Quelle est l’origine des problèmes que nous avons dans la vie ? Si l’on y réfléchit bien, ils viennent presque toujours de la pensée, laquelle n’est pas pour autant une mauvaise chose, à condition de savoir la canaliser quand c’est nécessaire.

La pensée automatique, que je distingue de la réflexion profonde (beaucoup plus rare) est un processus compulsif et tyrannique, qui nous maintient dans un état d’agitation intérieure permanente, que l’on trouve “normal” parce qu’on n’en connaît plus d’autre et qu’on s’est habitué à cette “folie douce”… (Quand on voit quelqu’un parler tout seul dans la rue, on se demande s’il n’est pas un peu “dérangé”… eh bien, il y a une voix dans notre tête, celle de la pensée, qui ne cesse de tout commenter et de parler tout bas sans arrêt. N’est-ce pas une autre forme de démence ordinaire, finalement, au même titre que celle qui fait parler tout seul sans s’en rendre compte ?)

Dans cet article, nous allons décrire un processus simple et direct pour s’émanciper progressivement de l’hégémonie des pensées.

(Les 2 prochains paragraphes seront peut-être un peu abstraits pour certains, qui cherchent davantage à se libérer de l’emprise de la pensée qu’à en comprendre le mécanisme. Si vous préférez, rendez-vous directement au paragraphe “On se raconte des histoires”…)

La pensée est liée à la mémoire du passé

En fait, ce que j’appelle la pensée automatique n’invente jamais rien, elle n’est que la reproduction de schémas appris. Pour inventer, il faut dépasser la mémoire et la pensée ordinaire qui en découle. Il faut accéder à la conscience, au-delà de la pensée,  pour puiser dans nos ressources profondes (quitte à organiser ensuite nos trouvailles avec la pensée, pour les mettre en forme, et pour les communiquer).

La pensée ne fait que reconstruire une trame logique en fonction des repères du passé, qu’elle superpose à la réalité pour pouvoir la décoder plus rapidement. La pensée est une sorte de système d’interprétation du réel, que l’on finit pour prendre à tort pour le réel lui-même.

Pour vous en convaincre, voici quelques illusions d’optique célèbres, qui illustrent comment fonctionne le cerveau et comment la pensée réinterprète les situations pour les ramener à du déjà-vu, déjà connu, quitte à se tromper lourdement.

Origine des problèmes : la pensée nous joue des tours

Sur cette photo, à l’évidence la table la plus longue est celle de gauche. Et pourtant si vous prenez un petit instrument pour mesurer, vous constatera avec stupeur que les deux tables ont exactement la même longueur. L’illusion vient d’un effet de présentation, qui trompe l’oeil et vous induit en erreur. Mais vous avez beau le savoir et en avoir eu la démonstration par la mesure objective, votre cerveau continue à vous tromper ! Vous n’avez donc rien appris de cette expérience, parce que votre pensée continue le cours de ses habitudes et vous continuez de projeter vos repères antérieurs sur l’image pour l’interpréter de manière erronée (pour vous, comme pour moi, même si on a la preuve du contraire, notre cerveau nous indique clairement que la table la plus longue est la bleue !)…

Origine des problèmes : la pensée nous joue des toursDans cette photo-ci (assez amusante) : êtes-vous bien sûr de ce que vous voyez de la jeune fille à l’arrière des deux premières ? En fait, vous voyez peut-être ce qui intéresse le plus votre cerveau… 🙂 Aussi interprète-t-il peut-être le dessous de l’épaule de celle qui prend la photo comme un bout de la paire de fesses de leur copine qu’on voit de dos en arrière plan…

Origine des problèmes : la pensée nous joue des tours

Sur la photo de gauche, vous voyez un mouvement tournant dès que vous déportez votre regard en dehors de l’image. Evidemment dès que vous la regardez directement et attentivement, l’illusion cesse et vous constatez que l’image ne bouge pas !

C’est aussi ce qui se passe quand on a le “mal de terre” : vous savez quand les marins rentrent à terre, et que leur cerveau a pris l’habitude de compenser les mouvements du bateau pour trouver leur équilibre : lorsque ce mouvement cesse quand ils mettent le pied à terre, leur cerveau continue de compenser ce mouvement qui n’existe plus, et les voici qui éprouvent un mal au coeur comme s’ils étaient des novices sur un bateau, alors qu’ils sont à terre !

