Pour conduire un changement, il faut toujours se mettre à la place des personnes qui vont être impactées par ce changement et imaginer avec empathie, leurs raisons possibles de résister au changement. Listons les principales raisons de résister au changement…

Comment le chimpanzé fait pour résister au changement

Des chimpanzés sont rassemblés dans une pièce. Un régime de bananes est suspendu au plafond. Une échelle permet d’y accéder. Mais si un singe pose une patte sur l’échelle, une douche d’eau glacée arrose tous les chimpanzés, y compris ceux qui ne demandaient rien à personne.

Du temps se passe, et un singe est remplacé par un nouveau singe. Si ce dernier tente de gravir l’échelle, tous les autres chimpanzés l’en empêchent. Puis un nouveau singe est remplacé, et ainsi de suite jusqu’à ce que plus aucun singe n’ait personnellement vécu l’expérience de la douche glacée.

Pourtant, lorsqu’un chimpanzé tente de monter l’échelle, tous les autres continuent de lui tomber sur le paletot pour l’empêcher de monter. La douche glacée tombe en panne. Pourtant, le régime de bananes reste en sécurité car les singes ont appris qu’il ne faut pas tenter de l’atteindre, même s’ils ne savent pas pourquoi.

Un comportement appris et transmis de génération de salariés en génération de salariés, peut faire qu’un état de faits inefficace se perpétue par simple inertie, sans volonté délibérée de résister au changement.

En opposant certaines réticences face à la nouveauté, l’Humain cherche paradoxalement avant tout un équilibre , essentiel à son bien-être. Il tente de se rassurer sur le fait que finalement, rien ne changera dans son environnement professionnel quotidien.

Difficile à croire ? Et pourtant, nous râlons tous à chaque imprévu qui nous empêche de poursuivre notre chemin tout tracé de fourmi arboricole : une déviation sur le chemin du travail, une nouvelle version de notre suite bureautique alors que l’ancienne fonctionnait très bien, la nouvelle prise d’un chargeur de smartphone…

Nous sommes des primates, et les primates, ça n’aime pas le changement.

Qu’est-ce que la résistance au changement ?

Dès lors que l’on a pour mission de conduire le changement, on a besoin de comprendre finement le phénomène de résistance au changement.

D’une manière générale, il y a plusieurs raisons de résister au changement :

  • On ne comprend pas l’intérêt, la finalité, le sens de ce changement
  • On ne visualise pas bien ce qui va changer, du coup c’est inquiétant, et on ne peut pas être proactif
  • On appréciait la situation antérieure et on ne voit pas d’avantage à la prochaine
  • On craint de ne pas être à la hauteur de la prochaine situation et de ne pas savoir s’adapter.

Par définition, tout changement nécessite de faire le deuil de quelque chose. On sait ce que l’on va perdre alors qu’on ignore encore ce que l’on va gagner. Par ailleurs, toute évolution impacte l’entreprise en tant qu’entité de manière individuelle (chaque collaborateur voit ses repères et diverses représentations du monde se modifier, ses émotions se déplacer et sa vision du changement évoluer), collective (cohésion de groupe, alliances, mouvements collectifs), mais également organisationnelle (hiérarchie architecturée différemment, modes de fonctionnement organisationnels transformés).

Galerie d’illustrations :

résister au changement

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Comme vous le voyez, résister au changement s’appuie sur les 3 peurs fondamentales(voir : travailler avec la peur en coaching) :

  • Peur de l’absurde (on ne comprend pas le sens)
  • Peur de l’isolement (on a peur d’être jugé et rejeté)
  • Peur de disparaître (ne pas survivre au changement, ou ne plus y trouver son compte)

 

C’est un peu comme lorsque l’on abandonne les petites roulettes de notre vélo : la peur de tomber survient dès que l’on chevauche cette monture à désormais 2 roues. Les repères changent, on quitte un peu notre monde de « petit ». Il faut avoir confiance en notre bolide, mais surtout en notre capacité en tant qu’être humain à tenir en équilibre sur ce deux-roues. De nouvelles sensations apparaissent, quelques hésitations, quelques chutes parfois, puis l’équilibre tant espéré arrive comme par magie. Un nouveau monde empli de nouveaux challenges abordés avec une tout autre vision se déroule alors et on réalise que malgré toutes nos peurs, ça valait la peine d’essayer !
Mais alors pourquoi certains se jettent sur ce bolide sans hésitations alors que d’autres mettront nettement plus de temps ? Qu’est-ce qui a fait qu’à un moment donné, nous nous sommes lancés pleinement dans l’aventure du deux roues et que nous y avons pris goût ? Comment avons-nous finalement vaincu nos appréhensions ?

Cet exemple très simpliste illustre parfaitement le phénomène de résistance au changement : crainte, perte d’équilibre momentanée, méconnaissance du challenge, sentiment d’abandon pour certains qui devront faire face seuls, deuil du temps d’avant, doute sur la réussite, etc.

Résister au changement prend plusieurs formes

Ces différentes raisons de résister au changement vont provoquer diverses réactions face au changement :

  • Le déni (issu de la peur) : le choc, la surprise, l’absence de réaction
  • La négociation, l’anxiété, la suspicion, la méfiance
  • La colère, la susceptibilité, l’irritabilité
  • La tristesse, l’abattement, la dépression, le sentiment d’abandon et d’impuissance

Ces diverses formes de résistance correspondent aux étapes du deuil, qui représente évidemment un changement majeur…

résister au changement

 

résister au changement

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Si vous devez conduire un changement, vous serez confrontés à des réactions émotionnelles fortes. Le mieux est encore de savoir que vous ne pourrez l’éviter. Du coup, acceptant par avance cette part de tensions inévitables, vous ne serez pas surpris, déçus, ou désarçonnés et vous ne chercherez pas à les fuir. Vous subirez le mécontentement des autres, et serez probablement victime de reproches divers. Ce ne sera pas agréable, mais au moins serez-vous lucide et garderez vous votre calme.

Savez-vous ce qui vous gène avec les émotions des autres ? C’est qu’elles vous mettent en contact avec les vôtres, avec lesquelles vous n’êtes pas confortable et que vous avez enfouies dan les profondeurs de votre inconscient. Alors si vous voulez accompagner le changement, supporter des crises inévitables, gérer les conflits avec maîtrise, il va falloir vous pencher un peu sur vous-même d’abord. La bonne nouvelle, c’est que vous en sortirez grandi et mûri. Pour vous accompagner dans cette démarche de travail sur soi à l’occasion d’un changement, un coaching individuel vous aidera certainement. Mais un coaching d’équipe aussi, en permettant à l’équipe de mettre des mots sur ce qu’elle vit, et retrouver ainsi un peu de distanciation et un peu de maîtrise sur les tensions quotidiennes…