Comment gérer un choc émotionnel ?

Le choc psychologique est une réaction de notre organisme face à une situation traumatisante. Non pris en charge, il peut évoluer vers une pathologie psychiatrique. Quels sont les symptômes ? Comment se libérer d’images obsédantes, se libérer d’émotions disproportionnées ?

Dans cet article, nous verrons que le choc émotionnel peut être utile, pour réagir parfois.

Nous verrons aussi qu’il peut devenir embarrassant quand l’action ne vient pas prendre le relai.

Le choc émotionnel peut faire réagir positivement

Imaginez une situation insatisfaisante qui traîne à cause de diverses compromissions. Par exemple une relation qui ne vous convient plus. Mais pour ne pas faire de peine, pour ne pas avoir de problème, pour ne pas vous exposer au risque de la solitude, ou pour toute autre raison bien compréhensible, vous renoncez à la faire changer. Peut-être que vous ne croyez plus au potentiel de transformation positive de cette relation ? Alors vous la négligez. Vous vous retirez intérieurement, tandis que le temps passe, comme de rien n’était. Peut-être que vous supportez un quotidien déplaisant, ou simplement frustrant. Tout simplement parce que vous ne trouvez pas l’élan pour passer à l’acte, pour proposer la mutation, pour envisager une rupture.

Soudain un choc émotionnel, peut justement vous donner cet élan qui vous manquait, cette motivation de fond qui fait basculer du bon côté de la décision.

Quelques exemples :

  • Un spectacle ou une lecture qui vous touche profondément peut faire vibrer en vous une résonance émotionnelle, qui fait voir clairement ce qui restait confus auparavant
  • Une dispute, qui vous pousse à verbaliser ce qui vous restait sur le coeur
  • Un accident peut vous rappeler combien la vie est précieuse et à quel point vous ne devez plus continuer à perdre votre temps dans cette situation qui ne vous convient plus

Dans ce cas, le choc émotionnel est comme un coup de talon au fond de la piscine. Il vous sert positivement à passer à l’action résolutoire d’une situation qui devait muter. Pourquoi avoir tant attendu ? Mais parce qu’il fallait que cela murisse, et que vous soyez bien sûr de vous. Ou bien que l’autre soit enfin prêt. Ou encore que les conditions extérieures soient réunies pour pouvoir enclencher la suite…

Mais il arrive que le choc émotionnel crée un tel traumatisme, qu’au contraire il inhibe l’action, et vous plonge dans la prostration.

Le choc émotionnel peut créer un traumatisme

Un choc émotionnel trop violent, au lieu de vous stimuler, peut vous dévaster, vous choquer tellement fort qu’il vous tétanise. Ce peut être le cas de la violence (lors d’une agression par exemple) ou bien le système du goutte à goutte qui vous sape vos résistances insidieusement, jour après jour (comme dans le cas d’une disqualification systématique, d’une dévalorisation de chaque instant, qui vous fait douter de vous d’une manière profonde et durable).

Le choc émotionnel violent peut aussi provenir de différentes manières :

  • une lettre que vous trouvez,
  • un indice qui vous fait déduire et imaginer  tout le reste (à tort ou à raison)
  • des paroles que vous surprenez (derrière une cloison)
  • des révélations qui vous sont faites par autrui (une médisance qui arrive jusqu’à vous, ou un secret qui vous est révélé)
  • une situation que vous surprenez (comme le détective prend des photos d’un adultère)
  • la preuve qu’on vous a volé par exemple (des chiffres et des faits en attestent indubitablement)
  • des aveux qui vous sont faits
  • etc…

Qu’est-ce qu’un traumatisme émotionnel ?

Des évènements graves survenant de façon inattendue, soudaine et violente, sous des formes variées, peuvent être générateurs de souffrances qui fragilisent la personne, les équipes et parfois même une famille ou un entreprise toute entière.

Par exemple : un accident de la route impliquant plusieurs membres d’un groupe, un braquage dont l’équipe est victime, une prise d’otages, un attentat, etc…

D’importants bouleversements à court et moyen terme peuvent s’ensuivre dont les risques les plus fréquents pour l’entreprise sont l’absentéisme, la démotivation, la désorganisation du travail.

Le traitement de tels évènements est complexe et demande une forte capacité réactive pour évaluer la situation et prendre rapidement des décisions pour agir.

