous paraît menaçant, et renforce votre inquiétude…

Ainsi, voici 3 exemples d’auto-renforcement des émotions :

  • Si vous vivez dans la tristesse, traversant des phases de fatigue, avec des pensées pessimistes et des attitudes de perdants (voir l’article : pour la joie de travailler). Tout devient pour vous sujet à entretenir la tristesse, vous affectionnez les histoires tristes, parce que la peine des autres vous permet d’extérioriser la vôtre. du coup, votre attention est polarisée par les situations qui vous rendent de plus en plus triste. Avec nostalgie et mélancolie, vous regrettez évidemment le passé, et les perspectives du futur ne suffisent plus à vous réjouir…
  • Si vous vivez dans la colère, vous êtes souvent dans une humeur massacrante, prêt à vous disputer, à vous battre, pour vous défendre, y compris quand personne ne vous attaque réellement… Les personnes dans ce cas, sont agressives, et déclenchent l’agressivité des autres envers elles, du fait de leur colère qui doit s’extérioriser ! Cette colère cherche des prétextes pour se justifier, au travers de multiples querelles qui permettent d’exploser et de renforcer l’attitude colérique face à tout !
  • Si vous vivez dans une peur sans objet (voir : comprendre la peur), se traduisant par une angoisse sourde et diffuse, vous sursautez au moindre bruit, vous nourrissez des pensées inquiétantes, qui vous font éprouver de la peur trop souvent. Et cette peur se trouve justifiée par les risques que vous voyez partout, vous obligeant à vous protéger par avance. Et à force d’envisager les accidents, vous êtes moins confiants, moins disponible, moins attentif… Et ils arrivent ! Ce qui vous confirme dans vos peurs, même si elles étaient en partie infondée.
Les émotions sont des réactions nécessaires à l’équilibre du corps, dont il vaut mieux ne pas entraver l’expression naturelle, parce que le corps humain a lentement élaboré ces réponses au travers des millénaires. Son écologie est donc très au point.

Les risque de débordement émotionnel

Si on les brûle pas dans l’action, ce sont les hormones elles-mêmes qui nous brûlent des neurones.

Il ne faut donc :

  • ni se laisser déborder et emporter par l’émotion (parce que là, les conséquences physiologiques sont très lourdes),
  • ni non plus réfréner la manifestation de l’émotion, parce qu’alors, elle s’accumule et se manifeste de façon détournée avec une plus grande violence. Un peu comme si on faisait un barrage dans une rivière : au bout d’un moment la pression fait éclater le barrage !

En situation de stress, voici comment se manifestent ces émotions :

  • La peur : on se retire, se rigidifie, puis devient critique, sarcastique, ironique
  • La tristesse : on se replie sur soi, on se met à pleurer, à déprimer, on se sent mal aimé(e)
  • La colère : on cherche d’abord à argumenter, puis se dispute et finit par interrompre la communication, on devient très tendu, on se fâche, on explose, on se dispute, puis enfin on se retire avec mépris
La maladie risque justement de survenir quand on commence à interférer avec ses réflexes spontanés, sous prétexte de politesse et de codes sociaux diversement pertinents.
Le corps a besoin d’exercice et de repos, pas d’interdits et d’empêchements !
Il faut l’accompagner, quand il est soumis à des émotions fortes : il faut boire de l’eau pour éliminer les toxines, et prendre du repos pour amortir les chocs émotionnels, et laisser au corps le temps de se refaire une santé.

Peut-on empêcher l’émotion ?

Quand l’émotion survient, c’est trop tard pour la juguler, et il n’ya pas de bonnes solutions pour la retenir. En revanche, il y en a de pires que d’autres.

Examinons ensemble les deux plus néfastes :

  • réprimer les émotions : empêcher leur expression. Je me contiens, je retiens la pression comme une cocotte minute, de façon à ne pas me laisser entraîner à des démonstrations, dont je redoute les effets.
  • refouler les émotions : c’est-à-dire en nier l’existence (contre toute évidence) en affirmant par exemple de toute bonne foi qu’on n’a pas froid alors même que tout le monde grelotte et qu’on a soi-même la chair de poule. Dans un tel cas, l’émotion est tellement refoulée qu’on n’en est plus conscient et que même les sensations associées sont niées (et les sensations du corps ne sont plus prises en compte).

