Vouloir atteindre un objectif est à la fois le ressort de la vie et le processus même de la misère :

Jusque quand allons-nous courir après l’instant d’après, en nous contentant de surfer à la surface de l’instant présent ?

En quoi ce sera tellement “mieux” quand tels ou tels objectifs seront atteints, qui nous mettent tant de pression “maintenant” ?

Peut-on ainsi toute sa vie gâcher l’instant présent au profit de lendemains soi-disant meilleurs ?

N’est-ce pas prendre la proie pour l’ombre d’hypothéquer “maintenant” pour le fantasme de “demain” ?

De façon un peu paradoxale aujourd’hui, nous allons battre en brèche l’idée répandue, qu’il faudrait toujours avoir des projets etc es objectifs. Soyons clairs, le désir d’aller de l’avant et le fait de fixer un objectif de coaching sont le fondement même du coaching, nous n’allons pas en dire de mal. Pourtant, nous voudrions dénoncer une tendance actuelle, consistant à toujours se projeter sur “après”, sur “mieux”, sur toujours plus”…

Atteindre un objectif : un processus sans fin

atteindre un objectif
Débranchez la prise !

Au lieu de reconnaître que je suis déjà “bien”, maintenant, on ne cesse de se raconter toujours qu’il manque ceci ou cela. Et quand nous aurions enfin obtenu ce qui manquait tant (une meilleure santé, plus d’argent, une/un partenaire, une situation plus favorable quelconque, etc…), alors tout serait sensé aller mieux pour nous. Cette projection contient le germe de notre souffrance actuelle, car en attendant cet instant d’après qui serait meilleur, nous souffrons du manque de ce après quoi nous courons… Au lieu d’apprécier ce qui est déjà là, nous courons toujours après l’instant d’après (où ce sera soi-disant mieux). C’est un processus sans fin, si on ne se décide pas à débrancher la prise de temps en temps !

 

Maladie mentale du siècle

Certaines personnes se pourrissent littéralement la vie, en s’agitant beaucoup, en faisant tout un tas de trucs casse-pieds « maintenant », afin de se rendre disponible « plus tard ». Mais évidemment, quand « plus tard » arrive, ils sont pris par la compulsion de « faire », « faire », « faire », et ils préparent encore d’autres choses, en vue de pouvoir prendre du plaisir ou du repos l’instant d’après, encore et encore… Donc, en fait, ils ne s’arrêtent jamais, ils ne profitent jamais, tellement ils sont pris par le carcan des obligations, et des choses à faire.

Le burn-out les attend, et comme ils en ont peur, ils accélèrent encore pour y échapper, tout en s’en rapprochant de plus en plus vite….

Et ils s’en plaignent évidemment, se croyant victime d’une pression et de contraintes extérieures, alors qu’ils créent eux-mêmes en grande partie ces conditions.

A quoi bon tout ce souci, sans fin ? Il s’agit d’une véritable maladie mentale, dont nous sommes tous plus ou moins atteints…

(Lire à ce sujet notre article : coaching et anti-dépresseurs)

Pour atteindre un objectif, il faut agir !

Le résultat ne dépend pas des histoires que vous vous racontez : vos espoirs ni vos craintes n’y changeront rien.

Il va vous falloir agir !

  • Ce sur quoi vous avez une prise, faîtes-le
  • Ce sur quoi vous n’avez pas de prise, acceptez-le

C’est tout. C’est peu mais c’est déjà énorme. Alors faîtes ça déjà, et vous verrez que vous vous sentirez tout de suite mieux. L’action et le mouvement ont quelque chose de libératoire, l’énergie ainsi mobilisée, débloque aussi les pensées et les émotions.

Il n’est pas forcément besoin d’entreprendre de très grandes choses, tout de suite, mais ne restez pas trop longtemps inactif et statique. Trop réfléchir ne fait que vous enfermer dans votre tête. La solution c’est de se mettre en mouvement, par des petits pas, des petites choses qui vous mettent en action dans la bonne direction.

Agir maintenant

atteindre un résultat

“Pour gagner la coupe du monde dans 2 ans… … il faut déjà gagner le match de ce soir !

“Pour gagner le match de ce soir… il faut être excellents !

“Pour être excellents… il faut « jouer » et se faire plaisir !

“Alors, ce soir : faîtes votre métier, donnez votre meilleur, soyez généreux, et régalez-vous ! Lâchez prise sur le résultat et concentrez-vous sur ce qui est à faire : maintenant !

 

Et si vous lâchiez prise sur les résultats pour ne plus vous concentrer que sur l’instant présent ?

Réussissez ce qui est là : maintenant !

Amusez vous à « jouer »votre vie, et prenez-y du plaisir…

Et si tout cela n’était qu’un jeu ?

Mettez-vous dans la peau du personnage qui va au travail, qui répond au téléphone, qui s’occupe des enfants, ou qui relationne avec sa/son partenaire, mais tout en observant de l’intérieur le « jeu » : la scène, soi, l’autre, les autres, tous en train de jouer sans s’en rendre compte, comme dans un rêve (voir l’article : « s’éveiller de l’état de veille).