Ces quelques exemples triviaux nous démontrent que la pensée nous trompe ! Nous avons la démonstration à travers ces illusions d’optique, que la pensée n’est qu’une approximation, une représentation que le cerveau construit et plaque sur la réalité (et non pas cette réalité elle-même). Il faut donc savoir aller au-delà de la pensée, pour voir directement la réalité sans l’activité de la pensée. Il s’agit en quelque sorte de savoir changer de point de vue, pour se soustraire à la fascination exercée par la pensée sur notre conscience… (voir : “arrêter de penser ?” et “les pensées toxiques“)

La pensée et la conscience

La conscience est avant, pendant et après la pensée.

  • Pendant que vous pensez à quelque chose, non seulement vous êtes conscient du contenu de la pensée, mais vous pouvez être conscient que vous êtes en train de penser.
  • Avant la prochaine pensée, vous êtes déjà conscient.
  • Après elle, vous êtes encore conscient.

La conscience est donc différente de la pensée. Elle est en amont et au-delà des pensées. Elle contient les pensées, mais n’est pas elle-même une pensée. Un peu comme les images sur un écran de télé :

  • l’écran (la conscience) n’est pas fait d’images (les pensées). La preuve c’est que lorsque vous éteignez la télé, les images ont disparu mais l’écran est toujours là.
  • mais les images ne peuvent qu’emprunter la consistance de l’écran pour se matérialiser devant nos yeux. Projetez les programmes télé dans le vide, sans écran pour revoir la projection de lumière, vous ne pourrez voir aucune image. Sans la conscience, “personne” pour être conscient des pensées, donc pas de pensées perçues par vous …

Autrement dit, la matière première de nos pensées est la conscience. Les pensées émanent de la conscience, et se développent au sein de la conscience, laquelle est fixe et sous-jacente aux mouvements des pensées… Nous y reviendrons dans la suite de cet article, à travers la technique que nous allons partager, justement pour aller au-delà de la pensée.

  • La pensée est un processus adaptatif, qui permet d’organiser des réponses complexes pour faire face rapidement à des situations difficiles. C’est entre autres, cette faculté qui nous distingue des autres animaux de cette planète. Je dis “entre autres”, parce qu’en amont de la pensée rationnelle, il y a encore une autre faculté encore plus spécifique à l’être humain, qui est justement la conscience de soi, et qui n’est pas une pensée, comme nous l’indiquions au début de ce paragraphe.
  • Nos émotions sont normalement directement déclenchées par le cerveau, face au danger, sans avoir besoin de passer par la pensée rationnelle. Mais à force d’entretenir certaines pensées, certaines émotions deviennent chroniques et finissent par se déclencher de façon automatique et inappropriée, un peu comme une addiction qui déclenche des comportements répétitifs, éventuellement mauvais pour la santé. Ainsi, la pensée est-elle capable de déclencher nos émotions de peur, de colère, de tristesse, y compris en dehors de toute situation objective de danger. Certaines pensées provoquent ainsi ce qu’on appelle le stress, qui entraîne à son tour un bon nombre de maladies dites psycho-somatiques (maladies du stress : prises de poids, maux de tête, constipation, maladies de peau, psoriasis, zonas, acouphènes, divers ulcères, etc…)

La pensée est donc une faculté très utile, mais il faut savoir s’exonérer de son processus de temps en temps au moins, quand on a besoin de rester lucide et objectif, quand on a besoin d’aller au-delà de la pensée ordinaire pour s’émanciper de ses effets indésirables.

Maîtriser le flux des pensées ?

