Peut-on arrêter de penser, ou bien penser moins souvent ou moins fort, un peu comme on éteindrait la télévision, ou comme on baisserait le volume du son ?

Comment arrêter de penser, au moins parfois, quand c’est nécessaire d’être calme et lucide ? Par exemple, quand vous avez besoin d’écouter attentivement ou de vous engager intensément dans l’action…

POURQUOI ARRÊTER DE PENSER ?

La pensée est un instrument merveilleux, à condition qu’elle soit gouvernée, et qu’elle ne soit pas laissée libre d’aller et venir à sa guise de façon désordonnée :

  • Nous l’avons expliqué dans un précédent article sur l’origine des problèmes : la cause principale de nos difficultés vient du mental et de la pensée.
  • Nous avons aussi évoqué le problèmes graves que posent les pensées toxiques.

Il y a donc un certain nombre de cas, où il serait très utile de pouvoir arrêter de penser. Dans tous les autres, il est nécessaire d’être conscient de ses pensées, maîtrisant le processus en le calmant, en le canalisant, et en étant éventuellement capable de l’orienter…. Ceci n’est pas moins que la clé du bonheur et de l’efficacité !

arrêter de penser

Atteint comme tout le monde par cette maladie mentale, consistant à ne jamais s’arrêter de penser, vous n’êtes même plus conscient que « cela pense » tout le temps dans votre tête, et vous ne pouvez pas enrayer ce processus démentiel ordinaire.

Ainsi, pendant que l’on vous parle, au lieu d’écouter profondément, en restant tranquille et silencieux intérieurement, vous réagissez sans cesse avec votre mental :

  • vous pensez à une question à poser,
  • vous cherchez à comprendre,
  • vous faites un lien avec votre propre expérience,
  • cette personne vous fait penser à une autre,
  • ce cas vous en rappelle un autre, etc…

Ainsi, vous ne cessez de réagir intérieurement, vous bougez mentalement, émotionnellement, et corporellement. Et pendant ce temps, vous n’êtes que partiellement présent, occupé que vous êtes à ces activités dispersantes, qui détournent votre attention et vous fatiguent inutilement, sans créer de valeur en retour.

Comment dès lors parvenir à arrêter de penser, à stopper le mental pour offrir à votre entourage et à vous-même une disponibilité complète ?

 

ARRETER DE PENSER : UNE ILLUSION ?

  • Pouvez-vous, en ce moment même, être ailleurs que là où vous êtes ?
  • Pouvez-vous quitter l’instant présent, pour aller faire un tout dans l’instant d’après ou l’instant d’avant ? Allez-y, on vous attend…
  • Pouvez-vous ne pas avoir en ce moment même la pensée qui est dans votre tête actuellement ?

Non vous ne pouvez pas !

Vous pourriez éventuellement choisir de réorienter vos pensées, en dirigeant délibérément le flux de votre attention sur une chose spécifique.

Mais de même que vous ne choisissez pas que votre corps soit né, ni qu’il meure un jour, ni l’âge qu’il a en ce moment, vous ne choisissez pas que des pensées émergent spontanément dans le champ de votre attention. Elles vont et viennent d’elles-mêmes, plus ou moins “mécaniquement”, par associations, par rebonds, par effets d’interactions entre diverses perceptions et phénomènes : l’environnement, les relations aux autres, les souvenirs, les besoins vitaux, les sensations corporelles, les réactions émotionnelles, etc… Tout cela suscite des pensées, qui ne sont le plus souvent que des répétitions de schémas déjà connus, plus ou moins automatiques et stéréotypées, selon votre mémoire, sans que n’ayez de prise directe sur ces processus. Vous croyez que c’est vous qui pensez, mais vous n’avez aucune prise sur ces pensées, vous êtes plutôt pensé par elles.

Ce flux de pensées peut être calmé, si vous restez calme. Il peut aussi être complètement excité si vous vous agitez intérieurement, à suivre toutes ces pensées, et à vous identifier à leurs contenus. Un peu comme quelqu’un qui regardant la télé éprouverait toutes les émotions mises en scène dans les programmes. Cette personne exprimerait toutes les émotions des personnages à l’écran selon les scènes sur lesquelles s’arrêterait la télécommande de façon totalement aléatoire. C’est à peu près ce qui se passe avec nous à cause des rebonds de la pensée, sur laquelle nous n’avons que très peu de prise.