Changer de perspective de cette manière originale vous aiderait à prendre un peu de hauteur, à être davantage conscient de vous, davantage attentif aux signaux faibles…

Vous êtes bien là, complètement présent et disponible, si bien qu’il devient même inutile de « jouer un rôle », il suffit d’être vous-même et de faire face à la situation, sans vous prendre au sérieux.

Vivez cela de façon à la fois passionnée et calme :

  • passionnée, parce que c’est totalement captivant, fascinant, et que vous êtes engagé à fond…
  • et calme, parce que tout cela est sans aucune lourdeur ni gravité. Ce n’est qu’un jeu !

Ne plus jouer un rôle, ne plus se prendre pour ce personnage, cette réduction de vous-même, ce costume étroit et lourd que vous portez sans cesse, même lorsque vous êtes seul…

A ce propos, voici la traduction d’un texte de Barry Long, qui évoque par une métaphore, comment nous sommes enfermés dans une “personnalité” que nous prenons à tort pour ce que nous sommes.

 

L’imposture du masque social

Il y a très, très longtemps, lorsque les êtres humains n’étaient pas incarnés dans leur corps physique comme ils le sont aujourd’hui, un homme (où était-ce une femme ?) avait fabriqué un masque merveilleux – un masque qui pouvait avoir plusieurs visages.

Cet homme avait l’habitude de mettre son masque et de s’amuser en accostant soudainement les passants et en observant leurs réactions. Parfois, le masque souriait, parfois il pleurait, parfois même, il grimaçait et se renfrognait.

Démasquer l'imposture de la personnalité- coaching

Ses victimes étaient toujours choquées à la vue de ce visage tellement extraordinaire, étrange et si peu naturel – même lorsqu’il souriait. Mais que ces personnes rient ou pleurent était sans importance pour notre homme. Tout ce qu’il voulait, c’était l’excitation due à leurs réactions. Il savait bien que c’était lui derrière le masque. Il savait que le farceur, c’était lui – et que la farce était à leurs dépens.

Au début, il sortait avec le masque deux fois par jour. Puis, s’habituant à l’excitation que lui procurait cette activité, et en en voulant encore davantage, il commença à le porter toute la journée. Finalement, il n’éprouva plus le besoin de l’enlever et le garda pour dormir.
Durant des années, l’homme parcourut le pays en s’amusant derrière son masque.

Puis un jour, il s’éveilla avec une sensation qu’il n’avait jamais ressentie auparavant – il se sentait seul, divisé, quelque chose lui manquant. Bouleversé, il bondit hors de chez lui pour se trouver face à une très belle femme – et en tomba immédiatement amoureux. Mais la femme cria et s’enfuit, choquée par ce visage étrange et effrayant.

« Arrêtez-vous, ce n’est pas moi ! » cria-t-il en tordant son masque pour l’arracher. Mais c’était lui. Impossible de détacher le masque. Il était collé à sa peau. Il était devenu son visage.

Cet homme, avec son masque fabuleux, fut la première personne à entrer dans ce monde malheureux.
Le temps passa. Malgré sa ténacité et les efforts qu’il déploya pour annoncer à tous le désastre qu’il s’était infligé, personne n’était prêt à le croire. D’autant plus que personne n’était intéressé à l’écouter, puisque tout le monde l’avait imité. Tous avaient mis leur propre masque – afin de connaître eux aussi la nouvelle excitation de jouer à être ce qu’ils n’étaient pas. Comme lui, ils étaient tous devenus le masque.
Mais désormais quelque chose de pire était arrivé. Non seulement ils avaient oublié la farce et le farceur, mais aussi ils avaient oublié la façon de vivre joyeusement, en tant qu’être sans masque.”   

Extrait tiré de l’ouvrage de Barry Long : « Seule meurt la peur » Les Éditions du Relié

Cette allégorie exprime notre propre détresse, après l’excitation, ressentie quand nous nous prenons pour notre “personnage”.  Ce texte court illustre d’une autre manière le mythe de la caverne de Platon, dont nous avons déjà parlé, et qui campe bien le décor du coaching.

Nota : Cet auteur est mort, et je ne l’ai pas connu. Mais ce que je trouve très sain de sa part, c’est qu’il n’a pas voulu fonder d’école avec des successeurs qui parleraient en son nom, parce qu’il détestait les sectes (ça nous fait déjà un point commun !). Il a encouragé chaque personne inspirée par ses écrits à s’assumer soi-même, et à parler par soi-même depuis sa propre expérience. Dans cette perspective, il n’y a rien à transmettre, pas d message à faire vivre, il y a juste à vivre et à partager ce qui se présente, sans se faire toute une histoire avec la nécessité d’atteindre un objectif. L’instant présent est bien assez riche, pour qu’on ait besoin de lui sur imposer des histoires psychologiques et des objectifs à atteindre…

Atteindre un objectif ? Réduire les interférences…

Plutôt que de se tendre vers l’avenir, une autre option pourrait être de se concentrer sur le présent de voir clairement ce qui entrave la progression, la circulation naturelle de l’énergie, à l’instant même.

