5 niveaux de relation
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Nous identifions cinq niveaux de relation.

Après avoir listé et explicité ces niveaux de relation, nous partagerons une réflexion sur la différence que nous faisons entre les notions de relation et de communication.

Enfin, rendrons hommage au père fondateur du coaching, en relatant une métaphore célèbre nous inspirant une communication irréprochable pour des relations vraies…

5 niveaux de relation

  • 1er des 5 Niveaux de relation – indifférence : je ne te connais pas, je t’ignore
  • 2nd des 5 Niveaux de relation – relation conditionnelle : Je te donne si tu me donnes (commerce). A part pour le commerce ce type de relation est souvent considéré comme inadapté. Selon les contextes, cela donne :
    • de la part de parents envers leur enfant : Je t’aime si tu manges bien pour me rassurer, si tu réussis bien dans tes études et dans la vie (come si tu devais la vivre pour moi et non pour toi),
    • de la part de divers catégories de partenaires de vie intime : si tu me fais plaisir, si l’image de moi que je vois à travers ton regard sur moi me convient, si tu m’apportes ce dont j’ai besoin, alors seulement : je “t’aime”… (marchandage, manipulation).
  • 3ème des 5 Niveaux de relation – relation statutaire : je t’aime (ou je t’aide, ou je t’accompagne) parce que tu es (mon fils, mon client, mon patron, ma femme, ma maman) etc…. Donc relation un peu moins conditionnelle que le niveau précédent, puisque cette qualité de relation ne dépend pas des circonstances, mais elle est tout de même relative au statut que nous représentons l’un pour l’autre, une fois pour toutes… jusqu’à ce que ce statut change 🙂
  • 4ème des 5 Niveaux de relation – Relation indépendante des conditions et du statut : je t’aime sans condition, juste parce que c’est toi (même si je découvre qu’en fait tu n’es pas mon enfant, même si tu me quittes et vas avec un autre, même si tu meurs et que je reste tout-e seul-e, etc…).
  • 5ème des 5 Niveaux de relation – Relation parfaitement gratuite : je t’aime parce que c’est ma nature profonde d’aimer. Je t’aime parce que tu es ici, parce que tu es un être humain, une créature de Dieu (même si tu es un caillou ou une chaussette trouée, tu témoignes à ta manière de La Présence). Je t’aime parce qu’au travers de Toi c’est le Tout que j’aime… Et d’ailleurs cet amour que je ressens, j’en suis le témoin mais j’en suis à peine l’auteur ou le sujet, il me traverse et me déborde. De même, qu’il vient d’au-delà de moi, cet amour que tu m’inspires et qui t’est effectivement destiné, va au-delà de toi. Je t’aime parce que j’aime tout court et parce que “cela” aime à travers moi, “cela” s’aime soi-même au travers de nous. C’est “LUI” (le Tout) qui S’Aime au travers de la multiplication d’amour qui nous traverse… C’est en quelque sorte un Amour de l’Amour lui-même. Il est presque trop grand pour être “personnellement” dédié à quelqu’un ou quelque chose de particulier (voir : démasquer l’imposture de la personnalité). je dis “presque” parce qu’évidemment, il s’applique à des individus et des objets

 

Ce 5ème niveau à caractère d’absolu, paraît exagéré, éminemment rare, inaccessible, réservé à des mystiques, à des fous… cependant il ne l’est pas, il est parfaitement ordinaire et tout près, parce qu’il est notre nature profonde. Un tel amour paraît être de la folie !… Et c’est en effet une forme de folie aux yeux de nous tous quand nous voyons les choses à l’envers et que nous marchons sur la tête sans même nous en rendre compte.

(Le Fou, XXIIème arcane du Tarot traditionnel, exprime cet état de conscience et d’amour authentique, qui passe pour de la folie aux yeux de la foule, tandis que c’est elle qui est folle et inconsciente)

niveaux de relation en coaching

En effet, on est tous tellement pris par nos confusions mentales, qu’on ne se rend pas compte qu’il est déjà là, toujours… Au lieu d’être imprégné consciemment de cet émerveillement, on se laisse emporter par les préoccupations et restrictions, et on passe à côté de ce qu’on est et ressent profondément. (voir : “se reconnecter à la profondeur de soi-même“, et “s’enraciner“).