Définition du choc psychologique

Le choc psychologique, également appelé choc émotionnel, résulte d’un évènement traumatisant qui submerge la faculté que possède un individu à faire face aux émotions qu’il ressent lorsque celui-ci survient.
Non pris en charge, il peut entrainer un traumatisme psychique. Celui-ci se caractérise par des symptômes qui perdurent dans le temps.

Il n’y a pas de rapport entre la gravité objective d’un évènement et les conséquences de cet évènement sur l’équilibre psychique d’une personne. Ce qui compte, ce n’est pas tant ce qu’il s’est effectivement passé, que ce qu’a ressenti l’individu.

Chacun fera face à un évènement traumatisant en fonction de sa personnalité, de ses ressources et de son histoire : à part l’individu concerné, nul ne peut donc prétendre savoir si l’évènement peut ou non avoir un potentiel traumatique. – WWW.AST74.FR

En psychologie, le choc émotionnel résulte d’un évènement traumatisant qui submerge la faculté que possède un individu à faire face aux émotions qu’il ressent lorsque celui-ci survient. Le traumatisme psychique ainsi vécu peut engendrer des séquelles importantes à plus ou moins long terme. Le choc émotionnel est l’un des facteurs favorisants l’apparition de la dépression.

Les symptômes d’un choc émotionnel

Des situations vécues comme exceptionnellement menaçantes peuvent donner lieu à un choc psychologique. Elles peuvent alors causer une détresse qui peut aller bien au-delà de la seule angoisse.

Ainsi, à distance du choc psychologique, il peut se produire des manifestations individuelles auxquelles il faudra être attentif, repérer afin de permettre une prise en charge :

  • Fatigue chronique
  • Troubles du sommeil (cauchemar, trouble de l’endormissement, réveil intempestif…)
  • Angoisse, réaction de sursaut exagéré (impression que la personne est sur le qui-vive)
  • Etat anxieux (agitation ou inhibition…)
  • Perturbations  de l’appétit (de la perte d’appétit vers une suralimentation anarchique…)
  • Troubles de l’humeur ou du caractère (irritabilité ou repli sur soi…)

Signes cliniques d’un choc traumatique

Il n’est pas possible de lister de façon exhaustive l’ensemble des manifestations cliniques d’un choc émotionnel. De plus, ceux-ci peuvent apparaître immédiatement après l’évènement ou de façon différée. Les signes suivants sont toutefois généralement observés à la suite d’un choc psychologique et doivent alerter l’entourage :

  • Mutisme, ou à l’inverse importante prise de parole
  • Isolement, repli sur soi,
  • Catatonie (passivité, inertie), ou à l’inverse hyperactivité
  • Etat de qui-vive (l’individu se comporte comme s’il était en danger)
  • Modification notable du comportement habituel
  • Pleurs intempestifs, notamment apparaissant sans lien avec la situation rencontrée
  • Refus d’évoquer l’évènement traumatique
  • Grande fatigue soudaine et durable
  • Douleurs diffuses, et sans cause apparente
  • Actes inconsidérés, gestes aberrants (voir à ce propos : « conscientiser ses actes« )
  • Reviviscence ou ré apparition récurrente de la scène traumatique (flash-back, pensées, souvenirs).
  • Évitement de situations, d’activités, d’endroits, d’individus, associés au traumatisme.
  • Altérations cognitives et émotionnelles (mémoire, concentration).
  • Hyperactivité du système nerveux : stress, irritabilité, colère, anxiété, ruminations, violence, agressivité, soudaines disputes fréquentes et prenant des proportions importantes

La présence de ces symptômes doit alerter car ils indiquent une évolution vers un état post traumatique.

En somme, il y a 3 grandes types de réactions :

  • La sidération psychique : la victime en état de choc, stupéfaite, immobile est incapable d’agir et de raisonner.
  • L’agitation désordonnée : la personne s’agite de manière inefficace, crie, court sans but.
  • La dissociation psychique : Le sujet paraît agir de manière adaptée mais fonctionne en fait sur un mode automatique sans aucune réflexion. C’est comme s’il était présent physiquement mais absent psychiquement.

