Parfois, on emploie par erreur un mot pour l’autre : par exemple, on dit « contrôle de soi » pour parler de « maîtrise de soi ». Par contrôle de soi, on pense au contrôle de ses émotions et de ses instincts, ce qui revient souvent à en retenir l’expression, au risque même d’en limiter la portée et même la perception. Ceci est l’inverse de la maîtrise de soi, qui au contraire accueille l’émergence des élans naturels depuis une acceptation, au lieu de tenter de les contrôler depuis un refus.

Qu’est-ce que la maîtrise de soi ?

C’est la capacité à être pleinement présent à l’instant présent, complètement disponible, et ouvert aux opportunités et aux nouvelles perspectives. C’est l’opposé du contrôle compulsif, qui vise à ramener chaque nouveauté à du déjà connu, pour se rassurer.

Au contraire, maîtriser c’est reconnaître la part de nouveauté qu’il y a dans chaque situation, au lieu de chercher les ressemblances avec une situation déjà vécue pour tenter une technique précédemment essayée. Maîtriser, c’est accepter de se laisser surprendre par la nouveauté, pour inventer sur mesure une réponse nouvelle. (voir : “rien à regretter“)

 

Maîtrise de soi
Un classique sur la maîtrise de soi

 

Le maître-coach ne sait pas !

Son incompétence initiale est donc tout à la fois : son fonds de commerce, son instrument de travail, sa matière première. Contrairement aux fantasmes de perfection qu’on peut nourrir à ce propos, un maître ne réussit pas à chaque fois (par quel miracle, d’ailleurs, sa maîtrise le placerait-elle au-dessus des lois de la relativité ?).

La nature nous en donne de fameuses illustrations. Les prédateurs, par exemple, dont les talents innés ont été rôdés par des millions de générations d’évolution, et les compétences de chasseurs sont aiguisées par une vie presque exclusivement consacrée à l’entraînement,  connaissent un taux d’échec considérable dans leurs attaques envers leurs proies. Ainsi, le faucon pèlerin, terreur des airs et maître incontesté de la vitesse en vol piqué, rate sa cible plus d’une fois sur deux ! (à 300KM/heure, un écart de quelques centimètres par rapport à une cible mobile de la taille d’un oiseau, sur une trajectoire de plusieurs centaines de mètres, cela ne pardonne pas ! Mais pour réussir une fois sur deux de tels exploits, ne fallait-il pas toute l’excellence d’un grand maître ?).

 

Maîtrise de soi dans les airs
Maîtrise de soi dans les airs

Maîtrise de soi et lâcher-prise : on est loin du contrôle !

Maîtriser une technique, c’est lâcher prise sur le résultat pour mettre toute son énergie dans l’exécution de la technique. Allant même plus loin, maîtriser la technique, c’est souvent oser lâcher la technique, pour improviser une nouvelle réponse (différente de la technique connue) à la question posée par la situation nouvelle. Pour autant, il ne s’agit pas de ne prendre aucune précaution, de ne rien prévoir, de ne jamais anticiper. Autant de mesures, qui participent des fondements mêmes de la maîtrise d’une technique. Ce dont il s’agit, c’est de savoir réunir les meilleures conditions (c’est-à-dire souvent : les moins mauvaises), puis de s’abandonner avec confiance à l’intérieur d’un cadre relatif et forcément précaire. Compter davantage sur la force du centre pour laisser jaillir sa maîtrise, plutôt que de trop compter sur la toute puissance illusoire du cadre pour établir son contrôle… (voir :” l’importance du cadre en coaching“)

 

superviseur de coach

Pour aller plus loin sur la maîtrise de soi :

 

 

Emotions et maîtrise de soi

Mon collègue, Bérenger Briteau, m’a appris récemment que Robert Dilts aurait écrit que les 4 ingrédients d’une bonne maîtrise de soi seraient :

  • Le calme : pour être lucide
  • La confiance : pour oser
  • La détermination : pour rester concentré malgré les obstacles
  • L’énergie : pour agir
Bérenger utilise ces 4 points d’appui dans les exercices de préparation mentale des leaders dans notre formation leadership positif. Il paraît que quand ces 4 conditions sont réunies, la réussite est généralement au rendez-vous, ce que je veux bien croire. Sans remettre en question ni la qualité de notre confrère, ni la pertinence de ces conditions, je m’interroge sur leur ordre de priorité.

Le cycle de l’énergie au travers des 4 éléments

Dans notre formation coaching d’équipe, nous prenons appui sur le modèle du coaching de l’énergie adossé à la symbolique des 4 éléments : Terre, Eau, Air, Feu
  • La Terre représente les appuis solides, les méthodes, les cadres et les règles qui structurent
  • L’Eau représente le lien, la fluidité des relations, la cohésion de groupe, la prise d’appui sur la dynamique de groupe
  • L’Air représente l’inspiration, le partage d’idées, la coopération transverse, la capacité à débattre en équipe pour être plus créatifs et ouverts à des remises en question constructives
  • Le Feu représente la fixation de caps ambitieux, la responsabilité et la liberté de décider, en choisissant un présent aligné avec le futur désiré plutôt qu’avec le passé subi.

