Ecouter les émotions, c’est tout.
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Pourquoi faut-il écouter les émotions ? D’où viennent les émotions ? Que faire avec les émotions ? Faut-il chercher à :

  • empêcher, contrôler les émotions
  • se dissocier de ses émotions ?
  • les laisser passer et se dissoudre ?

Tout cela, c’est de l’agitation inutile, du marchandage avec la vie, que l’on tente finalement de nier, en essayant de la conformer à ce qui serait tolérable dans nos représentations rassurantes, compatible avec nos petits projets dérisoires.

Soyons sérieux : quand l’émotion se manifeste, on n’y peut rien et ce n’est ni bon ni mauvais, ni bien ni mal.

Cela est. C’est tout.

En fait, il n’y a rien d’autre à faire que d’écouter les émotions.

Regardez profondément en vous

Et observez que :

  • Quand vous êtes triste à cause de quelque chose, c’est la même émotion de tristesse que lorsque vous êtes triste à cause d’autre chose. La tristesse est est donc un processus fondamentalement indépendant de ses causes et de ses objets.
  • Quand vous êtes en colère à cause de quelque chose, c’est la même émotion de colère que lorsque vous êtes en colère à cause d’autre chose. La colère est donc un processus fondamentalement indépendant de ses causes et de ses objets.
  • Quand vous avez peur à cause de quelque chose, c’est la même émotion de peur que lorsque vous avez peur à cause d’autre chose. La peur est donc un processus fondamentalement indépendant de ses causes et de ses objets.

L’émotion est une manifestation de la vie, pure et naturelle. Dans cette perspective, il n’y a pas d' »émotions négatives ». Les émotions, toutes les émotions, c’est un peu la vie qui frappe à votre porte. Qu’y a-t-il besoin de tenter de la manipuler, alors qu’il suffit de l’accueillir et de s’y donner avec toute notre attention ? C’est parce qu’on n’écoute pas les émotions qu’elles se reproduisent sans cesse, créant ainsi en nous un terrain favorable à leur expression, de plus en plus fortes et fréquentes qu’on les refoule.

L’émotion est une réaction du corps. Elle s’inscrit donc dans le corps. Alors, écoutez attentivement et sensoriellement où se manifeste l’émotion. Où dans votre corps se manifeste-t-elle et sous quelle forme ?

Oh, pas pour analyser, non ! Juste pour goûter, pour apprécier.

Comme toute manifestation vitale, l’émotion tend à se développer, puis à se résorber. C’est donc ce qui va se passer. Vous allez ressentir une plus grande tristesse, une plus grande peur, une plus grande colère, puis ces émotions vont se résorber, au profit de l’émotion fondamentale, qui est la joie d’être, la joie de vivre, ou la tranquillité (qui est un autre mot pour désigner la joie).

Regardez maintenant encore plus attentivement

  • Quand vous regardez votre colère, vous n’êtes pas en colère. Pas plus que vous n’êtes en danger quand le personnage d’un roman que vous lisez est en danger. Quand il est en colère, triste ou angoissé, vous, le lecteur, vous êtes serein. Paradoxalement, le fait de voir l’émotion, en vous y associant étroitement, vous en dissocie. Du coup au lieu qu’elle vous déborde, c’est vous qui la contenez.
  • Quand vous êtes conscient d’être triste, vous constatez qu’il y a manifestation de tristesse, et dès lors que vous écoutez les émotions, vous n’êtes pas triste (sans aucun déni). Vous êtes calme, vous êtes tranquille, profondément à l’écoute, stable, non « ému », même si l’émotion se manifeste bel et bien dans le corps à cet instant précis.
  • Quand vous écoutez corporellement votre peur, vous êtes en contact avec le corps, et vous quittez la tête. Vous percevez des manifestations, qui se déploient et se résorbent, tandis que vous ne cherchez ni à les déployer ni à les résorber, mais que vous vous contenter de les accueillir.
  • Et quelque soit l’émotion, peur, tristesse, colère, c’est finalement toujours la joie qui est dessous. La joie de la vie. C’est un peu comme la lumière blanche qui est toujours présente dans le rouge, le jaune et le bleu. De même que les couleurs ne sont que des diffractions de la lumière transparente, les émotions sont des expressions de la vie, de la vie joyeuse par essence.