En fait, plus vous vous identifiez au contenu des pensées, qui bougent tout le temps, plus vous êtes instable et en insécurité, et plus vous vous raccrochez aux pensées pour vous rassurer (ce qui est une très mauvaise option !). C’est un processus “accélératif” : plus vous pensez… plus vous pensez ! (Voir à ce propos notre article sur les pensées toxiques)

Inversement, plus vous êtes centré et enraciné dans votre corps, plus vous vivez une expérience directe, sans l’intermédiaire de la pensée, plus celle-ci est calme (comme si on avait débranché la prise électrique et que la télé ne diffuse plus ses programmes. La pièce serait : calme et silencieuse).

arrêter de penser
Un client me racontait à l’instant à ce propos un accident de moto qui l’avait projeté dans les airs et grâce auquel il a pu faire soudain l’expérience du temps qui s’arrête, de la pensée qui s’interrompt, pour n’être plus que pure conscience, de la situation et de ses dangers, pour finalement tous les éviter et se retrouver un peu sonné mais indemne, comme par miracle. Dans cette situation, la pensée s’est interrompue sous la violence et l’urgence de la situation, et l’attention sans pensée a pris les rennes de la situation. La notion du temps (qui n’est qu’un produit de la pensée) s’est donc évanouie tant que la pensée était absente.

S’il fallait à chaque fois avoir un accident potentiellement mortel pour apaiser son mental, la vie serait bien fatigante et probablement assez courte ! Il existe heureusement un moyen d’arrêter de penser, sans besoin de circonstances extérieures. Ou à défaut d’arrêter de penser complètement, arrêter d’être totalement submergé par des pensées incanalisées.

 

 

CESSER DE SE RACONTER DES HISTOIRES

La première chose à faire est de cesser de croire aux histoires qui se racontent dans les pensées. Arrêter de se définir, selon les fluctuations de la pensée. Arrêter de demander aux évènements de nous fournir un miroir de qui nous sommes.

Un autre client me confiait dernièrement qu’il se rendait compte que tout son investissement dans le travail avait finalement eu comme objectif de pouvoir se définir grâce à ses réalisations. Comme si une chose extérieure pouvait définir ce que nous sommes à l’intérieur. Nous, le connaisseur sommes forcément plus grand que les objets de la connaissance, puisqu’ils sont plus petits que la connaissance elle-même. Et cette connaissance, c’est ce que nous sommes.

Finalement, nous ne pouvons pas être définis par des situations ou des réalisations, mais en revanche ce sont les situations qui sont empreintes de ce que nous sommes !

Le processus consistant à croire que le travail nous définit est faux, il procède d’une pensée erronée, qui nous emmène dans une fuite en avant pour nous découvrir… jusqu’à ce qu’on découvre qu’il n’y a rien à attendre des situations extérieures, et qu’on ne peut pas s’y trouver. Cela ne veut pas dire, qu’il ne faille pas travailler ou agir, mais qu’il ne faut pas le faire dans l’espoir de se définir ou se trouver. Ce sont là des histoires que l’on se raconte pour justifier de notre exil dans le mental et les pensées.

Stopper le mental et ses agitations incessantes, pour simplement être là, présent dans tout votre être (jusqu’à la conscience de la sensation globale qui se dégage de votre corps), est une condition nécessaire à une relation authentique et une bonne écoute. A défaut de ce calme intérieur, vous serez peut-être de bonne intention, vous serez peut-être de bonne volonté, mais l’impact de votre action sera beaucoup plus faible que lorsque vous êtes pleinement vous-même, centré dans l’instant présent, simplement attentif et disponible, sans pensée parasite.

Vous ne pouvez cependant pas « penser » à ne pas penser, car ce ne serait qu’une pensée supplémentaire. En revanche vous pouvez cesser d’alimenter l’activité de penser, en prenant simplement soin d’ être attentif.