Voyons donc comment l’énergie circule au travers des 4 éléments :

L’énergie vitale est l’entrée dans le jeu, la mise de départ du cycle Terre, Eau, air, Feu. Sans énergie : rien. Avec l’énergie (qui se traduit par le désir, la hardiesse, l’élan pour oser), va l’engagement,  l’implication dans l’instant présent. Cette énergie fondamentale est l’instinct de survie, l’impulsion naturelle du corps qu’il faut mobiliser (comme un robinet qu’on ouvre) pour avoir quelque chose à engager. L’énergie permet de “faire”, d’agir. Pour moi, dans la symbolique, l’énergie est représentée par l’élément Terre.

Le calme et la confiance vont ensemble. Ce sont à la fois des déclencheurs et des effets de la paix intérieure. La confiance consiste à prendre appui sur ses fondamentaux, sans quoi il ne peut y avoir de stabilité, donc de calme. Dans un pays, par exemple, le calme n’est possible que si les frontières sont stables. Et elles ne sont stables que si on fait du commerce avec ses voisins. Le commerce n’est possible que si on donne et reçoit avec générosité. Il faut pour cela un certain “désintéressement” et une confiance en l’abondance, sinon on a peur de perdre, de se faire avoir, on joue serré, et on entre en conflit tôt ou tard : fin de la paix et du calme, début de la guerre !

Mais dans le cas contraire, quand la confiance est présente, l’énergie vitale engage sa montée et passe par les reins pour y être qualifiée. Du coup on a du courage au lieu de la peur (Les reins sont en relation à la peur et au courage : quand un animal a peur, il urine : manifestation des reins.)…
Pour moi, calme et confiance sont donc dans la Terre, mais symboliquement un peu au-dessus du niveau d’entrée de l’énergie première.

Le jeu des 3 émotions fondamentales

La peur est l’émotion fondamentale, l’émotion racine, mère des 3 autres. Quand on laisse la peur nous gagner, parce qu’on s’identifie au contenu du mental qui agite des pensées effrayantes, cela provoque dans le corps des réactions chimiques liées à l’émotion de peur. Du coup on se protège : excellente façon de se faire attaquer ! Du coup on se met en colère, pour se défendre. Et tôt ou tard, le conflit conduit à la tristesse, parce qu’on y perd forcément quelque chose qui nous manque ensuite.

Maîtrise de soi et calme intérieur ?

Le calme ne provoque pas directement la lucidité, c’en est une condition nécessaire mais pas suffisante. C’est plutôt la pureté du mental qui permet de voir la vérité.
En revanche le calme permet de voir les grandes lignes, et de laisser passer l’inspiration sur les solutions (c’est peut-être ce que Dilts veut dire par lucidité ?). La Terre est en relation privilégiée avec l’Air  :

  • Seul le calme -élément Terre- peut libérer la joie profonde qui est dans l’Air.
  • Et inversement : seule une joie stable assure un calme et une confiance complète et durable.

Mais pour autant les deux, même s’ils sont liés, sont bien distincts.

maîtrise de soi

Maîtrise de soi et détermination ?

Voyons maintenant la détermination : ça dépend comment Dilts l’entend. Faut-il comprendre la détermination comme la volonté persévérante ou bien comme l’esprit de décision.

  • Si c’est en rapport à la volonté et la persévérance, c’est plutôt en correspondance avec l’élémet Eau.
  • Si c’est en relation avec l’esprit de décision, la détermination serait plutôt dans le feu. C’est aussi en rapport à la liberté et à la responsabilité, le libre arbitre qui fait choisir et prendre des décisions…

On voit bien que cela mobilise des parties de l’être en relation avec la tête, tandis que symboliquement la Terre se situerait plutôt dans le bas du corps Je rejoins la proposition de Dilts, quand il dit que la détermination (prise en tant qu’esprit de décision) amène la concentration, qui est en rapport avec la vue  (le Feu ).

Bref je trouve les 4 conditions intéressantes, mais un peu mélangées, et cela porte à une certaine confusion, avec laquelle je ne me sens pas confortable. Si comme moi, vous aimez que les choses soient claires (Feu), et adossées à une structure porteuse (Terre), vous apprécierez peut-être la vision que je vais maintenant partager des 4 conditions de la maîtrise de soi.

