Voici une liste de 20 biais cognitifs susceptibles d’altérer votre raisonnement. Tous illustrent combien nous sommes potentiellement « victimes » de notre filtre mental (voir cet article : élargir son cadre de référence).

Que sont les biais cognitifs ?

Les biais cognitif sont des aspects du mécanisme de la pensée, qui provoquent une déviation de la perception et du jugement. Le terme biais cognitifs fait référence à une déviation systématique par rapport à la réalité. Les biais cognitifs conduisent le sujet à accorder des importances différentes à des faits de même nature et peuvent être repérés lorsque des paradoxes apparaissent dans un raisonnement.

L’étude des biais cognitifs fait l’objet de nombreux travaux en psychologie cognitive, en psychologie sociale et plus généralement dans les sciences cognitives.

Ces travaux ont identifié de nombreux biais cognitifs propres à l’esprit humain à travers de multiples domaines : perception, statistiques, logique, causalité, relations sociales, etc. Du point de vue de leurs domaines, on peut distinguer entre autres des erreurs de perception, d’évaluation, d’interprétation logique. Ces biais cognitifs ne sont généralement pas conscients. Leur caractérisation est importante aussi bien dans les domaines judiciaire que scientifique puisqu’ils sont néfastes dans un processus logique. La publicité exploite souvent des biais cognitifs pour faire passer ses messages (raisonnement fallacieux, oubli de la fréquence de base).

Certains de ces biais peuvent en fait être efficaces dans un milieu naturel tel que ceux qui ont hébergé l’évolution humaine, permettant une évaluation ou une action plus performante ; tandis qu’ils se révèlent inadaptés à un milieu artificiel moderne. Wikipedia

La fonction première des biais cognitifs est de permettre à notre cerveau d’économiser du temps ou de l’énergie.

Exemple : « Des expériences ont montré que les juges des détentions, chargés d’éplucher les demandes de liberté conditionnelle, se montrent sensiblement plus sévères dans les deux heures qui précèdent leur pause que dans les deux heures qui la suivent. Pourquoi ? Parce que l’épuisement de l’ego juste avant la pause les pousse inconsciemment à faire le choix par défaut, celui qui leur demande le moins d’efforts et qui est de rejeter la demande » – Daniel Kahneman.

 

La finalité des biais cognitifs

Si nous les observons sous l’angle du problème qu’ils abordent, il devient bien plus simple de comprendre le pourquoi de leur existence, en quoi ils sont utiles et les compromis avec la réalité qu’ils induisent. A ce titre ce sont autant des biais cognitifs (qui biaisent notre perception de la réalité) que des leviers d’action, pour traiter l’information et pouvoir prendre des décisions pertinentes rapidement et au moindre effort.

Fondamentalement, les biais cognitifs nous aident fondamentalement à faire face à 4 situations ordinaires :

  • Faire face à trop d’information : Afin d’éviter de se noyer dans un trop-plein d’information, notre cerveau doit écrémer et filtrer un nombre incroyable d’informations. UN certain nombre de biais cognitifs vont servir cet objectif.
  • Combler le manque de sens : Pour nous aider à construire du sens à partir des morceaux d’information qui nous parviennent, nous devons remplir les trous et assembler le tout pour créer notre propre vision du monde. Dans le même temps, nous avons également besoin de nous assurer qu’ils restent aussi stables et efficaces que possible….
  • Intégrer la nécessité d’une réaction rapide : Dans le but d’agir vite, notre cerveau doit prendre des décisions en une fraction de seconde afin d’augmenter nos chances de survie, de sécurité ou de succès.
  • Faciliter le processus de mémorisation :Pour que tout cela soit efficace, notre cerveau doit se rappeler des parties les plus importantes et utiles des informations qu’il traite.

Depuis une trentaine d’années, la littérature sur les biais cognitifs en a repéré un peu moins de 200 ! Nous en avons sélectionné pour vous une liste des plus génériques.

20 biais cognitifs classiques

La différence entre les biais cognitifs et les mensonges c’est que le biais cognitif est inconscient, systématique et qu’on ne peut s’y soustraire, sauf à faire un travail sur soi-même important pour conscientiser nos réflexes premiers et les remettre en question. A moins de ce genre de démarches plutôt exceptionnelles, on ne voit pas intervenir les biais cognitifs dans nos raisonnements et nos décisions en sont altérées. Seuls les autres peuvent voir ce système de la pensée.En revanche, on est littéralement aveuglé par ses propres biais cognitifs. C’est un peu comme si nous portions des lunettes de soleil en permanence, qui teinteraient le monde en bleu. Au bout d’un certain temps, nous ne sous rendrions plus compte, et de toute bonne foi, nous croirions que le monde est réellement bleu !

