Quelques citations sur la non dualité.

Citations inspirantes, et décapantes, à méditer avec l’œil qui pétille…

La tradition cachemirienne

Je trouve la tradition cachemirienne du moyen-âge inspirante. Et cet auteur en particulier, Eric Baret, est très impertinent, très « radioactif ».

Il n’est pas ici question de croyances, et encore moins de religion, ni même de culture, mais de ce qui affleure par en-dessous, de toutes les formulations culturelles et religieuses, toutes par ailleurs intéressantes autant qu’enfermantes si on n’y prend garde.

Jugez-en plutôt par vous-même en constatant le décalage que ses propos déclenchent…

On n’est pas forcément d’accord avec tout ce qui est proposé là, mais il est intéressant de se laisser questionner par ces citations sur la non dualité. Ce sont des propositions décalées et décadrantes, qui nous sortent au chausse-pieds de nos certitudes, issues de l’habitude et des conditionnements, davantage que de la lucidité et de la réflexion approfondie sur l’expérience vécue intensément.

Qu’est-ce que cela suscite comme échos en vous ? prises de conscience, incompréhensions, révoltes…

Tout est bon, tant qu’on est en vie et qu’un cerveau réagit entre les deux oreilles.

Citations sur la non dualité issues de « Pour la joie de n’être rien »

  • C’est uniquement quand on est ouvert aux émotions fondamentales que la pensée peut être porteuse de Lumière et de Beauté.
    Un homme sensé, c’est quelqu’un qui vit en harmonie avec ses émotions : il connaît ses peurs, ses anxiétés, ses jalousies, ses culpabilités, et il est complètement en accord avec elles. Quand quelqu’un s’ouvre à ses émotions, celles-ci quittent leurs prolongations pathologiques, elles deviennent poétiques. Au lieu d’avoir peur de sa peur, on écrira sur la peur, on peindra sur la peur, on fera de la musique sur la peur.
  • Tout ce qu’il y a de très profond dans la vie naît d’une émotion. Vous n’êtes pas triste : vous sentez la tristesse. Vous n’êtes pas anxieux : vous sentez l’anxiété. Vous n’avez pas peur : vous sentez la peur. Sentir la tristesse est une caresse. Sans elle, de nombreuses musiques n’auraient pas été écrites, beaucoup de peintures n’auraient jamais été réalisées. La tristesse, la peur c’est la beauté, sinon les montagnes russes des parcs d’attractions, les films d’horreurs et autres fleurons de notre civilisation n’existeraient pas. Laissez cette tristesse vraiment être triste, vraiment respirer en vous, et quelque chose va se placer. Plus vous allez sentir la tristesse, plus la joie se révèle. Plus la larme va couler sur votre joue et plus vous allez vous sentir libéré, heureux, tranquille.
  • La conscience ne vous sert à rien. Ce n’est pas un objet destiné à vous stimuler psychologiquement. Elle n’est pas là pour servir : elle est votre émotion fondamentale.
  • Ce qui empêche de vivre, ce n’est pas l’événement qui s’est passé quand on avait huit ans, c’est les cinquante ans d’imaginaire, de critique, de refus, de jugement, de culpabilité.
  • Accepter clairement ses caractéristiques, son courage, sa lâcheté, son intelligence, sa stupidité, sa tranquillité, son agitation. Est-ce que je peux être autrement ? Non. Je vis avec ce qui est là. Quand il y a peur, je suis disponible à la peur; quand il y a agitation, je suis disponible à l’agitation; quand il y a tranquillité, je suis disponible à la tranquillité. Tout cela apparaît en moi. Je n’ai pas besoin de me prendre pour quelqu’un de tranquille, d’agité, d’effrayé.
  • Quittez toute voie spirituelle. Restez chez vous. Jetez vos tofus et votre prétention à la paix par l’alimentation, le yoga ou le taî-chi-chuan. Regardez. Ressentez. Regardez combien vous vous enfuyez de la réalité quotidienne. Pas de recette, d’exercice, d’attitude à observer. Etre lucide. Sentez la peine, la tristesse, la peur. C’est Dieu en activité. C’est votre chance.
    Quand vous ne prétendez plus que les choses devraient être autrement, mais que vous vous donnez à ce qui est dans l’instant, tout est possible.
  • Le spirituel c’est s’immerger dans l’évidence de l’instant sans vouloir le manipuler ou l’utiliser. Etre disponible. A ce moment-là, cette attitude de disponibilité va libérer la situation.
  • Le corps doit être écouté, aimé. Aimer veut dire : ne rien savoir, ne rien vouloir. Vous êtes nu de toute compréhension, de toute intention, et vous laissez le corps parler. Pour que le corps parle, il faut le silence. Tant que vous savez quelque chose, le corps se tait. Revenez à ce silence de volonté, de savoir. Dans ce silence, à sa manière, non à la vôtre, le corps vous parlera. Vous laisserez le concept corps et une chaleur, une fraîcheur, une vibration, une tactilité éclot.