Les 4 ingrédients de la maîtrise de soi

Si je devais proposer les 4 ingrédients de la réussite par la maîtrise de soi, je dirais :

maîtrise de soi
La recette secrète du cocktail de maîtrise de soi ?
  • Terre : l’engagement jusqu’au bout et dans le plus grand calme, avec une confiance fondamentale (en soi, en la vie, en l’autre…)
  • Eau : un contact permanent avec l’autre, avec les autres (même si on est un ermite, dans ce cas le contact est intérieur, mais il est tout de même là), car personne ne peut réussir absolument seul. Toute réussite est le fruit du travail collectif d’un réseau, même indirectement. (Le corps d’un solitaire a bien été mis au monde par une maman, il a bien été élevé dans une société dont il s’est imprégné de la culture, il a rencontré des personnes clés, qui l’ont influencé en bien ou en mal… on ne peut pas ne pas être en relation avec les autres !)
  • Air : un idéal et une ouverture intuitive délibérément orientée vers les solutions
  • Feu : conscience que je suis quelque part responsable de cette situation (quelle qu’elle soit) , donc j’ai un certain pouvoir sur elle. Même si je n’en suis que témoin, je suis déjà dedans et avec. Dès lors, elle est à moi, elle est en moi, elle est une partie de mon monde… donc je peux la changer. Comment ? En me transformant moi-même de l’intérieur. L’effet sur l’extérieur est obligatoire, mais il ne m’appartient pas et je ne m’y intéresse pas plus que ça. Le résultat : je l’accueille avec joie, amour et détachement, quand il survient, mais je n’en fais pas toute une histoire…

Un témoignage d’un champion de rugby : il raconte ses difficultés, et la maîtrise de soi qui se construit à chaque épreuve de la vie, échec après échec… Témoignage authentique et poignant d’un “guerrier”, qui recourt largement au coaching pour s’en sortir et se développer.

“Passez du fantasme à la réalité”, “La vie ce n’est pas ce qu’on voit à la télé…”, “On a le droit d’être faible, il faut accepter de prendre le temps…”, “Acceptez la différence : je suis  différent de vous, mais pas tant que ça….”

 

Coaching pour maîtriser ses émotions

  • Le coaching peut aider à exprimer ce que l’on ressent, sans faire peser de risque sur l’environnement. Vous pouvez vous laisser aller à ressentir ce qui émerge en vous, sans être jugé, sans qu’on cherche absolument à vous rassurer, vous calmer ou vous consoler ! Vous pourrez être qui vous êtes, face à un coach, sans que ce dernier ne cherche à tous prix à intervenir. Au contraire, un coach accueillera votre expression et accompagnera votre cheminement (parce que le but n’est pas non plus de vous laisser déborder et engloutir par vos émotions). De même que deux yeux permettent de mieux voir les reliefs, un coach vous apportera le recul qui vous manque quand vous êtes engagé dans vos émotions. Vous pourrez ainsi être conscient de ce que vous ressentez avec plénitude, sans prendre le risque de vous y perdre, parce qu’un allié externe, vous aidera ensuite à objectiver et à prendre en compte tous les paramètres de votre situation.
  • Dans un second temps (juste après), vous pourrez éventuellement analyser quelles pensées provoquent vos émotions et envisager d’en modifier le contenu. C’est comme cela qu’on passe consciemment de “il m’énerve”, à “je m’énerve après lui”, puis à “son comportement le regarde, je n’ai pas à m’énerver pour ça. Je ferai mieux de m’occuper de moi-même, au lieu de me focaliser sur ce qui me déplaît chez cette personne…”  C’est là tout un cheminement intérieur, un travail assez fin sur les attitudes internes, et c’est assez difficile à faire seul. Aussi, il est recommandé de travailler avec un partenaire expérimenté, qui vous tienne le miroir sans rien y projeter lui-même de ses propres émotions…
  • En répondant honnêtement à ces questions, on comprend que ce sont des pensées erronées qui provoquent les souffrances et les débordements émotionnels (voir : “les deux sortes de souffrance“, “l’origine des problèmes“).
  • Est-ce vrai ?
  • Puis-je avoir la certitude absolue que c’est vrai ?
  • Quelle réaction suscite en moi cette pensée ?
  • Que serais-je sans cette pensée ?

En trouvant les bonnes réponses, on trouve aussi la bonne attitude à adopter pour maîtriser ses émotions.

C’est tout l’art du coaching, dans ce genre de séances, de vous accompagner dans cette investigation fine… Avec mes clients, il arrive souvent que nous empruntions des chemins de ce genre, pour dénouer et soulager des situations affectives tendues, en les objectivant, après avoir accueilli l’expression de certaines émotions.

Nota : Nous travaillons en coaching à partir d’objectifs opérationnels fixés avec l’entreprise. Mais il arrive parfois que des personnes aient un tel besoin de réparation affective qui dépasse le cadre du coaching, qu’elles doivent poursuivre leur travail en psychothérapie. Dans ce cas, nous leur fournissons des adresse de confrères spécialistes.

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