  • Arrêter de penser est une chose presque impossible. Maîtriser le flux des pensées n’est pas non plus une chose aisée. Parfois on peut choisir de réorienter ses pensées, afin de ne pas se maintenir dans des pensées aux effets toxiques, en fixant son attention délibérément sur un autre aspect plus gratifiant d’une situation donnée.
  • Dans un autre article nous avons donnée plusieurs manières de s’y prendre pour être attentif et se maintenir disponible, présent à l’instant présent, dans son corps au lieu de partir avec les pensées. Un certain travail d’attention aux sensations corporelles permet de s’enraciner dans le réel au lieu de se laisser entrainer par les réactions psychologiques.
  • Dans celui-ci, nous allons partager encore une autre manière d’envisager les choses…

On se raconte des histoires…

Prenez un simple évènement : vous dites quelque chose à quelqu’un et il quitte la pièce. Quand je décris ce simple évènement, vos émotions entrent à peine en jeu, parce que la situation est décorellée de tout contexte.

  • Mais si je vous suggérais, que la personne est celle que vous aimez, et que vous venez de dire quelque chose qui lui fait très mal, vous imagineriez aussitôt que cette personne est partie fâchée ou attristée. Vous sentiriez peut-être de la peur (peur d’être abandonnée-e par la personne aimée par exemple, ou peur qu’elle se sente abandonnée, ou qu’elle vous en veuille, etc…) ou même un sentiment de culpabilité (pour avoir dit quelque chose de blessant). Vous ressentiriez peut-être aussi de la compassion pour la personne qui quitte la pièce, etc……
  • Et si je vous disais maintenant que le contexte de la scène est différent, et qu’en fait, vous venez d’annoncer à un ami que l’objet qu’il croyait perdu est simplement dans l’autre pièce. Il quitte alors la pièce, soulagé de pouvoir retrouver dans la pièce d’à côté cette chose à laquelle il tenait et qu’il croyait perdue. Vous auriez aussitôt d’autres émotions, plus agréables probablement.

Dans les deux cas, en dehors de la situation factuelle qui est neutre par elle-même, vous vous êtes raconté une histoire, une interprétation affective de la scène !

Dans un cas c’est une histoire triste, dans l’autre une histoire gaie. Mais dans les deux cas, c’est l’histoire qui a provoqué des émotions et non pas la situation elle-même : “une personne quitte une pièce”.

Alors, la technique que je vais vous proposer maintenant consiste à vous libérer de l’emprise des histoires que notre pensée nous raconte à chaque instant.

Cesser de croire aux histoires

origine des problèmes

Disons que vous seriez encore un enfant…Si on vous racontait l’histoire du petit chaperon rouge, vous auriez peur d’être mangé par le loup (Si, si ! Commencez pas à me démolir ma démonstration en disant que cette histoire ne vous fait même pas peur :-). Prenez un film d’horreur si vous préférez. Moi, je préfère les contes pour enfant, parce que les films d’horreur me font tellement horreur justement, que je n’ose pas les regarder…

Quand on va refermer le livre, pour éteindre la lumière et dormir, vous comprendrez bien que l’histoire était dans le livre, et qu’elle est en soi inoffensive. Ce n’était qu’une histoire et en fait vous n’êtes pas le petit chaperon rouge ! Après avoir vécu des émotions fortes en imaginant les scènes du conte, vous avez intégré les enseignements de sagesse et vous êtes revenu au réel de votre lit et de votre maman qui vous dit bonsoir. Vous n’avez pas peur du livre. En fait, vous n’avez pas peur du tout. Vous êtes là, vous êtes bien. Même s’il y a encore le souvenir et l’ambiance de l’histoire qui reste un peu, vous êtes suffisamment ancré dans le présent et dans votre corps pour faire contre poids à la suggestion de l’histoire. C’est ce même processus de reconnaissance de l’histoire que je vais vous proposer d’utiliser la prochaine fois que vous serez aux prises avec une pensée qui provoque en vous des émotions inappropriées. Vous la reconnaîtrez en tant qu’histoire, et vous refermerez le livre, avant que l’histoire ne vous fasse peur et ne vous empêche de dormir. 🙂

Un exemple concret

Malheureusement, dans la vraie vie, c’est comme si on ne savait pas toujours refermer le livre. On a beau savoir que l’histoire n’est qu’une histoire, les symptômes dysfonctionnels continuent d’opérer.