Citations sur la non dualité issues de : « Le seul désir : Dans la nudité des tantra » de Eric Baret

  • Si cela fait plaisir à quelqu’un que vous demandiez pardon, pourquoi ne pas le faire ? Parfois, dans la rue, il y a des gens qui vous bousculent et vous regardent méchamment. Si cela leur fait plaisir, si cela vous évite de leur démettre une épaule, vous pouvez vous excuser. Vous le faites comme une civilité et vous n’êtes pas obligé de vous reconnaître psychologiquement dans cette demande de pardon. Parfois il faut demander pardon pour des raisons fonctionnelles, pour éviter un combat, une situation conflictuelle. Et alors ? Il m’est arrivé de demander pardon à des gens pour des choses que je n’avais pas faites, mais cela leur faisait plaisir et a réglé une situation. Aucun problème. C’est fonctionnel. Ce n’est que « l’art de vivre »…
  • Dès l’instant où je demande, c’est le conflit. Si je demande quoi que ce soit à mon travail, à mon mari, à ma femme, à mes enfants, à mon pays, à mon corps, à mon futur, à mon passé, je suis en antagonisme. J’ai peur. Même si l’on me dit : » Oui, oui je t’aime », j’ai toujours l’inquiétude du lendemain. Mais quand je ne demande rien, dans cette suffisance, tout apparaît. Je ne demande rien parce qu’il n’y a rien à demander. Je n’ai besoin de rien. J’ai besoin de ce qui est là, maintenant; tout le reste n’est que fantasme.
  • Tout ce qui vient du manque, du désarroi, ramène au désarroi. Tout ce que l’on fait pour se tranquilliser, pour calmer quoi que ce soit, porte en soi le germe du désarroi, de l’agitation. Quand je fais corps avec cette intuition il n’y a plus rien que je veuille, parce que je sais que tout ce que je pourrais vouloir me ramènera à mon désarroi. A ce moment-là, un espace de disponibilité se crée. Dans cette disponibilité, la nature des choses – qui est dynamisme-, la nature de la vie entre en action. On fait, on agit, on pense, sans plus d’intention. Là, le sens sacré, le sens profond des choses devient vivant. On s’investit dans des projets qui, d’un certain point de vue, peuvent sembler absurdes, mais on le fait totalement, on le fait pour le faire. L’instant d’après, on fait autre chose. Ce ne sont plus des projets pour se trouver, mais des projets par amour.

Le yoga tantrique du Cachemire

  • La sexualité n’existe pas. Pour la plupart des gens, c’est uniquement une compensation, une monnaie de marchandage. Cela permet d’attacher ou de sécuriser quelqu’un. Du point de vue de la tranquillité, il n’y a pas vraiment de sexualité. Vous pouvez éventuellement rencontrer quelqu’un avec qui vous sentez une profonde intimité et vous la célébrez par le regard, par le toucher. Vous célébrez aussi en écoutant ensemble un concert, en faisant un voyage. A ce moment-là, il ne s’agit plus de sexualité mais d’une expression de la tranquillité, il n’y a plus de besoin. L’accent est mis sur l’intensité et non sur la décoration. C’est très différent. Quand vous êtes avec quelqu’un qui a vraiment un sentiment d’autonomie, même la formulation de l’acte sexuel a complètement changé. Vous ne pouvez pas, quand vous avez un corps sensible et que vous vivez le pressentiment, faire l’amour a huit heures le matin, puis à midi puis à quatre heures de l’après-midi. Quand vous vivez une rencontre, vous en portez le parfum longtemps encore en vous. Vous n’avez pas besoin de recommencer deux heures plus tard. La fréquence des rapports diminue puisque l’élément substantiel est complètement différent. Cela ne part plus du manque. Tout vient du plein. Une véritable rencontre se fait du point de vue de ce non-désir. Sinon c’est une activité comme une autre, comme aller au cinéma. Et cela va très peu loin. Dans une rencontre véritable, le toucher, le regard, l’odorat, l’écoute sont stimulés. Vous pensez à la personne avant de la voir et vous ressentez encore sa présence après l’avoir vue. Il y a toute une fête des sens qui entre en action. Vous quittez complètement l’élément objectif de la sexualité. L’objet disparaît complètement. Il ne reste qu’écoute, que globalité.

