En quoi consiste l’excellence dans le travail ?

Il ne s’agit évidemment pas de faire un travail parfait (cela n’existe pas de faire « parfaitement » les choses, du moins telle qu’on imagine la perfection !).

L’excellence c’est tout bête, c’est faire du mieux que je peux (maintenant, et à chaque instant) !

L’excellence dans le travail n’est donc pas la perfection

Et à celui qui répondrait avec une exigence aberrante « le mieux que tu peux, c’est insuffisant. Ce que je veux c’est du résultat… », nous pourrions répondre par une autre question :

« Explique-moi comment tu fais pour faire « plus » que le mieux que tu peux ? Comment pourrais-je donner plus que tout ce que j’ai ? ».

On voit bien que cette logique du « toujours plus et jamais assez », ne mène nulle part (hormis au stress, forcément sentiment d’impuissance et donc à la déception)…

Le feu de l’action

la joie de travailler

Quand je dis que je fais de mon mieux, cela signifie que je donne le meilleur de moi-même, que je me donne totalement moi-même, et il ne reste rien de « moi » dans le feu de l’action, qui brûle même le concept de « moi ». Dans l’action à laquelle je m’adonne, il n’y a qu’elle. Il n’y a pas moi, l’action, et le mieux que je peux faire (c’est-à-dire généralement : des efforts approximatifs, largement en-dessous du véritable potentiel). Dans l’action, comme dans le feu, il y a une « consumation », le feu se brûle lui-même et consume tout ce qu’on met dedans ! L’action juste, ou l’action véritable, engage la totalité de l’être, il n’y a pas l’espace pour glisser un papier à cigarette entre un pseudo « moi » et l’expérience que je vis d’être en train d’agir.

L’être que je suis est action, à l’instant même. Je ne travaille pas pour « quelque chose ». Par exemple, à l’instant, je n’écris pas pour vous convaincre de quelque chose ou pour vos intéresser, ou pour vous plaire… je travaille parce qu’il y a une urgence à ce travail, un nécessité à exprimer, je travaille pour la joie de travailler. C’est tout…

Mesurer l’excellence au travail

Suis-je excellent dans mon travail, en ce moment même ?

Je n’en sais rien, et la question ne se pose pas vraiment.

Je suis et je fais. C’est déjà énorme. On peut mesurer la productivité, évaluer le résultat. Mais comment apprécier l’excellence, c’est-à-dire la qualité de présence, l’alignement de l’individu ? A mon avis, c’est impossible et même pas souhaitable. C’est aussi improbable que de vouloir rentrer une forme carrée dans un trou rond plus petit 🙂 ce serait vouloir rendre objectif ce qui par nature est subjectif.

Même la notion du « mieux que je peux » est presque en trop :

  • Comment ferais-je moins que le mieux que je peux ? Il faudrait que je fasse exprès de faire moins bien, il faudrait que je laisse le pied sur le frein au moment où j’appuie sur l’accélérateur… Il me faudrait une bonne raison pour cela. Et en fait, je n’en vois aucune !
  • Et par ailleurs, bien sûr qu’il reste de l’énergie dans ce corps après avoir écrit la phrase précédente. Alors : a-t-il vraiment Tout donné, puisqu’il n’a pas disparu dans le feu ?
    • Mais « il » n’est pas ce corps, ni cette énergie, qui d’ailleurs n’est pas dans ce corps, contrairement aux apparences. Cette énergie est l’énergie tout court. Et elle n’est pas dans ce corps, mais elle est ce corps.
    • Et « lui » n’est qu’un concept, qui n’a pas d’existence réelle. Comment une chose sans substance pourrait elle brûler ? Il y a bien un « je suis » qui vit l’expérience de l’écriture de la phrase. Mais il n’y a de « moi » distinct de l’action que dans les pensées. Il n’y a pas de « moi » dans l’expérience directe. A la limite, il n’y a même pas un « je travaille ». En fait, il y a : « je suis » et « cela travaille ».

Prenons l’exemple d’une journée de travail, pour illustrer le « faire de son mieux » et l’excellence dans le travail…

Excellence dans le travail : rien d’extraordinaire !

Voici une journée type d’un coach, remplie de plusieurs petites activités ordinaires et classiques d’une journée de coach :

  • rédiger un rapport d’analyse systémique et s’entretenir avec des collègues à ce propos, pour croiser des perceptions et formuler des hypothèses de solutions
  • coacher successivement deux personnes de qualité
  • se déplacer entre les rendez-vous et pour rentrer chez soi
  • laisser des messages à des interlocuteurs non joignables pour transmettre des infos et faire avancer divers dossiers en cours
  • et surtout, à travers tout ça : être là, à travers chacune de ces activités, tranquille, éprouvant la joie d’être et de travailler, pour la beauté de l’art, pour la beauté et l’instantanéité de l’instant.

Et le résultat dans tout ça ?

Que reste-t-il de ce travail ? Rien probablement… Quels en sont les résultats ? Je ne sais pas.

  • Quels seront les effets de ces 2 coachings intenses, dont l’efficacité fut appréciée par chacun des deux clients ? Cela leur appartient, si le coach a fait de son mieux, les résultats seront au rendez-vous, mais ne lui appartiennent pas.
  • Quelle est la valeur et la pertinence du diagnostic systémique ? Quel en sera l’impact ? Tout cela dépend de multiples critères, sur lequel personne n’a de contrôle.

Mais quoi qu’il en soit, le coach n’y sera pas pour grand chose… Et quand les résultats se produiront, personne ne s’en souciera plus, et c’est très bien ainsi.

Alors, pourquoi s’en préoccuper ?

L’excellence dans le travail c’est toujours : « maintenant »

Alors, sans « me » projeter dans un quelconque résultat ultérieur, je ne « me » cherche pas dans le travail, je ne demande pas au travail de me procurer du plaisir et encore moins du bonheur, je le fais parce qu’il doit être fait. C’est ce que la vie propose en cet instant. C’est ce qui est à faire. C’est aussi simple que ça. Pourquoi rendre les choses compliquées en s’inventant des devoirs ? Il suffit d’honorer l’impulsion du moment, dans l’axe de sa vocation.

Ce n’est pas triste, ni morose, c’est joyeux. Aussi joyeux qu’une source jaillit de terre, ou qu’un vol d’oiseau s’élance dans le ciel. Aussi joyeux même que la mort du corps ou l’expérience d’une émotion comme la tristesse, qui sont elles aussi des manifestations de la vie et de la joie de l’être (voir : « avoir peur de la mort« ). C’est aussi simple et naturel, cela fait partie du tout, c’en est une manifestation.

joie de travailler

Je constate cela, en même temps que je vis l’expérience de faire ce travail, sans y glisser « l’ego ». Un peu comme cet enfant qui découvre un piano : il ne doit pas davantage laisser ses doigts sur le clavier quand on fermera le couvercle, que nous ne devons laisser notre ego dans la charnière de la porte quand on la referme !

Et quel mérite alors ?

Mais il n’y a pas de « mérite » à ne pas en faire une histoire personnelle d’ego (voir les accords toltèques), il y a juste : travail et joie de travailler.

En revanche, s’il n’y a ni mérite ni démérite, il est possible que cela représente tout de même un art de vivre…

Si vous souhaitez revoir votre engagement professionnel, dans le sens de l’excellence comme nous en parlons ici, dans une perspective spirituelle et non-duelle, cela peut être utile pour vous d’envisager une ou deux séances de coaching. Voyez ici les tarifs du coaching pour les particuliers.