Comment formuler un objectif efficace ?

En début d’année, il est de coutume de prendre « des bonnes résolutions » !

Se fixer un objectif efficace est assez simple, et c’est une condition de réussite du plan d’actions qui en découle.

Il y a plusieurs règles simples à respecter, pour mettre en oeuvre avec succès vos bonnes résolutions, pour transformer un voeu pieux en objectif efficace.

Rappelons-les :

UN OBJECTIF EFFICACE DOIT ÊTRE EXPLICITE

Seul un objectif explicitement formulé peut être partagé, remis en question, complété, affiné, et finalement : décidé consciemment et volontairement !

  • Un objectif implicitement sous-entendu, ne provoque qu’un effet … implicite. Il risque de n’être pas perçu ou interprété de manière aléatoire.
  • Un objectif formulé produit donc un effet d’attraction plus intense.

UN OBJECTIF EFFICACE DOIT ÊTRE PRÉCIS ET SPÉCIFIQUE

  • Spécifique, car une cible trop vague concentre mal l’énergie.
  • Précis, pour indiquer une cible très claire, qu’on ne peut pas perdre de vue, et sur laquelle se concentrer. En se focalisant dessus, les dispersions sont bannies et les priorités se dégagent d’elles-mêmes.

UN OBJECTIF EFFICACE DOIT ÊTRE UN PEU VERTIGINEUX

  • L’objectif efficace doit être désirable, car c’est le meilleur moyen de mobiliser l’énergie. Il faut pour cela réfléchir aux leviers de mobilisation qui sont autant collectifs qu’individuels.
  • Il doit même être un peu vertigineux, parce que dans ces conditions, il crée une tension dynamique, en surlignant l’écart entre maintenant (qui n’est pas satisfaisant) et plus tard (quand la situation désirée sera établie). L’objectif ambitieux produit de la frustration tout de suite au profit d’un élan vers un mieux espéré. Un bon objectif induit le dépassement de difficultés réelles, il doit donner envie et aussi un peu le vertige, sinon autant ne pas s’en fixer et se contenter de mettre un pas l’un devant l’autre et se laisser porter par le chemin.Attention cependant : quand la formulation d’un objectif amène à trop se concentrer sur le manque immédiat, au détriment du chemin et du plaisir à le parcourir, il focalise l’attention de façon contre productive sur ce qui retient en arrière. Ainsi, quand l’objectif, crée plus de frustration que d’action, quand il empêche d’être bien tout de suite au profit d’un lendemain hypothétiquement meilleur, alors c’est lui qui devient le problème. La solution : réajustez l’objectif, le problème cessera tout de suite … !

UN OBJECTIF EFFICACE DOIT ÊTRE RÉALISTE ET NE DÉPENDRE QUE DE VOUS

  • S’il n’est pas réaliste, il vous décourage par avance et vous immobilise.
  • Si le progrès impliqué par l’objectif ne dépend pas entièrement de vous, la situation risque de vous échapper, et les paramètres extérieurs seront potentiellement facteurs d’inertie, et de nouvelles contrariétés

Quand l’objectif efficace est ainsi formulé correctement, il reste encore une petite chose à faire, pour s’assurer qu’il exercera son effet de façon durable…

FIXEZ-VOUS DES ÉCHÉANCES ET DES INDICATEURS DE MESURE

Pour pouvoir évaluer périodiquement votre avancement de façon objective et concrète. C’est stimulant de constater que les choses avancent. C’est important de pouvoir corriger le tir lors d’une échéance intermédiaire, quand on constate un écart par rapport à la cible. Mieux vaut s’apercevoir du dérapage à temps pour pouvoir réagir, plutôt que de subir l’échec à la fin, quand c’est trop tard…

3 ÉTAPES POUR FIXER UN OBJECTIF EFFICACE

Voici un mini guide en 3 étapes :

Situation désirée : Décrire de façon positive la situation cible, quand votre objectif de coaching sera atteint

  • Qu’est-ce qui sera différent ?
  • Que ferez-vous différemment vous-même quand votre objectif de coaching sera atteint ?
  • Quels nouveaux comportements saurez-vous mettre en œuvre ?
  • Quelles compétences nouvelles aurez-vous acquises ?
  • A quoi verra-t-on, concrètement, que l’objectif de coaching sera atteint ?