Nous sommes tous plus ou moins victimes de quelques uns de ces biais cognitifs :

  1. Le biais de confirmation est la tendance, qui consiste à ne retenir que les informations qui confirment les croyances, et à ignorer celles qui les contredisent. Nous aimons être d’accord avec les gens qui sont d’accord avec nous. C’est ainsi que ce biais cognitif fait que que nos croyances sont auto-confirmantes : l’interprétation biaisée que nous faisons de nos expériences nous confirme les croyances que nous entretenions à leur sujet avant de les vivre. C’est un cercle vicieux en quelque sorte…plus j’y crois, plus cela se confirme ! Le biais de confirmation est surement un des biais les plus courants. Il a pour principale fonction et conséquence de confirmer notre façon de penser plutôt qu’à la remettre en cause. En d’autres mots ” plus on croit à quelque chose…plus on y croit ! Ainsi lorsqu’une hypothèse est démontrée comme fausse, une personne peut très bien choisir de continuer à croire qu’elle est vraie, et cette personne va donc tenter par tous les moyens possibles de confirmer cette hypothèse avec d’autres arguments. C’est une sorte de processus inconscient de “mauvaise foi”. Voici 3 manifestations classiques des biais cognitifs de renforcement ou d’auto-confirmation :

    a- Nous modifions et renforçons certains souvenirs, divers détails peuvent être passés à la trappe, nous injectons accidentellement un détail dans un souvenir…
    b- Nous écartons les spécificités au profit de généralités (J’ai échoué à cet exercice, je suis donc un raté, un bon à rien du tout !” , Elle n’a pas voulu sortir avec moi. Je sais bien que je n’arriverai jamais à sortir avec une fille”)
    c- Nous stockons les souvenirs différemment selon la façon dont nous avons vécu l’expérience auquel le souvenir se réfère. Nos cerveaux ne vont encoder une information que si elle paraît importante à ce moment-là, mais cette décision peut être affectée par d’autres circonstances (ce qui arrive en même temps, comment l’information se présente, s’il est possible de retrouver facilement l’information quand nous en avons besoin, etc), qui ont peu de rapport avec la valeur réelle de l’information. Ainsi, le biais de dissonance cognitive (la tendance à interpréter une situation pour en éliminer les contradictions) peut nous amener à transformer une situation, pour en garder un souvenir cohérent.