Sortir d’un choc psychologique

Bassel Van der Kolk, expert du traumatisme émotionnel, décrit ce dont notre cerveau a besoin pour se remettre d’un événement traumatisant  :

  • trouver une manière de nous calmer et de nous concentrer;
  • apprendre à maintenir ce calme en réponse à des images, des pensées, des sons ou des sensations physiques qui nous rappellent notre passé;
  • trouver une façon de nous sentir pleinement vivants dans le présent et en relation avec les personnes qui nous entourent;
  • ne pas avoir à garder de secrets à notre propre égard (parler, exprimer les émotions sans retenue/ les reconnaître/ les accepter, avoir accès aux informations)

Réaliser ces objectifs revient en fait à redonner du pouvoir au cerveau rationnel (au néo cortex, siège de la réflexion), à favoriser l’intégration des souvenirs traumatiques et à diminuer l’activation du cerveau émotionnel en réponse aux situations rappelant l’événement marquant.

La solution au choc émotionnel est parfois l’action

L’action est parfois libératrice :

  • Non seulement l’action qui résout le problème (comme une bonne explication au sein d’une relation ou des mesures de défense prises pour se protéger).
  • Mais également le mouvement physique, qui interrompt la prostration. Le fait de se lever, de marcher, de faire une grande promenade. Ainsi, à la suite d’un deuil ou d’une rupture amoureuse, une personne peut aller marcher longuement. Les chemins de Compostelle sont ainsi fréquentés assez souvent par des pèlerins venus se remettre de chocs douloureux.

Le massage de l’eau sur son corps à la piscine, ou des massages, une visite chez le coiffeur peuvent ramener la personne dans son corps.

Le plus important est de trouver une forme de toucher qui ne provoque pas de stress, qui sera vécue comme plaisante et non menaçante. Progressivement, et avec consentement, il sera possible d’aller vers un toucher plus intense ou plus impliquant, pour regagner avec le temps la confiance envers les autres et leur contact.

Les activités théâtrales ou d’autres pratiques expressives (danse, chant, musique…) peuvent aider à sortir des états de figement, de peur ou de prostration traversées au cours de certains moments difficiles.

Une thérapie, ou un coaching peuvent aider

La thérapie proposera souvent un travail de fond, tandis que le coaching sera le plus généralement un accompagnement ponctuel et symptomatique. Mais pas toujours :

Quand on est confronté à un choc émotionnel lié à une perte, on ressent deux catégories de sentiments/émotions :

  • On ressent plus intensément l’amour véritable pour le sujet (l’autre, et soi-même). Et ça, c’est très bon !
  • On s’apitoie sur soi-même et on nourrit du ressentiment (l’autre n’aurait pas dû, je n’aurais pas dû, et que vais-je devenir puisque intérieurement mon « identité » était en partie fondée sur cette relation ?)

La première catégorie sont de vraies émotions, vibrantes, saines, vivifiantes

La seconde est de trop. Ce n’est pas grave : cette « médiocrité » est ordinaire, mais elle n’est pas pertinente pour autant. S’y maintenir nous abîme.

Pour s’en défaire, il faut voir clairement que ne sont que des « histoires » qui se racontent à notre insu, et qui parfois tournent en boucle, à partir d’images traumatiques qui ont provoqué le choc cognitif (dont il faut se défaire).

Parler à un coach

Aider un proche, victime d’un choc émotionnel

Il est important d’offrir une grande disponibilité d’écoute, de s’intéresser à ce que la personne a éprouvé, afin de lui permettre de s’exprimer.

Ne jugez pas.

Ne cherchez pas de solutions, pour la personne. Ni à sa place.

Vous aiderez ainsi la personne à accepter ses réactions, ce qui réduit le risque qu’elle développe de la culpabilité.

Il est aidant aussi d’informer (si vous le pouvez) sur les réactions possibles, ce qui rend les effets à venir moins inquiétants.

Dans la mesure du possible, réduisez les sources de stress pour la personne. Aidez-la à se sentir en sécurité. Aidez-la à s’accorder des moments de relaxation et de détente. Demandez-lui ce qui lui ferait du bien. Accompagnez la à sortir progressivement de son état de repli sur soi. Faites en sorte avec beaucoup de tact et de créativité de l’amener à penser un peu à autre chose. Mais tout doucement, très progressivement. Cela dit, parfois c’est un bon changement qui permette d’en sortir, comme un voyage.

L’ocytocine, hormone de l’amour, produite lors des expériences de plaisir et de sécurité affective via des relations bienveillantes est antagoniste des hormones de stress.

La sécurité et la terreur sont incompatibles. Lorsque nous sommes terrifiés, rien ne nous apaise mieux que la voix rassurante ou l’étreinte ferme d’une personne de confiance.

