Peut-on comprendre la peur et s’en débarrasser ?

comprendre la peur

La peur se manifeste sous différentes formes : obsessions, perfectionnisme, addictions au travail, angoisses, agitation mentale, besoin de contrôle etc…

Nous sommes tous un peu victimes de la peur d’une façon ou d’une autre, sans même nous en rendre compte parfois.

Comment s’en sortir, et ne plus avoir peur ?

La peur est parfois bien utile…

En reconnaissant l’utilité de la peur, on peut l’apprécier, l’apprivoiser et même s’en faire une alliée. 

De même que pour aller de l’avant, il faut prendre appui sur un point fixe : avant de transformer éventuellement la peur en autre chose, il faut déjà savoir quelle est sa fonction positive.

En effet, la peur provoque plusieurs effets intéressants :

  • Un surcroît d’adrénaline pour fuir ou se défendre en cas de danger physique
  • Et le développement de qualités de fond telles que : la prudence, l’anticipation et la prévoyance, l’attention et la vérification, l’aptitude à prendre des précautions et respecter des mesures de sécurité, etc…

Cette émotion naturelle n’est donc pas à rejeter.  Comme toujours cependant, les problèmes commencent quand on dépasse la mesure (que ce soit en la refoulant, ou en se laissant déborder par la peur) !

Comprendre la peur : elle n’est souvent qu’un fantasme

 

comprendre la peur

 

Au-delà des fondements objectifs, qui peuvent justifier “raisonnablement” de considérer certains paramètres dans une analyse de risques, la plupart de nos peurs ne sont pas fondées. Elles ne sont que des ombres sur un mur, sans consistance véritable, mais tout de même capables de déterminer nos comportements, à notre insu.

C’est ainsi que nous sommes tous plus ou moins victimes de peurs déraisonnables, chroniques, et inconscientes, qui n’apportent rien de vraiment utile…

 

La peur est toujours un processus, sans fin…

… dont les contenus ne sont que des prétextes !

Tout comme le bien-être, ou la joie de vivre, il faut comprendre la peur en tant qu’un état, un processus dont les contenus sont inconsistants, mais dont il faut se libérer.

Avoir peur est hélas “un choix par défaut”, c’est-à-dire un choix que l’on ne choisit pas mais que l’on perpétue par habitude, sans s’en rendre compte. A cause d’émotions anciennes qui s’expriment dans le présent, en trouvant de nouvelles façons de se mettre en scène, même s’il n’y a plus de raisons d’avoir peur, les réflexes sont là, qui déterminent nos réactions, même discrètement.

Comme c’est le cas pour beaucoup de répétitions (voir plaintes, reproches, et justifications)  c’est la même scène qui se reproduit quelles que soient les circonstances. Comme si on prenait ces circonstances comme support, presque comme prétexte, pour rejouer les mêmes émotions, encore et encore… 

Tant qu’on ne l’aura pas démasquée et remplacée par un processus plus adapté (comme la confiance ou l’optimisme délibéré), la peur trouvera toujours de nouveaux sujets d’inquiétude, pour  se justifier…

Notre cadre de référence ayant tendance à s’auto-confirmer, la peur peut par exemple nous faire prendre des mesures de prudence excessives, qui paradoxalement entretiennent le climat d’inquiétude au lieu de nous rassurer. C’est ainsi que les efforts que nous déployons sans nous en rendre compte pour nous calmer et nous rassurer, finissent pas contribuer à notre agitation et notre inquiétude. C’est un cercle vicieux, auto-alimenté, potentiellement sans fin…

Comprendre la peur : elle commence très tôt

comprendre la peur

 

Sans évoquer ici les terreurs enfantines, qui peuvent être liées à des situations extrêmes et résulter de traumatismes graves, prenons simplement l’exemple d‘une peur relativement anodine, qui a pu s’installer progressivement à l’école, si on n’a pas eu un goût particulier pour la fréquentation de cet établissement. On vous a peut-être dit quand vous étiez petit qu’il fallait bien travailler à l’école, avoir de bonnes notes, pour avoir plus de chances plus tard de trouver un travail gratifiant. Si par malheur, cela vous a inquiété sur votre avenir, la peur s’est immiscée dans votre vie à cet endroit-là, et vous avez commencé à appréhender les interrogations écrites et les examens, avec la crainte de ne pas les réussir.