Je prends l’exemple récent d’un dirigeant qui se met une grosse pression sur ses rendez-vous commerciaux, et qui subit une angoisse qui le tétanise, le fait transpirer de manière excessive et perdre une partie de ses moyens au moment même où il en aurait le plus besoin ! Il sait bien qu’il ne joue pas sa vie dans ces rendez-vous, mais quelque chose se met en place à son insu qui le met en panique. En fait, l’histoire de peur et d’échec se réactive de manière inconsciente et autonome, alors même que mon client voudrait bien s’en émanciper.

A y regarder de plus près, il y a un moment où ça va encore bien pour lui, et puis tout d’un coup la pression commence à monter. Arrêtons-nous à cet instant là, pour déterminer ce qui se passe quand l’histoire commence à opérer. Que se passe-til ? Vérifiez en vous-même, en puisant dans votre propre expérience. Que se passe-t-il pour vous quand la pression monte et que le mécanisme se met en place ? Qu’il s’agisse de colère, de jalousie, de désespoir, d’angoisse, ou de n’importe quoi : c’est toujours le même mécanisme.

Au début il y a soit une sensation, soit une émotion, soit une pensée. En fait la sensation est provoquée par une émotion, elle même provoquée par une pensée (même une micro pensée, même une pensée presque inconsciente). Rappelez-vous mon exemple précédent de la personne qui quitte la pièce, quand vous lui dîtes quelque chose. A ce stade, il n’y a que des faits, pas de pensées, pas d’émotions, pas encore de sensations. Puis votre empathie et votre mémoire se mettent à faire des rapprochements avec des situations antérieures, et l’interprétation se plaque sur la situation actuelle, se substituant même à la scène factuelle. Des pensées commencent donc à émerger, qui provoquent des émotions et bientôt des sensations (de l’angoisse et de la panique, dans le cas de mon client, qui provoquent sa transpiration).

Je vous propose de saisir la première pensée au vol, avant qu’elle ne provoque la moindre émotion. Supposons que ce soit celle-ci : “C’est important que tu sois bon dans ce rendez-vous, la boite a besoin de ce business pour faire son chiffre d’affaires…”. Cette simple pensée, parfaitement juste, est également relativement fausse. Le client le sait bien, mais comme dans le cas de l’illusion d’optique, c’est comme s’il était victime d”une cécité cognitive… si bien qu’il croit quand même à la phrase.

Et pourtant :

  • on peut parfois réussir l’entretien sans être “bon”. C’est déjà arrivé d’être bon et que l’entretien n’aboutisse pas, et à l’inverse il est déjà arrivé d’être mauvais et que ça marche quand même. Donc l’assertion n’est pas 100% certaine.
  • la boite survivra probablement sans cette affaire. Des affaires, il y en aura d’autres. Et de plus, tout ne se joue pas pour cette affaire elle même, sur ce seul rendez-vous.
  • enfin, si la boite faisait moins de chiffre d’affaires, ce ne serait peut-être pas la fin du monde, ni même la fin de la boite. En fait, ce ne serait la fin de rien du tout. Ce serait peut-être au contraire l’occasion d’une remise en question féconde, l’opportunité d’un nouvel apprentissage probablement, le début d’autre chose éventuellement, etc…

On voit donc que cette simple petite pensée est finalement très exagérée, et donc finalement : fausse… alors que de prime abord elle paraît complètement vraie ! S’il disposait du recul suffisant, n’importe qui de sensé, la remettrait en question et ne se laisserait pas embarquer par l’histoire absurde qu’elle raconte.

Dans cet exemple, on le voit bien : il suffirait de ne pas croire au contenu de l’histoire pour désactiver son effet toxique.

  • Certes, mon client ne peut empêcher directement que de telles pensées émergent dans son champ de conscience, parce qu’il y a un mécanisme qui s’est mis en place, sur lequel il n’a pas encore d’emprise.
  • En revanche, au lieu de subir l’effet des pensées automatiques, sans s’en rendre compte, il peut voir ces pensées et en quelque sorte “les étiqueter” en tant que pensées. Ce faisant il ne sera pas pris par le contenu de la pensée, car la voyant en tant que processus, il ne sera plus sous son emprise.

Un peu comme l’histoire du chaperon rouge, vous n’êtes pas obligé de vous la raconter quand vous n’en avez pas envie. Vous reposez le livre et l’histoire reste bien sagement à l’intérieur !

