Les 4 accords Toltèques et le coaching

Les 4 accords toltèques : un livre miroir, court et inspirant.

Sur recommandation d’un ami coach, j’ai lu il y a quelques années  “Les quatre accords toltèques”, un petit livre assez sympa.

Il présente une synthèse très accessible des enseignements pratiques d’un des grands courants du chamanisme.

 

Les 4 accords toltèquesPeu importe pour moi qu’il s’agisse de l’Asie, de l’Afrique, de l’Europe ou des Amériques, tout fait partie du patrimoine de sagesse de l’humanité unifiée dans la conscience de la même chose.

Chaque école exprime sa perception de manière singulière, depuis son angle de vue particulier.

En l’occurrence il s’agit d’une tradition du Mexique, dans la lignée des célèbres romans de Carlos Castaneda.

L’auteur, Don Miguel Ruiz, explique que ce que nous considérons d’ordinaire comme “la réalité” ne serait en fait qu’un rêve, ou plutôt la consolidation collective de rêves individuels, transmis entre générations et prolongés « façon puzzle » par tous les fantasmes de chacun.

La peur de vivre, cause de tous nos malheurs

A cause de nos peurs, nous substituerions à l’expérience directe du Réel, une autre “réalité”, projetée par notre mental, et qui vise à nous rassurer en confirmant nos croyances apprises, ainsi que les émotions associées.

Nous serions ainsi enfermés hors de la vraie vie, dans un “enfer” émotionnel, que nous entretenons nous-mêmes à notre insu, en ne nous affranchissant pas de l’emprise de notre propre mental, emballé dans un bavardage intérieur effréné…

Platon et les accords toltèquesComme dans le mythe de la caverne de Platon, une vie profane consisterait à prendre pour la réalité du dehors : nos projections sur les murs de la caverne de nos propres ombres intérieures.

Inversement, une vie initiatique consisterait à prendre conscience de cette erreur de perception (ce que le bouddhisme appelle à juste titre : “l’ignorance”) et à s’arracher des habitudes de fascination, exercées par ce fantasme entretenu par le collectif humain. (voir à ce sujet notre article : éveil spirituel ordinaire)
Il ne s’agit que d’une vision du monde parmi d’autres, à laquelle on n’est pas forcé d’adhérer, mais il est intéressant de noter qu’elle rejoint beaucoup de traditions, notamment de l’Inde ou de l’ésotérisme Chrétien.

 

Renégocier les accords toltèques pour se libérer de la peur

Pour réaliser cette libération (progressive), l’auteur propose de renégocier les accords toltèques, ces contrats que l’on a passés sans le savoir depuis notre enfance pour composer avec la réalité.

En langage moderne, nous dirions “ouvrir son cadre de référence”, “prendre conscience de ses propres paradigmes pour pouvoir les remettre en question”, “reprogrammer son système cognitif”, etc…

Les anciens sages du mexique auraient repéré quatre contrats ou “accords toltèques” que le “guerrier” (celui qui s’est engagé de façon délibérée sur le Sentier de la Libération) passe avec lui-même pour s’affranchir de l’emprise de tous les autres contrats implicites, qu’il a antérieurement contractés dans l’inconscience et qui le retiennent dans la souffrance :

  • Le premier des accords toltèques consiste à “ne pas faire des évènements extérieurs une affaire personnelle”
  • Le second des accords toltèques consiste à veiller à avoir “une parole impeccable”
  • Le troisième des accords toltèques consiste à “ne pas faire de suppositions”
  • Le quatrième des accords toltèques consiste à “faire toujours de son mieux, maintenant”

Les accords toltèques sont simples, pas forcément simplistes…

Comme souvent, ces grands principes ou ces disciplines peuvent paraître simplistes, mais c’est évidemment toute une éthique, tout un chemin de vie, que de les appliquer dans le quotidien (c’est-à-dire à la fois dans les choix déterminants aux grands carrefours de sa vie, et aussi dans la multiplicité des petits instants ordinaires)…

