Allons ensemble au coeur de l’émotion, pour décortiquer précisément ce qui se joue au fond des émotions et y explorer le processus.

au coeur de l'émotion

La conscience est un champ sensible et disponible

Posons d’abord le processus de la conscience, qui est telle un espace vide, capable d’accueillir toute forme de contenu. Comme dans une pièce par exemple, on peut y mettre des meubles ou les retirer, les changer de place, en mettre d’autres à la place : tous ces mouvements ne changent rien à l’espace dans lequel ils ont « lieu ».

Et bien, envisageons la conscience pure comme cet espace, qui n’est pas affecté par les évènements qui apparaissent et disparaissent en elle.

Avant qu’une pensée apparaisse, vous êtes conscient (la conscience est là), quand une pensée survient dans le champ de la conscience (ou n’importe quel évènement : une pensée, une sensation, la perception d’un objet), vous en êtes évidemment conscient. Et lorsque cette pensée disparaît (éventuellement pour être remplacée par une autre), vous êtes encore conscient, la conscience est encore là, entièrement disponible pour accueillir la suite, pour s’accueillir elle même, d’abord consciente d’être la conscience pure, « vide » et disponible…

Maintenant allons au fond des émotions, au coeur de ce phénomène ordinaire qu’on appelle couramment « émotion », et voyons-le pour ce qu’il est :

Prenons deux exemples, pour mieux comprendre son mécanisme :

  • 1er exemple : quelqu’un dit quelque chose qui vous laisse indifférent, et ne suscite pas spécialement d’écho en vous. Nous dirons que cela ne suscite pas d’émotion, les mots semblent flotter devant vous et passer à travers vous sans susciter de réaction émotionnelle. A la limite, les mots n’ont pas plus d’effet sur vous que si vous ne leur prêtiez pas d’attention. Pourtant vous leur accordez toute votre attention et vous êtes pleinement conscient de leur signification et de leurs conséquences. Mais il se trouve qu’ils ne provoquent pas de réaction.
  • 2ème exemple : quelqu’un dit quelque chose qui suscite en vous un écho, une résonance, qui se manifeste par une émotion (quelle qu’elle soit : joie, peur, tristesse, colère, etc…). Supposons que ces mots soient : « C’est fini entre nous, je te quitte », phrase supposée chargée d’émotion dramatique. Comme dans l’exemple précédent, les mots semblent se diriger vers vous, mais cette fois quelque chose en vous semble aller à leur rencontre. Tout d’un coup, du champ de la pure conscience, s’élève un « moi » en vous, qui se sent concerné par les mots prononcés. Les réactions émotionnelles sont multiples, pouvant aller de la terreur, à la tristesse, en passant par tous les états de colère possibles. La réaction pourrait ainsi être par exemple : « C’est affreux, que vais-je devenir ? », ou bien « Bon débarras, depuis le temps que j’attendais que tu t’en ailles », ou encore  » Tu vas me manquer, mais c’est la vie, après tout je te souhaite bonne continuation sur ta trajectoire », etc… Ici, nous ne nous attarderons pas sur ce qui pourrait motiver telle ou telle réaction. On sait qu’elles sont fonction d’une histoire, dans laquelle on s’identifie à un « moi » qui serait diversement concerné par le fait d’être séparé de la personne qui prononce les mots « je te quitte ».

Qui est ce « moi » qui est ému et qui réagit d’une manière émotionnelle aux mots qui sont prononcés ? Comme l’explique Rupert Spira dans la vidéo ci-dessous, ce « moi » n’est :

  • ni le corps (il a des réactions métaboliques provoquées par l’émotion, mais il n’est pas le moi « ému » qui provoque en lui les changements chimiques. Si le « moi » n’était pas ému, le corps ne réagirait pas)
  • ni les pensées (une pensée ne peut pas être « émue »)
  • ni la conscience, qui est comme cet espace vide, non affecté par les objets qui s’y trouvent, exactement comme l’espace ne serait pas « sali » parce qu’on y déposerait des ordures par exemple. Quand on retire les immondices, l’espace est vide et propre, pas besoin de passer une éponge pour le nettoyer ! Ainsi quand une pensée laisse place à une autre, il n’y a pas forcément de trace de la précédente…

 

Au coeur de l’émotion, il y a : « moi »

Donc qui est ce « moi » réactionnel, ce « moi « ému », au coeur de l’émotion ?…

Ce n’est qu’une fiction, un concept, il n’a aucune réalité !