Ces deux options ont en commun de provoquer deux effets très négatifs  :

  1. Le risque d’exploser à tout instant dans la situation déclencheuse avec la personne concernée, ou dans une autre circonstance n’ayant pas de rapport direct, avec une autre personne qui n’y est pour rien, mais qui aura eu le tort de faire déborder le vase avec juste une dernière petite goutte.
  2. Le risque c’est aussi de somatiser. Ce qui ne peut être exprimé par des mots ou par des actes, s’exprime par le corps au travers de maux, qui comme des alarmes, attirent l’attention sur un dysfonctionnement à résoudre…

Les émotions ne doivent donc pas être réprimées et encore moins refoulées.

Peut-on maîtriser ses émotions ?

Le problème émotionnel s’aggrave encore quand les émotions ne sont pas acceptées et ne peuvent être exprimées, même d’un point de vue psychologique. Dans ce cas, elles ressortent dans des situations qui ne nécessiteraient pas de telles manifestations, on dirait qu’elles sont décorellées des réalités vécues, et on entre dans un cercle vicieux : moins on accepte l’émotion, moins elle peut se manifester et plus elle a tendance à essayer de le faire pour évacuer la surdose de stress…

Il y a mieux à faire que de gérer ses émotions, ou les contrôler : il faut les vivre intensément, passionnément, courageusement, honnêtement.

Les émotions doivent d’abord être reconnues, accueillies, acceptées, avant d’été canalisées dans leur expression (on ne peut évidemment pas laisser libre cours à ses émotions à tout bout de champ dans une société humaine, au mépris des conséquences sociales et relationnelles).

Ce n’est pas les émotions qu’il faut diriger (à la limite, il vaut mieux ne pas les manipuler, et les laisser plutôt suivre leur cours normal, en passant naturellement par les différentes étapes de leur processus), ni le corps qu’il faut empêcher de réagir (transpirations, tremblements, rougissements, contractions musculaires, etc…).
Puisque les émotions sont des réactions du corps, il vaut mieux ne pas trop entraver leur expression naturelle, parce que le corps humain a lentement élaboré ces réponses au travers des millénaires. Son écologie est donc très au point. La maladie survient justement quand on commence à interférer avec ses réflexes spontanés, sous prétexte de politesse et de codes sociaux diversement pertinents. Le corps, ce dont il a besoin c’est d’exercice et de repos, pas d’interdits et d’empêchements !
Vous ne risquez pas de tomber malade parce que vous exprimez vos émotions : au contraire, vous tomberez malade à force de ne pas les exprimer suffisamment ! Par contre, il faut boire de l’eau pour éliminer, et prendre du repos pour amortir les chocs émotionnels et laisser au corps le temps de se refaire une santé.

Il n’y a pas à chercher à maîtriser ses émotions au sens de les contrôler, s’empêcher de les ressentir, les réprimer !

En fait, ce n’est ni souhaitable, ni possible ! En revanche, justement pour être éventuellement canalisées dans leur expression (on ne peut pas laisser libre cours à sa colère n’importe comment, au mépris des conséquences), les émotions doivent d’abord être reconnues, accueillies, acceptées !

Sur quoi peut-on agir alors pour maîtriser ses émotions ?

Se maîtriser, ce n’est donc surtout pas “contrôler” ses émotions (en tentant vainement de s’empêcher de les ressentir), mais ce serait plutôt choisir délibérément des pensées qui génèrent des émotions utiles dans une situation donnée.
Ce dont nous sommes responsables, et que nous pouvons choisir de modifier : ce sont nos pensées, et nos croyances (des pensées qui reviennent plus souvent que les autres, et qui en sur déterminent d’autres, un peu comme des méta-programmes qui dirigent de simples programmes), car ce sont elles qui provoquent les émotions. Il faut donc devenir conscient de la façon dont on pense, pour pouvoir agir sur nos émotions, en quelque sorte en amont de leur manifestation (voir à ce sujet notre article : “Au fond des émotions“).