Certains  connaissent aussi par exemple les 10 yamas et Niyamas de Patanjali qui permettent d’inscrire la pratique du Hatha Yoga dans le cadre propice d’une vie alignée sur le souffle. Chacun d’entre eux est en soi un trésor, très facile à comprendre au 1er degré, facile aussi d’y adhérer parce que frappé au coin du bon sens premier (du genre : ne pas mentir, ne pas nuire, etc…). Mais le pratiquer réellement dans tous les aspects de son quotidien nécessite une vie de vigilance et de méditation pour bien les appliquer dans toutes leurs déclinaisons possibles. IL en va de même de ces 4 accords, simples, mais pas si simplistes que ça…

Contenu des accords toltèques

accords toltèques

Je voudrais revenir sommairement sur chacun de ces accords toltèques, puis dire en quoi je les trouve intéressants pour la pratique du métier de coach.

1/Le premier des accords toltèques (Ne pas faire des évènements extérieurs une affaire personnelle), revient à ne pas se faire pincer l’ego dans la charnière de la porte, à chaque fois qu’elle s’ouvre ou se ferme. En gros, ce qui arrive est neutre en soi : je n’ai pas à y réagir d’une manière passionnelle sous prétexte que cela m’arrive à moi, comme si j’étais au centre du monde…
Tout en étant très engagé dans la vie, il s’agit de ne pas prendre les évènements au premier degré, en y impliquant son ego (qui n’a rien à y faire). Exemple : quelqu’un manque de respect à mon égard.

  • Soit je laisse l’ego se considérer comme victime d’une injustice et réagir d’une manière émotionnelle
  • Soit je comprends que cette personne projette sur moi un conflit intérieur à elle-même qui ne me concerne pas. Alors, cela ne me remet pas en question jusque dans mon identité. Depuis cette posture de « détachement » où on n’est pas « collé » aux situations, tout en y étant profondément engagé, on est sans doute sensible à une agression (et on s’en défend éventuellement) mais on ne réagit pas avec son ego, qui n’a pas à s’immiscer dans cette affaire.

Cet accord consiste à accepter l’instant présent tel qu’il est, pour mieux pouvoir agir sur le contenu des situations qui y sont mises en scène. C’est une manière de relativiser les évènements de surface, en s’enracinant dans une expérience intérieure plus profonde. D’autres Traditions diraient qu’il s’agit de ne pas s’identifier à son personnage social, ne pas confondre notre individualité (le fond de ce que je suis) avec notre personnalité, cet agrégat de “petits moi” empruntés à notre environnement au fil de notre histoire. (voir à ce sujet : démasquer l’imposture de la personnalité)

2/ Le second des 4 accords toltèques (Une parole impeccable) est bien sûr une parole juste, qui ne se disperse pas en mensonges, en médisances ou en bavardages inutiles. Mais c’est surtout une parole intérieure, qui évite de se critiquer soi-même en permanence, de se juger, de se comparer, de se faire payer en culpabilité de ne pas être à la hauteur d’une image de soi idéalisée selon des critères de perfection…issus des fantasmes de l’ego ! Une parole impeccable, cela commence par faire taire le bavardage de cette voix intérieure critique, qui prétendrait juger de tout (voir notre article : stopper le mental et arrêter de penser)

3/ Le troisième des accords toltèques (Ne pas faire de suppositions), ou encore éviter de rester dans sa tête à projeter des interprétations sur la réalité. Au contraire, en cas de doute ou de confusion : oser demander directement à l’autre d’éclaircir notre compréhension en lui posant simplement des questions.
Cela revient à ne pas s’entretenir dans des affects qui s’auto-justifient, et à se confronter à la vraie vie en osant la relation directe à l’autre. Parfois, on “rêve notre vie” en la vivant dans notre tête, monologuant ainsi de façon stérile en faisant à la fois les questions et les réponses

