L’assise silencieuse est une pratique efficace et assez facile à mettre en ouvre. Un manager, qui est sans cesse confronté à l’action, aux difficultés et au stress, a peut-être encore plus besoin que d’autres, de quelques instants quotidiens de détente et de ressourcement.

L’assise silencieuse efficace contre le stress

L’expérience prouve que 10 à 15 minutes par jour d’une assise silencieuse suffisent à provoquer un état de quiétude, qui dégage un peu le mental de ses dispersions et rassemble l’énergie au profit d’une plus grande lucidité et d’une meilleure vitalité globale.

 

  • L’assise silencieuse est une pratique naturelle à l’être humain, à toutes les époques et dans toutes les civilisations.
  • L’assise silencieuse appartient au patrimoine de toute l’humanité, et n’est en rien l’apanage exclusif du yoga ou du zen (même si, à l’évidence, ces courants ont compté parmi les porteurs éclairés de ce qu’on appelle « la méditation »).
assise silencieuse
Pas besoin de devenir moine zen
pour pratiquer l’assise silencieuse

 

Ici, nous n’allons pas entrer dans le détail de techniques avancées, nous en resterons à la simplicité originelle d’une pratique brute de l’assise silencieuse, telle que pourrait l’expérimenter spontanément un promeneur dans nos campagnes, s’asseyant sur une pierre au bord d’un chemin pour y contempler le spectacle de la nature, et pour y goûter les sensations qui s’élèvent à l’intérieur de lui en résonnance avec la beauté extérieure. (lire à ce sujet : la technique de la marche de santé, marche appréciative)

 

Autrement dit, pas de crainte ni de complexe :

  • En vous asseyant paisiblement comme décrit ci-après, vous n’allez pas vous transformer en quelqu’un d’autre que vous-même. Bien au contraire, si vous cherchiez à devenir davantage vous-même et à vous soucher davantage à vos racines profondes personnelles, ce serait une excellente manière de vous y prendre.
  • Vous n’allez pas non plus tomber insidieusement dans une pratique religieuse qui nécessiterait de « croire » à toutes sortes de choses. Bien au contraire, il s’agit d’expérimenter et non de croire ou de comprendre. Il s’agit de libérer un peu votre tête, et non pas de la charger un peu plus.

Notre propos n’est pas d’évoquer la dimension spirituelle de l’assise méditative, mais de considérer en quoi l’immobilité silencieuse peut-être une formidable pratique d’hygiène intérieure.

Voir aussi ces deux articles :

Technique d’assise silencieuse

S’asseoir au bord d’une chaise, en prenant soin de pouvoir ériger sa colonne vertébrale sans appui et sans rigidité, respirer calmement, rassemblant son attention sur le va et vient apaisant du ventre et des côtes au rythme du souffle.

  • Il ne s’agit pas ici de chercher à respirer lentement ou profondément, mais juste d’être ouvert à ce qui se passe à l’intérieur de soi. Etre à l’écoute du souffle, comme s’il s’agissait d’un enseignement précieux. Ecouter attentivement, profondément, tranquillement, sans rien changer à rien. On peut fermer les yeux, ou les laisser ouverts le regard posé devant soi, mais sans vraiment regarder quelque chose en particulier.
  • Il ne s’agit pas d’essayer de « faire le vide » (Bon courage si vous essayez !), mais simplement d’observer que des pensées apparaissent, tout en étant suffisamment centré pour ne pas partir avec elles. (voir notre article : Stopper le mental).

Comme une vache regardant les trains passer, il s’agit de s’installer confortablement dans une posture physique de présence et d’éveil, et d’ouvrir une vue large à l’intérieur de soi, au point de s’entendre soi-même en train de penser, sans pour autant alimenter ces pensées, sans les suivre dans leur contenu, sans s’identifier à cette activité mentale.
Progressivement, le processus de pensée n’étant plus surinvesti, se calmera un peu au profit d’une quiétude. Quelques pensées surgiront bien encore, qui en entraineront d’ autres, mais en observant le processus sans l’entretenir, les pensées s’espaceront davantage, et vous apprécierez quelques instants furtifs de silence, au sein d’un bavardage intérieur moins soutenu.

