Voici un témoignage d’Emile Servan-Schreiber sur une expérience menée au MIT sur l’intelligence collective, publiée en 2010 dans le plus grand magazine scientifique du monde “Science”.  Cette expérience a été menée à partir d’un questionnaire de quotient intellectuel de groupe.

Il en ressort qu’un groupe est plus intelligent s’il y a des femmes dedans et si elles s’y expriment librement.

Quotient intellectuel de groupe

Le quotient intellectuel de groupe serait prédictif de la capacité de ce dernier à solutionner des problèmes.

Le quotient intellectuel de groupe ne dépend pas de l’intelligence des personnes qui le composent, mais de la proportion de femmes dans le groupe !

L’égalité du temps de parole et la sensibilité sociale (empathie) serait proportionnelle au nombre de femmes présentes dans le groupe.

D’un point de vue systémique, la performance d’un système dépend moins de la qualité de ses constituants que de la qualité et quantité des interactions entre ses éléments !

La rentabilité d’une entreprise dépend du nombre de femmes présentes dans l’encadrement d’une entreprise, notamment dans son Comité de Direction !!!

 

Les 15 entreprises du CAC 40 qui détiennent le plus de femmes dans leur comité de direction (et au moins 35% d’encadrement féminin), ont fait + 60% de croissance entre 2006 et 2016, quand les autres ont connu en moyenne une baisse de – 4%… en période bien chamboulée et secouée par les crises récentes que nous avons tous traversées.

Une autre étude publiée dans le Harvard business review a établi une corrélation entre la taille de la signature du boss (supposée représentative de l’ampleur de son égo) et la performance de son entreprise : Plus la signature est grosse, moins la performance est importante !

D’où l’intérêt de consacrer de l’énergie à développer l’intelligence collective du groupe, dont le quotient intellectuel collectif dépend de son intelligence émotionnelle (d’où probablement l’importance de la pésence des femmes dans les instances de décision)…

Cela vous inspire-t–il pour la direction de votre entreprise ?

Dans le livre ” la sagesse des foules”, de James Surowiecki et Joël de Rosnay, auquel fait référence le conférencier, il est argumenté que l’intelligence collective ne dépendrait pas de l’intelligence individuelle du plus intelligent du groupe ! D’ailleurs, les coachs d’équipe et autres systémiciens le savent bien : l’intelligence collective dépend de la qualité des interactions au sein du système entre les équipiers.

Pourquoi ? Parce que s’il y a de nombreuses interactions de qualité :

  • Les connaissances des uns et des autres s’ajoutent entre elles, constituant ainsi une ressource considérable
  • Les biais cognitifs individuels sont diminués du fait des confrontations, et permettant une lucidité collective augmentée par rapport aux lucidités individuelles des meilleurs individus

Dépasser l’expertise par la diversité

Voici trois exemples d’intelligence collective, cités par le conférencier, où la diversité remplace avantageusement l’expertise individuelle :

  • Pendant la guerre de 40, les GI évaluaient leur tir au canon dans le brouillard en prenant la moyenne des estimations individuelles du groupe. Cette méthode empirique produisait de meilleurs résultats que les estimations d’experts travaillant isolément.
  • De même les experts de la CIA sont moins performants dans leurs pronostics de risques (d’attentats notamment) que des consultations de panels. Du coup la CIA s’est lancé dans un grand programme de plus de 30 millions de dollars pour se constituer un panel de 10.000 personnes non expertes, qu’ils sondent régulièrement pour conforter ou compléter leurs hypothèses d’experts, en les invitant à formuler des pronostics sur divers sujets de société.
  • Des avocats experts en estimation des dommages et intérêts à obtenir en cas de procès s’avèrent moins performants également, que les pronostics réalisés en consultant un grand nombre de simples étudiants en droit.

En fait tout dépend de la dynamique des groupes. Il faut savoir faire la cuisine avec le groupe pour éviter la pensée unique et l’imbécilité collective.

Les ingrédients de l’intelligence collective sont les suivants :

  • le plus de diversité possible
  • le moins de pression de conformité possible, pour favoriser l’expression la plus libre possible et la confrontation

 

L’intelligence collective sert à deux finalités complémentaires :

  • prédire, anticiper
  • innover

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