L’émotion est un refus

Quand on se met à l’écoute des émotions, on est mis en contact avec nos refus. Et écouter un refus, c’est déjà un premier pas vers l’acceptation : j’accepte le refus, en le constatant, en constatant ses effets. Après le refus cesse progressivement, tandis que la contraction se défait. Mais il n’y a pas besoin de détendre ou de relaxer quoi que ce soit. Il suffit d’écouter la tension corporelle, d’accueillir la contraction. D’elle-même, cette dynamique va se libérer, en libérant son histoire. Mais il n’y a pas à se raconter d’histoire à propos de ces histoires. Des histoires, il est normal qu’il y en ait. Quelle importance et quel intérêt ? On voit l’histoire, comme détaché d’elle, tout en étant pleinement associé au vécu intime de l’instant présent (voir à ce propos : “Rien à regretter, oser vivre l’instant présent sans en rajouter“).

Par l’écoute de l’émotion, le refus est vu. Et tandis que le refus capitule, son inutilité est a vanité sont vues également. On voit clairement qu’il n’y avait pas besoin de refuser, parce qu’il n’y avait finalement rien à craindre. J’ai craint parce que je me suis pris pour une réduction de moi-même qui serait limitée et vulnérable, tandis que je vois petit à petit de mieux en mieux que je suis la vie elle-même, certes sensible et vulnérable, mais indestructible.

Le mieux est d’accueillir l’expression en soi de l’émotion. Vous observerez l’émergence de pensées telles que : ” je ne suis pas d’accord avec ce que la situation m’oblige à supporter !”, puis vous constaterez que cette pensée provoque de la colère. Alors une nouvelle pensée surgira : “Tiens, il y a de la colère qui se manifeste… ” Mais voyant cela, vous êtes plus obligé de partir avec cette pensée et cette émotion. au contraire, vous les contenez, donc vous n’allez nulle part. Ce sont elles les pensées et les émotions qui apparaissent, et disparaissent en vous, qui demeurez calme et tranquille.

Accepter la situation de frustration, de contrariété ou de douleur est la seule option. Vous ne pouvez pas fuir (sauf dans votre tête, par vos pensées, ce qui ne serait qu’une illusion de fuite, une sorte d’analgésique que vous prenez comme une fuite en avant pour ne pas ressentir…) – Voir à ce sujet : “arrêter de penser“. Mais la douleur ne diminue pas, seulement l’impression qu’elle diminue. En fait même, en la fuyant vous l’augmentez : parce qu’en plus de la situation objectif (une douleur physique par exemple) se rajoute une souffrance psychologique issue du refus.

Pourquoi aurait-on peur de la vie ?

Peur d’’elle-même ? Absurde. On ne peut avoir peur que de l’altérité, dans une perspective de limite et de séparation. Mais si je suis Tout, il n’y a pas de limite, pas à proprement parler d’autre. Je n’ai rien à craindre. Je ne suis qu’unité, amour, acceptation, écoute. Et rien n’est figé, tout se transforme. Et l’écoute de la manifestation nous forge, nous densifie dans l’ouverture. L’ouverture au Tout Autre, au Tout Autre que je suis, finalement (que serais-je d’autre ?). Que puis-je être d’autre, puisqu’Il est Tout ?

Quelle arrogance de se croire ceci ou cela…

Au-delà de la dualité apparente, il y a l’Unité que je suis, parce que je ne puis être que cela, du fait même que dans l’Unité, il ne peut rien y avoir d’autre qu’elle-même…

Pourquoi fait-on de la moto, pourquoi fait-on du delta plane, pourquoi risque-t-on parfois des fortunes au jeu, pourquoi s’adonne-t-on à diverses addictions dangereuses (et que la morale réprouve la plupart du temps), etc… ? Souvent pour ressentir la peur. Ressentir la peur tout en se sentant finalement en sécurité. Ressentir le frisson de l’émotion, au prix d’un risque calculé, et se sentir en vie ! Et si on paye pour ça, parfois très cher, c’est parce que c’est bon de le ressentir. Et pourquoi est-ce bon ? Parce que lorsque cela cesse, on se retrouve en paix, un instant du moins…Et aussi parce que juste avant que cela ne cesse, on se sent intensément en vie. Tous nos sens sont éveillés, on se sent profondément présent.

Comment accueillir l’émotion ?