Ainsi, mon client voit émerger la pensée, la repère en tant que pensée, et… en étant conscient de tout cela, il n’est pas obligé de croire au contenu de la pensée, d’être pris dans l’histoire. Il la reconnaît comme le processus bien connu des pensées inquiétantes et disqualifiantes, qui surgissent pour lui ôter ses moyens. Du coup, il garde une certaine distance, et ne s’identifie pas au personnage du chaperon rouge qui risque de se faire manger, du dirigeant stressé par les enjeux commerciaux qui risque de perdre ses moyens.

Je prends encore une autre image pour mieux vous faire comprendre : vous êtes dans votre salon, devant la télé à regarder un film de cow-boys et d’indiens. Quand les indiens tirent des flèches sur le cow-boy, vous ne bougez pas la tête pour éviter la flèche, parce que vous savez que ce n’est qu’un film et que vous, vous êtes le spectateur dans le canapé du salon ! Eh bien pour mon client (ou pour vous et moi) c’est pareil : nous ne sommes ni le chaperon rouge, ni le cow-boy, ni ce dirigent qui va ruiner son entreprise à ce rendez-vous. Nous sommes bien en amont et au-delà de toute cette pauvre histoire : le champ de conscience qui contient cette pensée et toutes les autres.

Coaching pour “éventer” l’histoire

En coaching, nous parlons de tout cela. Et je propose de désactiver ensemble le pouvoir de l’histoire, en se projetant ensemble dans la situation qui fait peur. Mais cette fois-ci, on y va tous les deux. Et tandis que mon client raconte ce qu’il éprouve et les sensations que cela suscite, je le ramène à la situation présente :

“Je comprends ce que vous éprouvez, je le ressens moi-même un peu, tandis que vous décrivez la situation. Mais en fait, on est tous les deux là, et on n’a pas peur ni l’un ni l’autre en ce moment même… vous ne risquez rien, il n’y a pas de rendez-vous client pour le moment, ce n’est qu’une histoire qui se raconte dans l’exemple que vous donnez. Je vous propose donc maintenant de retourner dans cette histoire sans quitter la sensation de votre corps et sans oublier que vous êtes avec moi, en train d’explorer en toute sécurité le contenu de cette histoire. Faisons des arrêts sur image à chaque fois que le film suscite une nouvelle émotion…”

Et ainsi, assez rapidement, les pensées sont vues et démasquées, les émotions sont un peu éventées, les sensations progressivement dissoutes.

Je ne pratique pas l’EMDR ou l’EFT (emotional freedom technique), ni la méthode TIPI ni aucune de ces techniques qui sont probablement excellentes (mais on pourrait certainement tapoter des points d’acupuncture pendant qu’on parle ou faire des arrêts en cours de séance pour bouger les yeux, ou faire quelques mouvements de brain gym, etc… Ce serait très bon sans doute).

Il se trouve que, dans ma pratique du coaching, cette expérience d’exploration à deux constitue un ancrage en soi suffisamment positif, qui permettra de se raccrocher à un autre réflexe quand l’histoire réapparaîtra dans le champ de conscience de mon client, lors de ses prochains rendez-vous. En fait ce que je propose c’est de s’émanciper du pouvoir des histoires d’une manière assez radicale. Il s’agit d’aller voir à l’origine des problèmes, pour en reconnaître la nature illusoire. Alors le problème est comme “éventé”, il perd de sa force. Il n’y a plus rien à faire pour le résoudre, juste à cesser d’y croire. Cesser de se soumettre à son emprise.

C’est un peu comme si des images de peur se présentaient dans un miroir, et que par la révélation qu’elles ne sont qu’une illusion, une création mentale du cerveau, le miroir était brisé. Ainsi quand vous regardez dorénavant dans sa direction, vous ne pouvez plus voir des images terrifiantes, mais des petits bouts de miroir cassé, répandus par terre !

origine des problèmes : l'illusion

Se libérer de l’origine des problèmes ? Un chemin de vie

  • Parfois, cette première prise de conscience du mécanisme suffit à se libérer de son emprise.
  • Souvent, il faut quelques séances supplémentaires.
  • Mais pour se libérer totalement de la fascination de la pensée, je vous prie de croire qu’il faut un peu plus que quelques séances de coaching ponctuelles. Cela relève de votre chemin de vie….