Une thérapie peut aider à en sortir

Voici différents objectifs qui peuvent être poursuivis en psychothérapie :

  • Se rassurer par des informations sur la symptomatologie (car cette dernière, peu connue, peut être inquiétante et décourageante), ce qui augmente la tolérance à une souffrance normale dans les circonstances et aide à réduire le risque de dépression;
  • Se donner les moyens d’exprimer ce qui a été vécu pendant l’événement : ce qu’on a vu, pensé, ressenti. Il n’est pas facile d’exprimer un vécu intense et il est souvent nécessaire d’avoir l’occasion d’en parler à plusieurs reprises pour réussir à partager ce vécu. Le récit de l’événement pourrait amener une habituation et une désensibilisation qui favoriseraient une réduction de la reviviscence (flash-back, cauchemars, etc.). Cependant, d’autres théories mettent l’accent sur l’intégration cognitive (ce qui a trait à la compréhension) qui favoriserait également la réduction des symptômes de reviviscence. Attention toutefois à ne pas ressasser ! Il y a un moment à saisir pour basculer dans autre chose plutôt que de reraconter… Une fois que cela a été suffisamment remémoré et exploré, il est temps de passer à autre chose.
  • Aider à intégrer cette expérience au niveau de ses croyances, de sa vision de la vie, de soi et des autres ainsi que de ses valeurs (ses priorités, les choses que l’on trouve importantes), remettre en question certaines idées inadaptées qui peuvent s’être développées (par ex. la surestimation du danger, la surgénéralisation, etc.).
  • Découvrir des habiletés d’adaptation, telles que des techniques de relaxation, des techniques de contrôle de l’hyperventilation (manifestations physiques de l’anxiété), des stratégies de gestion des émotions telles l’anxiété, la dépression, la culpabilité, la colère, des stratégies de résolution de problèmes et de communication (afin de réduire les difficultés familiales), etc..
  • Prévenir les comportements d’adaptation inefficaces (évitements qui favorisent le développement de phobies, abus d’alcool, de drogue et de médicaments, détérioration des relations interpersonnelles, dysfonctionnement au travail, etc.). Surmonter les peurs qui se sont développées, à diminuer les évitements qui nuisent à son fonctionnement dans divers domaines (par une technique de désensibilisation graduelle, par exemple).

L’exemple de l’EMDR

Isabelle, 50 ans, a été guérie de ses angoisses par une l’EMDR . « Le principe consiste à revivre émotionnellement le souvenir traumatique, pour s’en libérer, explique Roland Jouvent, chef du service psychiatrie à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, auteur du Cerveau magicien (éd. Odile Jacob, 2009). L’astuce consiste à capter l’attention du sujet par des stimuli visuels ou sonores, voire auditifs pour les enfants, pour abaisser les défenses inconscientes et permettre la reviviscence du choc émotionnel. » Mouvements oculaires de gauche à droite, tapotements alternatifs sur les genoux sont autant de moyens de distraire l’attention.

Il y a vingt ans, cette femme a perdu son bébé qui avait un mois. En 2007, un de ses enfants est tombé malade, ce qui a suscité des crises de panique intenses et réactivé le traumatisme ancien. « Je me suis sentie submergée, j’étais assaillie par des images, des flashes. Je voyais mon bébé mort à l’hôpital », explique-t-elle. Isabelle s’est rendu compte qu’elle vivait dans la peur permanente de la mort : la sienne, celle de son mari, de ses enfants. Elle avait entendu parler de l’EMDR, s’est décidée à consulter un psychiatre formé à cette technique.

Isabelle poursuit : « Le thérapeute m’a demandé de me concentrer sur un événement heureux lié à mon fils. Pendant ce temps, il tapotait alternativement sur mes genoux. A partir de là, les idées et les sentiments se sont enchaînés : la culpabilité d’avoir accouché avant terme, la tristesse, mais aussi les moments heureux avec mon fils. Tout ce que j’avais accumulé pendant des années s’est déversé », se remémore-t-elle. Elle se laissait porter par le flux de ses émotions qui défilaient en accéléré. Soudain, elle a ressenti une douleur violente à la poitrine comme si elle était poignardée. A l’issue de la séance, les images traumatiques avaient laissé place à un apaisement. « Je me suis sentie libérée. J’éprouve toujours autant d’amour pour mon fils. Mais je peux penser à lui sans souffrir. Je ne vis plus dans une terreur permanente. » – Article du monde

L’EFT peut parfois aider également : voir à ce sujet le site officiel de Cary Graig, fondateur dela technique intitulée « emotional freedom technique »