L’enracinement dans le corps est un moyen de se relier à l’instant présent.

S’enraciner dans le présent, c’est aussi prendre appui dans la profondeur de l’être.

Le corps est comme il est

Il n’y a pas à entretenir de fantasme à propos du corps, à propos de ce qu’il devrait être ou devenir (plus beau, plus fort, plus jeune en meilleure santé, etc…) : Vous avez le corps que vous avez, lui-même tributaire de votre trajectoire de vie jusqu’ici, à laquelle vous ne pouvez plus rien changer. On peut sans doute modifier la forme du corps à partir de régimes alimentaires et d’exercices appropriés, et on est bien sûr libre de le faire (pourquoi pas) mais là n’est pas ici notre propos.

Nous parlons du corps, comme lieu de résidence, comme moyen de s’incarner dans la vie, de s’enraciner dans le présent, pas comme d’un instrument au service de l’ego, ou comme image de soi à laquelle s’identifier.

Notre propos dans cet article est d’indiquer un moyen d’être mieux disponible aux autres pour offrir un coaching plus profond et plus fin (voir : coacher en profondeur)

 

Remarque : Il s’agit de s’enraciner dans le corps, mais pas forcément d’enraciner le corps dans la terre, comme dans les arts martiaux.

Selon que votre structure corporelle est élancée ou massive, vous n’aurez pas le même style d’enracinement dans le corps, et vous n’y pouvez rien changer !

En effet, si vous pratiquez yoga, le qi-gong, la méditation ou les arts martiaux externes, vous vous serez certainement entraîné à abaisser le centre de gravité de votre corps, pour bien enraciner le corps dans la terre. Cela vous donnera probablement une bonne stabilité pour faire face à des poussées de vos partenaires de jeu, mais cela ne fera pas de vous un meilleur coach pour autant…

L’enracinement dont nous parlons à propos du coaching est plutôt un enracinement dans la profondeur de votre être, au-delà de votre rôle, de votre image et de l’imposture de la personnalité sociale. Il s’agit de vous enraciner dans votre authenticité de l’instant, y compris si elle s’exprime dans un corps fatigué et faiblement vital. Dans ce cas, vous êtes vraiment enraciné dans votre être (au lieu d’être projeté en avant dans vos pensées) et pourtant votre corps, lui, n’est pas enraciné dans la vitalité autant qu’il pourrait l’être si vous lui donniez toute votre attention au quotidien. Les deux types d’enracinement (dans l’être et dans le corps) sont peut-être liés, mais ce sont tout de même deux choses différentes. Je tenais à le préciser, sinon on pourrait mettre d’office au rebut tous ceux parmi les coachs du marché, qui ne sont pas devenus des maîtres de la présence dans le corps à travers une longue pratique des arts corporels…

Personnellement, je préfère un peu plus d’ouverture et de tendresse envers nous tous, et j’opte pour un enracinement dans l’essence plutôt qu’un enracinement exclusif dans les fondations du corps. Mais la présence au corps est un outil formidable dans la pratique du coaching. L’attention accordée aux sensations corporelles pendant le coaching est une grande clé pour s’ancrer dans l’être profond et laisser la Présence prendre sa place aux manettes du coaching…

 

2 espaces à investir pour s’enraciner dans le présent

Pour le dire autrement une nouvelle fois, c’est comme si vous pouviez prendre appui sur deux espaces en vous même :

  • à l’avant plan, vous êtes dans le personnage du coach, actif à nourrir la conversation de coaching
  • à l’arrière plan, vous êtes tranquille, vous ne faites rien, vous appréciez ce qui est, que vous contenez dans l’espace infini que vous êtes. Sans la présence consciente à cet arrière plan, votre conversation est faible : même si elle est de bonne intention et pertinente dans son contenu, elle n’aura qu’une faible portée, parce qu’elle n’émane que de votre mental et ne s’adressera donc qu’au mental du client. Pour toucher le client au centre, afin qu’il opère un changement profond et durable, il faut que votre projection s’enracine dans votre propre centre. Un peu comme la voix d’un acteur qui « passe la rampe » et touche le public du théâtre, si elle prend appui sur une respiration abdominale.