Comment écouter et accueillir les émotions ? C’est facile, il n’y a rien à faire ! Il faut rester attentif, sans rien faire. Petit à petit, dans cette disponibilité à l’émotion, celle-ci émerge et se déploie dans le champ de la conscience. La connaissance de l’émotion vous “touche”, elle vous étreint, vous êtes empli d’elle, et elle se retire après vous avoir fécondé. Elle laisse en vous son empreinte d’expérience et de sagesse. Vous êtes ainsi de plus en, plus souvent et profondément marqué positivement par la vie, qui peut dès lors s’exprimer en vous avec plus de facilité, parce que le terrain a été prédisposé. Et plus vous êtes ainsi “visité” par la vie, plus vous êtes vibrant et VIVANT.

Il y a juste à se laisser entrainer sur la piste de danse quand la vie nous prend par la main pour entrer dans la danse. A la prochaine émotion, au lieu de rester assis à vous ennuyer à regarder les autres danser et s’amuser, laissez le rythme s’emparer de votre corps !

Pas besoin de gérer ses émotions ! Ne rien “faire”, juste demeurer à l’écoute, intensément présent à ce qui est là, maintenant.

Et à chaque fois, l’écoute des régions du corps mobilisées par l’émotion redonne vie à ces régions, qui avaient été d’abord tétanisées et insensibilisées par le refus.

Ecouter les émotions, sans les interpréter

Le tort que l’on a, c’est de vouloir comprendre ou maîtriser l’émotion. Alors on s’attache aux contenus qu’elle charrie.

On n’a pas besoin de comprendre ce qui nous angoisse pour se libérer de l’angoisse.

D’abord, on n’a pas besoin de s’en libérer, on a besoin de la vivre et de l’apprécier, en tant que manifestation de la vie. Là, l’angoisse étant vue, elle n’a plus de prise. Au contraire, elle ramène à la tranquillité et à la joie de se sentir en vie. Rien besoin de comprendre, l’angoisse se dissipe d’elle-même. Et au passage, on voit clairement en effet ce qui la provoquait, tandis que cette raison cesse de provoquer en soi cette réaction. Mais cette vue s’élève d’elle-même, sans effort volontaire, sans analyse.

Pour accueillir en soi l’expression des émotions, il faut sans doute un peu de courage et d’honnêteté vis-à-vis de soi-même (ne rien réprimer et ne pas en rajouter non plus). Il faut surtout de l’amour, l’amour de la vie. Juste l’amour de la vie qui se manifeste maintenant.

L’émotion nous cherche, depuis notre enfance. tandis que nous la fuyons. Mais sous une forme récurrente propre à la structure caractérielle qui a forgé notre personnalité, c’est la vie qui nous cherche, qui cherche à se manifester en nous (voir à ce propos : “Une vie spirituelle”).

Ce qui fait le plus mal, c’est le refus et la fuite. Si vous lisez ces lignes en ce moment, c’est que vous êtes prêt à changer votre regard sur vous-même et sur la situation douloureuse.

A défaut de pouvoir accepter la situation, parce qu’elle est vraiment trop douloureuse pour vous cette fois-ci, vous pouvez au moins accepter l’instant présent en tant que contenant de la situation. Ainsi, acceptant l’idée même qu’il puisse survenir des évènements tels que celui que vous vivez, vous trouverez en vous un espace de tranquillité, ce qui est déjà un bon début. Pour la suite, vous continuerez de cette manière, à accueillir, à observer, à constater, sans tenter quoi que ce soit pour changer les choses. De toutes manières, vous ne pourrez intervenir sur la situation extérieure, qu’en ayant d’abord accepté à l’intérieur et fait le changement qui s’impose en vous-même d’abord. Ensuite, naturellement, par effet de résonance de votre alignement personnel sur votre environnement, la situation extérieure sera modifiée, ne serait-ce que par votre changement de regard et de posture…

Coaching pour gérer ses émotions

En fait on ne peut pas, au sens propre : “gérer ses émotions”, mais on peut gérer ses pensées, qui déclenchent les émotions.

Ensemble, nous pouvons remonter à la racine des émotions et distinguer les sensations physiques des histoires psychologiques que l’on se raconte et qui déclenchent le débordement émotionnel. Vous avez la main sur vos pensées, et vous pouvez décider de voir les choses autrement, donc par voie de conséquence : de réagir émotionnellement autrement !