Voir les pensées en tant que pensées vous libère progressivement de la croyance dans les contenus fantasmés qu’elles agitent. Mais cela ne vous guérit pas forcément du processus de penser lui-même. Cependant, à force de ne plus vous intéresser au contenu des pensées, elles ont probablement tendance à se calmer. Un peu comme un enfant, qui fait des caprices, finit par se lasser et arrêter tout seul quand son énergie n’est plus soutenue par votre attention.

Cesser de croire au contenu de vos pensées, leur fera immanquablement perdre de leur consistance et de leur dynamisme.

Alors, en effet, apprendre à se libérer de la pensée tyrannique qu’il faudrait tout le temps atteindre un objectif est un véritable chemin initiatique (“qui vous relie à votre profondeur”). Casser le miroir pour voir le Réel en face, sans l’intermédiaire de la pensée est une “noble Queste”. Je ne dis pas qu’on y parviendra plus tard, parce que le temps est une nouvelle pensée, mais je dirais plutôt que c’est comme si on faisait un voyage à l’intérieur de cette révélation, on y serait déjà et pourtant l’exploration nous en ferait découvrir davantage à chaque nouvelle expérience…

Voir nos articles à ce propos :

Des résultats probants

Cette technique est efficace, mais je ne prétends évidemment pas qu’elle soit miraculeuse ! Et je ne vous dis pas que cette pratique de voir les pensées en tant que pensées m’aurait permis de faire repousser une jambe qu’on m’aurait amputée (je n’ai pas eu cette “chance”), ni non plus qu’elle aurait le pouvoir de guérir spontanément d’un cancer.

Mais en revanche je peux témoigner qu’elle m’a permis :

  • de traverser sans trop de bobos une longue période de crise personnelle, avec des nombreuses contrariétés et déceptions, qui commençaient à m’entamer et à provoquer chez moi divers comportements addictifs et débuts de somatisation. Au fur et à mesure que j’accepte que les choses soient telles qu’elle sont, sans rien à regretter qu’elles soient ainsi, et sans attente, sans espoir ou volonté de les changer : la vie est beaucoup plus simple et légère. L’autre a son chemin, j’ai le mien. Nous sommes parfaitement distincts en tous points, tous deux absolument uniques, comme toute chose ici-bas. Et quand il se trouve qu’on se rencontre pour de vrai, en étant chacun un soleil à part entière, l’échange est intense, gratuit, et sans lendemain, parce que demain n’est qu’un concept. Demain n’existe que dans la pensée. En revanche, “maintenant” se vit dans le corps, tout de suite. Donc : pas d’attente, pas de regret, pas d’histoire… juste la vie qui émerge de façon parfaitement neuve et extraordinaire, dans l’infinie variété des formes qu’elle invente pour se manifester !
  • de me permettre de me libérer du poids des habitudes comportementales, en diverses occasions de ma vie, quand celles-ci étaient manifestement périmées et qu’il était grand temps d’en changer… ainsi je me suis par exemple libéré de grosses pressions que je me mettais tout seul depuis des années sur des objectifs de chiffre d’affaires (comme le client dont j’ai donc l’exemple d’ailleurs). J’ai pu ainsi lâcher prise sur le résultat, en voyant clairement que le résultat est encore une histoire qu’on se raconte. Et quand on la voit en tant qu’histoire, on n’est plus obligé d’y croire et de se conformer à ce qu’elle prétend exiger de nous…
  • de vivre aujourd’hui, de façon beaucoup plus alerte, avec légèreté et une concentration bien meilleure dans tout ce que je fais. C’est à partir de cette approche objective, que je parviens à me rendre de mieux en mieux disponible à mes clients, presque instantanément, quand un coaching commence. Je vois simplement clairement, qu’il n’y a rien d’autre que l’instant présent, et que cette personne en face de moi  est la plus importante de ma vie en ce moment même (puisque c’est elle qui se trouve là !). Pareil quand je suis serré dans le métro : pas de plainte intérieure, juste le relatif inconfort de la situation, mais sans l’étiquette “inconfort”. Ainsi, il y a moins de place pour des histoires émotionnelles, pas de contexte , juste l’action requise par la situation… je suis concentré, engagé pleinement dans l’instant présent, et je ne me fais aucun noeud au cerveau !