écouter les émotions

En fait ce qui semble causer les émotions n’est qu’un prétexte, un indicateur qui pointe vers ce qui est à l’origine de toute émotion. C’est à chaque fois la même origine, la vie elle-même. C’est elle qui cause les émotions, pas les circonstances particulières. Il n’y a donc pas à analyser telle ou telle situation pour en déduire je ne sais quoi à propos des émotions (sauf si vous êtes un spécialiste qui publie une thèse dans un cadre spécifique). Il suffit de voir une fois pour toutes (et de s’en régaler à chaque fois ensuite) que toute émotion est manifestation de la Vie, et que toute situation est prétexte à la célébrer. Ainsi peu à peu on se déporte du contenu des émotions, à ce qui les suscite. Par exemple, on se déprend des circonstances particulières qui déclenchent le plaisir, pour être avec la joie pure, qui n’a pas de cause. La Joie est à elle-même sa propre cause !

Rien à faire à part écouter les émotions

Les émotions sont des contenus, que vous accueillez depuis un espace plus vaste. Cet espace vaste, qui contient les émotions, c’est vous. Ces émotions, que vous contenez, ce sont les vôtres, et il n’y a rien à rejeter, rien à manipuler. Tout cela est vide, tout cela n’est que transformation passagère. Les émotions vont trouver leur place toutes seules, comme n’importe quelle fonction physiologique se gère d’elle-même, sans votre intervention. Vous digérez, respirez, renouvelez vos cellules, luttez contre un virus, sans intervenir volontairement. Le corps (la vie) fait ce qu’il a à faire de lui-même. Et il le fait très bien. Regardez donc le nombre d’étoiles dans le ciel et le tout petit nombre de chocs entre planètes, par rapport au nombre d’accidents sur nos quelques routes. Les accidents, ce n’est pas la nature qui les produit, c’est nous et notre mental, qui veut tout contrôler et qui est très limité. Tandis que la vie, elle, est sans limite ! S’il y a un accident ici, elle se reconstruit à côté. S’il y a un éboulement quelque part dans la nature, cela ne change rien à son équilibre global.(voir à ce propos : « Se faire violence à soi-même ?« )

Ecouter le processus, pas le contenu

Le tort que l’on a, c’est de vouloir comprendre ou maîtriser l’émotion. Alors on s’attache aux contenus qu’elle charrie. Mais, c’est inutile. Je n’ai pas besoin de comprendre ce qui m’angoisse pour me libérer de l’angoisse. D’abord, je n’ai pas besoin de m’en libérer, j’ai besoin de la vivre et de l’apprécier, en tant que manifestation de la vie. Là, l’angoisse étant vue, elle n’a plus de prise. Au contraire, elle ramène à la tranquillité et à la joie de se sentir en vie. Rien besoin de comprendre, l’angoisse se dissipe d’elle-même. Et au passage, on voit clairement en effet ce qui la provoquait, tandis que cette raison cesse de provoquer en soi cette réaction. Mais cette vue s’élève d’elle-même, sans effort volontaire, sans analyse.

Pourquoi fait-on de la moto, pourquoi fait-on du delta plane, pourquoi risque-t-on parfois des fortunes au jeu, pourquoi s’adonne-t-on à diverses addictions dangereuses (et que la morale réprouve la plupart du temps), etc… ? Souvent pour ressentir la peur. Toujours pour ressentir le frisson de l’émotion. Et si on paye pour ça, c’est parce que c’est bon de le ressentir. Et pourquoi est-ce bon ? Parce que lorsque cela cesse, on se retrouve en paix, un instant du moins…Et aussi parce que juste avant que cela ne cesse, on se sent intensément en vie. Tous nos sens sont éveillés, on se sent profondément présent.