Avec le coaching, vous apprendrez à repérer les prémisses de l’émotion et les pensées qui la déclenchent. Vous apprendrez à contrôler vos pensées, qui déclenchent l’émotion.

Les émotions ne sont pas vos ennemies, elles sont au contraire vos alliées. Il faut juste apprendre à les canaliser, en passant par les pensées, et en laissant au corps la possibilité de s’exprimer librement. Si vous faîtes cela, gérer ses émotions ne sera plus un souci. Au contraire : cesser de vouloir gérer ses émotions, mais en accueillir la juste expression, deviendra plutôt un jeu pour vous, qui vous fera vous sentir plus vivant, plus libre, et plus “maître de vous-même” !

Comment se passe un coaching sur les émotions ?

On ne peut pas forcément  changer les circonstances extérieures, mais on peut toujours choisir les pensées que nous accueillons. Ainsi, au lieu de nourrir vos contrariétés en leur donnant de l’énergie par l’attention que vous leur consacrez, vous pouvez choisir de considérer les bons côtés de votre situation (il y en a toujours !). Et surtout : au lieu de ressasser la pensée que ceci ou cela ne nous convient pas, vous pouvez délibérément nourrir la pensée de ce que vous voudriez à la place. Choisir délibérément de tourner votre attention avec plaisir vers ce que vous désirez, plutôt qu’avec amertume vers vos désirs insatisfaits et les émotions que ce genre de pensées suscite en vous.

  • En coaching, on travaille toujours sur des situations concrètes, les situations qui déclenchent les émotions trop fortes qui vous posent problème.
  • On les décortique ensemble…
  • Et on envisage d’autres réactions, plus mesurées et plus adaptées, pour faire face à ces situations.

Ainsi, en quelques séances de coaching, vous percerez à jour votre mécanisme, et vous cesserez d’être pris par la répétition inconsciente. Vous vous exercerez à vous libérer de mauvaises habitudes mentales, en :

  • cultivant un plus grand recul sur la vie, sur vous-même et sur les situations
  • pratiquant des respirations pour vous détendre et vous recentrer (au lieu de partir avec l’emballement des pensées et l’enchaînement des réactions corporelles exagérées)
  • nourrissant des pensées qui feront contre poids à vos automatismes, et vous ouvriront plutôt au calme et à la joie de vivre

Cela vous demandera un peu de travail sur vous-même, de la vigilance, de la rigueur, de la volonté aussi… Le coaching est justement là pour vous accompagner sur ce chemin de travail sur soi. Avec de l’entraînement et un peu de pratique, vous constatez rapidement des progrès encourageants.

Si vous voulez en savoir plus sur la manière dont le coaching aide à gérer ses émotions, n’hésitez pas à me joindre sur mon portable.

Généralement 4 à 6 séances suffisent pour atteindre vos objectifs !

Bonne pratique pour une stabilité émotionnelle

Vous savez votre corps, c’est sacrée une grosse bête, un magnifique animal, qui mérite du respect et un minimum de soins…

Vous respecteriez probablement un gros fauve, comme un jaguar, ou un gorille. Eh bien le corps d’un humain mérite bien autant d’admiration et de respect, non ?

Honorer la vie que vous êtes, en prenant soin du corps que vous êtes, affectueusement et gratuitement (sans rien lui demander en contre-partie). Soyez généreux avec votre corps, en prenant soin de lui !

Voici une manière de le faire, qui vous donnera une stabilité et une assise dans la vie, qui vous aidera à faire face aux chocs, et à ne pas partir sans cesse avec vos émotions.

Apprenez à vous asseoir en silence ?

Trouvez-vous un coin pour vous asseoir tranquillement quelques instants.

Si vous êtes souple, vous pouvez vous asseoir en tailleur sur un coussin.

Mais, pour la plupart des gens, si vous voulez garder vos genoux en bonne santé, une bonne chaise fera encore mieux l’affaire.

Dans les deux cas, prenez soin de surélever un peu votre bassin par rapport à vos genoux à l’aide d’un coussin, pour que votre colonne vertébrale puisse s’ériger sans faire d’effort et que vous puissiez rester tranquille un moment, sans trop bouger, et sans entraver le mouvement naturel de la respiration. Les illustrations de ces jeunes femmes vous donneront un exemple à suivre. Porter une queue de cheval ou un chignon n’est pas indispensable 🙂

L’exercice consiste à ne rien faire, ou plutôt à faire : RIEN !

