Pour compléter plusieurs articles sur “élargir son cadre de référence“, et le lien entre “biais cognitif et coaching“, nous aimerions aujourd’hui nous inspirer d’un chapitre du livre “le pouvoir de choisir” par Annie Marquier, pour compléter nos précédents exposés à propos du filtre mental, et la manière de l’ouvrir grâce à l’approche coaching.

filtre mental

Le filtre mental est un système mental de classement (inconscient et involontaire), comme un réseau de souvenirs d’expériences vécues et d’impressions ressenties, qui se superpose à notre vision du monde, pour associer les nouvelles expériences des anciennes, afin de renforcer les enseignements qu’on en a précédemment tirés.

Le filtre mental est utile, il permet de mécaniser certains comportements, qui n’ont pas besoin d’être réinventés à chaque fois.

Le problème est que nous sommes également prisonniers de ce filtre mental, au point qu’il déforme nos perceptions sans que nous nous en rendions compte.

filtre mental

Voici, à titre d’illustration des effets du filtre mental, un film où des joueurs de deux équipes se lancent  un ballon. L’exercice consiste à compter le nombre de lancés de ballon des joueurs de l’équipe portant des t-shirts blancs.

Cela semble facile, mais il s’avère que seuls 50% des gens comptent correctement le nombre de lancés ! Si vous souhaitez vous essayer à l’exercice ?

Concentrez-vousi uniquement sur le nombre de lancés de ballon entre les joueurs de l’équipe blanche, et comptez-les sans en oublier !

 

Avez-vous vu passer un pendu au milieu du jeu ? Si ce n’est pas le cas, c’est parce que votre attention sélective était focus sur les lancers de balles !

Pour terminer de vous convaincre de la puissance de votre filtre mental, regardez maintenant la vidéo suivante :

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Nous sommes ainsi sous l’emprise de nos croyances profondes, acquises dans l’enfance et qui telles des méta programmes sur déterminent nos perceptions actuelles de surface : nos expériences présentes sont traduites et interprétées par le filtre mental qui s’est peu à peu élaboré dans notre psychisme.

  • Dans l’enfance, nos frustrations nous ont renseigné sur notre relative impuissance à changer les circonstances
  • Ensuite la vie nous a confirmé ces faux enseignements, et peu à peu nous nous sommes constitués en victime et avons mis en place divers types de scénarios de réponse à cette vision de la vie, induite par les croyances du filtre mental :
    • soit nous sommes plus ou moins devenu un(e) perdant(e)
    • soit nous avons réagi autrement et nous sommes construits une personnalité de battant(e)

Mais dans les deux cas, ce n’est là qu’un fatras de croyances à notre propos et à propos de la vie, en aucun cas la vérité.

Ce système d’erreur se renforce de lui-même, inexorablement : Les données extérieures brutes étant digérées de façon orientée, nos expériences ainsi pré-interprétées, confortent nos croyances et renforcent encore leur pouvoir. C’est ce mécanisme d’auto-confirmation de notre cadre de référence, qui permet à notre système une relative solidité et stabilité.

Par ailleurs, l’exemple de nos proches et de toute la société nous confirme nos erreurs, puisque tout le monde semble être atteint de la même maladie mentale de se prendre pour une victime. Du coup, cela semble normal et sain.

Au départ, le but du filtre mental est de rendre performantes nos réactions ordinaires par l’automatisation des tâches. Mais on le voit, comme tout cadre, notre cadre de référence est limité, et il ne peut contenir la vie qui est illimitée. Un peu comme la carte n’est pas le territoire, le cadre de référence n’est pas la vie, qu’il ne fait que traduire et travestir par des approximations.

Le problème du filtre mental, c’est qu’à cause de lui, on ne vit plus la vie directement, parce qu’il prend toute la place. Alors, on ne vit plus qu’à travers ce filtre mental, fait de pensées et d’émotions (plus ou moins appropriées. Voir à ce sujet : « le pouvoir négatif des pensées toxiques »)

Nous créons notre propre réalité à travers deux types de filtres, l’un purement physiologique, sur lequel nous n’avons aucune maîtrise, l’autre psychologique, sur lequel nous pouvons agir. Ce filtre mental psychologique est fait de pensées que nous croyons vraies (que nous appellerons des croyances), et qui surdéterminent nos autres pensées (Voir cet article : Changement de paradigme en coaching)

Chacun son filtre mental

Chacun juge les évènements et y réagit selon son propre filtre mental, en tous points différent du vôtre.