4/ Le quatrième des accords toltèques (Faire de notre mieux, maintenant) : C’est tout l’inverse de se rajouter de la pression inutile, à partir de la voix intérieure qui nous juge. Vouloir être parfait reviendrait à échouer à coup sûr, tandis que faire globalement de son mieux nous maintient dans une dynamique de progrès encourageante. Cela suppose aussi une grande exigence dans le dosage de ses priorités, un engagement véritable dans le réel, en saturant d’énergie chaque tâche entreprise, au lieu de se réfugier dans le fantasme d’une perfection abstraite qui coupe de la vie concrète. Il s’agit aussi de ne pas reporter au lendemain ce qui peut être fait aujourd’hui, donc ne pas accumuler dans sa tête des choses à faire pour après. Au contraire, vivre intensément le présent, exprimer son “être” maintenant en “faisant” avec plaisir les tâches qui se présentent au fil de l’eau. Tout l’inverse d’une gestion du temps habituelle, où on en garde toujours pour après, afin d’être bien sûr de pouvoir disposer d’abord d’une bonne “dose” de soucis… (voir à ce sujet notre article : performance ou excellence ?)

 

Classement des accords toltèques

Dans le coaching de l’énergie, nous avons utilisé la symbolique des 4 éléments pour y adosser notre approche du coaching.

  • La terre : cet élément correspond aux éléments concrets comme le cadre de travail rassurant et le support technique concret, les méthodes, les contrats, les faits objectifs.
  • L’eau : la sensibilité aux autres qui s’affine à leur contact, et les sentiments qui se tissent au fil de l’expérience vécue ensemble. Une bonne cohésion, des interactions fluides, des relations authentiques
  • L’air : la communication, les échanges d’idées, les innovations, la créativité, le souffle et l’idéal inspirant d’un projet commun enthousiasmant
  • Le feu : Une grande concentration sur les résultats, qui nécessitent de se dépasser soi-même

Voici comment nous classerions les 4 accords dans cette symbolique traditionnelle :

  • Terre : Pas de suppositions, ne se fier qu’aux faits objectifs. être pragmatique et factuel, être terre à terre, garder les pieds sur terre, ne pas se laisser embarquer par la pensée.
  • Eau : Ne pas en faire une affaire personnelle. Pas besoin de ramener son ego dans toute situation. Les choses arrivent, c’est comme ça, il n’y a rien de personnel là-dedans. Il ne pleut pas pour vous mouiller, il ne fait pas chaud pour vous embêter, il fait le temps qu’il fait, et votre ego n’a rien à voir avec ça… et donc rien à dire ! Il n’y a donc pas autant d’affects à engager dans les situations et dans les relations. Elles peuvent rester vibrantes et pures, sans qu’on ait besoin d’y rajouter des réactions émotionnelles (voir à ce sujet : “Ecouter les émotions”).
  • Air : Une parole impeccable. A l’évidence, la parole c’est les cordes vocales qui sont dans la gorge par laquelle passe l’air que l’on respire. C’est aussi en faisant vibrer cet air que l’on parle. C’est donc évidemment l’air qui correspond à cet accord, qui évoque la communication.
  • Feu : Faire de son mieux. C’est être centré résultats et progrès que de faire de son mieux. En effet, c’est ainsi qu’on se maintient dans une dynamique de progrès et qu’on s’approche du résultat, sans chercher à atteindre un objectif.

En synthèse

L’auteur illustre tout cela avec des exemples multiples, ce qui a l’avantage de bien expliciter, mais aussi l’inconvénient de délayer un peu, même si le livre est assez court.

La simplicité de son exposé très direct peut parfois aussi laisser un petit goût de naïveté. Par exemple, en annexe de son petit livre, il présente quelques prières personnelles, qui illustrent bien sa vibration chaleureuse et sensible. A chacun son style et sa couleur. Pour ma part, bien que n’étant probablement pas tout à fait de la même signature, j’essaie d’apprécier la sincérité quand je la rencontre. Cette lecture (de choses déjà bien connues par ailleurs) m’a bien convenu, justement pour ses côtés simples et pratiques. Je souhaite qu’elle inspire également ceux qui s’y essaieront.