Au début pratiquer cet exercice 5 ou 10 minutes vous demandera une grande attention, et pourrait être vécu comme très difficile. Mais au bout de quelques séances seulement, en augmentant éventuellement un peu la durée, tout en veillant à ne pas perdre de la qualité de concentration, vous ressentirez de plus en plus de confort et d’agrément. Avec un peu d’habitude, vous expérimenterez même l’impression réconfortante de revenir chez vous quand vous vous assiérez ainsi pour un petit moment de repos vigilant. Et vous disposerez dès lors, en vous-même, d’un espace d’accueil pour vous-même, chaleureux et ressourçant.

 

Se challenger soi-même pour tenter de « tenir plus longtemps » dans cette pratique n’est pas nécessaire. Bien au contraire, ce serait réintroduire des objectifs et de la contrainte, là où on essaie plutôt de laisser émerger « gratuitement » un état qui vient tout seul, sans qu’on s’en mêle. Il s’agit juste de réunir les conditions pour passer un petit moment confortable, attentif à sa posture et à sa respiration. Pourquoi méditez-vous ? Pour la joie de méditer. Rien de plus. Pourquoi travaillez-vous ? Pour la joie de travailler !

 

Retrouver le calme intérieur - L'assise silencieuse est une pratique de gestion du stress utile pour les managers.

Astuce pour la pratique de l’assise silencieuse

Pour ne pas avoir à se préoccuper lui-même du temps, un de nos clients nous a confié qu’il délègue cette tâche à… un minuteur, qu’il règle sur 10 ou 15 minutes (la plupart des téléphones portables disposent d’une fonction minuterie très pratique à cet effet). Quand la sonnerie retentit, il se relève en appréciant quelques instant l’état dans lequel il se trouve… puis il reprend le « cours normal » de ses activités ordinaires, avec une meilleure concentration, et une plus grande disponibilité. C’est tout, c’est simple.

Pas la peine de faire de longs discours à ce propos, puisqu’en l’occurrence, ce qu’il faut surtout faire : c’est une expérience personnelle. On peut toujours lire des livres à ce propos, mais dans un premier temps cela risque surtout de disperser l’attention et de compliquer une chose très simple. Pourquoi ne pas essayer dès aujourd’hui, sans autre préparation ?

Une pratique régulière de ce rendez-vous silencieux avec soi-même, apporte bientôt des bienfaits multiples, que nous ne détaillerons pas ici. Nous nous contenterons d’inviter chaleureusement ceux qui seraient tentés d’essayer, à oser cette expérience, à la fois minuscule… et très puissante sur le long terme. Ici, tout est affaire de régularité et de lâcher prise.

Il est amusant de découvrir par soi-même comment faire de ce « quart d’heure-vingt minutes » quotidien un moment agréable (et surtout pas un devoir, et encore moins une punition). Toutefois, un minimum de discipline peut être intéressant, de façon à reproduire l’exercice pendant 21 jours, parce que c’est le temps qu’il faut au corps pour métaboliser une nouvelle habitude. Ensuite, un sillon cognitif aura été tracé qui provoquera des réflexes : c’est le corps qui vous rappellera à l’ordre, faisant sentir qu’il lui manque sa dose de silence et son appoint en énergie vitale.

Parler à un coach

Rigueur et discipline ?

Evidemment, cette pratique nécessite un peu d’organisation pour lui laisser une place dans sa journée, et d’un tout petit peu de rigueur pour maintenir le cap. Un dirigeant qui avait pris cet objectif lors d’une séance de coaching, a trouvé l’idée suivante : s’asseoir en silence dans sa chambre le matin avant même d’en sortir, afin d’être sûr de n’être happé par le sympathique tourbillon familial qu’après avoir pratiqué son assise silencieuse. D’après ce que nous savons, aujourd’hui après plusieurs années à ce rythme : il s’en porte très bien et attribue une bonne part de sa progression personnelle et professionnelle à cette simple pratique qui le recentre et fait souvent émerger des idées nouvelles dans sa tête (au point parfois de devoir s’interrompre pour les noter afin de pouvoir continuer, et de ne pas risquer de perdre ces idées précieuses).