L’émotion c’est la vie qui frappe à notre porte !

Ecouter les émotions, sans les interpréter, c’est aimer la vie. Il faut du courage, un peu. Il faut surtout de l’amour, l’amour de la vie. Pas l’amour du cosmos ou de je ne sais quelle abstraction respectable. Juste l’amour de la vie qui se manifeste maintenant, par moi et en moi (si on peut dire qu’il y ait un « moi » quelque part). L’émotion nous cherche, depuis notre enfance. Et souvent, depuis notre enfance, nous la fuyons. Mais sous une forme récurrente propre à la structure caractérielle qui a forgé notre personnalité (une récurrence de jalousie, d’angoisse, de rancune, de mélancolie, de désespoir, de rage, de dégoût, de honte, de nostalgie, d’amertume, d’optimisme, de courage, de bonne humeur, etc…) c’est la vie qui nous cherche, qui cherche à se donner à nous, à se manifester en nous (voir à ce propos : « Une vie spirituelle »).

Comment écouter les émotions ?

C’est facile, il n’y a rien à faire ! Il faut rester attentif, sans rien faire. Petit à petit, dans cette disponibilité à l’émotion, celle-ci émerge et se déploie dans le champ de la conscience. La connaissance de l’émotion vous « touche », elle vous étreint, vous êtes empli d’elle, et elle se retire après vous avoir fécondé. Elle laisse en vous son empreinte d’expérience et de sagesse. Vous êtes ainsi de plus en, plus souvent et profondément marqué par la vie, qui peut dès lors s’exprimer en vous. Et plus vous êtes ainsi « visité » par la vie (comme l’ange Gabriel visite Marie), plus vous êtes vivant et vibrant.

Il n’y a pas d’ascèse ou d’exercice à faire pour s’entrainer. Il y a juste à se laisser entrainer sur la piste de danse quand la vie nous prend par la main. A la prochaine émotion, au lieu de rester assis à vous ennuyer à regarder les autres danser et s’amuser, levez-vous et laissez le rythme s’emparer de votre corps ! C’est pareil pour l’émotion. Ne rien « faire », juste demeurer à l’écoute, intensément présent à ce qui est là, maintenant.

Et à chaque fois, l’écoute des régions du corps mobilisées par l’émotion redonne vie à ces régions, qui avaient été d’abord tétanisées et insensibilisées par le refus.

L’émotion est la conséquence d’un refus

Quand on se met à l’écoute des émotions, on est mis en contact avec nos refus. Et écouter un refus, c’est déjà un premier pas vers l’acceptation : j’accepte le refus, en le constatant, en constatant ses effets. Après le refus cesse progressivement, tandis que la contraction se défait. Mais il n’y a pas besoin de détendre ou de relaxer quoi que ce soit. Il suffit d’écouter la tension corporelle, d’accueillir la contraction. D’elle-même, cette dynamique va se libérer, en libérant son histoire. Mais il n’y a pas à se raconter d’histoire à propos de ces histoires. Des histoires, il est normal qu’il y en ait. Quelle importance et quel intérêt ? On voit l’histoire, comme détaché d’elle, tout en étant pleinement associé au vécu intime de l’instant présent (voir à ce propos : « Rien à regretter, oser vivre l’instant présent sans en rajouter« )