 

Je ne dis pas que vous n’existez pas, mais que le « moi » auquel vous vous identifiez (tout comme « moi » qui écrit ces lignes que vous lisez) est une illusion.

Si je réalise que je ne suis pas ce « moi », alors qui suis-je ? Je suis cette conscience vaste et pure, dans laquelle des évènements apparaissent et disparaissent, notamment la pensée que « je suis ceci ou cela », qui n’est qu’une pensée (réductrice en l’occurrence, et donc : fausse !)

C’est extraordinairement drôle de réaliser que tous les actes, pensées, émotions, auxquels nous nous livrons sont la plupart du temps provoqués au nom de ce « moi », qui en fait n’existe pas ! C’est une sorte d’illusion d’optique du mental… On confond ce que l’on est, une conscience pure et vaste, avec le regard que les autres portent vers son corps, et le personnage social que l’on incarne sur la scène du monde. Un peu à la manière d’un acteur qui se prendrait pour son rôle… (voir à ce sujet : l’éveil spirituel, une expérience ordinaire; dans cet autre article, je commente une autre conférence de Rupert Spira)

Imaginons John Smith, un acteur qui jouerait le rôle du roi Lear dans une pièce de Shakespeare.

On voit bien dans cette situation que le rôle du roi Lear est en quelque sorte superposé à la personne de John Smith. Un peu comme un costume, et que même si l’acteur incarne le personnage de la pièce, il n’est pas ce personnage ! Evidemment : John Smith n’est pas le roi Lear.

Et imaginons maintenant que cet acteur, tellement fasciné par les pensées et les émotions de son personnage dans la pièce, finisse par se prendre pour le roi Lear, pendant quelques jours après la représentation. On le verrait ainsi, misérable, portant les souffrances du personnage. Un jour, le pauvre John Smith, accablé de souffrances imaginaires, rencontre un ami à qui il se confie de ses problèmes de roi Lear. L’ami lui révèle alors qu’il ne souffre pas réellement de ces problèmes, mais que ce dont il souffre plutôt c’est d’avoir oublié qui il est vraiment : John Smith, qui n’a rien à voir avec les souffrances du personnage de la pièce !

Je trouve cette image excellente, qui montre bien l’écart qu’il y a entre l’être que nous sommes et la personnalité que nous croyons être. Nous nous croyons accablé d’un poids de souffrances, qui ne concernent que le personnage social et le corps, pour lesquels nous nous prenons à tort. Le personnage est au coeur de l’émotion, tandis que l’acteur laisse passer ces émotions à travers lui sans en être affecté, sans en être vraiment « ému ».

Parler à un coach

La sensibilité remplace l’émotion

Réalisant que « je » ne suis pas « moi », mais que « je » suis beaucoup plus vaste que cela (qui n’est qu’une création mentale, comme nous venons de le suggérer), « je » deviens à la fois :

  • encore plus sensible qu’avant (puisque la sensibilité n’est pas entravée par des restrictions psychologiques de tous ordres : projections, interprétations, jugements, etc…)
  • ET
  • non affecté par les évènements perçus avec cette sensibilité, qui sont autant de phénomènes qui sont contenus « par » et « dans » ce que je suis.

« Je » les vois un peu comme des enfants tenus dans les bras ou captés dans le champ de vision, éventuellement un peu turbulents parfois… Rien qui puisse susciter des émotions. Pourtant, ils sont tous perçus avec une grande sensibilité, parce qu’elle n’est pas altérée par le moi restrictif, qui filtre pour ne retenir que ce qui le confirme. De ce fait, la sensibilité est entièrement libre et ouverte à l’expérience toute entière, au lieu d’être tronquée et déformée par le poids des habitudes.

