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Une méthode pour canaliser la pensée.

Notre cerveau produit 60.000 pensées par jour, paraît-il ! C’est beaucoup, il y a de quoi s’y perdre…

Il n’est pas toujours aisé de canaliser la pensée pendant une séance de méditation, ou pendant une posture de yoga ou un mouvement de Qi-gong. Voici une méthode qui s’est dégagée de ma pratique, que je partage avec vous, au cas où elle vous inspirerait. Elle vous aidera à profiter pleinement des effets bénéfiques du Qi Gong, ou de la méditation.

Les 4 énergies pour canaliser la pensée

Même si j’apprécie le système complexe des 5 énergies des chinois (bois, métal, feu, eau, terre), ou celles de l’Ayur Veda de l’Inde, ces symboliques ne correspondent pas bien entre elles et pas tellement non plus avec celle de nos 4 bons vieux éléments d’Aristote : Terre, Eau, Air, Feu.

Alors, puisque je me suis construit en Occident, j’ai la faiblesse de l’utiliser pour structurer mes postures, même s’il s’agit de postures de Qi gong ou de yoga. J’y recours parce qu’elle me parle. Mais cette méthode n’est pas pour autant meilleure qu’une autre.

Mais j’aimerais d’abord dire que des postures ou des mouvements sont neutres et libres, et n’appartiennent à aucune tradition. Le corps appartient à la Vie elle-même, ainsi que ses mouvements. Et je n’ai pas l’impression de trahir l’esprit de l’indéterminée ou de la chine, en utilisant la symbolique des éléments occidentale pour déposer ma pensée et ériger peu à peu la qualité de présence dans les postures de yoga ou de Qi gong.

Méthode empirique

C’est une méthode que j’ai trouvée de façon empirique, quand elle s’est imposée d’elle-même. J’ai constaté dans l’après coup, en cherchant à modéliser pour mes élèves, que cela se faisait, plus ou moins, dans cet ordre là. Pour autant, je ne sais pas s’il faut le respecter délibérément, et suivre systématiquement cette méthode pour canaliser la pensée. En tous cas, dans les méditations que je guide parfois pour des élèves ou des amis, je recours à cette structure, qui les aide à ne pas se perdre.

Canaliser la pensée avec l’énergie de la Terre

Je porte d’abord mon attention sur la structure anatomique de la posture. Il s’agit là de veiller à la verticalité et l’alignement. Sentir l’enracinement dans le sol, la stabilité. Un sentiment de sécurité se dégage de lui-même de cet enracinement.

S’appuyer sur l’énergie de l’Eau

Accueillir les tensions constatées depuis un espace plus vaste qu’elles. L’ego, qui sous-tend les contractures, est alors vu. Et, au lieu d’être encouragé par l’identification inconsciente, ou bien inutilement combattu, il est alors simplement accueilli, comme tout le reste, depuis l’arrière plan aimant et ouvert de la conscience primordiale et impersonnelle. Une détente s’en suit, qui fait couler l’énergie, tandis que les résistances du corps s’effondrent vers le bas du corps.

Par ailleurs, se laisser bercer par le va et vient de l’abdomen, aide à cette détente.

Un certain calme apparaît alors peu à peu, et une sensation de plaisir peut être appréciée. Le plaisir simple de sentir le corps vibrer. Aimer le corps, le laisser se manifester, en l’accompagnant avec affection. Sans histoires.

Energie de l’Air pour canaliser la pensée

Après avoir suivi la pesanteur pour descendre dans la profondeur, observer maintenant la légèreté, tout en appréciant le rythme du souffle. Constater qu’à la fin de l’expire, il y a un moment d’unité à poumons vide. Apprécier aussi le moment d’unité à la fin de l’inspiration, à poumons pleins. Puis expérimenter que malgré les mouvements du corps, l’inspiration comme l’inspiration sont également vides. Tout est Un. Comme s’il n’y avait pas 4 phases, mais une seule, se manifestant en surface par 4 transformations. Adorables, mais sans consistance, en “comparaison” de leur unité…

Voir du coin de l’oeil que des pensées s’élèvent dans le ciel bleu de la pure conscience, mais sans s’y attacher et sans les repousser non plus (comme pour les tensions corporelle de tout à l’heure). Rester ouvert, souriant. Amusé…Heureux d’être là.

S’élancer avec l’énergie du Feu

Depuis cette disponibilité (Terre) affectueuse (Eu) et souriante (Air), survient la sensation de la verticale, qui s’érige d’elle-même.

Sensation d’être relié au ciel par le sommet de la tête.

L’illusion de la personnalité en train de pratiquer se dissout d’elle-même, sans effort en ce sens.

Que reste-t-il ? Personne. La Présence. Comme le disait Parménide : “il y a…”, ou comme le disait Maharshi : “je suis”.

Et là, cela rejoint maintenant la symbolique de l’éther, le 5ème élément. Conscience de l’instant présent hors du temps linéaire. Juste “présence”.

Il ne s’agit-là que d’une expérience ordinaire, parfaitement accessible à tout le monde. Pas la peine d’en faire une histoire d’éveil spirituel, même si les mots pour le dire sont bien ceux-ci. Pourquoi pas y recourir, mais d’un autre côté : à quoi bon ?

Voilà, c’est ma petite méthode personnelle. Cela me permet de conduire mon attention dans un ordre logique.