Ecouter les émotions, c’est guérir par l’acceptation

Par l’écoute de l’émotion, le refus est vu. Et tandis que le refus capitule, est vue aussi son inutilité. Il n’y avait pas besoin de refuser, parce qu’il n’y avait finalement rien à craindre. J’ai craint parce que je me suis pris pour une réduction de moi-même qui serait limitée et vulnérable, tandis que je vois petit à petit de mieux en mieux que je suis la vie elle-même, certes sensible et vulnérable, mais indestructible. De quoi aurait besoin d’avoir peur la vie, elle qui est tout ? D’elle-même ? Absurde. On ne peut avoir peur que de l’altérité, dans une perspective de limite et de séparation. Mais si je suis Tout, il n’y a pas de limite, pas à proprement parler d’autre. Je n’ai rien à craindre. Je ne suis qu’unité, amour, acceptation, écoute. Et rien n’est figé, tout se transforme. Et l’écoute de la manifestation nous forge, nous densifie dans l’ouverture. L’ouverture au Tout Autre, au Tout Autre que je suis, finalement. Que serais-je d’autre ? Que puis-je être d’autre, puisqu’Il est Tout ? Quelle arrogance de se croire ceci ou cela…

Au-delà de la dualité apparente, il y a l’Unité que je suis, parce que je ne puis être qu’Elle (ou « Lui » comme on dit dans nos Traditions).

Et ça peut prendre combien de temps ?

Aucune idée. Et également : sans aucun intérêt.

Comprenons plutôt qu’il n’y a pas d’objet à se libérer de quoi que ce soit. La vie s’occupe elle-même de nous inviter. Et un jour, on ne sait pas trop ni pourquoi ni comment, ce qui paraissait un idéal lointain et inaccessible devient de plus en plus une expérience vécue.

  • Avant, on se faisait une théorie, une projection, qui n’était finalement qu’une mise à distance.
  • Et puis, sans effort ni mérite (pas davantage qu’il n’y avait auparavant à entretenir de Sentiment de culpabilité), un jour on constate que la chose se produit, d’elle-même, d’une manière singulière à chaque fois, et de plus en plus constamment au travers des changements incessants.

L’éveil de la conscience est alors tel qu’il devient indéniable. Il n’y a pas à s’en vanter, ni non plus à s’en cacher, tellement c’est simple et naturel. Et tandis que les émotions continuent de se présenter, elles sont vues, même dans l’inconfort. Si bien que la Présence est telle (même lorsqu’elle semble poindre modestement) qu’on ne se sent plus jamais seul. On est vivant, conscient d’être, et intensément présent. A l’avant scène de nous-même, notre « personnage » s’affaire, tandis qu’à l’arrière plan, un état fixe et tranquille est toujours disponible, attentif à ce qui se manifeste. Et entre les deux, il est de plus en plus évident que « je suis »…

Le temps de l’éveil

Et de ce fait, où que se déplace le curseur, quel que soit l’endroit où se place le centre de gravité, il y a toujours cette conscience d’être présent sur deux plans simultanément :

  • De l’avant-plan, je sens la Présence latente de l’arrière plan.
  • A l’arrière plan, j’embrasse l’avant plan, affectueusement et avec amitié, dans un sourire qui semble émaner de lui-même.

écouter les émotions

Un peu comme la lumière luit au fond du tunnel, un point fixe se témoigne, du sein même de l’expérience ordinaire du quotidien. L’éveil est un bien grand mot. Mais quel meilleur mot finalement pour désigner ce processus en cours. C’est très ordinaire, pas spectaculaire du tout, mais ô combien surprenant quand même, si bien qu’on est presque incrédule vis-à-vis de soi-même. On ne s’en aperçoit pas forcément, comme dans le cas où un déchirement brutal du voile aurait soudain provoqué une irruption de la Lumière dans les Ténèbres. Et pourtant c’est bien un peu de cela dont il s’agit tout de même : d’une lucidité croissante, d’une tranquillité par delà les vicissitudes quotidiennes, d’un sentiment de responsabilité et de liberté intrinsèque, d’une joie simple, la joie d’être et de constater le courant de vie…

C’est ainsi, sans histoire, sans tambours ni trompettes, juste parce que c’est l’heure, et que cela veut qu’il en soit ainsi.