Vous ne pouvez pas « vous empêcher de penser », mais vous pouvez délibérément investir votre attention dans l’écoute, l’observation. Faites par exemple pendant quelques instants, tout de suite, l’expérience d’être attentif à votre respiration, il y aura certainement un espace d’au moins quelques secondes sans pensée, mais pendant lequel vous restez conscient et attentif. Vous ne le saurez qu’après, parce que dès que vous caractérisez cet état de Présence sans pensée, vous en émettez une et vous quittez cet état. L’absence de pensée ne signifie pas l’absence de Vous. Au contraire ! Vous n’êtes vraiment conscient et vraiment vous-même que lorsque vous ne pensez pas. A l’inverse, quand vous pensez, votre attention est détournée, vous êtes en quelque sorte « moins conscient »… (voir à ce propos : “l’imposture de la personnalité“)

ARRETER DE PENSER, ET SE METTRE AU TRAVAIL…

Les pensées parasites nous privent de l’accès direct au réel : nous ne le voyons qu’à travers un filtre, celui de nos pensées-émotions qui collent des étiquettes sur les situations et les expériences (bon-mauvais, j’aime-j’aime pas, etc…).

On ne peut être pleinement présent quand on est coincé dans sa tête, pris par des bavardages et des agitations mentales, qui dispersent l’attention. Les pensées sont en grande partie un obstacle à la relation et à l’écoute profonde. On n’entend plus simplement ce qui est dit, mais ce que nous pensons à propos de ce qui est dit. A cause de cela, les relations authentiques deviennent impossibles car au lieu d’être simplement dans la présence à soi-même et aux autres, nous sommes pris par nos projections et nos croyances, qui nous emportent loin de l’instant présent.

Je vais prendre l’exemple du coaching, que je connais bien, car cette pratique offre un superbe terrain d’entrainement pour arrêter de penser.

Aussi surprenant que cela puisse vous paraître de prime abord, un coach est en effet payé pour être le plus présent possible à l’instant présent, complètement investi dans la relation, sans pensée, sans compréhension, complètement avec l’autre, sans aucun recul, juste attentif à la Présence que vous êtes, sans intention pour vous, sans recherche d’atteindre un objectif, sans même aucun projet, mais offrant une disponibilité fraîche, vierge, renouvelée à chaque instant… Honnêtement ce n’est pas facile à “faire”.

Et en réalité, cet état ne dure pas. Il est entre coupé de pensées dans la tête du coach, mais auxquelles il n’accorde pas d’attention. Du coup, elles ne font que passer, et il ne manoeuvre pas pour essayer de les ignorer, il ne cherche pas non plus à arrêter de penser ou à stopper son mental (ce qui serait une agitation de plus, une nouvelle dispersion, un autre projet parasite, une « pièce montée » sans valeur), mais il demeure concentré et présent. Et peu à peu, les dispersions cessent au profit de l’attention pure. Et puis il est de nouveau rattrapé par une pensée. Mais en se replongeant dans l’écoute du corps, de la respiration, de l’espace autour, du silence sous les mots, du vide autour des pensées, l’écoute profonde revient, ou plutôt c’est soi-même qui revient à cet état naturel de disponibilité et de Présence en coaching…. Et cet état est contagieux. C’est lui qui vous permet de vous reconnecter à la profondeur de vous-même (voir à ce sujet : “coacher en profondeur“)

 

TECHNIQUE POUR ARRÊTER DE PENSER

Pour arrêter de penser et plonger dans l’expérience de l’écoute profonde, il y a une technique simple, consistant à prendre mentalement deux autres points d’appui que le contenu que votre interlocuteur est en train de partager avec vous :

  • un à l’intérieur de votre corps (dans une sensation physique par exemple)
  • un élément de l’environnement extérieur (comme le décor de la pièce, ou un objet que vous y voyez)
  • et évidemment le contenu de ce que vous dit la personne qui vous parle.