Enjeux  

  • Quel est l’objectif de cet objectif ?
  • Cela apportera quoi à qui ?
  • Que se passerait-il d’important si rien ne changeait ?

Après avoir répondu à ces deux questions, penchez-vous sur cette troisième question, qui commence à envisager les moyens et les conditions de réussite de votre objectif de coaching individuel :

Conditions de réussite

  • Quelles compétences actuelles va-t-il falloir que vous mobilisiez ?
  • Sur quelles expériences antérieures réussies pouvez-vous capitaliser
  • Trouvez des exemples de situations où vous avez déjà bien réussi dans le domaine où vous cherchez à faire des progrès

Parler à un coach

VISEZ PLUTÔT DES RÉSULTATS AMBITIEUX

Souvenons-nous que pour aller loin, il faut souvent viser encore plus haut. Il faut s’entrainer à regarder souvent dans la direction du succès plutôt que de se focaliser sur les difficultés et les échecs qu’on  risque d’essuyer en chemin.

Les premiers à avoir développé avec force et efficacité ces techniques de visualisation sont les coachs sportifs.

De même qu’un champion de tennis bien déterminé à gagner ne quittera pas des yeux la  balle et se déplacera alors naturellement au bon endroit pour la frapper avec le bon tempo, une équipe bien focalisée sur le résultat qu’elle désire et bien concentrée sur les tâches à accomplir, marquera des points et sera encouragée par la dynamique de succès qui en résultera.

PROJETEZ-VOUS TOUT DE SUITE SUR LA LIGNE D’ARRIVÉE

Rien de tel qu’une vision partagée de résultats ambitieux, pour aspirer vers l’avant, et exercer une « traction positive » sur le désir.

Ce travail sera d’autant plus efficace s’il est effectué en groupe, en se projetant dès le début sur la ligne d’arrivée.

Plutôt que de poursuivre une cible abstraite et lointaine, toujours suspectée d’être irréaliste et inaccessible, décrivez maintenant comme s’ils étaient actuels les résultats ambitieux que vous souhaitez atteindre. Visualisez-les déjà réalisés, imaginez « à quoi cela ressemblera concrètement une fois terminé » pour mieux caractériser et faire vibrer votre cible. En la nourrissant ainsi d’énergie, elle prendra vie peu à peu dans votre expérience.

Ainsi, lorsque des obstacles se présenteront, vous ne vous contenterez pas de subir ou d’envisager des idées générales et des bonnes intentions pour le solutionner, mais vos ressources seront plus puissamment stimulées et vous trouverez naturellement des actions cohérentes, alignées sur vos résultats.

Le pouvoir de la visualisation n’est plus à démontrer. Le pouvoir de la visualisation a été étudié scientifiquement dans de nombreux domaines, tels que :

  • le sport de haut niveau, l’expression artistique
  • la thérapie des addictions et des phobies,
  • la préparation aux examens,
  • l’apprentissage des élèves (qu’il s’agisse de compétences techniques ou d’acquisition de savoirs).

De nombreuses études scientifiques attestent de résultats probants et surprenants…

Il existe deux types de visualisation : réaliste et symbolique.

  • La visualisation réaliste suggère des images réalistes d’une situation, généralement tirées de votre quotidien. Cette scène peut inclure des gens (connus ou inconnus), des lieux, des ambiances, des sensations, des saveurs, des odeurs, ou toutes références mentales qui vous aident dans votre processus. Mais ils sont extraits de votre expérience réelle.
  • La visualisation symbolique, recourt aux symboles et aux archétypes : s’imaginer enveloppé de lumière, rencontrer un mentor, contempler un paysage conté émotionnellement pour vous (si par exemple un sommet représente la réussite, oui le bord de mer vous procure une sensation de vastitude).