Soyons confiant et en paix, car c’est inexorable :

  • Si vous voulez vous éveiller, c’est que vous avez déjà été touché et que le processus est en cours.
  • Et dans le cas contraire ? Vous ne seriez probablement pas en train de lire ce texte 🙂

La vie ne s’arrête pas là. Au contraire, elle ne fait que commencer…

Et ce processus peut prendre des formes très variées. Il s’actualise chez certains d’une manière brutale, spectaculaire, déstabilisante peut-être, tandis que chez d’autres il est discret mais tout aussi réel et profond. Il est inutile d’en parler d’une manière personnelle, car c’est sans intérêt et il ne s’agirait pas de se forger une nouvelle fausse identité à partir de cette dissolution de la personnalité. D’ailleurs, celle-ci ne disparaît pas, elle est juste vue et acceptée comme faisant partir de l’histoire du personnage à l’avant-plan. Elle est fonctionnelle. Il faut bien être né quelque part, comme on dit (tandis que « je » ne suis pas né, c’est le corps qui naît et meurt) et avoir une trajectoire, avec des conditionnements divers. Ce n’est pas grave, c’est juste les cartes qu’on a pour jouer. Et la partie peut être intense et violente, mais ce n’est pas une raison pour s’y croire et prendre tout ça au sérieux. La vie est légère, quand on cesse de lui demander quoi que ce soit. Il suffit de l’accepter et de se laisser accompagner, ou d’accompagner le mouvement (disons-le comme on voudra).

Dans cette perspective, il n’y a pas à se comparer à quiconque. Ce qui se présente là est neuf à chaque instant, malgré les réflexes qui voudraient reconnaître et répertorier, associer, étiqueter. Cet automatisme est vu à son tour, et progressivement brûlé, éventé, dissout, désintégré… Il reste la Présence, qui accueille ce qui est.

On ne va quand même pas en faire un plat ou un livre 🙂 !  Il est bien plus intéressant de le vivre que de se le raconter.

Pour revenir à l’émotion, dont nous sommes partis au début de cet article, elle est donc un appel de la vie pour nous ramener à elle, littéralement : pour nous ramener à la vie, tandis que nous nous tenions figés et partiellement désensibilisé, dans une attitude défensive, comme à côté du flux. C’est une joie, quand le sang réinvestit un membre engourdi. Au début il y a des fourmillements, presque désagréable, parce qu’ils donnent la mesure de l’inertie à travers la dynamique qui se réinstalle. C’est d’ailleurs une expérience d’écoute sensorielle très intéressante que de rester profondément attentif à ces sensations de la circulation sanguine, qui reprend ses droit dans un membre ankylosé.

Enfin, pour demeurer encore un instant en bonne compagnie, et dans une certaine légèreté, voici une video sympa. Elle ne paye pas de mine, parce qu’elle est rigolote, mais elle est bien documentée et très pertinente. Et j’apprécie ce qui semble animer ses auteurs : transmettre des questions par l’humour, pour éveiller la dignité humaine, et sortir du « tout le monde s’en fout ». Ils me font marrer ces jeunes gens, et l’acteur est bourré de talent.

L’émotion serait un signal du cerveau pour nous indiquer qu’il y a quelque chose à faire pour se sentir mieux. Le mieux ce serait donc d’écouter ce que dit l’émotion. Pour cela il faut donc bien écouter les émotions…

Une minute de colère nécessite une heure de travail pour évacuer l’excès de cortisol secrété par le cerveau.

Si on le brûle pas dans l’action, c’est cette hormone elle-même qui nous brûle des neurones. Il ne faut donc ni se laisser déborder et emporter par l’émotion (parce que là, les conséquences physiologiques sont très lourdes), ni non plus réfréner la manifestation de l’émotion, parce qu’alors, elle s’accumule et se manifeste de façon détournée avec une plus grande violence. Un peu comme si on faisait un barrage dans une rivière : au bout d’un moment la pression fait éclater le barrage !