Applications pratiques des accords toltèques

Les coachs et les coach-managers auront compris qu’ils sont directement concernés par ces 4 contrats pragmatiques.

Par exemples :

  1. Ne pas faire des évènements extérieurs une affaire personnelle : Ne pas s’immiscer dans le dialogue intérieur de leur interlocuteur et avoir une communication minimaliste, pour laisser le maximum d’espace à l’élaboration du client. Eviter de se projeter et être vigilant au contre transfert, (en gros ne pas faire une affaire personnelle de réussir ce coaching, mais au contraire laisser au client le soin de s’en occuper lui-même !)…
  2. Une parole impeccable : Accompagner le client dans l’élucidation et le dénouement de ses voix intérieures qui parasitent ses décisions et le tiraillent entre des positions contradictoires. Accueillir ce qui est dit dans un espace de non jugement, adopter pour soi une parole concise, précise dans le choix des mots, et fondamentalement positive, …
  3. Ne pas faire de suppositions : Eviter les interprétations et laisser au client la responsabilité de ses propos et de sa pensée. Entrer vraiment en relation et ne pas hésiter à incarner soi-même les comportements et les ressources que le client cherche à développer en lui.
  4. Faire de notre mieux : Encourager les progrès,  focaliser l’attention sur le prochain petit pas pour accompagner le passage à l’action. Aider à formuler des objectifs réalistes en proposant de vérifier qu’ils soient écologiques pour le système du client, ne pas chercher à être trop “stratégique” et laisser l’intelligence de la relation se charger d’accomplir l’effet coaching. Se concentrer sur maintenant et se contenter d’ “être” coach (presque sans penser !) plutôt que d’essayer de trop bien « faire » du coaching…

Parler à un coach

Quelques citations du livre

  • Les quatre accords toltèques représentent un résumé de la maitrise de la transformation, qui est l’une des maitrises enseignées par les toltèques. Vous changez l’enfer en paradis. Le rêve de la planète se transforme en votre propre rêve du paradis. La connaissance est à votre disposition; elle attends seulement que vous vouliez bien vous en servir. Les quatreaccords toltèques sont là; vous n’avez qu’à les adopter et respecter leur signification et leur pouvoir.
  • Nous supposons que tout le monde voit la vie comme nous la voyons. Nous supposons que les autres pensent comme nous pensons, qu’ils ressentent les choses comme nous les ressentons, qu’ils jugent comme nous jugeons. Voilà la supposition la plus importante que font les humains. C’est la raison pour laquelle nous craignons d’être nous-même avec les autres, car nous pensons qu’ils vont nous juger, nous maltraiter et nous critiquer, comme nous le faisons nous-même. C’est pourquoi, avant même que les autres puissent nous rejeter, nous nous sommes déjà rejetés nous-même. Voilà comment fonctionne l’esprit humain.
  • Quoi qu’il arrive, n’en faites pas une affaire personnelle, parce qu’en prenant les choses personnellement, vous vous programmez à souffrir pour rien. Les humains ont tous un certain degré de dépendance à un certain niveau de souffrance, et nous nous encourageons les uns les autres à entretenir ces dépendances. Les humains sont d’accord de s’aider mutuellement à souffrir. Si vous avez besoin qu’on vous maltraite, vous trouverez facilement quelqu’un pour le faire. De même, si vous vous trouvez en compagnie de gens ayant besoin de souffrir, quelque chose en vous vous poussera à les maltraiter. C’est comme s’ils portaient une pancarte dans le dos où il est écrit : Faites-moi mal, s’il vous plaît. Ils cherchent une justification à leur souffrance. Leur dépendance à la souffrance n’est en fait qu’un accord qu’ils renforcent chaque jour.Où que vous alliez, vous découvrirez des gens qui vous mentent et, à mesure que votre conscience augmentera, vous vous rendrez compte que vous vous mentez également à vous-même. Ne vous attendez pas à ce que les gens vous disent la vérité, car ils se mentent à eux-mêmes. Vous devez vous faire confiance et choisir de croire ou non ce que l’on vous dit.Lorsqu’on voit vraiment comment sont les gens, sans jamais réagir de façon personnelle, rien de ce qu’ils peuvent dire ou faire ne peut nous blesser. Même si on vous ment, cela ne fait rien. Celui qui agit ainsi le fait parce qu’il a peur. Peur que vous découvriez qu’il n’est pas parfait. C’est douloureux de retirer son masque social.