Ne cherchez pas à ne pas penser, ou à ne pas bouger. Restez juste là, à ressentir vos sensations, à offrir toute votre attention aux sensations présentes, à écouter le rythme de la respiration, à parcourir votre corps de l’intérieur (pendant les premières minutes), juste pour faire connaissance, sans aucun objectif, même pas celui de détendre… La détente se fera d’elle-même sans que vous n’ayez besoin de vous en occuper ! (voir à ce sujet : “Coaching de lâcher prise“)

Gérer ses émotions, sans rien faire…

Consacrez-vous ainsi chaque jour entre 10 et trente minutes, sans faire le héros qui médite tel un athlète intérieur des heures durant, sans bouger d’un cil. Cela, laissez-le à ceux qui se la jouent pratiquants avancés. Même, et surtout si vous pratiquez la méditation depuis des années, ne forcez rien, soyez gentil et doux avec vous-même, dans cette routine matinale, qui n’a pas d’autre objectif que de vous éveiller à la journée. Les exploits, vous les ferez plus tard, dans un cours de yoga, dans une secte ou auprès d’un maître véritable… Ce n’est pas ici notre propos. Nous suggérons juste que vous preniez un instant chaque jour pour être avec vous-même, en vous-même, sans intention, sans objectif, pour apprécier le fond de votre nature. Faîtes-le par plaisir. Donc ne souffrez pas !!! Soyez attentif à n’avoir mal nulle part, et à ne pas vous agacer de vous-même, parce que vous seriez agité. C’est normal qu’il y ait de l’agitation. Constatez-la et n’en faites pas une histoire. Contentez-vous de persévérer, sans but.

Comme une vache regardant les trains passer, il s’agit de s’installer confortablement dans une posture physique de présence et d’éveil, et d’ouvrir une vue large à l’intérieur de soi, au point de s’entendre soi-même en train de penser, sans pour autant alimenter ces pensées, sans les suivre dans leur contenu, sans s’identifier à cette activité mentale.
Progressivement, le processus de pensée se calmera un peu au profit d’une certaine quiétude, dont vous apprécierez la saveur, à chaque fois différente.

Quelques pensées surgiront bien encore de-ci de-là, qui en entraineront d’autres encore … Mais en observant le processus sans l’entretenir, les pensées s’espaceront davantage, et vous apprécierez quelques instants furtifs de silence, au sein d’un bavardage intérieur moins soutenu.

Ne collez pas d’étiquette !

Rester assis en silence n’est pas une pratique religieuse ou même “spirituelle”. Ne collez pas d’étiquette sur cette pratique. Contentez-vous de l’expérimenter, sans référence à quoi que ce soit d’autre que votre exploration dans l’instant.

S’asseoir au bord d’une chaise, en prenant soin de pouvoir ériger sa colonne vertébrale sans appui et sans rigidité, respirer calmement, rassemblant son attention sur le va et vient apaisant du ventre et des côtes au rythme du souffle.

  • Il ne s’agit pas ici de chercher à respirer lentement ou profondément, mais juste d’être ouvert à ce qui se passe à l’intérieur de soi. Etre à l’écoute du souffle, comme s’il s’agissait d’un enseignement précieux. Ecouter attentivement, profondément, tranquillement, sans rien changer à rien. On peut fermer les yeux, ou les laisser ouverts le regard posé devant soi, mais sans vraiment regarder quelque chose en particulier.
  • Il ne s’agit pas d’essayer de « faire le vide » (Bon courage si vous essayez !), mais simplement d’observer que des pensées apparaissent, tout en étant suffisamment centré pour ne pas partir avec elles (voir notre article : Stopper le mental).

Au début, pratiquer cet exercice 5 minutes vous demandera une grande attention Mais en augmentant éventuellement un peu la durée chaque semaine, tout en veillant à ne pas perdre de la qualité de concentration, vous ressentirez de plus en plus de confort et d’agrément. Avec un peu d’habitude, vous expérimenterez même l’impression réconfortante de revenir chez vous quand vous vous assiérez ainsi pour un petit moment de repos vigilant. Et vous disposerez dès lors, en vous-même, d’un espace d’accueil pour vous-même, chaleureux et ressourçant. Extrait de l’article : “Pratiquer l’assise silencieuse“

  • L’assise silencieuse est une pratique naturelle à l’être humain, à toutes les époques et dans toutes les civilisations.
  • L’assise silencieuse appartient au patrimoine de toute l’humanité, et n’est en rien l’apanage exclusif du yoga ou du zen (même si, à l’évidence, ces courants ont compté parmi les porteurs éclairés de ce qu’on appelle « la méditation »).