citations sur la non dualité

Citations sur la non dualité de Jean Klein

  • Le Silence est notre véritable nature. Ce que nous sommes fondamentalement n’est que Silence, libre d’un commencement et d’une fin. Il fut avant le commencement de toute chose. Sans cause, sa grandeur est son existence même. Silence, origine de tout objet, lumière qui donne aux objets aspect et forme. Tout mouvement, toute activité est harmonisée par le Silence. Silence sans opposition au bruit, au-delà du positif et du négatif. Dissolution de toute objet, sans relation avec aucune expression mentale, silence libre à jamais du mental. Jamais défini, mais ressenti car plus proche que le plus proche. Le Silence est liberté sans restriction ni centre; il est notre totalité, ni à l’intérieur ni à l’extérieur du corps. Le Silence est joie, non plaisir; il n’est pas psychologique, senti sans quelqu’un qui sent, sans intermédiaire. Sacré, Grâce salutaire, sans peur. Toute autonomie comme l’Amour et la Beauté, intouchable par le temps. Méditation libre de toute intention, libre d’un méditant. Absence de soi, Silence, Absence de l’Absence. Le son qui vient du Silence est Musique. Toute activité est créative lorsqu’elle vient du Silence. Il est constamment un nouveau commencement. Le Silence précède la parole et la poésie, la musique et tout art. Le Silence est l’origine de toute activité créatrice. Ce qui crée vraiment dans le monde, c’est la vérité. Le Silence est le monde. Le Silence est Vérité. Celui qui est établi dans le Silence vit dans une offrande constante, une prière sans demande, remerciement, amour permanent.
  • Ce que vous appelez votre corps n’est qu’une enveloppe dans laquelle vit un corps subtil. Ce corps intérieur est une énergie subtile, la force vitale qui soutient le corps physique. Toute notre sensibilité dépend de cette force vitale. De manière paradoxale, bien que le corps subtil réside dans le corps physique, il rayonne au-delà de lui et rencontre l’environnement. Ainsi le corps dans sa totalité a une extension bien plus grande que ce que l’on croit en général. Comme le corps physique est au cours de votre vie de plus en plus conditionné par l’effort, il devient un nœud de tensions et de contractions qui paralyse l’expression du corps subtil. Son rayonnement est gêné et le corps physique est coupé de son environnement. Lorsque cette force vitale est obstruée, il y a un vieillissement prématuré du corps physique qui se manifeste d’abord par une diminution de la sensibilité et de l’énergie. Dans le corps naturel en bonne santé chaque cellule est pénétrée par la vie.
  • Acceptez la vie comme elle vient. La voie la plus sûre pour découvrir la vérité est de ne plus résister à ce qui se présente.
  • Pour pouvoir comprendre la perspective non-duelle, il faut se rendre compte que l’on est prisonnier de certains clichés qui nous font toujours voir les choses d’une façon duelle et fragmentaire. Pour retrouver la vision non-duelle, il faut nous habituer à reconsidérer les «fragments -objets» de notre connaissance usuelle dans leur relation avec les autres «fragments-objets» de manière à obtenir une vision globale de plus en plus étendue dans laquelle les oppositions et les conflits se transforment en complémentarité harmonieuse.
    Il faut étendre cette «globalité» au maximum. En tendant vers ce maximum, notre vision globale nous présentera une réalité de plus en plus harmonieuse pour aboutir à la limite, à la vision unitive.
  • Or qu’est-ce que l’ego ?
    L’ego, la conscience de soi en tant qu’individu, n’est qu’un concept parmi d’autres. Il a été créé par les parents, l’éducation et la société. Il se cristallise sous formes de complexes, de données et d’expériences. On ne peut pas dire qu’il y ait un ego qu’on puisse décrire. Il y a un, deux, trois, mille « moi » plutôt. Vous pouvez avoir une collection de caractéristiques différents de celles de votre voisin, mais cette série de traits n’est pas vous. Chaque « moi » correspond à une situation nouvelle, mais, comme la mémoire retient le « moi » longtemps après que la situation est passée, les divers egos se trouvent bien souvent en conflit dans cette collection que nous nommons personnalité. On ne peut circonscrire l’agrégat des « moi » mémorisés. Quand vous constaterez que ce n’est qu’un objet, perceptible comme tous les autres, vous découvrirez que celui-ci n’est pas une constante. L’idée d’un ego qui occuperait un centre psychique est une hypothèse. Enlevez toutes les caractéristiques, tout ce que vous croyez être, tout ce qui est phénoménal… Que reste-t-il ? Rien. Simplement l’être, la tranquillité, la présence.