Un autre client nous a confié qu’il pratique quotidiennement… dans 80% des cas. Par exemple, des fois, il se lève très tôt pour prendre un avion et s’abstient de cet exercice ce jour-là. Mais parfois, il se lève encore un peu plus tôt pour avoir le temps de ce recueillement énergétique qui lui donne l’élan pour la journée. Il lui arrive d’avoir la flemme, passant devant son coussin sans le regarder et filant vite vers d’autres occupations. Sans se juger trop sévèrement apparemment, cette personne a trouvé là son équilibre et pratique ainsi depuis des années, avec beaucoup d’amitié pour elle-même.

A propos de la discipline nécessaire, certaines méthodes appliquent une rigueur presque rigide. Ce n’est pas forcément ce qui convient à tous.

Pour nous-mêmes, nous préférons une rigueur souple :

  • Vouloir se « libérer » en « s’enfermant » dans un engagement respecté à la lettre est peut-être un peu contradictoire…
  • C’est aussi une mauvaise tactique. En effet, si je choisis une orientation à un instant « t », grâce au chemin parcouru pour m’en rapprocher, je vais probablement découvrir de nouveaux horizons, impactant ma pratique, qui ne peut donc pas rester figée. La pratique n’est-elle pas comme la vie : se maintenant constante dans le fond, tout en changeant tout le temps à la surface ? Plutôt qu’un engagement définitif qui oblige et contraint de l’extérieur, nous préférons un engagement réinventé librement à chaque instant, qui se transforme au passage et renouvelle toujours le désir.

Mais ce qui fonctionne pour l’un serait inefficace pour quelqu’un d’autre. Et puis, des fois, on change aussi… Donc, à chacun de trouver son équilibre ?

Que se passe-t-il pendant l’assise silencieuse ?

C’est à chaque fois différent.

On voit tout ce qui change, tous les phénomènes que l’on peut observer en soi et hors de soi, depuis un calme caste qui accueille les évènements sans les juger, sans se laisser embarquer par eux.

On constate donc qu’il y a témoin qui ne change pas. Voir que « cela » voit, sans jamais pouvoir voir l’oeil qui regarde ce qui est vu…

Ce regard que je suis et qui médite n’a rien à voir avec le personnage que je crois être et que les autres croient voir, quand ils regardent mon corps, et voient la globalité de mon personnage social.

Quand on pratique l’assise silencieuse, l’attention se déporte progressivement de l’avant scène, où je me prends pour celui qui médite, à l’arrière de la scène, où « moi » se fond dans le décor, et où « Je suis » prend le relai. Là, « cela médite » et embrasse à la fois l’arrière plan et l’avant-plan. Mais il n’y a plus « quelqu’un » pour méditer, parce que je suis la méditation elle-même en quelque sorte, je suis l’agitation relative de l’expérience présente, perçue depuis la paix profonde de la « Présence ». Cette clarté se diffuse et semble irradier à travers le corps.

A la fin de l’assise silencieuse, le corps se relève et reprend le cours normal de sa journée (jusqu’à la prochaine éclaircie, où la conscience perce de nouveau derrière la couche de nuages).

Le regard intérieur qui se développe naturellement par la pratique de l’assise silencieuse est un regard tranquille et acceptant, comme le regard attendri des parents devant le jeu des enfants (voir notre article : « les deux sortes de souffrance« ).

Aller plus loin sur l’assise silencieuse :

Cet exemple d’exercice de respiration consciente et connectée au rythme naturel de l’inspire et de l’expire est un exercice simple et puissant pour retrouver son calme en 5 minutes chrono. Essayez de le faire en même temps que la vidéo, vous verrez…

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