Cette simple pratique de quelques minutes vous libère et vous clarifie le mental, un peu comme un ciel lavé de ses nuages pas un bon coup de vent. N’en attendez pas forcément des résultats spectaculaires, mais plutôt un bien être dans l’instant et une bonne pratique d’hygiène.

Dix minutes par jour suffisent à provoquer un état de quiétude, qui apporte de la stabilité émotionnelle. Ce temps de calme rassemble l’énergie au profit d’une plus grande lucidité et d’une meilleure vitalité globale.

Les apports du coaching pour maîtriser ses émotions

  • 1- Le coaching peut aider à exprimer ce que l’on ressent, sans faire peser de risque sur l’environnement. Vous pouvez vous laisser aller à ressentir ce qui émerge en vous, sans être jugé, sans qu’on cherche absolument à vous rassurer, vous calmer ou vous consoler ! Vous pourrez être qui vous êtes, face à un coach, sans que ce dernier ne cherche à tous prix à intervenir. Au contraire, un coach accueillera votre expression et accompagnera votre cheminement (parce que le but n’est pas non plus de vous laisser déborder et engloutir par vos émotions). De même que deux yeux permettent de mieux voir les reliefs, un coach vous apportera le recul qui vous manque quand vous êtes engagé dans vos émotions. Vous pourrez ainsi être conscient de ce que vous ressentez avec plénitude, sans prendre le risque de vous y perdre, parce qu’un allié externe, vous aidera ensuite à objectiver et à prendre en compte tous les paramètres de votre situation.
  • 2 – Dans un second temps (juste après), vous pourrez éventuellement analyser quelles pensées provoquent vos émotions et envisager d’en modifier le contenu. C’est comme cela qu’on passe consciemment de “il m’énerve”, à “je m’énerve après lui”, puis à “son comportement le regarde, je n’ai pas à m’énerver pour ça. Je ferai mieux de m’occuper de moi-même, au lieu de me focaliser sur ce qui me déplaît chez cette personne…”  C’est là tout un cheminement intérieur, un travail assez fin sur les attitudes internes, et c’est assez difficile à faire seul. Aussi, il est recommandé de travailler avec un partenaire expérimenté, qui vous tienne le miroir sans rien y projeter lui-même de ses propres émotions… A ce propos, Byron Katie, propose une méthode de retournement des pensées, pour réaliser ce recadrage intérieur et personnel. Sa méthode consiste en quatre questions puissantes, qui opèrent le changement d’attitude désiré pour résorber la souffrance émotionnelle :
    • Est-ce vrai ?
    • Puis-je avoir la certitude absolue que c’est vrai ?
    • Quelle réaction suscite en moi cette pensée ?
    • Que serais-je sans cette pensée ?

En répondant honnêtement à ces questions, on comprend que ce sont des pensées erronées qui provoquent les souffrances et les débordements émotionnels (voir : “les deux sortes de souffrance“). En trouvant les bonnes réponses, on trouve aussi la bonne attitude à adopter pour maîtriser ses émotions.

C’est tout l’art du coach, dans ce genre de séances, de vous accompagner dans cette investigation fine… Personnellement, je ne propose pas spécialement ces quatre questions-là. Je préfère m’adapter à chaque client, aux spécificités de ses objectifs. Mais il arrive souvent que nous empruntions des chemins de ce genre,  pour dénouer et soulager des situations affectives tendues, en les objectivant, après avoir accueilli l’expression de certaines émotions.

Nota : Nous travaillons en coaching ce qui relève des objectifs opérationnels fixés avec l’entreprise. En revanche, quand il arrive que des personnes aient un gros besoin de réparation affective qui dépasse le cadre du coaching, c’est en psychothérapie qu’elles doivent poursuivre leur travail, et nous leur fournissons des adresse de confrères spécialistes.