Quelques citations de Nisargadatta

Cet auteur est très prolifique en affirmations sur la non dualité. Il s’agit du sage indien Sri Nisargadatta Maharaj. Ces citations sur la non dualité sont tirées de son livre « Ni Ceci, Ni Cela »

  • Au lieu de chercher ce que vous n’avez pas, trouvez ce que vous n’avez jamais perdu.
  • C’est en vous imaginant séparé que vous avez créé le fossé. Vous n’avez pas à le traverser.
    Il vous suffit de ne pas le créer.
  • Avant que le monde n’existe, la conscience était. Le monde vient à l’existence dans la conscience, il perdure dans la conscience, il se dissout dans la pure conscience. A la base de toute chose se trouve la sensation « je suis ». L’état du mental pensant « il y a un monde » est secondaire car pour être je n’ai pas besoin de monde, mais le monde a besoin de moi.
  • Dieu vous connaît quand vous vous connaissez vous-même.
  • La vérité est vous-même.
    Cessez de vous en éloigner en lui courant après.
  • Qu’avez-vous à vouloir sauver le monde quand tout ce dont il a besoin est d’être sauvé de vous ?
  • Pourquoi vous occupez-vous du monde avant de vous occuper de vous ? Vous voulez sauver le monde, n’est-ce pas ? Pouvez-vous sauver le monde avant de vous sauver vous-même ? Et que veut dire sauver ? Sauver de quoi ? De l’illusion. Le salut c’est de voir les choses telles qu’elles sont.
  • La source de la conscience ne peut pas être un objet de la conscience. Connaître la source, c’est être la source. Quand vous réaliserez que vous n’êtes pas la personne mais le témoin, pur et tranquille, que la présence sans peur est votre être-même, vous serez l’être.
  • Une braise incandescente que l’on fait tourner assez rapidement apparaît comme un cercle. Quand on arrête le mouvement, il reste la braise. De la même façon, le « je suis » en mouvement crée le monde. Le « je suis » pacifié devient l’absolu.
  • L’unité libère, la liberté unit. Soyez dans l’unité avec vous-même et vous le serez avec tout.

 Eckhart Tollé : citations sur la non dualité

  • Je ne suis ni mes pensées, ni mes émotions, ni mes perceptions sensorielles, ni mes expériences. Je ne suis pas le contenu de ma vie. Je suis l’espace dans lequel tout se produit. Je suis la conscience. Je suis le Présent. Je suis.
  • Le temps n’est pas précieux du tout, parce que c’est une illusion. Ce que vous percevez comme précieux n’est pas le temps, mais le seul point qui est hors du temps : le moment présent. Effectivement il est très précieux. Plus vous êtes concentré sur le temps, passé et futur, plus vous manquez le moment présent, la chose la plus précieuse qui soit.
  • Les conflits dans le monde sont le miroir de nos conflits intérieurs non résolus.
  • Se plaindre est toujours la non-acceptation de ce qui est. Invariablement, cela porte une charge négative inconsciente. Lorsque vous vous plaignez, vous vous placez en victime. Laissez la situation ou acceptez la. Tout le reste est de la folie.

Maîtres asiatiques de l’approche non duelle

BASHO :

Sans même un chapeau

je vais sous la pluie froide.

La belle affaire !

TCHOUANG-TSEU

Imaginez qu’une barque traverse une rivière et qu’une autre barque, vide celle-ci, est sur le point de la heurter. L’occupant de la première, même s’il a mauvais caractère, ne se mettra pas en colère. Mais s’il y a quelqu’un dans la seconde barque, alors l’occupant de la première lui criera de s’éloigner. Et si l’autre ne l’entend pas, il en résultera un échange de propos peu amènes.

Dans le premier cas, le fait que la barque était vide a empêché la colère de se manifester. Il en va de même pour l’homme : s’il pouvait traverser la vie « à vide », qui songerait à l’injurier ?

La non-dualité est un enseignement de plusieurs traditions telles que l’hindouisme (advaita vedānta), le bouddhisme, le taoïsme, le soufisme qui offrirait à l’homme de réaliser sa vraie nature par la compréhension intime qu’il ne fait qu’un avec tout. C’est dans la Chandogya Upanishad qu’est cité pour la première fois le célèbre « Tat tvam asi » (Tu es cela). Le zen, de même, déclare par exemple que cela seul existe, et que de cela, on ne peut rien dire et rien séparer.