 

« Je », « Soi » et « Moi »

(Ce paragraphe est un peu abstrait. Il propose de décomposer 3 facettes de soi. C’est sans doute un peu subtil, mais cela ne fait pas appel à l’intelligence, juste à l’honnêteté et à l’observation. Tout le monde peut comprendre cela, en prenant son temps, parce que c’est très simple. Mais si vous avez peur de décrocher, passez tout de suite au paragraphe d’après. Je m’en voudrais de vous coller la migraine… 🙂

 

Souvent, « je » peux constater que le « moi » s’est élevé dans le champ de la conscience, et qu’il a provoqué des émotions dans le mental et des sensations dans le corps. « Je » peux percevoir cela, sans avoir besoin de continuer à m’identifier au « moi » (comme ce fut le cas un instant pour générer ces réactions)… Autrement dit le « moi » est vu. Et s’il est vu, c’est que « je » le vois, et donc que « je » ne suis pas lui. Ainsi aussitôt le « moi » est vu comme fictif, puisqu’il n’est pas réellement ce que je suis (« je » est celui qui voit ce « moi »)… et on cesse instantanément de s’y identifier !

En fait, pour être complet, il est un « Je » et il existe un « Soi », en plus du « moi » qui, lui, n’existe pas !

  • Le « je » est le sujet de la conscience
  • Le « Soi » est le reflet de ce « je » dans la conscience. Ce « Soi », reflet de « Je », n’a pas d’émotions, pas plus que le « je ».
  • Celui qui a des émotions, c’est le « moi », cette restriction fictive, cette projection souffrante qui n’est que négation : Ce « moi » dit « non » à la vérité de l’unité en posant qu’il est « séparé » de tout. Ainsi, se décrétant limité, il réagit au sein de sa fiction mentale par de la peur, de la colère, et de la tristesse (et parfois du contentement, en cas de satisfaction ponctuelle, ce qui n’est pas de la joie, laquelle est sans objet et indépendante des circonstances)…Mais tout cela est faux :
    • la croyance que « moi » est limité et qu’il existe,
    • et les émotions suscitées par cette erreur d’appréciation.

En revanche, « je » peux toujours faire l’expérience immédiate que « je suis ». Cela est indubitablement vrai. C’est même une évidence : si on vous demande si vous êtes, si vous êtes conscient, si vous êtes présent : sans même avoir besoin de réfléchir, vous répondrez que oui, et vous avez raison ! Et même en prenant le temps d’y réfléchir, vous ne pourrez pas nier que vous êtes, c’est un fait, qui s’impose en tant qu’évidence !)

Dans cette perspective, toute agitation intérieure s’estompe, au profit de la conscience vaste et stable que « je » suis. Ce « je » ne peut être défini par le mental, et pourtant : je fais l’expérience d’être… Et j’en suis conscient, car la conscience est consciente d’elle-même. C’est un fait, on ne peut que le constater.

Puisque « je » suis conscient d’être, « je » peux donc constater qu’il y a dans cette conscience de soi un reflet pur du sujet, tel un objet dans la conscience : ce reflet intérieur est un « Soi » aussi pur que ce que « je » suis. On dira qu’il s’agit du « sentiment » de l’individualité. La conscience qui est indifférenciée a en effet la faculté de se centrer en un point précis de l’Abstrait.

En résumé, il est possible de s’établir dans ce « je » vaste, tout en reconnaissant un « Soi » cristallin au miroir, sans se prendre pour « moi ».

(Voilà, j’en ai fini avec ce passage un peu escarpé, qui demande un poil de concentration pour ne pas décrocher dans les virages… 🙂

 

C’est drôle, très drôle, infiniment drôle, absolument drôle. Cette drôlerie, c’est l’expression de la joie d’être, et du sourire unité de la conscience, y compris envers les agitations issues de l’illusion de restriction de se croire séparé…

Dans cet état de conscience de soi, il y a compassion et amitié, non jugement, tranquillité intérieure. De cette reconnaissance claire émane la liberté de n’être pas limité. Quelle place reste-t-il pour d’éventuelles émotions ? Aucune. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a plus de « moi » pour être ému. Il reste cette Cosncience de « Soi », au-delà de « moi ».

Parler à un coach

Au au fond des émotions : la joie !

Reprenons maintenant l’exemple précédent :au fond des émotions

La personne entre dans votre champ de conscience et prononce des mots susceptibles de provoquer des émotions, supposons comme tout à l’heure :  « je te quitte ».