Quand votre attention est ainsi partagée entre l’intérieur et l’extérieur de vous-même, vous êtes obligé de lâcher la tête et d’arrêter de penser. Votre champ de conscience s’ouvre d’une manière globale et circulaire :

  • en même temps que vous entendez ce qui vous est dit,
  • vous vous percevez vous-même en train de ressentir la résonance en vous de ce qui est dit.

Vous percevez donc toujours trois éléments (et non pas simplement deux) :

  • la chose externe,
  • son écho à l’intérieur,
  • et « vous-même » conscient de ces deux choses…

Dès lors, vous accédez naturellement à cette conscience sphérique globale, dont nous avons déjà parlé à propos des 2 niveaux de conscience en coaching. Cela ne veut pas dire que votre mental soit totalement débranché, ni que vos pensées aient totalement cessé, mais leur nombre est diminué, leur intensité passe en second plan, et VOUS êtes simplement attentif, sans vous impliquer dans ces pensées qui, si elles émergent, le font de façon automatique, sans que vous ne leur accordiez d’attention puisque celle-ci est totalement investie dans le présent de l’écoute et de la relation.

Ce qui est vrai pour un coach dans son travail peut être vrai pour n’importe qui dans n’importe quelle autre activité.

  • Ma soeur fait de la peinture, elle me dit qu’elle ne pense pas, qu’elle oublie tout, complètement investie dans l’exercice de son art, quand elle commence à peindre.
  • Un autre fera du bricolage ou du jardinage pour se “laver” la tête et “oublier ses problèmes”.
  • Les musiciens et les mélomanes ne pensent pas quand ils jouent ou écoutent de la musique intensément.
  • En fait toute activité pratiquée avec coeur (comme faire le ménage, la cuisine, faire la vaisselle ou passer l’aspirateur) nous absorbe complètement. Dans la passion de vivre, il n’y a plus d’espace pour que les pensées surviennent, ou en tous cas elles n’ont plus le pouvoir de nous hypnotiser et de nous fasciner, nous détournant de notre conscience globale de nous-même…
arrêter de penser
Au bout de l’horizon, après les mots, le silence intérieur…

Cette forme de présence à soi-même et aux autres, sans la distraction des pensées, est une manière d’être pleinement efficace. Elle ne fatigue pas, pour deux raisons :

  1. parce qu’il n’y a pas de dispersion d’énergie, celle-ci étant concentrée sur l’instant présent
  2. parce qu’on se recharge au fur et à mesure de la dépense d’énergie. En effet, étant enraciné dans l’instant présent, enraciné dans les sensations corporelles, toute l’attention prend sa source dans l’énergie primordiale de la vie que nous sommes. Nous sommes donc rechargés naturellement et sans effort, en fonction de ce qui est requis pour faire face à la situation et y répondre parfaitement.

Penser n’est pas en soi un problème, c’est l’excès de pensées qui finit par poser des problèmes, tels que des insomnies (quand vous voudriez bien que cela cesse pour laisser le corps s’endormir et se reposer) ou quand la pensée est coupée du coeur, et qu’à cause de cela les décisions prises manquent de finesse et de nuance (la violence vient toujours d’un manque d’empathie, quand la tête est coupée du coeur).

Il ne s’agit donc pas tant d’arrêter de penser que de déplacer son centre de gravité vers le bas, au lieu de le laisser perché dans la tête.

J’aimerais finir cet article par l’image festive d’une bouteille de champagne :

  • il est normal qu’il y ait des bulles qui remontent du fond de la bouteille. De la même manière, il est normal qu’il y ait des pensées dans le champ de la conscience.
  • d’un autre côté, si on secoue trop fort la bouteille, le bouchon risque d’exploser, de même que notre tête s’échauffe de trop si on s’agite mentalement trop fort avec nos inquiétudes (in-quiétude : signifie le non quiétude, le non calme, l’agitation)

 

arrêter de penser

 

 

Quand ça chauffe trop fort, tout finit par devenir insupportable !

