On ne peut pas faire la paix tout seul, sans l’autre :  il faut être deux pour faire la paix.

 

faire la paix

 

Pour faire la paix, profonde et durable, il vous faudra le concours des autres (celui avec qui vous êtes en conflit et aussi tout ceux qui assistent au conflit sans y prendre part : en fait ils en sont aussi des protagonistes, passifs mais agissants dans leur passivité, puisque celle-ci permet -ou n’empêche pas- que le conflit ait lieu !)…

Mais, bonne nouvelle, pour se disputer : il faut aussi être deux. Donc pas besoin de l’autre pour cesser de vous disputer, il suffit que vous quittiez le ring de boxe et le match s’arrête !

 

faire la paix seul sur le ring
pas d’adversaire : pas de combat !

N’attendez pas que l’autre fasse le premier pas. Détournez-vous tout seul, sans rien attendre et ouvrez-vous aux situations qui vous ressourcent. N’avez-vous pas d’autre match dans la vie que de vous disputer avec cette personne, en alimentant le conflit malgré vous, avec toutes sortes de bonnes raisons, finalement toutes mauvaises en regard de ce que vous coûte le conflit ?

  • Evidemment que vous êtes dans votre droit et que l’autre a tort (hélas, l’autre pense la même chose de son côté, et c’est pour cela qu’il ne lâche pas non plus !).
  • Evidemment que de reculer et déserter n’est pas une solution.
  • Evidemment que la peur du conflit est parfois plus coûteuse que le conflit lui-même, et qu’un bon conflit ouvert a même certains mérites (celui du soulagement parfois, celui de la clarté et de la simplicité souvent, celui de poser les choses et de pouvoir passer à autre chose justement).
  • Evidemment, évidemment…

Combien de ces évidences servent de justifications à poursuivre ce qui “est en-dessous de votre dignité” : un conflit stérile, qui ne peut que vous enliser, toujours davantage !

Combien de prétextes peut-on encore se donner pour se compromettre dans un faux problème sans solution, qui ne sert en fait qu’à justifier l’échec : le vôtre !

Soyons réaliste : se pourrir la vie, en la nourrissant de conflits (ou d’un seul conflit, majeur et bien central) n’est pas franchement intéressant…

 

comment faire la paix ?
C’est très tentant, non ?

 

Que feriez-vous de plus utile, de meilleur, de plus satisfaisant si vous n’aviez pas à vous occuper de cette relation conflictuelle, qui vous  prend votre attention et votre énergie ?

Une solution radicale serait de vous désinvestir immédiatement de la dispute en cessant d’y entrer, et de faire tout de suite ce que vous feriez si le conflit était terminé. Allez-y, ne craignez rien : de toutes façons, la plupart du temps, cela ne peut pas être pire que de continuer à vous prendre la tête, en vain et sans fin ! Vous vous êtes mis dans un angle, dans un corner, là où il n’y a pas d’espace pour vous. Sentez comme vous êtes serrés en dedans, pendant que vous guerroyez en pure perte. Alors : sortez-en, c’est tout. Pas besoin d’avoir raison ou tort, laissez ces préoccupations à celui qui reste idiot tout seul sur le ring. Votre vie est bien plus intéressante que cette dispute. N’ayez pas peur de tourner les talons pour aller de l’avant. D’ailleurs, une bonne rupture est souvent beaucoup plus saine (en dernier recours tout de même…) qu’un processus sans fin qui ruine les protagonistes et finit par contaminer toute leur vie, comme une gangrène.

 

Faire la paix avec soi-même d’abord !

 

faire la paix avec soi-même

 

Faire la paix avec vous-même d’abord (et avec l’autre ensuite), vous n’y parviendrez qu’après vous être désengagé du conflit, et après que vous ayez compris qu’il s’agit d’abord de faire la paix avec vous-même.