 

Nous parlerons des niveaux d’insight (ou niveaux de prise de conscience) qui peuvent survenir dans un coaching puissant. L’insight qui provoque le changement le plus puissant est l’insight de niveau 4, celui qui prend son inspiration dans une écoute des reflets systémiques et invite le client à se voir fonctionner dans la relation ici et maintenant avec son coach, en relation avec le cas sur lequel il travaille pendant la séance. Cet insight n’est donc accessible que si le coach investit la profondeur de l’instant présent et invite par là même le client à le rejoindre dans ce niveau d’intimité à soi-même, et de profondeur de la relation (voir à ce propos : Comment nouer des relations authentiques).

 

Lâcher prise en prenant appui

On dit parfois que pour cela, le coach doit savoir lâcher prise. C’est vrai. Mais comment lâcher prise si on ne prend pas d’abord appui sur un niveau plus profond ? Si on lâche prise, sans un appui…on tombe, rien de plus, pas de miracle ! C’est cela qui effraie et empêche de lâcher prise. Dans les formations au coaching, nous vous entraînons à vivre l’expérience que vous ne pouvez pas tomber, parce que vous êtes toujours là, en arrière plan. Si vous lâchez l’avant plan, si vous quittez la tête et ses pensées, il ne se passe rien de grave, vous ne tombez pas, vous investissez juste l’arrière de vos appartements intérieurs.

 

Vous ne pouvez prendre appui que sur ce que vous êtes vraiment (présence à soi-même). Et peu importe le résultat, dont vous n’êtes d’ailleurs pas responsable, même s’il est contractuel. Vous ne le portez pas,. C’est le travail et la responsabilité du client que d’atteindre son objectif de coaching. Vous, vous devez justement lâcher prise sur le résultat et vous enraciner dans le présent, pour bien accompagner votre client… Ce n’est qu’ainsi que vous serez présent, et « modéliserez le comportement cible »

 

En résumé :

1- C’est votre qualité de Présence à l’instant présent, votre enracinement dans l’instant présent (donc forcément dans votre propre corps, par voie de conséquence), qui permet puissamment l’insight du client, lequel lui ouvre des perspectives nouvelles et le fait déboucher sur les solutions qu’il souhaite mettre en oeuvre pour atteindre des résultats en rupture.

 

2- C’est la structure de votre coaching qui permet au client de se sentir confortable et d’investir tout l’espace de son coaching, parce qu’il comprend ce à quoi vous l’invitez. En voyant bien le fil rouge, il peut en suivre les étapes, il peut même se payer le luxe de digressions, et vous pouvez vous les lui accorder parce que la structure est claire et ne vous quitte pas. Elle est donc toujours accessible, comme une rampe d’escalier, qui rassure et conforte le système. Vous retrouverez votre chemin sans problème une fois refermées les parenthèses ouvertes…

 

3- C’est le contrat de coaching, qui justifie et permet ce travail un peu « artificiel » qu’est le coaching (artificiel : parce que pas ordinaire, même s’il ne s’y passe rien que de très naturel au sein de la relation).

 

  • Le cadre contractuel permet de peindre le coaching sur la toile de la relation.
  • Le cadre contractuel protège aussi. Autant le client que le coach, puisque chacun y trouve sa place.
  • Le cadre permet d’investir profondément la relation, tout en se gardant de toute « familiarité » : être très proche tout en restant professionnel et dans une distance juste qui n’a rien de fusionnel…

 

Comme vous le voyez : enracinement, structure, contrat est un enchaînement de mots qui relèvent de la symbolique de la Terre, qui permet de bien poser le cadre du coaching. Nous développerons amplement ces différents points dans un prochain chapitre dédié à la l’énergie de la Terre dans notre méthode de coaching en 4 temps (voir cet article : rythmer un coaching)