Vous avez tous lu sur linked in ou Facebook toutes ces sentences, sorties d’un livre ou d’un autre, et bricolées vite fait sur un fond de coucher de soleil powerpoint, et qu’on attribue à Einstein ou Lao Tseu, et que certains diffusent à tour de bras sur les réseaux sociaux, un peu comme des mantras. Cette pléthore enthousiaste d’infographies peut être ressentie par certains qui chauffent de la carafe comme un matraquage mental insupportable, la goutte de trop qui fait déborder le vase. Tout ces messages sot alors mis dans un même sac et ressentis en bloc comme des messages moralisateurs à 2 balles, et finalement culpabilisateurs, qui semblent dire : “Si vous n’êtes pas heureux et libre, et performant : c’est de votre faute, puisque vous avez tout pouvoir !…”

Les personnes qui auraient le plus besoin de recevoir ces phrases positives et ces perspectives d’espoir, se sentent parfois harcelés par ces incitations à propos du bonheur, et de l’entreprenariat.

Qu’y a –t-il besoin de dire aux gens ce qu’ils ont à faire ? Qu’y a-t-il besoin d’asséner ces pensées, présentées comme des vérités sous forme de sentences de sagesse (dont la plupart sont très approximatives, tout en paraissant évidentes)

arrêter de penser

Je ne connais pas cette personne (Judith Mc Naught). Elle est certainement l’auteur d’un excellent livre. Mais tirée de son contexte, cette injonction par ailleurs pleine de bon sens, ressemble à du bien penser en boite : on dirait un nouveau “conformisme” moderne. On semble nous dire qu’il FAUT être libre. C’est à nous-même de faire notre propre chemin ? Pas besoin de nous le dire. Sinon c’est de l’injonction paradoxale : sois naturel, sois spontané… Aussitôt qu’on me dit ça, je ne suis plus libre :

  • si je fais ce qu’on me dit (être moi-même, être libre), on croirait que le fais par soumission à cette maxime (et donc dans ce cas, je ne suis pas libre)
  • si je ne me libère pas, comme on m’y invite, alors je reste prisonnier

Autement dit, quoi que je fasse en réaction à cette phrase qui me propose d’être libre, je ne peux l’être. C’est ainsi cette injonction de liberté elle-même, qui m’empêche de l’être !

 

Le coaching interrompt le processus mental parasite

A un client qui n’osait pas franchir le pas d’une décision qui lui faisait peur, j’ai proposé de changer de point de vue et d’envisager la folie d’être raisonnable, la folie de privilégier son confort, au lieu de s’exposer à un stress énorme qui le mettrait en panique…

Une certaine logique voulait en effet que cette personne quitte son statut de salarié pour se lancer dans une aventure entrepreneuriale. Mais son instinct lui disait au dernier moment de ne pas y aller… Etait-ce de la lâcheté ou de la lucidité ? En tous cas, le client se sentait très très mal, à cause de la pression qu’il se mettait. Il venait en quelque sorte se réfugier dans notre conversation, espérant peut-être y trouver un peu de répit ou de réconfort.

En tous cas, c’est comme cela que j’ai ressenti sa demande, que j’ai accueillie chaleureusement, en suggérant d’aller à l’encontre de la pression de conformité extérieure pour rester fidèle à son ressenti intérieur :

Dans le doute, pourquoi ne pas oser la folie d’être raisonnable et prudent ! Oser privilégier son confort (pour une fois) : Ce n’est pas en se mettant en panique qu’on s’épanouira. Prendre bien le temps d’observer ses ressentis, au lieu de les éviter en prenant trop tôt des décisions, n’est pas une si mauvaise option. Qui vous attend avec un chronomètre pour savoir combien de temps vous avez hésité ? Qui va vous juger parce que vous n’osez pas vous jeter dans le vide ? Et si se jeter effectivement dans le vide était une vraie folie ? Comment le savoir autrement qu’en se jetant ? En ne se jetant pas, justement, en restant tranquillement sur le bord à observer ses ressentis. C’est beaucoup moins facile et beaucoup plus courageux que de se lancer sans réfléchir, sans ressentir.