Ce niveau de relation est à la fois le plus vrai et le plus “incarné” des 5 niveaux de relations. Il est hors de nos représentations mentales, évidemment, mais on peut le ressentir et l’expérimenter, au moins par moments. Le grand art étant d’y habiter en permanence (voir ce que nous avons appelé la “Réalisation” dans l’article : “Eveil spirituel“)

Communication ou relation ?

On confond parfois relation et communication, mais les deux notions sont distinctes tout en étant liées :

  • Dans le modèle du coaching de l’énergie, la communication est en relation avec les poumons, elle est signée de l’Air, elle manie des pensées, des idées.
  • La relation, elle, est en relation dans le corps avec l’ombilic, elle est signée de l’élément Eau.

Il y a quatre cas de figure :

  • on peut entretenir une bonne relation et une bonne communication (tout est pour le mieux !)
  • on peut avoir une bonne communication avec quelqu’un avec qui on n’a pas une bonne relation (on se parle poliment mais on ne s’apprécie pas)
  • on peut avoir une bonne relation mais mal communiquer (on s’aime mais on se dispute, ou bien on ne se comprend pas)
  • et on peut aussi avoir tout faux : mauvaise relation Et mauvaise communication !

Parfois, on cherche à communiquer pour créer une relation… parce qu’on se manque à soi-même (alors que la relation est toujours déjà en soi, puisque tout est relié de fait, qu’on le veuille et qu’on le sache, ou non). On commet là une double erreur.

Ce qu’l faudrait c’est d’abord “entrer” dans un état de présence à soi-même, et ensuite faire vibrer la relation, et seulement après : communiquer. La communication n’étant qu’extérieure, elle est secondaire et plus superficielle.

D’ailleurs à notre époque où chacun est profondément seul dans la foule (perte du sentiment d‘appartenance à la famille, à l’entreprise, à la “patrie”, à la religion, etc…) : on a justement des tas d’amis sur facebook pour compenser notre insuffisance de relation vraie et de présence authentique (voir : “qu’est-ce que la présence en coaching ?“). Ce sont là des “amis” avec qui on ne fait que communiquer (d’une manière digitale de surcroît, des amis de surface, même s’il s’agit de proches comme la famille, et à qui on envoie des photos de gâteaux d’anniversaire ou des blagues éphémères reçues l’instant d’avant)…. sans vraiment relationner pour de vrai ! On le sait tous, par internet on a accès à tout virtuellement et on n’accède à rien pour de bon. Plus que jamais, la vie passe comme un rêve, préoccupés que nous sommes à courir dans notre tête après nos soucis (voir : “arrêter de penser” et “s’éveiller de l’état de veille“)

En fait, on voudrait communiquer pour pallier au manque d’une relation profonde, laquelle peut se passer de communication (comme dans l’intimité qui se partage dans le silence). Et souvent les problèmes ne sont pas des problèmes de communication mais des manques de relations authentiques

 

 

Coaching et niveaux de relation

En coaching, la relation est essentielle, bien plus que la qualité de communication (qui est importante aussi évidemment).

Ainsi, on peut veiller à rester en silence ou à poser les bonnes questions, comme de bons élèves des formations qu’on a suivies, mais il ne faudrait surtout pas passer à côté de la relation, qui est en fait le véritable outil et levier du coaching, et qui ne s’apprend pas, parce qu’elle est innée et propre à notre nature profonde.

Ainsi, tant pis si on parle un peu trop ou si on manque LA “question puissante“, le plus important est d’établir un lien de confiance qui provoque de l’empowerment, grâce auquel le client se développe presque malgré nos maladresses de communication …
Donc, bien comprendre l’orientation solutions, la position d’accompagnement et toutes les techniques de la conversation de coaching, n’est sans doute pas inutile… Mais il faut impérativement lâcher prise sur tout cela, parce que le véritable secret du coaching est encore ailleurs !