Chacun est différent, et chacun doit trouver la technique ou l’approche qui lui convient le mieux. Chaque pratique doit donc être adaptée aux besoins et objectifs de chacun. Mais, le pouvoir de la visualisation peut être stimulé à travers des séances qui durent généralement entre 10 minutes et une heure environ.

Il vous faut d’abord choisir sur quoi vous allez faire travailler le pouvoir de la visualisation.

Ensuite construisez le contenu de votre visualisation. Vous pouvez le faire de façon simple comme dans notre premier exemple, ou de façon plus élaborée comme dans le second.

TECHNIQUE DE L’IMAGE INSPIRANTE

Choisissez une image qui vous inspire, comme celle d’un nuage noir, pour symboliser ce dont vous voudriez vous débarrasser, comme une timidité, une appréhension, un dégoût, une tristesse, une colère, etc…

Supposons que vous vouliez vous débarrasser d’une migraine ou d’un tout autre problème de santé ou maladie.

Asseyez-vous confortablement sur une chaise ou allongez-vous dans votre lit. Concentrez-vous quelques instants sur votre désir de vous libérer de votre douleur ou problème de santé. Prenez le temps de ralentir consciemment votre respiration. Puis commencez à visualiser à chaque expiration, un gaz noir qui s’échappe de vos narines, tandis qu’avec lui, s’échappe la migraine ou les problèmes qui sont en vous et dont vous souhaitez vous purifier. Visualisez également qu’à chaque inspiration, de l’air pur entre en vous et imaginez-vous que cet air vous purifie de toutes maladies et de tout déséquilibre.

Parler à un coach

TECHNIQUE DU FILM

Construisez mentalement un film dans lequel vous êtes le scénariste, le réalisateur, et aussi l’acteur principal. Vous pouvez y mettre les acteurs que vous voulez dans les lieux que vous voulez. Faites-les agir et parler selon vos désirs, vous êtes le patron de votre création intérieure. Créez votre mise en scène en incorporant des affirmations positives afin d’orienter votre subconscient dans la direction souhaitée.

Construisez un enchainement de plusieurs scènes :

  • Vos ressources, vos appuis, vos talents : dans cette scène, vous visualiserez de façon amplifiée tout ce dont vous avez besoin pour réussir
  • L’action résolutoire, les actes héroïques, les talents et les compétences à l’oeuvre : dans cette scène visualisez-vous en train de réussir admirablement
  • Le résultat, les bénéfices, la jouissance de la situation désirée : dans cette scène vous mettrez en place les différents éléments dont vous aimeriez bénéficier une fois la situation cible obtenue (votre victoire, quel que soit votre choix à cet égard)

Représentez-vous mentalement chacune de ces 3 scènes avec le plus de précision possible, comme si vous la viviez réellement, comme si vous étiez sur les lieux de votre film intérieur. Voyez l’emplacement physique des lieux : les meubles, la décoration, la luminosité, les personnages éventuellement, les dialogues principaux, etc… La visualisation ne se limite pas au seul sens de la vue mais également aux autres tels que l’ouïe, l’odorat, le toucher, etc.  Incluez donc dans votre scénario des parfums, des couleurs, des sons, etc…

Au fur et à mesure que vous vous voyez en train de disposer des ressources nécessaires et d’atteindre avec brio le but que vous vous êtes fixé, laissez-vous imprégner d’une joie profonde, lors de chaque progrès visualisé.

Projetez régulièrement ce film sur votre écran intérieur, à tous les soirs ou à tous les matins.

TIME FOR ACTION !

Le résultat ne dépend pas des histoires que vous vous racontez : vos espoirs ni vos craintes n’y changeront rien.

Après avoir formulé, affirmé, déclaré, visualisé autant que vous voudrez… Il va vous falloir agir !

  • Ce sur quoi vous avez une prise, faîtes-le
  • Ce sur quoi vous n’avez pas de prise, acceptez-le

C’est tout. C’est peu mais c’est déjà énorme. Alors faîtes ça déjà, et vous verrez que vous vous sentirez tout de suite mieux. L’action et le mouvement ont quelque chose de libératoire, l’énergie ainsi mobilisée, débloque aussi les pensées et les émotions.