  • Ce à quoi ce client dit non est très clair, inutile de revenir dessus.
  • Ce à quoi il souhaite dire oui, n’est pas encore suffisamment clair… Pourquoi ne pas se laisser le temps que cela se précise au lieu d’écouter le chant des sirènes, qui voudraient qu’on se lance tout de suite dans une nouvelle aventure 🙂

Quand elle sera prête, cette personne le saura, elle le sentira de l’intérieur, et elle ne se posera même pas la question. Le chemin s’imposera comme une évidence. D’ailleurs dans son cas, c’est ce qui se passe. le refus de sauter dans le vide s’impose en effet comme une évidence : la personne est tétanisée et ne peut plus faire un seul pas de plus en avant vers son projet ! Pourquoi dans ce cas, ne pas rester tranquille… Cela va se décanter tout seul.

Un jour après l’autre, un pas après l’autre :

  • D’abord, je dis non, parce que ça c’est déjà clair. et cette folie là elle est déjà très courageuse.
  • Quant à la folie de dire oui, elle se précisera quand l’opportunité se présentera d’elle-même

“Oui, mais si cette opportunité ne vient pas… n’aurais-je pas tout perdu ?”

1- vous n’aurez perdu que ce qui ne vous convient pas, et dont vous avez ras le bol. Il n’y a donc pas de risque à renoncer à ce dont vous ne voulez plus !

2- Ceci n’est finalement qu’une pensée de plus, visant à vous faire douter. Voyez la pour ce qu’elle est : une pensée, rien de plus. vous n’êtes pas obligée d’y croire… (voir cet article : l’origine des problèmes)

 

L’influence du corps sur la pensée

Parfois, pour changer d’attitude interne, et pour débrancher des processus de pensée limitante, il suffit de changer de posture physique. J’ai trouvé cet exposé sur le site d’un confrère, très calé en neurosciences :

Le principe de l’étude menée par Amy Cuddy :

Deux groupes de participants : un groupe qui doit adopter une posture ‘puissante’ pendant 2 minutes (cf. images ci-dessous) et un autre groupe qui doit adopter une posture ‘faible’ pendant 2 minutes. Les taux de testostérone et de cortisol sont mesurés avant et après l’exercice de posture, et les participants sont invités à répondre à un questionnaire et à jouer à un jeu où il faut parier quelque chose.

Les résultats :

Les effets de la posture ‘puissante’ :

  • Comportements observés :
    • Affirmé, confiant, confortable
    •  86% décident de parier dans un jeu proposé
  • Changements physiologiques mesurés :
    • 20% d’augmentation du taux de testostérone
    • 25% de diminution du taux de cortisol

Les effets de la posture ‘faible’:

  • Comportements observés :
    • réactif au stress, fermé
    • 60% des participants décident de parier dans le jeu proposé, soit 26% de moins que dans le groupe posture ‘puissante’
  • Changements physiologiques observés :
    • 10% de diminution du taux de testostérone
    •  15% d’augmentation du taux de cortisol

Extrait emprunté à l’excellent blog : http://www.coaching-et-sciences.com

 

Quand vous avez la chance de “douter”, acceptez-le :

  • Vous êtes déjà pris entre deux feux, une partie de vous voudrait quelque chose, qu’une autre partie de vous ne veut pas
  • Alors, ne vous divisez pas encore, en vous reprochant d’être divisé, et en vous divisant encore : la partie de vous qui doute et celle qui juge que ce n’est pas bien de douter… Est-ce en vous divisant davantage que vous trouverez l’unité en vous ?

Le corps a ses raisons que la raison ignore…

Quand vous doutez, soyez “avec” votre corps. Laissez les pensées de doute, cessez d’entretenir le “oui, mais” et accueillez ce qui est là, quoi que ce soit, notamment le “oui, mais…”, observez-le, constatez-le, et n’en faites rien, n’en pensez rien. Soyez juste en contact avec ces émergences de doute (voire de saturation, de jugement, de culpabilité, de honte, de dégoût, etc…), tout en respirant dans votre corps, tranquillement. Constatez que vous n’êtes pas ces pensées et ces émotions, même si elles sont là, en vous. Accueillez les dans le champs de votre conscience, comme on prend des enfants dans ses bras. Laissez-ces pensées se répandre ou se résorber, cela ne vous concerne pas. Cela ne vous regarde pas, c’est vous qui regardez cela..