 

Des peurs actuelles…

Ensuite, la peur s’est peut-être prolongée sous d’autres formes : peur de ne pas être à la hauteur lors d’une présentation stratégique, peur des résultats de votre entretien annuel d’évaluation ou de l’issue d’un entretien de négociation, peur de perdre un client, ou encore peur de ne pas réussir à réaliser vos objectifs, etc…

Personnellement, sans pour autant être perclus d’angoisse et tout en cultivant résolument une certaine dose de confiance et d’optimisme,  je me rends compte, que j’ai connu un peu toutes ces peurs là, et les connais encore…

Vous direz peut-être que ces peurs ordinaires ne sont pas bien graves. Et vous avez raison. Mais combien coûtent-elles au quotidien : en termes de tensions et de soucis inutiles ? Combien de disponibilité et de joie de vivre cela nous retire-t-il, hantés que nous sommes par la rémanence de nos vieilles histoires passées !

La chaîne de la peur

Par exemple, comme beaucoup de gens, je n’ai pas tellement confiance en notre système de retraite, craignant qu’un jour les caisses soient vides, malgré des années de cotisations de chacun ! A partir de cette première peur (qui n’est déjà qu’à moitié rationnelle) je me dis donc qu’il faut que j’atteigne un certain niveau de revenus annuels, pour pouvoir investir un peu et ainsi préparer ma retraite. Il n’est nullement obligatoire que de la peur se glisse dans cette démarche. Mais il se peut aussi que cela arrive insidieusement tout de même.

Dans mon cas, je retrouve des traces de cette peur dans une certaine appréhension diffuse qui se glisse un peu partout : peur de ne pas réussir une mission, peur de ne pas satisfaire un client, peur de rater une affaire. Pour les mêmes raisons, d’une manière plus générale, je peux aussi ne pas être totalement serein d’atteindre mon objectif annuel de chiffre d’affaires…

Si on examine la chaîne qui relie des peurs anciennes à des réactions du présent, même insignifiantes, voici par exemple ce que cela peut donner :

  • A mon insu, j’ai nourri pendant mon enfance quelques doutes sur mon avenir, empruntés aux inquiétudes que nourrissaient mes parents à mon égard
  • Je garde une trace de ces doutes sous forme d’une inquiétude irraisonnée par rapport à mes revenus. Ainsi, je suis légèrement inquiet par rapport à l’actualité économique du monde et à notre avenir financier ( et donc par rapport au mien…)
  • Donc je me dis que ce serait bien d’investir par moi-même pour préparer ma retraite, sans compter sur le système, qui paraît bien peu fiable
  • Pour investir, j’ai besoin de dégager des bénéfices, pour pouvoir épargner
  • Cette année, je me sens un peu tendu par la perspective de résultats moins bons que l’an passé (rien de grave, donc pas de raison objective de se tourmenter, mais tout de même je sens bien que c’est un peu moins fluide)
  • Du coup, à chaque opportunité nouvelle, j’ai un peu d’appréhension de la rater… ce qui fait que je suis moins créatif, moins libre, moins affirmé, et que je rate peut-être certaines d’entre elles, précisément à cause de cela…
  • Dans ce cas, c’est ainsi une peur ancienne, qui n’a pourtant plus cours aujourd’hui, qui continue de me polluer, en provoquant chez moi les petites rigidités évoquées plus haut, qui provoquent justement ce que j’appréhende et cherche à éviter…
  • La boucle de renforcement négatif est alors en place : les résultats légèrement dégradés, justifient mon sentiment d’insécurité, qui se renforce et me pousse à d’autres actions depuis la même posture, qui précisément est celle qui fait échouer davantage !…

… Et cela peut tourner longtemps, jusqu’à ce qu’une crise soit l’opportunité de changer la logique de ce joli système.