Savoir cela, en être conscient est en soi une première ouverture sur les autres, parce qu’on comprend que chacun a un cadre de référence et qu’il est forcément différent du sien, pas meilleur ni moins bon (pas comparable en fait) mais différent. Du coup, on peut comprendre ce qui préside aux choix des autres, à leurs préférences, voyant qu’ils sont déterminés autant que nous le sommes tant que nous ne nous dégageons pas de l’emprise de notre cadre de référence. Cette conscience de ses propres filtres, aide à voir ceux des autres, à les respecter en les acceptant, même quand ils semblent s’opposer aux nôtres. Il y a constat de la différence, depuis une acceptation de celle-ci. Pour des négociations éventuelles, cela change absolument tout à votre posture :

  • soit vous pensez (depuis votre cadre de référence que vous ignorez tout en le croyant absolu) que l’autre a tort et vous cherchez à le convaincre (voire à le contraindre). Et ceci est un manque de respect, voire une forme de violence
  • soit vous reconnaissez à l’autre son droit indéfectible à la singularité, et vous négociez des ajustements à la marge, tout en ne remettant pas en question le fait qu’il puisse avoir un cadre de référence différent du vôtre (et qu’il n’en soit éventuellement pas conscient)…

C’est la base même de la tolérance nécessaire à toute vie sociale, que d’accueillir et accepter la diversité.

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Ouvrir et élargir le filtre mental

Il faut ouvrir et élargir le filtre mental, pour qu’il se rapproche d’une vision plus vaste

filtre mental
schéma extrait du livre “le pouvoir de choisir” page 29

Si nous sommes complètement identifiés à notre filtre mental, nous n’avons aucune distance pur pouvoir l’améliorer.

Dans son livre, “le pouvoir de choisir” Annie marquer donne cet exemple assez parlant d’une personne allant faire du shopping, qui serait atteinte d’un torticolis et porterait des lunettes très sombres l’empêchant de bien voir. Elle se ferait bousculer, risquerait de causer des accidents en traversant la rue et louperait probablement toutes les vitrines sur le trottoir vers lequel elle ne pourrait tourner la tête à cause de son torticolis. En revanche la même personne sans ces handicaps, pourrait éviter sans peine les obstacles, repérer facilement dans les vitrines ce qu’elle souhaite acheter, et pourrait même rencontrer des personnes qu’elle connaît et passer un bon moment au lieu d’une mauvaise expérience. Le filtre mental agit comme ces handicaps, s’il n’est pas approprié et trop étroit par rapport à la situation. Pour retrouver de l’aisance et de la réussite, nous devons élargir notre vision en enrichissant notre filtre mental.

La première chose à faire est donc de comprendre que nous ne sommes pas plus limités à notre corps qu’à notre personnalité (voir cet article : “démasquer l’imposture de la personnalité“), qui n’est qu’un agrégat de croyances à propos de ce que nous croyons être.

Se libérer de son emprise est un travail important et un travail de chaque instant, pour lequel nous devons en quelque sorte diviser notre attention : une part devant être orientée vers l’extérieur et un autre réservée à voir notre filtre mental, pour constater qu’il nous influence et pouvoir ainsi le remettre en question quand il nous limite.

La plupart du temps, nous nous croyons victime des circonstances, alors que ce que nous sommes vraiment n’en dépend absolument pas. Entendons-nous bien, s’il fait chaud, votre corps transpirera certainement, mais cela ne signifie pas que vous ressentirez une souffrance psychologique à cause de la température. au sens propre, même si votre corps ressent de la chaleur, objectivement, cela ne signifie pas pour autant que vous ayez chaud. Ce que vous êtes en fait, n’est pas affecté par les conditions extérieures. Vous êtes celui ou celle qui reconnaît la sensation de chaleur perçue par le corps. Vous êtes la conscience ui voit émerger une émotion de tristesse ou de colère (par exemple) sans pour autant être identifié(e) à ces émotions, donc sans partir avec et être débordé(e) par elles. Vous restez donc joyeux dans le fond de votre être, alors même que vous observez l’émergence dans le psychisme d’un mouvement de tristesse, de même que vous restez paisible alors même que vous constatez l’apparition d’une humeur colérique dans le psychisme, par une réaction de votre filtre mental à une situation, qui en soi est parfaitement neutre. C’est le filtre mental qui l’a traduite en révoltante et qui a déclenché en retour la colère pour s’y soustraire. Ceci n’est qu’un phénomène de réaction psychologique et aucunement une véritable réponse de ce que vous êtes profondément..