  2. Le biais de croyance juge la logique d’un argument en fonction de la croyance en la vérité ou la fausseté de sa conclusion. C’est par ce biais qu’une erreur de logique pourra être ignorée quand la conclusion d’un raisonnement semblera correspondre aux croyances de départ.
  3. L’effet de halo se produit quand la perception d’une personne est influencée par l’opinion que l’on a préalablement à son propos. Par exemple, une personne de belle apparence physique sera perçue comme intelligente et digne de confiance. L’effet de notoriétéest aussi un effet de halo.
  4. Le biais d’ancrage. Il semble en quelque sorte « lester » votre prise de décision lorsque vous vous en tenez au premier élément d’information entendu et le prenez comme référence. Ainsi, lors d’une négociation, avancer en premier un chiffre comme base de départ influence le niveau de la réponse. Ce biais est souvent perçu comme une rigidité (voir avec des œillères) ou un manque de volonté de prendre en compte des informations complémentaires. L’ancrage mental se renforce avec le temps. Ainsi, plus on laisse un ancrage se renforcer plus il deviendra difficile de s’en défaire. Il est donc nécessaire de nettoyer le mental de ce genre de biais, afin de pouvoir prendre des décisions plus logiques. Un exemple classique du biais d’ancrage s’illustre souvent en bourse lorsque le prix d’une action chute. Même si certains investisseurs savent que le cours de l’action continuera de chuter, au lieu de vendre cette action le plus tôt possible pour limiter leurs pertes, ils commettent l’erreur de conserver cette action en attendant qu’elle revienne au prix qui est ancré dans leur mémoire (le prix initial). C’est absurde bien sûr, mais inconscient… mais c’est aussi très courant et cela peut vous coûter très cher!
  5. Le biais de négativité : Ne retenir que les évènements négatifs et négliger les positifs, exagérer ses erreurs et minimiser les points forts. Tendance à ne se souvenir que des feux rouges et pas des verts… Des jours de pluie et pas du beau temps.
    Chez les personnes dépressives ce biais va être très fort. Nous avons tendance à accorder plus de crédibilité aux mauvaises nouvelles, peut-être parce-que nous sommes soupçonneux à l’égard des bonnes nouvelles, auxquelles nous n’osons croire par crainte d’être déçus. Par ailleurs, privilégier les mauvaises nouvelles pourrait peut-être apporter un avantage adaptatif plus important (se préparer au pire permet de faire face à la surprise en ayant prévu le scénario de défense). Ce biais est souvent couplé avec l’effet de personnalisation et de généralisation (“Une galère pareille, ça ne peut que m’arriver à moi”, “Je sens que tout cela va mal finir, et de toutes façons c’est toujours comme ça que cela se termine pour moi…”)
  6. La pensée de groupe, ou effet de mode. La probabilité qu’une personne adopte une nouvelle croyance croit proportionnellement au nombre de personnes déjà ralliées à cette croyance. Ce phénomène de « pensée de groupe » est l’une des raisons pour laquelle les réunions sont souvent improductives, ne faisant que « ronronner » dans les sentiers battus.
  7. Le biais de conformité est la tendance à penser et agir comme les autres le font.
  8. Le biais d’auto-complaisance est la tendance à s’attribuer le mérite de ses réussites et à attribuer ses échecs à des facteurs extérieurs. L’auto complaisance conduit à se déresponsabiliser de ses échecs. C’est un biais qui aide à préserver son image de soi, mais qui peut être catastrophique lors de la prise de décision notamment si les échecs sont dus à nos propres actions et pas à des facteurs externes. De manière générale, le biais d’auto-complaisance consiste à se complaire dans tout ce qui servira à conforter l’ image qu’on se fait de soi.
  9. La tâche aveugle (ou angle mort ): A l’image d’une tâche qui serait devant nos yeux, on ne parvient pas à voir ce qui serait derrière cette tâche…
  10. Le biais de l’illusion de contrôle. Ce biais consiste à croire qu’on  a le contrôle ou l’influence sur des événements extérieurs ou aléatoires (ainsi le « joueur » addict s’imagine parfois détenir la capacité d’influencer le hasard en sa faveur).
  11. Le biais de possession. Il désigne une tendance à attribuer une plus grande valeur à un objet que l’on possède qu’à un même objet que l’on ne possède pas. Ce biais vous incite à vous conforter après coup dans vos achats. Les commerciaux habiles prennent appui sur cette tendance en vous confortant par avance : “vous verrez, vous ne le regretterez pas !”, opérant ainsi une prophétie auto-réalisatrice…
  12. Le biais de la disponibilité en mémoire Il fait considérer comme fréquent un événement récent. Afin de rester concentré, nous favorisons ce qui nous est immédiat, ce qui nous fait face au détriment de ce qui est plus loin, moins flagrant. C’est ainsi qu’on donne parfois raison au dernier qui a parlé… L’effet de récence en est assez proche : c’est le biais qui consiste à se souvenir plus facilement de l’impression rendue par les premiers éléments présentés plutôt que des éléments suivants. L’effet de récence s’appuie sur le rappel de mémoire, c’est à dire sur le souvenir. A cause de ce mécanisme de la pensée, nous accordons plus de valeur aux choses du présent qu’à celles du fuur et nous sentons plus concernés par les histoires impliquant un individu en particulier qu’à celles de groupes ou d’anonymes…
  13. L’excès de confiance est la tendance à surestimer ses capacités. Ce biais a été mis en évidence par des expériences en psychologie qui ont montré que, dans divers domaines, beaucoup plus que la moitié des participants estiment avoir de meilleures capacités que la moyenne. Ainsi, plus que la moitié des gens estiment avoir une intelligence supérieure à la moyenne. (« La majorité des personnes serait-elle en-dessous de la moyenne ? »)
  14. L’effet d’amalgame ou d’illusion de corrélation. Celui-ci fait partie des biais cognitifs, qui consistent à percevoir une relation entre deux événements non reliés ou encore à exagérer l’importance d’une relation. Par exemple, l’association d’une caractéristique particulière chez une personne au fait qu’elle appartienne à un groupe particulier alors que la caractéristique n’a rien à voir avec le fait qu’elle appartienne à ce groupe. Le racisme et les généralisations abusives s’enracinent sur ces biais cognitifs dits d’amalgame. Il s’agit d’un raccourci mental qui consiste à porter un jugement à partir de quelques éléments qui ne sont pas nécessairement représentatifs.
  15. Les biais cognitifs de faux consensus consistent à croire que les autres sont d’accord avec nous et à sous-estimer les divergences d’opinions des autres. les personnes enfermées dans un système de croyances se sentent renforcées par l’illusion que leurs compagnons pensent exactement comme eux.
  16. Le biais de statu quo est la tendance à préférer la stabilité au changement. Ce biais provoque la tendance à justifier le passé et à souhaiter le prolonger dans le présent et le futur. Ce biais s’exprime aussi par rapport au temps. La nostalgie (« c’était mieux avant ») en est une forme , qui traduit le désir de revenir à un état antérieur des choses. Ce biais est surtout apparent lorsque la nouveauté apporte des risques qui paraissent élevés. Dans ce cas le statu quo est un mécanisme de défense contre ces risques et permet de maintenir une situation stable. Dans le cas ou le risque n’est pas réel ou lorsqu’il est surévalué, ce biais tend à  nous handicaper et donc nous faire prendre de mauvaises décisions. Les biais cognitifs d’omission ou de statu quo considèrent l’action plus risquée que l’inaction. Ce biais cognitif justifie la non prise de risque et la « neutralité ».
  17. La croyance en un monde juste est un prémisse qui suggère que le monde serait juste et que les gens mériteraient ce qui leur arrive. Différents processus cognitifs entrent en jeu pour justifier la croyance que la société est juste et équitable malgré les faits qui montrent le contraire à d’autres.
  18. L’effet Dunning-­Kruger peut amener les personnes les moins compétentes à surestimer leurs compétences et les plus compétentes à les sous-estimer.
  19. L’effet de matraquage publicitaire ou de répétition augmente  la probabilité d’un sentiment positif envers quelqu’un ou quelque chose déjà identifié et devenu familier (moins inconnu). Ce biais cognitif permet l’impact  de la publicité.
  20. Le contraire de cet effet est l’effet boomerang : plus on cherche à convaincre, persuader et justifier, plus cela éveille les soupçons et moins ça marche.