atteindre un objectif

Il existe trois grandes interférences, qui font perdre de l’énergie :

  • l’énergie détournée de la cible visée par manque de clarté sur cette dernière (stratégie mal connue, ou cap qui change trop souvent). Cette interférence s’appelle l’énergie dispersée.
  • l’énergie dépensée en vain, au détriment de l’action, à cause de désaccords et de disputes entre des personnes. Cette interférence s’appelle l’énergie d’entretien, parce que c’est l’énergie que l’on doit consommer au détriment de la tâche effective pour s’entretenir et se maintenir concentré, malgré les mal vécus émotionnels liés aux tensions relationnelles.
  • l’énergie inutilisée par manque de mobilisation de la motivation individuelle. Cette interférence s’appelle l’énergie latente, parce que c’est une énergie qui reste latente, inactive, mise de côté, pour être employée pour d’autres activités jugées plus gratifiantes ou moins stressantes dans l’instant. C’est ainsi qu’on procrastine, en faisant autre chose que l’action prioritaire.

(Nota : les noms donnés à ces 3 pertes d’énergie proviennent d’un travail d’Olivier Devillard « Dynamiques d’équipe » – Editions Dunod)

En cessant de freiner, on avance de façon beaucoup plus aisée. Un coaching peut vous aider en quelques séances à repérer ce qui entrave votre progression naturelle, et à déclencher le flux naturel de l’énergie qui devrait circuler de façon fluide à travers vous (déclencher = “retirer la clenche”, qui verrouille vos ressources profondes). Parfois, il est inutile de se fixer des objectifs et d’attiser le désir, quand il suffit de retirer les obstacles qui vous bloquent. Alors seulement quand la voie est libre, vous pouvez naturellement retrouver le goût d’atteindre un objectif nouveau, mais sans en faire toute une histoire (voir à ce propos cet autre article qui explique en quoi ces histoires sont à l’origine des problèmes).

Lâcher la pression

Un autre grand coupable de votre inertie est la pression que vous vous mettez souvent tout seul, sans même vous en rendre compte !

De quoi êtes-vous responsable ? De vos actes, c’est certain !

Mais, une fois que vous serez passé à l’action, le résultat dépendra :

  • certes de la qualité et la pertinence de votre action,
  • mais aussi de l’environnement, des autres, de la vitesse du vent, etc…

Comme, à l’évidence, vous n’êtes pas seul au monde, les résultats dépendent en grande partie d’autres paramètres que vous-même.

Alors, n’est-ce pas insensé de vous mettre tant de pression sur le résultat ?

Une fois qu’on a bien défini l’objectif et que la trajectoire semble claire dans les grandes lignes (gros travail de préparation en amont de l’action, évidemment !), il n’y a plus besoin de se préoccuper du résultat. Cela serait une interférence, qu’il faut réduire absolument, parce que toute l’énergie consommée par cela est détournée de l’action…et donc détournée du résultat (cf. l’équation citée plus haut : Performance = Actions – Interférences)

A la limite, plus vous pensez avec inquiétude à atteindre un objectif, moins vous avez de chances de réussir et de réaliser vos objectifs. En revanche, vous pourriez vous visualiser en train d’atteindre un objectif, en train de jouir du résultat. En vous installant dans votre corps, en vous situant clairement dans le présent, rien ne vous empêche de ressentir maintenant ce que vous éprouveriez si votre objectif était déjà atteint. Cela vous mettrait tout de suite dans de bonnes dispositions pour mobiliser votre énergie.

Mais à quoi bon vous projeter en avant ? Le mieux ne serait-il pas d’apprécier déjà l’instant présent ? D’un certain point de vue, le reste n’est que fantasme… De toutes façons, on ne peut aller de l’avant, qu’en prenant appui sur le présent. Alors, appréciez celui-ci dès maintenant…

atteindre un objectif - orygin coaching

Lâcher prise et concentration

Pour atteindre un objectif, il faut cesser de penser au résultat, et vous concentrer sur l’action dans l’instant présent.

Pour vous aider à goûter à cette expérience, nous avons imaginé un exercice rapide et impactant, qui montre de façon saisissante comment lâcher prise sur le résultat et se concentrer sur l’action.

La vidéo vous explique quoi faire.Vous sera peut-être stupéfait du résultat…

Il ne s’agit pas tant d’un exercice pour lâcher prise sur les interférences mentales (espoirs et angoisses, qui engendrent des agitations par anticipation), que d’un truc pour apprendre à se concentrer sur ce qui crée de la valeur : l’action, dans l’instant présent !

Quelle que soit votre situation actuelle, vous devriez peut-être cesser de vous disperser en tracasseries, et vous concentrer sur chaque pas, en vivant jour après jour, sans vous tourmenter davantage avec des questions superflues à propos de fantasmes d’objectifs…

Comment pourriez-vous rendre plus simple la situation complexe en simplifiant votre équation, en réduire le nombre de paramètres, pour revenir à la simplicité de vivre l’instant présent ?

Pour bénéficier d'une séance téléphonique gratuite, nous vous invitons à nous préciser vos coordonnées ainsi que les questions que vous souhaitez aborder.

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