La victimisation, maladie mentale répandue

Quand on se sent victime, chacun à,sa façon à des degrés divers, au lieu de ressentir la joie de travailler et d’éprouver de la gratitude pour le simple fait d’être en vie (voir à ce sujet : Le journal de gratitude) :

  • on se plaint, on s’apitoie sur soi-même, on se sent anxieux, oppressé, stressé, on a le sentiment de perdre la maîtrise de sa vie, on se sent impuissant face au déferlement des choses à faire pour être à la hauteur… on se sent minable et bientôt misérable !
  • on ne se sent pas en forme, on se cantonne à nos habitudes, sans oser de nouvelles expériences. En effet, les émotions (de colère notamment) refoulées dans l’enfance finissent pas nouer nos plexus, et de minuscules tensions chroniques affectent notre respiration et toutes les circulations énergétiques du corps, si bien que nous nous coupons partiellement de notre potentiel énergétique (voir : “retrouver la santé” et “faire le plein d’énergie“)
  • nous râlons, rouspétons, sommes irrités par une multitude de petites choses pourtant insignifiantes, toutes plus ou moins contrariantes : ce piéton qui prend son temps pour traverser, cette mouche qui tournicote dans la pièce, la pluie, le monde dans les transports en commun, la platitude du programme télé, une facture dan votre boite aux lettres, quelqu’un qui vous bouscule san ile faire exprès, un bonjour qu’on ne vous dit pas poliment, bref … tout et n’importe quoi !

L’erreur fondamentale consiste à attendre des autres qu’ils nous aiment, nous comprennent, nous veuillent et nous fassent du bien, nous rendent heureux… Comme ce n’est évidemment pas ce qui se passe, nous sommes malheureux et nous sentons victimes des frustrations ressenties.

Bien des réactions sont possibles (se replier sur soi, se sacrifier pour les autres, se disperser dans une vie d’occupations débordantes, en vouloir aux autres, partir en croisade contre les injustices, vouloir se venger, etc…)

Mais, il y a fondamentalement deux manières de réagir (mal) à cette victimisation mentale :

  1. parfois les personnes victimes sombrent dans une spirale plus ou moins dépressive,
  2. ou alors elles basculent dans un système d’agressivité et de combativité. Cette seconde forme, plus tonique, donne l’illusion d’une personne saine et positive. Elle cultive l’optimisme en surface, mais au fond il y a la même impression de vide etc e misère que dans le premier cas. Ce système de résistance produira des comportements offensifs, consistant à reprocher aux autres en les culpabilisant pour le vide  ressenti et les insatisfactions subies. Ces personnes ont tendance à blâmer les autres, dont elles les accusent que tout est finalement de leur faute !

En fait, au-delà de cette première catégorisation, il y a toutes sortes d’autres variantes.

Par exemple, certaines personnes deviennent rêveuses et ne s’incarnent pas, restant immatures toute leur vie, à fuir les responsabilités, à préférer par exemple  la mystique, ou le jeu, ou la dérision, ou les excitations artificielles, les addictions diverses, la naïveté, la mythomanie ou encore la paranoïa… Bref, nous n’allons pas énumérer ici toutes les formes de maladie mentale, dont nous sommes tous plus ou moins atteints, rappelons-le.

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Solutions

Plutôt que de nier la maladie mentale liée à l’étroitesse du filtre mental, ou de se déclarer impuissant à y remédier, il y a des moyens d’agir sur le filtre mental, c’est-à-dire de changer nos croyances, pour accueillir dans notre vie des expériences plus alignées avec notre véritable nature qui se caractérise par la paix, l’amour, la joie et la liberté.