  • Soit vous vous identifiez à ce « moi » fictif, et vous partez avec les émotions, entrez dans le jeu avec cette personne ou à propos de cette personne et de ce qu’elle a dit ou a projeté de faire à votre égard. C’est un cercle infernal, une souffrance sans fin (voir à ce propos : « maîtriser ses émotions« )
  • Soit, vous dirigez votre regard vers ce « moi », supposé en danger si on le quitte, et vous découvrez honnêtement qu’il n’existe pas. Dans ce cas, l’émotion ne surgit pas (ou bien elle cesse d’être alimentée, si elle avait tout d’abord été déclenchée par un réflexe de la mémoire), et le corps garde ou retrouve son équilibre actuel. Vous êtes vaste, et pourtant une personne dit qu’elle en quitte une autre, supposée être « vous » (que vous savez ne pas être). C’est un peu comme si une personne que vous ne connaissiez pas surgissait dans votre voiture et vous annonçait qu’elle vous quitte : il y aurait surprise liée à l’irruption, mais vous ne seriez absolument pas renversé par la « mauvaise nouvelle » (qui n’en serait donc pas une, et  vous laisserait parfaitement indifférent). Et bien là, c’est un peu pareil, sauf que vous n’êtes ni la personne que croit quitter l’interlocuteur, ni aucune autre personne.

Vous n’êtes tout simplement pas : quelqu’un. Vous n’êtes réellement : personne !

Cependant, vous captez avec une grande finesse tout ce qui est présent dans cette scène, la voiture, l’irruption, les émotions de l’autre qui se prend pour son « moi », sa surprise devant l’accueil qui lui est offert, éventuellement la dissolution de ses propres émotions, la prise de conscience au miroir qu’elle n’est pas non plus ce « moi » pour lequel elle se prenait… Il y aurait là une possibilité pour un immense rire partagé, face à la double méprise :

  • elle s’est trompée de personne,
  • et elle n’était pas non plus elle même la personne qu’elle croyait être !

Pourquoi donc être en colère ou avoir peur ou être triste ?

Il n’y a que la joie, la joie d’être… Eventuellement la joie d’être ensemble. (voir cet article : « pour la joie de travailler« )

Un ressac d’émotion avant de partir ?

au fond des émotions
« Se méfier de la queue du dragon : après lui avoir coupé la tête, un coup mortel peut encore vous échoir si vous vous laissez surprendre… »

 

On pourrait dire avec inquiétude et suspicion : « Mais n’est-ce pas là encore un piège du mental et de l’ego, consistant à se désidentifier de ce qu’on serait pourtant bel et bien, de façon à se réfugier dans une illusion de soi, qui serait non affectée par les évènements ? Ne serait-ce pas alors une suprême lâcheté, un détournement de la vérité déguisé en sagesse, tout simplement pour se mettre à l’abri de l’émotion, qu’il faudrait au contraire vivre au premier degré, sans filtre ?…N’êtes-vous pas justement en train de vous « percher » dans votre tête, avec un raisonnement de parade, pour éviter de ressentir vos émotions ? »

Oui cette inquiétude-là est en effet un nouveau piège du mental et de l’ego ! Mais c’est de l’ego de celui qui pose cette mise en garde  que cette émotion-pensée sceptique émerge (l’inquiétude et le doute viennent justement de la non quiétude et de la terreur d’être vide). Il est donc inutile d’y répondre, car ce serait entrer dans un jeu d’egos dans lequel on ne ferait que s’enliser.

Revenons plutôt à l’expérience directe et voyons clairement qu’il n’y a personne pour être « ému ». Je veux dire : explorons les sensations et les émotions présentes, et sondons jusqu’au coeur de l’émotion, pour interroger : « qui est ému ? ». Et vous vérifierez une fois de plus qu’il n’y a qu’une fiction de « moi ».

Si vous restez silencieux, à propos de vos investigations intérieures… personne ne vous dira rien. Mais si, comme je le fais présentement, vous partagez vos réflexions, il se trouvera parfois un inquiet de service, pour exprimer ce genre de mise en garde, qui sont en fait des réactions de son propre ego, pour vous faire croire que votre découverte proviendrait du vôtre. C’est intéressant et aucunement un problème.