    Lorsque les gens disent une chose et en font une autre, c’est vous mentir que de ne pas écouter leurs actes. Mais si vous êtes honnête envers vous-même, vous vous épargnerez beaucoup de douleur émotionnelle. certes, accepter la vérité sur quelqu’un ou quelque chose peut s’avérer douloureux, mais il n’est pas nécessaire de vous attacher à cette douleur. La guérison est en chemin et ce n’est qu’une affaire de temps avant que votre situation ne s’améliore.

(…)

Pour aller plus loin, et prolonger éventuellement votre exploration du chamanisme moderne, voici un livre remarquable sur l’enseignement de Luis Ansa  (La voie du Sentir), que je recommande volontiers, parce qu’il est simple et direct, pratique et profond.(voir : l’importance du corps)

Luis Ansa (1922-2011) né en Argentine, a été initié dès son enfance au chamanisme, puis formé par onze maîtres, hommes et femmes, de différentes traditions (hermétisme chrétien, zen, hindouisme, soufisme, chamanisme toltèque…) Refusant toute étiquette ou classification, il ne s’est jamais laissé enfermer dans l’image d’un maître spirituel. Il a publié Le Quatrième Royaume, La Nuit des chamans et Le Mystère du Nagual aux éditions du Relié. Robert Eymeri, psychologue clinicien de formation et écrivain, a passé une vingtaine d’années auprès de Luis Ansa.

Révélé au grand public par le livre de Henri Gougaud, Les Sept Plumes de l’aigle, Luis Ansa était considéré comme un “nagual” (un maître des chamanes) dans la tradition toltèque. Il est le fondateur de la Voie du sentir : une voie d’attention, un art de vivre au quotidien qui nous réconcilie avec notre corps, nos sens, nos différentes mémoires. Dans un langage clair et pratique, l’auteur nous donne les outils pour aller vers la liberté intérieure et devenir ce qu’il appelle un “porteur d’amour”.

En 1960, au centre de spiritualité orientale situé à Grez, dans les environs de Paris, Luis Ansa reçoit pendant trois années, l’enseignement védique des maîtres de l’ordre de Ramakrisna.

Au contact de Raymond Abellio, écrivain, expert en phénoménologie de l’école de E.Husserl, il s’initie à cet art littéraire.

Sa rencontre simultanée avec l’école fondée par G.I.Gurdjieff où, sous l’égide de Vera Daumal, il passe six ans, et, en même temps en relation avec Lanzo del Vasto, il reçoit dans ce cercle, l’enseignement de la difficile voie du lâcher prise, sur l’aspect social dans lequel, l’homme occidental passe le plus clair de son temps.

Puis il rencontre, en la personne du maître Idries Shah, et de son frère Omar Ali Shah, le soufisme, enseignement étranger à son origine chrétienne, où son esprit, évitant le système comparatif de notre pensée, a pu faire en sorte, d’apprendre à apprendre. Ce qui consiste, face à chaque errement, chaque rencontre, d’éviter de comparer le nouveau à ce que nous connaissons ou croyons connaître.