Les “ceintures noires de coaching” ne préparent pas leurs séances de coaching et ne se concentrent même pas pendant la séance, mais s’exercent plutôt à se rendre disponibles pour pouvoir s’engager à fond dans l’instant présent de la relation et se laissent inspirer… (voir : “être attentif et disponible” et “maîtrise de soi“)

Ainsi, un lien fort s’établit parfois, qui permet aux ressources du client de rayonner.

 

Une parole impeccable pour une relation sans interférences

Socrate est parfois considéré comme le père fondateur du Coaching.

niveaux de relation

Vers -435, il commença à enseigner, dans la rue, dans les gymnases, les stades, les échoppes, au gré des rencontres. Il parcourait les rues d’Athènes vêtu plus que simplement et sans chaussures, dialoguant avec tous…Il enseignait, ou plus exactement questionnait, gratuitement — contrairement aux sophistes, qui enseignaient la rhétorique moyennant une forte rétribution.

N’ayant jamais rien écrit lui-même, sa vie et sa pensée sont connues principalement par ses disciples Platon et Xénophon, ainsi que par  Aristote. Ces sources sont parfois contradictoires et donnent une dimension légendaire à ce personnage formidable.  (wikipédia)

 

Il serait l’auteur du fameux “connais-toi toi-même”, ainsi que des deux belles citations suivantes :

  • “Les gens qu’on interroge, pourvu qu’on les interroge bien, trouvent d’eux-mêmes les bonnes réponses.”
  • “La sagesse commence dans l’émerveillement.”

 

Par ailleurs, on lui prête l’histoire célèbre des trois tamis :

Un jour, quelqu’un vint voir Socrate et lui dit :

– Ecoute Socrate, il faut que je te raconte comment ton ami s’est conduit.

– Arrête ! Interrompit l’homme sage. As tu passé ce que tu as à me dire au travers des trois tamis ?

– Trois tamis ? dit l’autre, empli d’étonnement.

– Oui, mon ami : trois tamis. Examinons si ce que tu a as à me dire peut passer par les trois tamis. Le premier est de celui de la Vérité. As tu contrôlé si ce que tu as à me dire est vrai ?

– Non; je l’ai entendu raconter, et ..

.
- Bien, bien. Mais assurément, tu l’as fait passer à travers le deuxième tamis. C’est celui de la Bonté. Ce que tu veux me dire, si ce n’est pas tout à fait vrai, est-ce au moins quelque chose de bon ?

Hésitant, l’autre répondit : non, ce n’est pas quelque chose de bon, au contraire …

– Hum, dit le Sage, essayons de nous servir du troisième tamis, et voyons s’il est utile de me raconter ce que tu as à me dire …

– Utile ? Pas précisément.

– Eh bien, dit Socrate en souriant, si ce que tu as à me dire n’est ni vrai, ni bon, ni utile, je préfère ne pas le savoir, et quant à toi, il te serait peut-être tout aussi profitable de l’oublier …

niveaux de relation

On ne sait pas trop si cette histoire est vraie, parce qu’il est toujours facile d’attribuer a posteriori une anecdote à Lao Tseu, Socrate ou Zoroastre…

Elle donne une image malicieuse du grand Socrate, mais un peu donneuse de leçons. On en retient toutefois l’idée principale consistant à privilégier une parole juste (vraie, bienveillante, et constructive) plutôt que des babillages, exacts reflets des bavardages de la pensée au sein d’un mental incanalisé. On dit que la parole est d’argent mais que le silence est d’or. En effet, dans le silence il y a trois choses qui sont souvent absentes de la parole ordinaire :

  • l’écoute profonde de la qualité de Présence
  • l’accueil sans condition (voir le 5ème des 5 niveaux de relation), condition d’une relation profonde
  • l’enracinement de la conscience par le corps dans l’instant présent

En revanche dans la parole, il y a trop souvent :

  • restriction de soi à l’égo par l’identification de soi aux contenus de la pensée et des émotions
  • dispersion mentale et manque d’objectivité
  • manque d’écoute et de prise en compte de l’autre