Il n’est pas forcément besoin d’entreprendre de très grandes choses, tout de suite, mais ne restez pas trop longtemps inactif et statique. Trop réfléchir ne fait que vous enfermer dans votre tête. La solution c’est de se mettre en mouvement, par des petits pas, des petites choses qui vous mettent en action dans la bonne direction.

 

ET SI TOUT CELA N’ÉTAIT QU’UN JEU ?

Mettez-vous dans la peau du personnage qui va au travail, qui répond au téléphone, qui s’occupe des enfants, ou qui relationne avec sa/son partenaire, mais tout en observant de l’intérieur le « jeu » : la scène, soi, l’autre, les autres, tous en train de jouer sans s’en rendre compte, comme dans un rêve (voir l’article : « s’éveiller de l’état de veille).

Changer de perspective de cette manière originale vous aiderait à prendre un peu de hauteur, à être davantage conscient de vous, davantage attentif aux signaux faibles…

Vous êtes bien là, complètement présent et disponible, si bien qu’il devient même inutile de « jouer un rôle », il suffit d’être vous-même et de faire face à la situation, sans vous prendre au sérieux.

Vivez cela de façon à la fois passionnée et calme :

  • passionnée, parce que c’est totalement captivant, fascinant, et que vous êtes engagé à fond…
  • et calme, parce que tout cela est sans aucune lourdeur ni gravité. Ce n’est qu’un jeu !

Ne plus jouer un rôle, ne plus se prendre pour ce personnage, cette réduction de vous-même, ce costume étroit et lourd que vous portez sans cesse, même lorsque vous êtes seul…

Parler à un coach

RÉDUIRE LES INTERFÉRENCES…

Plutôt que de se tendre vers l’avenir, une autre option pourrait être de se concentrer sur le présent de voir clairement ce qui entrave la progression, la circulation naturelle de l’énergie, à l’instant même.

atteindre un objectif

Il existe trois grandes interférences, qui font perdre de l’énergie :

  • l’énergie détournée de la cible visée par manque de clarté sur cette dernière (stratégie mal connue, ou cap qui change trop souvent). Cette interférence s’appelle l’énergie dispersée.
  • l’énergie dépensée en vain, au détriment de l’action, à cause de désaccords et de disputes entre des personnes. Cette interférence s’appelle l’énergie d’entretien, parce que c’est l’énergie que l’on doit consommer au détriment de la tâche effective pour s’entretenir et se maintenir concentré, malgré les mal vécus émotionnels liés aux tensions relationnelles.
  • l’énergie inutilisée par manque de mobilisation de la motivation individuelle. Cette interférence s’appelle l’énergie latente, parce que c’est une énergie qui reste latente, inactive, mise de côté, pour être employée pour d’autres activités jugées plus gratifiantes ou moins stressantes dans l’instant. C’est ainsi qu’on procrastine, en faisant autre chose que l’action prioritaire.

 

En cessant de freiner, on avance de façon beaucoup plus aisée !

Un coaching peut vous aider en quelques séances à repérer ce qui entrave votre progression naturelle, et à déclencher le flux naturel de l’énergie qui devrait circuler de façon fluide à travers vous (déclencher = “retirer la clenche”, qui verrouille vos ressources profondes). Parfois, il est inutile de se fixer des objectifs et d’attiser le désir, quand il suffit de retirer les obstacles qui vous bloquent. Alors seulement quand la voie est libre, vous pouvez naturellement retrouver le goût d’atteindre un objectif nouveau, mais sans en faire toute une histoire (voir à ce propos cet autre article qui explique en quoi ces histoires sont à l’origine des problèmes).

Paul Devaux
Depuis 2006, Paul Devaux a fondé sa propre structure, dans laquelle il intervient en Coaching d’organisations, Coaching des équipes dirigeantes, et Coaching individuel. A l’aise avec les formats courts, centrés sur les résultats et volontairement orientés vers les solutions, Paul Devaux pratique un accompagnement chaleureux et incisif, qui crée l’alliance et bouscule en douceur le cadre de référence de ses clients.

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