Le contact quotidien avec le soufisme, pendant plus de vingt ans, permit à luis Ansa de pouvoir faire une synthèse des parcours des différentes traditions, et de se rendre compte, que dans toutes ces voies, aussi excellentes et profondes l’une que l’autre, il y avait un élément qui manquait à côté du verbe, et que ce phénomène qui déclenchait la nécessité du nommé était la sensation.
La sensation du corps physique, et pas autre chose.

Plonger dans la féminité qu’est le « sentir », cœur de la sensation, et se laisser enseigner dans un lâcher prise total de tout ce que l’on connaît, soit sur la vie, soit sur soi-même, est une véritable métanoïa, sans maître, gourou, ni instructeur.

Plus tard, il se trouva confronté au chamanisme et au contact de celui-ci, il découvrit, non la réponse à ses interrogations, mais l’origine réelle et la raison de sa quête.
Et c’est avec ce renouveau total du point de vue de la connaissance, de la philosophie, la religion, et l’ésotérisme que Luis Ansa fonda en 1994, l’association « l’Art du Secret ».

 

“Cette réconciliation avec notre corps est absolument indispensable. Pour cela, on va commencer par éveiller la sensation de notre corps. On connaît tous cette perception sensitive mais, généralement, on n’y fait pas attention, on ne la développe pas. C’est pourtant la porte d’entrée dans le corps. Sur la voix du sentir, on commence par éveiller la sensation des mains ou des pieds car ce sont les parties du corps qui sont déjà les plus présentes. C’est très facile à faire. Il n’y a pas besoin d’être initié pour cela. Quand on parle de la sensation, on parle donc d’un senti, c’est-à-dire d’une perception directe de telle ou telle partie du corps, et non pas d’un ressenti qui exprime plutôt une représentation à connotation émotionnelle.

« Je suis dans le sentir 24 heures sur 24. Je rentre à la maison, ma femme me parle, je suis dans le sentir. Je touche un chat, je suis dans le sentir. Je vais me faire un œuf au plat, je suis dans le sentir. Je vais me laver, je suis dans le sentir. C’est à partir de là que je suis inébranlable. Parce que le sentir ne projette pas. » Luis Ansa

Parler à un coach

(…)

Le chamane et le psy

Le chamane et le psy, un bon livre “ouvre boite”. Certains points de vue évoqués dans ce dialogue pourraient inspirer l’envie d’être un peu comme un coach chamane, qui intercède pour son client…

A mon avis, le mieux serait surtout de ne pas mélanger les genres. Et de mon point de vue, si je comprends ce que pourrai être un coach chamane, je ne verrais pas un coaching avec du tambour, une tente de sudation et des herbes médicinales…

Un coach chamane, sans le décor, sans le folklore, juste avec l’intention…

FICHE DE LECTURE

la chamane et le psy
Un livre sympa, qui offre un double miroir.
A réserver aux coachs, qui aiment réfléchir sans tabous

Un dialogue de bonne humeur et de bon niveau, entre Laurent Huguelit et  Dr. Olivier Chambon, respectivement chamane et psy :

  • deux hommes d’expérience, chacun dans son domaine
  • ouverts chacun au point de vue de l’autre, pour s’y être intéressé eux-mêmes (le psy est très ouvert au chamanisme, et le chamane a beaucoup lu d’ouvrages scientifiques)

Des propos plutôt bien « centrés », tenus par des amis, qui ne « se la ramènent pas », tout en s’affirmant chacun dans sa personnalité. Agréable de suivre un exposé à deux voies, complémentaires et non contradictoires…

DES IDÉES REÇUES, BATTUES EN BRÈCHE

On trouvera dans ce livre des thèmes intéressants, tels que :