Cela aussi participe de la drôlerie de la situation, et cela aussi est finalement accueilli dans l’espace vaste. Pas besoin de se protéger de cela, et encore moins de s’en défendre, car alors, on retournerait dans l’identification au « moi » qui doute et qui lutte, et qui discute pour avoir raison (ou du moins : n’avoir pas tort…)

Laisser plutôt la question nous atteindre, et voir que ce « moi » qui serait « touché »… encore une fois : n’existe pas !

Alors accueilliez cette inquiétude à votre encontre, comme tout à l’heure dans mon exemple vous aviez accueilli dans votre voiture la personne qui y faisait irruption pour menacer de quitter quelqu’un d’autre que vous… Voyez comme cela est drôle et après tout : fort sympathique.

(Voir cet article : coaching spirituel)

Parler à un coach

La Présence à soi-même au coeur de l’expérience

C’est un peu comme si la conscience reposait sur deux pieds (il est probable que votre corps s’appuie justement deux pieds. Du coup, vous allez pouvoir bien comprendre cette métaphore 🙂 :

  • Supposons qu’en prenant votre appui sur un pied : vous vous identifiez à votre « moi »
  • Supposons qu’en déportant votre centre de gravité sur l’autre pied, vous déplacez le curseur de l’attention sur la conscience elle-même que vous êtes profondément et réellement : et là vous vous identifiez plutôt à ce qu’on pourrait appeler le « soi », lequel n’a rien de « personnel ».

Ainsi en prenant appui alternativement d’un pied sur l’autre, vous explorez les deux dimensions de l’expérience de la vie. Il paraît que c’est ainsi que l’on marche… (amusant au passage d’imaginer que chaque pas, soit je suis « moi », soit je suis « soi », selon que je prends appui sur le pied gauche ou le pied droit !)

En répartissant le poids de votre corps de façon équilibrée sur vos deux pieds :

  • Vous savez qui vous êtes réellement (la conscience pure et vaste) sans perdre de vue ce que les autres voient de vous, quelqu’un qui joue différents rôles dans leur monde (enfant, parent, ami, collègue, voisin, citoyen, etc…).
  • Et inversement vous endossez volontiers ces rôles de façon fonctionnelle (et non affective) sans perdre de vue que vous n’êtes pas que ce que les autres croient de vous : vous êtes surtout la conscience profonde sous le jeu de surface !

Ce double point de vue, tandis que vous vivez une vie ordinaire, « incognito » parmi vos semblables, est assez jubilatoire.

Comme un acteur, vous pouvez endosser le rôle d’un personnage (supposons le client qui entre dans la boulangerie pour acheter du pain) sans vous prendre pour ce personnage. Ainsi quand vous sortez de la boulangerie, vous pouvez endosser un nouveau rôle, celui de la personne qui rentre à la maison avec un pain, et ainsi de suite. Et même, dans la boulangerie, si vous changez de pied, vous accueillez la pleine fraternité avec tout ceux qui font la queue avec « vous », et vous ne vous prenez pas pour la restriction de vous-même qui voudrait que ça aille plus vite pour rentrer plus vite à sa maison. Et vous voyez les autres acteurs qui se prennent eux aussi plus ou moins pour leurs personnages, et vous aimez vos collègues acteurs, parce que vous ne les identifiez pas à leur personnage dans la pièce. Par exemple, vous voyez cet être à côté de vous sans le confondre avec son corps d’enfant ou de vieillard, et vous ne craignez ni ne désirez ou jalousez tel ou tel autre personnage, parce que que vous voyez en lui l’acteur libre, au-delà de son personnage d’emprunt (qui est respectable, mais presque sans importance).

Vous êtes dans la pièce, sans vous prendre pour le personnage et sans prendre les autres pour les leurs. C’est drôle ! Une sorte de double jeu en fait (à partir de ce double « je »)…

En coaching, il arrive que nous travaillions ainsi, à accueillir les deux aspects d’une situation, pour la dédramatiser et ainsi dépasser le jeu des émotions, cesser de se laisser déborder et emporter par leur flux incessant.

 

Envie d’en savoir plus ? Contactez-nous !