Divers thérapies sont aidantes pour se libérer d’un filtre mental inadapté et devenu trop étroit :

  • les approches émotionnelles et énergétiques, qui libèrent les émotions refoulées, pour redonner de la fluidité aux circulations énergétiques, ou font mécaniquement circuler l’énergie pour faire émerger les émotions coincées.
  • les approches plus cognitives, qui aident à prendre conscience directement du filtre mental en prenant conscience des croyances limitatives…

L’idéal serait de conjoindre les deux approches, de façon à jouer sur tout le spectre du filtre mental, accompagnant la libération jusque dans l’énergie. Dans tous les cas, il s’agit de reconnaître les manifestations émotionnelles (en osant les laisser se développer sans y intervenir pour les réprimer ou les augmenter) et les pensées/croyances qui les génèrent (sans les juger).

Ce travail gagne grandement à être accompagné par une personne expérimentée (ayant fait ce travail sur elle-même) et compétente (ayant appris à accompagner ce type de démarche chez autrui).

Il est plus facile de changer nos croyances que nos comportements

Trois prémisses sous-tendent ce que nous allons maintenant présenter :

  • Nous sommes libres et responsables de choisir notre attitude intérieure face aux situations rencontrées
  • Nous sommes libres de choisir nos actions en réponse aux évènements
  • L’expérience des situations extérieures est directement liée aux climats vibratoires (notre état d’esprit et notre attitude) que nous entretenons autour de nous-même. Pour être exact, ce climat intérieur est directement lié à notre filtre mental qui sert de moyen d’expression à ce que nous sommes vraiment, et qui est au-delà de ce filtre. Le filtre n’est donc pas à proprement parler à l’intérieur, il est plutôt autour de l’intérieur, qui lui est encore plus “profondément” ce que nous sommes vraiment.

Nous sommes donc responsables avant tout de notre climat intérieur, et de l’état de notre filtre mental. En agissant sur lui, nous pouvons modifier nos réponses aux circonstances extérieures et finir même par modifier ces circonstances, par effet d’attraction (voir à ce propos : “comprendre la loi d’attraction“)

Le changement fondamental à opérer est tout simple : au lieu de nous projeter en avant, à l’extérieur de nous-même et de nous “croire” victime des circonstances extérieures tout en y résistant, il convient de cesser de s’agiter (voir notre article : ” Arrêter de penser de manière compulsive” et “Stopper le mental“) et d’accepter nos limites avec affection et gentillesse, envers la vie, envers nous-même et envers les autres. Ce n’est peut-être pas si compliqué et pas si désagréable dans le fond ?

L’art de la gentillesse

Piero Fierrucci, a proposé dans son livre “l’art de la gentillesse”, que le seul véritable moteur de la 

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gentillesse ne peut être que le désir de venir en aide aux autres, la joie de se montrer généreux et de participer à la vie des autres. Indépendamment de cela, il a été souvent démontré que les personnes gentilles sont plus populaires et plus productives que les autres; elles ont plus de succès dans les affaires; elles se sentent plus heureuses; elles ont une meilleure qualité de vie, et elles se révèlent finalement être plus fortes.

Avons-nous, chacun en nous-même, la possibilité de nous rendre, ainsi qu’à nos pairs, la vie plus facile et plus heureuse ? Avons-nous un moyen simple d’agir contre les maux de notre monde ? Assurément, répond le psychothérapeute Piero Ferrucci, en étant gentil ! Et en cultivant les vertus inhérentes à la gentillesse : l’empathie, la générosité, la fidélité, la loyauté, la serviabilité ou encore la gratitude et le respect.
Si l’on y réfléchit, le bon fonctionnement de notre monde repose déjà en grande partie sur la gentillesse (ou la bonne volonté). Fort de cette idée, l’auteur propose de généraliser ce mode de comportement et d’en faire un véritable art de vivre. La clef du discours de Piero Ferrucci est qu’en se souciant du bien-être d’autrui, on arrive à se trouver soi-même. Non seulement la gentillesse représente une valeur dans une société en perte de repères, mais c’est un outil indispensable pour toucher à son propre bonheur !
Car en se montrant gentil, on se libère de ses peurs, de ses blocages, de la tyrannie de l’ego, et on a finalement le sentiment de s’élever. À condition de ne pas se sentir dans l’obligation d’user de gentillesse, ni de rechercher une forme de gloire personnelle. En effet, tout le secret de la gentillesse réside dans la sincérité, la gratuité et l’authenticité.

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