En revanche, il reste, comme je le disais précédemment, le dynamisme des habitudes de pensée automatique. Celles-ci continuent d’émerger, mais je les vois émerger, et je vois que je suis libre de ne pas entretenir la croyance en elles… Je vois clairement que l’origine des problèmes est le fait de croire au contenu des pensées qui émergent. Je vois qu’il n’est pas nécessaire de compenser psychologiquement ce qui est là, par diverses stratégies d’évitement. Il est bien préférable d’accueillir et d’accepter, et de rester avec ce qui est là : une sensation, une émotion, une pensée. Ne pas y toucher, ne rien manipuler mentalement, ne pas nourrir de commentaire ni d’intention à leur propos. Je me contente de les constater au même titre que je constate que des feuilles tombent des arbres à l’automne. Les pensées sont comme ces feuilles : elles poussent, elles tombent, elles passent, poussées par le vent. Pas la peine d’en faire toute une histoire…

origine des problèmes

PAUL DEVAUX : 06.10.56.14.96

coaching professionnel

Pour illustrer notre propos, je voudrais partager une vidéo d’une entretien entre Gérard et son public autour de ce thème de la pensée et des croyances…

C’est un peu technique, je vous préviens. Un coaching, c’est beaucoup plus simple que ça, et cela ne va pas si loin non plus. En tous cas, rien n’empêche de regarder quelques minutes, je vous retrouve juste après, pour quelques commentaires complémentaires.

Cette séquence est mal filmée et peut-être un peu longue pour vous ? Surtout pour des personnes qui ne s’intéresseraient pas vraiment à l’origine des problèmes psychologiques. Mais pour ceux qui sont prêts à aller plus loin que des premières réponses mentales, à aller observer par eux-mêmes ce qui se passe dans leur propre expérience, je la trouve intéressante. L’homme qui propose au groupe de réfléchir et d’interroger leur expérience vous paraîtra plus ou moins pédagogue ou sympathique, c’est sans importance. Je ne le connais pas plus que vous, mais je trouve la démarche assez objective. Notamment le passage, vers le milieu, après un silence (ponctué d’interférences électroniques de portable un peu désagréables) :

  • l’image que je me fais de mon corps, bien consistant et délimité par les contours de la peau, n’est qu’une représentation mentale. Parce qu’en fermant les yeux et en écoutant les perceptions, on ne sent que quelques points de contacts séparés entre eux ou reliés entre eux par des espaces supposés, qui sont eux-mêmes connus, même en tant qu’espace non perçu…
  • Ainsi, l’espace entre les perceptions corporelles est tout de même connu, il est en quelque sorte lui-même “perçu”. Donc entre les perceptions, il y a encore perception. Il y a encore ce “je suis” qui est là, en amont des phénomènes perçus… Cela met sur la piste que je suis celui qui perçoit les perceptions et non pas ce qui est perçu. Cette observation simple et directe, aide à se dés-identifier des contenus des pensées et des émotions pour lesquels on a tendance à se prendre…
  • Et au-delà encore, cela signifie que les sensations sont perçues comme une unité, à l’intérieur de soi, un soi plus vaste qu’elles… Et il y a un écart à vivre entre :
    • le regard que nous sommes et la conscience que nous avons de ce regard (lequel ne peut être vu lui-même)
    • et l’histoire de notre vie qui nous attrape et prétend nous restreindre à la manifestation du regard au travers de ce qui est vu
  • Dans cet état de soi, que nous sommes vraiment, au-delà des restrictions, il n’y a pas de pensée. Il y a conscience. Et ceci n’est pas une croyance, mais une expérience que l’on peut faire, chacun d’entre nous, à tout instant…
  • L’origine des problèmes ? C’est de se prendre pour ce complexe corps/mental et de croire au contenu des pensées qui s’y manifestent. Se libérer des souffrances liées à l’origine des problèmes, c’est un changement de perspective, une sorte de déplacement de notre centre de gravité.
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