Fondamentalement, votre histoire extérieure n’est qu’une projection du conflit intérieur qui vous agite. Cessez donc de gesticuler, cessez de réagir en cherchant querelle à l’extérieur (ou en acceptant que l’autre vous querelle à l’extérieur). Et, dans le calme, vous aurez une chance d’y voir clair en vous et de faire la paix avec vous même. Observez attentivement en vous, et vous verrez que votre adversaire extérieur n’est qu’un personnage de votre film intérieur qui se projette à l’extérieur en utilisant des figurants pour interpréter les rôles dont vous avez besoin pour jouer les mêmes scènes… (tandis que vous incarnez probablement, vous-même, le méchant dans le film de l’autre). Vous vous retrouvez dans un accord implicite : vous incarnerez chacun un mauvais personnage dans le film de l’autre. C’est tout. En fait, vous ne vous rencontrez même pas : chacun utilise l’autre pour mettre en scène à l’extérieur son propre conflit intérieur.

Ne serait-il pas beaucoup plus simple de se changer soi-même, en résolvant son problème intérieur, plutôt que de vouloir changer l’autre pour avoir raison, à l’extérieur…

Quand il parle à l’autre, chacun ne parle qu’à soi-même et ne parle finalement : que de soi. C’est aussi simple et dérisoire que cela ! Il n’y a rien à comprendre dans le contenu du conflit extérieur qui vous oppose. Il n’est qu’un processus, qui utilise des contenus prétextes pour se rejouer jusqu’à plus soif. Jusqu’à ce que vous compreniez que le contenu est inconsistant, malgré les formes terribles qu’il emprunte, et qu’il ne s’agit que d’un processus “vide”, un peu comme un virus met la pagaille dans votre ordinateur. Si vous remettez de l’ordre dans votre machine sans la “désinfecter”, le virus informatique recommence aussitôt à tout désordonner : c’est sa fonction et il ne peut que l’accomplir tant qu’il n’aura pas été démasqué et débranché…

  • Au niveau du contenu : vous n’avez ni raison ni tort. C’est de toutes façons dérisoire et sans intérêt.
  • Au niveau du processus, vous avez fondamentalement tort de vous être laissé prendre dans ce piège (et l’autre aussi. Mais ça, ce n’est pas votre affaire ! A la limite, vous pourriez ressentir de la compassion, mais attendez donc d’avoir pris du recul, d’être sorti du conflit et d’être loin : il sera toujours temps de vous raconter des histoires de compassion pour l’autre, une fois que vous aurez réussi à faire la paix en vous-même. Alors, il sera temps de ressentir de la compassion en effet : d’abord pour vous. Et ensuite aussi pour l’autre. Mais vous avez bien le temps, rien ne presse, occupez vous donc d’abord de vous-même….).

Il y a certainement des conflits, pour lesquels il faut se battre. Mais la plupart de ceux que j’ai vécus, ou dont j’entends parler autour de moi, parmi mes clients autant que dans ma vie privée, ne valent tout simplement : rien. ILs sont tout au plus un prétexte pour s’abîmer ensemble, en considérant les défauts de l’autre au lieu d’apprécier ses qualités. Bien sûr, on fait ce qu’on peut. Et, quoi qu’en disent des livres à grands succès, le chemin est long avant de se libérer de l’emprise du passé et de ses schémas répétitifs. Mais ce n’est pas une raison pour nous identifier au contenu de nos histoires. Voyons-les dès maintenant comme des contenus prétextes, des histoires sans queue ni tête, des sornettes inconsistantes, qui voudraient nous embarquer dans une ronde infernale… Qu’il y ait des amorces d’histoires, c’est normal tant que la source qui les induit n’est pas épuisée totalement. Il y a quelque part une énergie qui demande à s’écouler pour rétablir un équilibre à l’intérieur de vous. Laissez-la se manifester, mais sans croire au contenu des scénarios que cette énergie met en scène. Voyez les comme des amorces, mais ne les suivez pas, ne vous laissez pas aspirer. Souriez intérieurement et restez centré, tranquille. Quelques secondes seulement de vigilance bien déterminée suffisent la plupart du temps pour déjouer, dans l’instant, une amorce compulsive. Et 21 jours de résistance lucide, permettent de débrancher un mécanisme automatique.

A lire :

Les conflits font partie de la vie, comme la maladie, la vieillesse ou la mort. L’ignorer serait stupide. Pour mieux les gérer, il faut bien en comprendre les mécanismes. Il peut s’avérer intéressant de suivre une formation sur le conflit, pour mieux savoir en sortir…