biais cognitifs

Coaching et biais cognitifs

Tous ces biais cognitifs servent de points d’appuis involontaires aux individus et aux groupes, en cas de résistances au changement (voir à ce sujet notre article : “imposer le changement“). Si vous êtes manager d’une équipe ou pilote d’un projet, il vous faudra faire face à ces phénomènes, pour pouvoir les contourner et les contrer.

Il est donc important de savoir les connaître, pour les repérer :

  • chez les autres (pour ne pas être dupe et suivre des raisonnement fallacieux)
  • mais surtout chez soi, dans ses propres raisonnements. Et c’est là que l’opération devient délicate, car on ne peut juger de l’intégrité de notre raisonnement qu’avec notre propre mental, qui est construit avec ces erreurs d’interprétation, qui ne sont pas des tares, mais des outils au service de l’efficacité. Nos biais cognitifs sont bénéfiques dans la plupart des cas, ce n’est que marginalement qu’ils nous causent des ennuis. aussi n’est-il pas si facile d’y renoncer.

Le coaching est un accompagnement qui permet de vous exonérer partiellement et ponctuellement de l’emprise des bais cognitifs qui participent des problèmes que vous cherchez à résoudre. Tandis que vous raisonnez à voix haute à la recherche de solutions, votre coach écoute comment vous raisonnez, en plus d’entendre ce que vous dites. C’est un expert de cette forme d’écoute des processus cognitifs, attentif aux chemins mentaux que vous prenez, et qui vous demandera pourquoi vous croyez ce que vous croyez, comment vous en êtes sûr, quel autre raisonnement vous permettrait d’être plus confortable ou efficace, etc… Ainsi, avec des questions impertinentes (voir : “question puissante en coaching“), vous aurez l’opportunité de voir et de débrancher ponctuellement vos biais cognitifs (voir : changement de paradigme en coaching). Alors vous pourrez bâtir des solutions débarrassées des distorsions qui vous empêchaient d’accéder à la réussite.

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