  • Les apports de la physique quantique à la relation d’aide, et à une vision du monde, plus riche et vivante que la mécanique Newtonienne
  • De nombreuses références à des études scientifiques fondatrices du renouveau en cours dans de nombreux domaines (physique bien sûr, mais aussi psychothérapies, médecine, biologie même…)
  • Qu’est-ce qu’un chamane.. et donc : qu’est-ce qu’un « esprit » ?
  • La différence entre l’âme et l’esprit : enfin des gens qui ne les amalgament pas dans une grande soupe confuse !
  • Qu’est-ce que la psychothérapie intégrative et transpersonnelle ?
  • Le tabou injustifié par rapport aux plantes psychédéliques, mais le risque de dépendance à l’ »esprit » de la plante
  • La recherche de l’efficacité du soin, sans avoir à porter l’autre, depuis une posture compatissante (les limites de l’empathie, la nécessité de savoir couper)… pas commun comme propos dans le petit ronron humaniste consistant à dire qu’il faudrait écouter avec empathie et tout ce genre de choses…

PUR ET PAS TOUJOURS DOUX

J’ai apprécié l’agréable démonstration d’ouverture du psychiatre à la spiritualité dans sa pratique de la psychothérapie (et aussi sa vive intelligence, sa bonne connaissance de tout ce qui touche aux approches psychoénergétiques, son aptitude à proposer des métaphores pour imager son propos, son humour et sa bonne humeur). Si je cherchais un thérapeute pour m’accompagner, je m’adresserais volontiers à un professionnel de sa trempe. Il faut le courage d’un « Guerrier » pour affirmer ainsi face au monde médical tout ce qu’il « balance » sur les limites de la spécialisation et les croyances qui les enferment dans leur secte, au nom de la vérité scientifique et de la prétendue objectivité. Chapeau…

J’ai également été touché par l’intéressante rugosité du chamane, puriste sans être intégriste, clair et ferme sur ses positions. J’ai aimé sa rigueur et sa simplicité, tout en me faisant la remarque qu’un peu de diplomatie parfois ne serait pas forcément en trop dans ses propos. Par exemple, à la fin du bouquin, ils se félicitent mutuellement de leurs apports respectifs dans ce dialogue, et après que le psy ait dit tout le bénéfice qu’il tire de cet échange, il demande au chamane si il lui a aussi apporté quelque chose. Le chamane répond tout net : « non » ! Ils en rient tous les deux, évidemment, parce que c’est d’abord sensé être un trait d’humour, mais ensuite le chamane ne nuance pas tellement son propos, se contentant de témoigner de l’intérêt d’un tel dialogue… Ceci dit, je comprends parfaitement que le chamane n’ait pas « appris » du psy (comme aurait également voulu lui faire dire une journaliste comme on le voit à la fin de cette vidéo, où il refait à peu près le même coup !). Mais est-ce tout à faite exact d’abord ? Et, quand bien même, serait-ce une raison pour le balancer comme ça, certes sans méchanceté et sans supériorité (cela ne semble vraiment pas être le genre du bonhomme) mais sans douceur, presque avec aspérité ? C’est peut-être parce que je suis parfois moi-même un peu comme ça, que cela m’a surpris, même si je comprends que le chamane ait peut-être envie de poser ainsi que le chamanisme n’a pas besoin des explications intellectuelles de la science après coup, pour être opérant depuis des millénaires, sans besoin de modèles sophistiqués et de mots savants…

Un livre détendu, qui se lit bien, et qui aidera peut-être à monter dans le train de la révolution de la pensée, en cours en ce début de XXIème siècle.

Amis coachs, ne restons pas sur le quai de la gare…

A quand un coach chamane ?

Parler à un coach

Paul Devaux
Depuis 2006, Paul Devaux a fondé sa propre structure, dans laquelle il intervient en Coaching d’organisations, Coaching des équipes dirigeantes, et Coaching individuel. A l’aise avec les formats courts, centrés sur les résultats et volontairement orientés vers les solutions, Paul Devaux pratique un accompagnement chaleureux et incisif, qui crée l’alliance et bouscule en douceur le cadre de référence de ses clients.

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One Comment

  1. Pourquoi avoir inversé le 1er et deuxième accord toltèque alors que du premier accord découle les 3 autres ?

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