Un coaching est bienvenu pour faire ce travail de revisiter ses vieilles croyances et de s’ouvrir à des solutions innovantes !

Ce n’est qu’une illustration représentative d’un doute induit dans le passé, qui trouve aujourd’hui sa confirmation dans le présent .
Chacun trouvera ses propres exemples, dans tous les domaines de sa vie. Cela va des petites choses comme dans l’exemple précédent, à des choix plus structurants (de couple, d’éducation, de métier, de maison…), tous contraints par des traces plus ou moins importantes de peurs non identifiées, qui voyagent incognito dans notre actualité.

Une peur, qui se cache bien…

De même qu’on ne peut devenir expert que des difficultés qu’on a surmontées, on ne peut maîtriser que des problèmes qu’on a rencontrés !

Parfois on fait beaucoup pour canaliser sa peur. Du coup, on investit beaucoup d’énergie dans la prévention de nos peurs. Et dans une certaine mesure, cela fonctionne pas mal, si bien qu’ on n’a pas l’impression d’être agi par la peur. En fait cette personne qui maîtrise bien sa peur, est même généralement dans un état de calme et de confiance. Que peut-on en dire : a-t-elle peur ou pas finalement ?

  • Non, elle n’a pas peur, puisque dans l’ensemble elle est confiante et sereine
  • Si, elle a finalement pas mal peur quand même, puisque à y regarder de plus près, elle met beaucoup en oeuvre pour pallier ses inquiétudes latentes
On le voit, comprendre la peur en soi, n’est pas si facile quand on n’est pas un peu soutenu, accompagné…
Il en va de même pour les personnes nerveuses, qui se sachant agitées intérieurement, font beaucoup d’effort pour rester calmes extérieurement… Souvent elles y parviennent, et dans une certaine mesure cela contribue en effet à les calmer à l’intérieur ! Du coup, ils pourraient donner l’impression à des observateurs de passage d’être plutôt sereins. Mais le sont-ils vraiment ? Combien d’énergie leur coûte le fait de garder la tête froide, alors même que leur mouvement premier qu’ils canalisent énergiquement est l’agitation ? Leur entourage immédiat ressent bien leur nervosité, mais eux s’imaginent de toute bonne foi être très calmes.
C’est ainsi que je n’ai découvert certaines peurs qu’assez récemment, alors que je vis avec depuis presque toujours !

Passer de la peur inconsciente à la confiance délibérée

Pour en sortir, on peut chercher à conscientiser ce qui nous anime. Comme dans mon exemple, on peut mettre à jour une réaction en chaîne de causes et d’effets, en comprenant comment les effets renforcent les causes, et finissent même par devenir des causes à leur tour.

Dans cet exemple, on voit bien qu’il s’agit d’un processus, qui s’auto alimente, tant qu’on ne le débranche pas ! Comprendre la peur, c’est voir cela bien en face, et laisser les peurs s’échapper comme de la fumée..

Mais cette démarche d’introspection est généralement longue, souvent subtile, et parfois douloureuse. Sans dire pour autant qu’elle soit inutile, disons seulement qu’il est également très intéressant de procéder de façon complémentaire. Le coaching peut aider à mettre en place des comportements plus alignés avec la confiance que l’on décide d’engager délibérément.

Il existe aussi des techniques de calme et de confiance délibérée, que l’on peut pratiquer tout seul. Aller plus loin pour comprendre la peur et la dépasser :

 

Il y a la peur instinctive du corps, celle qui le protège des dangers de la nature, en l’incitant à fuir ou à combattre. Et il y a la peur psychologique, qui n’a n’est pas en rapport de proportion avec les circonstances objectives. Cette peur vise à protéger notre identité factice, l’ego, la personnalité que nous nous sommes construite, à force de croyances à propos de qui nous serions. Cette peur se manifeste lorsque quelque chose semble menacer notre identification à notre “moi”…